Articles avec le tag ‘8 mars’

Mercredi 8 mars 2017 : journée internationale de luttes pour les droits des femmes

mardi 28 février 2017

Rassemblement à Lille :

De 16h à 17h, place de la République, dans le cadre de la « grève pour l’égalité » (lire l’appel sur le site du Planning Familial Nord Pas-de-Calais).

Communiqué du Réseau syndical international de solidarité et de luttes (réseau dont fait partie la CNT) :

Le 8 mars, un peu partout dans le monde, des actions ont lieu pour défendre les droits des femmes, exiger l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit de chaque femme à disposer librement de son corps, dénoncer toutes les discriminations et violences faites aux femmes. Le 8 mars 2017 sera l’occasion de nombreux rassemblements revendicatifs, de manifestations dans beaucoup de pays, et aussi de grèves des femmes. Le Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutient ces actions qui prolongent la longue histoire du mouvement des femmes et du mouvement ouvrier, symbolisé notamment par la place du mouvement syndical dans ces combats. Elles s’inscrivent à la fois dans la lutte spécifique des femmes et dans le combat global pour une société égalitaire, en rupture avec le système capitaliste et patriarcal.

Ce communiqué est disponible sous la forme d’un tract rédigé en quatre langues (fr – esp – port – engl) avec, au verso, une présentation du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. Pour télécharger ce tract de 2 pages, cliquer sur l’image ci-dessus.

Lille : mobilisation étudiante contre la loi « Travail »

dimanche 6 mars 2016

Université de Lille 1

Mardi 8 mars à 12h30 : assemblée générale dans l’amphi Cauchy du bâtiment M1

Université de Lille 2

Mercredi 9 mars à 11h30 : assemblée générale (rendez-vous dans le hall des amphis) suivie d’un départ groupé vers le rassemblement organisé place de la République

Université de Lille 3

  • Mardi 8 mars à 12h30 : atelier de discussion sur la loi & préparation de banderoles, de pancartes, etc. (rendez-vous en A2 312)
  • Mercredi 9 mars à 12h : assemblée générale (rendez-vous dans le hall de la fac) suivie d’un départ groupé vers le rassemblement organisé place de la République

affiche-rassemblement-loi-travail-9mars2016-lille

Note du webmaster : pour en savoir plus sur cette mobilisation étudiante à Lille, voir la page facebook Étudiants lillois contre la loi Travail

Masculinisme + étranglement budgétaire = potion toxique

dimanche 8 mars 2015

egalite-hommes-femmesCi-dessous un article extrait du blog de la section CNT du Conseil général du Nord :

On ne va rien vous apprendre avec cet article que vous ne sachiez déjà. Les faits exposés ici sont déjà connus et largement commentés dans les services. Simplement, il y a ceux et celles qui trouvent cela normal et il y a celles et ceux qui ne l’admettent pas. Pour nous, finie la comédie !

Incroyable ! Au vingt-et-unième siècle, dans une institution publique, laïque et paritaire, un directeur général se permet, à l’occasion de réunions de travail, de conseiller aux collègues femmes échangeant vivement mais courtoisement sur des sujets controversés, d’aller faire un « petit shopping » ensemble pour trouver un accord. C’est bateau et rebattu, les femmes écervelées et superficielles pensent chiffons. Quelques emplettes, quelques méchants potins échangés et voici nos mégères territoriales calmées et prêtes à recevoir Raison et Vérité de la bouche de ceux qui ont seuls accès au symbolique et au savoir, les technocrates mâles omniscients. Merci mon père ! On voit le résultat au niveau planétaire.

Sous les couches écailleuses du ripolinage paritaire et égalitaire, la condition des salariées du Conseil général est mise à mal : les « tics » langagiers sexistes se multiplient et des jeunes collègues infantilisées et méprisées ont droit à du « ma poulette » ou « ma cocotte », commentaires égrillards ou méprisants sur le physique ou l’apparence des intervenantes en instances paritaires, des secrétaires métamorphosées en soubrettes-minute qui préparent et servent le café sur leur lieu de travail, un service entier qui recrute des plutôt blondes pendant près de 10 ans, une jeune et agréable postulante contractuelle stagiairisée sur un poste de secrétariat de direction préférée à une collègue également précaire ayant le double de son âge. Un hasard ?

