8 janvier 2012

Journée de mobilisation antifasciste samedi 14 janvier à Lille-Fives

Dans un contexte de crise, l’extrême droite progresse en Europe. En France, le gouvernement actuel, plus encore que les précédents, fait le jeu de ces mouvements en banalisant leur discours raciste et autoritaire jusqu’au sommet de l’Etat et en brisant nos solidarités : destruction des acquis sociaux ; répression du mouvement social, des sans-papiers, des chômeurs, des précaires ; mise en lien de l’immigration et de la délinquance ; flicage de la société… Sous l’impulsion de Marine Le Pen, le Front National tente de récupérer l’électorat populaire tout en se donnant un visage respectable (républicain, laïc, social…) loin des excès du passé. Le F-Haine n’est pas un parti comme les autres ! Le racisme n’est pas une opinion ! Le FN garde des liens étroits avec l’extrême droite radicale violente, et malgré ses tentatives de récupération des symboles du mouvement ouvrier, il reste un parti antisocial au service du grand patronat. Fondé sur des valeurs racistes, d’apartheid social et d’ordre moral réactionnaire, le FN reste un danger.

Afin de mieux comprendre ces mouvements fascistes pour mieux les faire reculer, et faire avancer nos valeurs de solidarité, d’égalité des droits et de justice sociale, le collectif antifasciste de Lille (ensemble d’organisations – partis, syndicats, associations, collectifs – et d’individus se rassemblant pour lutter contre les idées nauséabondes propagées par l’extrême droite) organise une journée de mobilisation à Fives le samedi 14 janvier à partir de 14h.

Tract d’appel à télécharger ici (1 page – format pdf)

A 14h, place Degeyter (M° Fives) :

rassemblement antifasciste et prises de paroles afin de nous réapproprier le symbole ouvrier de Degeyter (compositeur de L’Internationale), sali par la manifestation fasciste du 8 octobre.

Puis, à la salle Alain Colas, 53 rue de la marbrerie (M° Marbrerie) :

- à 15h30 : conférence-débat « Extrêmes droites en France et en Europe : nouvelles formes du danger ; quelles ripostes ? », avec André Déchot (auteur de La galaxie Dieudonné) et Manuel Abramowicz (journaliste à ResistanceS.be, auteur du Guide des résistances à l’extrême droite).

- à 18h : théâtre-forum contre le racisme (« Change ton nom ! » par le Théâtre de l’Opprimé) ; voir affiche ci-dessous.

- à partir de 20h : soirée festive (musique, petite restauration, tables de presse).

7 janvier 2012

Les nouveaux chiens de garde

Un film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, d’après le livre de Serge Halimi.

Les nouveaux gardiens de l’ordre établi sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques. Lorsque l’information est produite par les grands groupes industriels du CAC 40, la presse peut-elle encore jouer un rôle de contre-pouvoir démocratique ?

Voir la bande-annonce du film

Programmation dans les salles de cinéma de la région :

à partir du 11 janvier…
- Lille (Le Métropole).
- Lille (Le Majestic), projection-rencontre le vendredi 13 janvier en présence de Gilles Balbastre.

à partir du 1er février…
- Arras (Le Cinémovida).
- Villeneuve d’Ascq (Le Kino), projection-rencontre le mardi 7 février à 20h en présence de G. Balbastre et J. Gadrey.

à partir du 15 février…
Villeneuve d’Ascq (Le Méliès), projection-rencontre le mercredi 15 février à 20h en présence de G. Balbastre et E. Vire (secrétaire général du syndicat de journalistes SNJ-CGT).

à partir du 22 février…
- Merville (Le Robert Hossein), projection-rencontre le 22/02 en présence de G. Balbastre.
- Hazabrouck (L’Arc-en-ciel), projection-rencontre le 23/02 à 20h en présence de G. Balbastre.
- Templeuve (Le Modern’ciné), projection-rencontre le 22/03 à 20h en présence de G. Balbastre.

31 décembre 2011

Bonne année 2012… dans les luttes et ailleurs !

15 décembre 2011

La situation à l’usine Sevelnord (59 Hordain)

D’après le tract de la section CNT distribué aux portes de l’entreprise le 14 décembre 2011 à Hordain (près de Valenciennes) :

Pendant que les syndicats collaborateurs et la direction de l’entreprise baladent les différents comités et commissions créés à l’initiative des élus et représentants de tous bords qui se mobilisent pour prévoir un avenir au site, la répression continue : suppressions de postes, mutations forcées, licenciements individuels, mauvaise volonté à trouver un poste aux nombreux salariés soumis à restriction médicale…

Alors que le groupe PSA dispose de 11 milliards d’euros de sécurité financière, la mauvaise gestion du site au niveau social et au niveau des projets industriels prive des centaines de salariés du site de leur travail et plonge des milliers d’autres avec leurs familles dans le stress, l’angoisse et l’anxiété. Quant à la vérité sur les réelles intentions des dirigeants du groupe, elle est cachée aux salariés.

Concernant la mutuelle collective, une réduction de 25% de la future cotisation a été négociée entre les syndicats collaborateurs et la direction du groupe. Mais, en y regardant de plus près, cette cotisation – qui dépend bien sûr de la composition du foyer à protéger – ne fera gagner aux salariés que quelques euros car ce sont les options que prendront les salariés par la suite qui rendront cette mutuelle efficace. Du coup, celle-ci devient beaucoup moins intéressante. Conclusion : négociations bidons et résultat nul !

Concernant les horaires de travail, la direction du site applique l’over-time PSA : « Restez chez vous ! Téléphonez pour savoir si vous bossez ! Venez en heures sup ! Revenez bosser ! Obéissez ! », tous ces ordres étant validés en CE (comité d’entreprise) par les syndicats qui y sont représentés…

> Pour contacter la section syndicale CNT de Sevelnord :
écrire au syndicat CNT des travailleurs de l’industrie et des services du Nord (STIS 59).