« Humour » et connivence

Nous n’y croyons pas et nous l’avons constaté y compris chez quelques syndicalistes et élus qui multiplient des attaques ad personam sexistes là où ils devraient argumenter politiquement et syndicalement. Tout y passe : physique, poids, âge, odeur, vêtements, coiffure, style, comportement. Les vieux stéréotypes sont tenaces et sous couvert d’humour, bien des saloperies sont dites sur les femmes les plus exposées. On se souvient même d’un élu paritaire au teint rubicond déclarant à l’encontre d’une militante d’un syndicat adverse qui venait de signaler le caractère caduque d’une disposition : « elle, c’est son appareil reproducteur qui est obsolète » suscitant immédiatement la franche et grasse rigolade d’un autre militant mais l’indignation des syndicalistEs et des collègues de l’administration. Il y a du boulot quand les deux bras armés, employeur et syndicalistes, entrent en connivence contre le deuxième sexe.

Les femmes cadres ne sont pas plus épargnées par les propos sexistes, les attitudes condescendantes, le pillage et la récupération de leur travail. Y compris celles qui conçoivent l’égalité hommes-femmes comme une identification déculpabilisée aux idéaux masculins et aux valeurs du système prédateur (ambition, carrière coûte-que-coûte, pouvoir, dureté, mépris) subissent le sexisme institutionnel. De surcroît, quand elles sont vraiment trop « compétitives », trop « compétentes », et malgré ses divisions internes féroces, l’équipe des hauts cadres masculins resserre les rangs, multiplie les chausse-trapes et s’emploie à les empêcher d’accéder aux postes jackpot.

Dans les faits, alors que plus de 71% des agents titulaires sont des femmes plus de la moitié de celles-ci (51% soit 2924 d’entre elles) n’ont eu aucune évolution de carrière en 2013 . Sur la même année, ce sont 59 % des hommes qui ont bénéficié d’avancements ou de promotions. Le bilan social est encore et toujours illisible sur bien des paramètres : nombre de formations, durée, nature des formations, arrêts maladies, etc.) et ne permet pas une évaluation objective des conditions de travail hommes-femmes comparable aux bilans réalisés dans le privé.

C’est ce que ex-éluEs CTP, nous avions mis en avant lors de la présentation du bilan social en novembre 2014. Madame Marie Fabre qui venait d’annoncer que l’égalité hommes -femmes serait un axe prioritaire au niveau de la politique RH dans les années à venir devait vérifier nos chiffres. Évidemment on n’a rien vu. Et on ne verra rien car elle part à la fin du mois… Mais les engagements dans le vide (comme sur l’ouverture de la crèche en août 2015 par exemple), c’est coutumier.

Majoritaires à la production, les femmes sont pourtant quasi-absentes des postes de la haute administration. Une seule femme sur les missions (traditionnellement féminisées) de RH, mais seulement en tant que directrice adjointe, contre 4 directeurs généraux, 4 directeurs généraux adjoints et un directeur général des services. Une seule femme, donc, dont nous avons par ailleurs expérimenté la capacité à fonctionner comme un autre et trahir sa parole. Franchement, on se contrefiche de ce qu’ils s’entre-dévorent à ce niveau-là, femmes et hommes ! Dans les services par contre, nous allons dénoncer explicitement et combattre le sexisme ordinaire, la misogynie qui s’ignore mais qui produit des effets pervers vis à vis des déroulements de carrière et des conditions de travail des collègues. En période de crise économique, les femmes au travail sont toujours un peu moins égales, un peu plus exploitées, moins recrutées, moins promues, bref, un peu plus menacées.

Miette (section CNT du Conseil général du Nord)

PS : Ne soyez plus victimes, ne restez pas isoléEs ! Recueil de témoignages (en toute discrétion) à : femmes @ cnt-cg59.org (protection contre les robots, attention aux espaces)

> Retrouvez cet article sur le blog de la section CNT du CG59

Journée internationale 2015 de luttes pour les droits des femmes

jeudi 26 février 2015

8-mars-journee-internationale-pour-les-droits-des-femmesSi l’émancipation des femmes doit en partie à leur émancipation économique, et donc à leur accès au travail, n’oublions pas que là aussi elles ont subi et subissent encore : harcèlements, exploitations, précarité de manière plus forte encore que leurs homologues masculins dont la solidarité n’est souvent pas aussi forte qu’elle devrait l’être. C’est pour cela que Clara Zetkin, militante allemande, fit adopter en 1910 par la IIe Internationale socialiste l’idée d’une journée internationale des luttes des femmes. Ce sera le 8 mars. Le temps et la mémoire s’effaçant, cette journée n’est souvent plus présentée par les médias que comme une simple journée “de la Femme”, qui bientôt, si nous n’y prenons garde, ne comptera guère plus que la “fête des mères” instaurée par Pétain ou que la “journée des secrétaires”. Même s’il est tentant de considérer qu’une journée unique de commémoration et de revendication des luttes des femmes peut paraître désuète et insuffisante, il faut plus que jamais se la réapproprier pour que le mouvement féministe ne s’essouffle pas.

Télécharger l’affiche au format PDF

Aujourd’hui, si l’on écoute les médias et les tenants du Pouvoir, nous serions tentés de croire que les dernières conquêtes féministes encore d’actualité seraient la parité parlementaire ou au sein des conseils d’administration des grandes entreprises. Alors que le droit à la contraception et à l’avortement est toujours contraint économiquement et remis en cause par les fermetures des CIVG ou par le lobbying de mouvements réactionnaires. Alors que l’égalité des salaires reste un vœu pieu. Alors que les femmes subissent toujours plus que leurs collègues, précarité et travail partiel. Alors que nombre de préceptes moraux et culturels réduisent encore les femmes à des tâches soi-disant naturelles, à une situation d’inférieures ou à de simples proies. Il nous paraît important de remettre le 8 mars à sa place parmi les journées importantes de lutte !

Le 4 mars à Fourmies et le 7 mars à Lille, des associations de défense des droits des femmes organisent diverses initiatives : rassemblement, marche, expo, stands d’information, lecture publique, spectacle, soirée festive… Pour en savoir plus, voir le site du Planning Familial.
 

Article de la section CNT du Conseil général du Nord :

Masculinisme + étranglement budgétaire = potion toxique

 

Extrait d’un article paru dans le bulletin de l’UL-CNT de Chelles :

 
feminisme-precarite

La précarité est redevenue un mode de gestion de l’emploi. Comme au 19ème siècle, il s’agit pour l’État et les patrons de rendre les salarié-e-s flexibles, fragiles, de les isoler. Ce sont les conditions d’emploi et de travail de tous les individus qui sont attaquées. Parmi les précaires, les femmes sont les plus touchées, parce qu’elles sont encore victimes d’inégalités salariales persistantes :
– 82 % des salariés à temps partiel sont des femmes ; 34 % des femmes déclarent travailler à temps partiel pour pouvoir s’occuper de leurs enfants ou d’un autre membre de la famille, contre 7 % des hommes (1).
– 73 % des personnes en sous-emploi au sens du Bureau International du Travail sont des femmes (2).
– la rémunération annuelle brute totale moyenne des femmes est inférieure de 27 % à celle des hommes. A poste égal, cet écart est d’environ 10 % ; il a cessé de se résorber depuis le milieu des années 1990 (3).
– les femmes qui partent à la retraite touchent une pension de droit direct inférieure de 42% à celle des hommes (4).
– 86 % des hommes ont une retraite complète pour seulement 41 % des femmes car moins d’une femme sur deux réussit à valider le nombre de trimestres nécessaires pour toucher une pension complète (4).

Sur-précarité des femmes : entre sexisme et capitalisme

Plusieurs raisons expliquent qu’il y ait plus de femmes que d’hommes précaires. L’emploi des femmes est concentré principalement dans le secteur tertiaire, c’est-à-dire les emplois de service, d’aide à la personne, de travail ménager, etc… L’organisation du travail dans ce secteur est faite de telle façon que la flexibilité s’y est installée à grand pas : être disponible, au service de… ou, en ce qui concerne les emplois “d’agent d’entretien”, être invisible, ne pas déranger les autres salarié-e-s, donc travailler sur des plages horaires décalées. Ce secteur regroupe 92% des salariés à temps partiel (1). Dans notre société sexiste, où c’est encore très majoritairement aux femmes qu’incombe la charge du privé (famille, maison), celles-ci doivent souvent interrompre leur vie professionnelle pour s’occuper de leurs enfants, et parfois de leurs parents ou beaux-parents dépendants. Cette gestion inégalitaire du travail oublie par ailleurs que ce que l’on nomme “famille monoparentale” cache en fait l’existence de plus en plus massive de femmes assumant la charge principale ou totale de leurs enfants. L’absence ou l’insuffisance de structures publiques d’accueil de la petite enfance ou des personnes âgées dépendantes obligent les femmes à assurer soit une double journée de travail, soit à quitter leur emploi. Le retour à l’emploi passe alors par l’acceptation de CDD sur CDD, souvent à temps partiel, et donc un salaire partiel.

Faible syndicalisation des femmes et rapport à l’emploi

Les femmes travaillent dans des secteurs dans lesquels il n’y a pas de tradition syndicale très ancrée. Aussi, l’absence de rapport de force dans ces entreprises fait que des conditions de travail particulièrement difficiles s’installent (flexibilité, précarité). Bien que le rapport des femmes au syndicalisme soit en train de changer, celles-ci sont encore peu nombreuses dans les syndicats : 7,5 % des femmes qui exercent un emploi sont syndiquées contre 9 % des hommes (5). Les travailleuses précaires, étant en réel danger de chômage, hésitent à se syndiquer. De plus, un certain nombre de femmes ont un rapport au travail particulier, considérant que leur travail les rend indépendantes du point de vue économique, ce qui peut être vrai dans certains cas. D’autres, ayant intégré les modes de pensée du système de domination masculine, considèrent leurs revenus comme un salaire d’appoint, et ne voient donc pas l’intérêt de se syndiquer.

Notes :

1) Dares Analyses n° 005, janvier 2013, Le temps partiel en 2011, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
2) Informations Rapides n° 299, 6 décembre 2012, Nouvelle hausse du chômage au troisième trimestre 2012, Insee
3) Dares Premières Informations n° 44.5, octobre 2008, Les écarts de salaire entre les hommes et les femmes en 2006 : des disparités persistantes, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
4) Les retraités et les retraites en 2010, 12 mars 2012, Collection études et statistiques, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) des ministères sociaux
5) Dares Premières Informations n° 44.2, octobre 2004, Mythes et réalités de la syndicalisation en France, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

samedi 2 mars 2013

Article extrait du bulletin de l’union locale CNT de Chelles :

feminisme-a-travail-egal-salaire-egalSi l’émancipation des femmes doit en partie à leur émancipation économique, et donc à leur accès au travail, n’oublions pas que là aussi elles ont subi et subissent encore : harcèlements, exploitations, précarité de manière plus forte encore que leurs homologues masculins dont la solidarité n’est souvent pas aussi forte qu’elle devrait l’être. C’est pour cela que Clara Zetkin, militante allemande, fit adopter en 1910 par la IIe Internationale socialiste l’idée d’une journée internationale des luttes des femmes. Ce sera le 8 mars. Le temps et la mémoire s’effaçant, cette journée n’est souvent plus présentée par les médias que comme une simple journée “de la Femme”, qui bientôt, si nous n’y prenons garde, ne comptera guère plus que la “fête des mères” instaurée par Pétain ou que la “journée des secrétaires”. Même s’il est tentant de considérer qu’une journée unique de commémoration et de revendication des luttes des femmes peut paraître désuète et insuffisante, il faut plus que jamais se la réapproprier pour que le mouvement féministe ne s’essouffle pas.

Aujourd’hui, si l’on écoute les médias et les tenants du pouvoir, nous serions tentés de croire que les dernières conquêtes féministes encore d’actualité seraient la parité parlementaire ou au sein des conseils d’administration des grandes entreprises. Alors que le droit à la contraception et à l’avortement est toujours contraint économiquement et remis en cause par les fermetures des CIVG ou par le lobbying de mouvements réactionnaires. Alors que l’égalité des salaires reste un vœu pieu. Alors que les femmes subissent toujours plus que leurs collègues, précarité et travail partiel. Alors que nombre de préceptes moraux et culturels réduisent encore les femmes à des tâches soi-disant naturelles, à une situation d’inférieures ou à de simples proies. Il nous paraît important de remettre le 8 mars à sa place parmi les journées importantes de lutte !

FEMMES ET PRÉCARITÉ :

feminisme-precarite

La précarité est redevenue un mode de gestion de l’emploi. Comme au 19ème siècle, il s’agit pour l’État et les patrons de rendre les salarié-e-s flexibles, fragiles, de les isoler. Ce sont les conditions d’emploi et de travail de tous les individus qui sont attaquées. Parmi les précaires, les femmes sont les plus touchées, parce qu’elles sont encore victimes d’inégalités salariales persistantes :
– 82 % des salariés à temps partiel sont des femmes ; 34 % des femmes déclarent travailler à temps partiel pour pouvoir s’occuper de leurs enfants ou d’un autre membre de la famille, contre 7 % des hommes (1).
– 73 % des personnes en sous-emploi au sens du Bureau International du Travail sont des femmes (2).
– la rémunération annuelle brute totale moyenne des femmes est inférieure de 27 % à celle des hommes. A poste égal, cet écart est d’environ 10 % ; il a cessé de se résorber depuis le milieu des années 1990 (3).
– les femmes qui partent à la retraite touchent une pension de droit direct inférieure de 42% à celle des hommes (4).
– 86 % des hommes ont une retraite complète pour seulement 41 % des femmes car moins d’une femme sur deux réussit à valider le nombre de trimestres nécessaires pour toucher une pension complète (4).

Sur-précarité des femmes : entre sexisme et capitalisme

Plusieurs raisons expliquent qu’il y ait plus de femmes que d’hommes précaires. L’emploi des femmes est concentré principalement dans le secteur tertiaire, c’est-à-dire les emplois de service, d’aide à la personne, de travail ménager, etc… L’organisation du travail dans ce secteur est faite de telle façon que la flexibilité s’y est installée à grand pas : être disponible, au service de… ou, en ce qui concerne les emplois “d’agent d’entretien”, être invisible, ne pas déranger les autres salarié-e-s, donc travailler sur des plages horaires décalées. Ce secteur regroupe 92% des salariés à temps partiel (1). Dans notre société sexiste, où c’est encore très majoritairement aux femmes qu’incombe la charge du privé (famille, maison), celles-ci doivent souvent interrompre leur vie professionnelle pour s’occuper de leurs enfants, et parfois de leurs parents ou beaux-parents dépendants. Cette gestion inégalitaire du travail oublie par ailleurs que ce que l’on nomme “famille monoparentale” cache en fait l’existence de plus en plus massive de femmes assumant la charge principale ou totale de leurs enfants. L’absence ou l’insuffisance de structures publiques d’accueil de la petite enfance ou des personnes âgées dépendantes obligent les femmes à assurer soit une double journée de travail, soit à quitter leur emploi. Le retour à l’emploi passe alors par l’acceptation de CDD sur CDD, souvent à temps partiel, et donc un salaire partiel.

Faible syndicalisation des femmes et rapport à l’emploi

Les femmes travaillent dans des secteurs dans lesquels il n’y a pas de tradition syndicale très  ancrée. Aussi, l’absence de rapport de force dans ces entreprises fait que des conditions de travail particulièrement difficiles s’installent (flexibilité, précarité). Bien que le rapport des femmes au syndicalisme soit en train de changer, celles-ci sont encore peu nombreuses dans les syndicats : 7,5 % des femmes qui exercent un emploi sont syndiquées contre 9 % des hommes (5). Les travailleuses précaires, étant en réel danger de chômage, hésitent à se syndiquer. De plus, un certain nombre de femmes ont un rapport au travail particulier, considérant que leur travail les rend indépendantes du point de vue économique, ce qui peut être vrai dans certains cas. D’autres, ayant intégré les modes de pensée du système de domination masculine, considèrent leurs revenus comme un salaire d’appoint, et ne voient donc pas l’intérêt de se syndiquer.

UL-CNT de Chelles

Notes :
1) Dares Analyses n° 005, janvier 2013, Le temps partiel en 2011, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
2) Informations Rapides n° 299, 6 décembre 2012, Nouvelle hausse du chômage au troisième trimestre 2012, Insee
3) Dares Premières Informations n° 44.5, octobre 2008, Les écarts de salaire entre les hommes et les femmes en 2006 : des disparités persistantes, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
4) Les retraités et les retraites en 2010, 12 mars 2012, Collection études et statistiques, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) des ministères sociaux
5) Dares Premières Informations n° 44.2, octobre 2004, Mythes et réalités de la syndicalisation en France, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

feminisme-journee-internationale-femmes-2013

Rendez-vous samedi 9 mars à Lille
à l’appel d’un collectif d’associations :

Le lendemain de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, un collectif d’associations lilloises appelle à une marche pour affirmer l’égalité des sexes et les droits des femmes, pour dire non aux discriminations et aux violences sexistes, pour s’opposer à la féminisation de la pauvreté (rendez-vous à 14h30, place de l’Opéra). Cette marche sera suivi d’un forum (rendez-vous à partir de 16h30, salle Courmont, rue Courmont à Lille) puis d’une soirée festive et culturelle (spectacle avec la compagnie “Les Dissolvantes”, slam avec Thomas Suel et scène ouverte).