14 décembre 2011

Création de la fédération CNT des travailleurs des transports, de la logistique et activités auxiliaires

La CNT se dote d’une nouvelle arme syndicale : la fédération des travailleurs des transports, de la logistique et activités auxiliaires (FTTLA).

La section d’entreprise « Schenker-Joyau » (transport routier) du syndicat CNT des travailleurs de l’industrie et des services du Nord (STIS 59) en est bien sûr partie prenante.

La FTTLA a pour but de réactiver l’esprit combatif des travailleurs des transports, trop longtemps assommé par la classe dominante, le patronat et ses sbires. Elle se donne comme objectif de regrouper les travailleurs des transports et de la logistique afin de réunir les différentes luttes qui permettront de reconquérir nos acquis sociaux et surtout d’en gagner de nouveaux. Elle englobe tous les secteurs des transports et de la logistique, qu’ils soient de marchandises ou de personnes, quels que soient leur statuts, public ou privé, quels que soient leur mode, aérien, maritime, fluvial, ferroviaire, routier, etc.

La CNT, un syndicalisme autogestionnaire : pour le contrôle des négociations par la base, pour des assemblées générales souveraines, pour le refus des permanents syndicaux, pour le refus des hiérarchies salariales, pour des délégué-e-s élu-e-s et révocables, pour la défense de tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité.

Nous ne sommes pas des chiens ! Il est grand temps qu’un syndicalisme de lutte de classe se développe dans notre secteur d’activité et au-delà ! Face à ton exploiteur, ne reste pas seul, syndique-toi !

Adresse postale de la fédération : CNT-FTTLA, 6 rue d’Arnal, 30000 Nîmes
Adresse email : federation.transports@cnt-f.org

12 décembre 2011

A propos de la journée de mobilisation interprofessionnelle du 13 décembre

Communiqué confédéral de la CNT :

L’intersyndicale nationale appelle ce mardi 13 décembre à « une journée de mobilisation », mot d’ordre peu en adéquation avec la sévérité des successifs plans d’austérité annoncés par Sarkozy.

Depuis des mois, en France comme dans le reste du monde, les gouvernements multiplient les plans d’austérité pour tenter de convaincre les agences de notation de sauver leurs notes respectives.

Dans les pays touchés, le mouvement social s’est organisé pour répondre avec une force proportionnelle à la violence de ces attaques anti-sociales.

Pourtant, en France, l’intersyndicale – qui rejette la participation de la CNT – se contente d’appeler ce mardi 13 novembre à une simple journée de mobilisation, excluant toute forme de mobilisation pouvant induire la mise en place d’un rapport de force.

Comme pour le mouvement des retraites, aucun calendrier stratégique n’est préparé, aucun appel à la formation de caisses de solidarité n’est mis en place et l’intersyndicale navigue à vue avec comme seul objectif l’obtention de négociations permettant de sauver, à la marge, des bribes d’acquis sociaux alors que ceux-ci vont une nouvelle fois être dépecés. Il est bien entendu nécessaire de rappeler que cette crise n’est pas imputable aux travailleurs mais bien à la finance et aux politiques successives qui, par l’ensemble des cadeaux fiscaux dont elles ont fait bénéficier les plus riches, ont petit à petit vidé les caisses des systèmes de solidarité.

Si certains syndicats de notre confédération, aux vues de leurs situations locales, ont lancé des appels à participer à la mobilisation du 13 décembre (et ils ont eu raison), la CNT dans son ensemble n’appelle pas les travailleurs à prendre part aux rassemblements de ce mardi.

En revanche, les syndicats de la CNT sont mobilisés pour interpeller les travailleurs sur la nécessité de préparer une riposte d’ampleur face aux prochaines mesures d’austérité qui ne manqueront pas d’émailler les semaines à venir.

La campagne actuellement menée par les syndicats CNT sur « la répartition égalitaire des richesses » en est une illustration.

10 décembre 2011

[vidéo] Contre les jouets sexistes

Vidéo d’une action réalisée à Paris en décembre 2007 par le « Collectif contre les jouets sexistes ». Un sujet toujours d’actualité… notamment en cette période !

A visionner sur le site Caméra au poing

 

8 décembre 2011

[vidéo] Tu l’ouvres Lens ?!

Le film présenté ci-dessous a été réalisé en septembre 2011 par le collectif vidéo Regarde à vue et le journal La Brique à partir des articles parus dans le n° 26 de ce journal (Villes uniformes) ainsi que dans le n° 28 ( Le Louvre-Lens en toute impunité).

Le film est complémentaire de ces articles.

Il y est question de la construction d’une filiale du Louvre en plein cœur de la ville de Lens.

Durée : 14mn 16

Cette vidéo est sous licence « Creative Commons », c’est à dire qu’elle peut être copiée et diffusée mais sans être modifiée. Pour la télécharger (environ 39 Mo), clic droit sur ce lien puis « Enregistrer la cible du lien sous… ».

29 novembre 2011

Pédagogie & révolution, sélection & reproduction sociale(s), autorité & savoirs…

PRÉSENTATION PLUS DÉTAILLÉE :

télécharger le tract ci-joint (4 pages – format pdf) ou lire ci-dessous…

> 27 JANVIER : PÉDAGOGIE ET RÉVOLUTION

Rencontre avec Grégory Chambat, auteur du livre « Pédagogie et révolution / Questions de classe et (re)lectures pédagogiques » paru récemment aux éditions Libertalia

Cantonné à la seule question des moyens ou englué dans l’artificielle querelle opposant réac-publicains et pédagogistes, le débat autour de l’école est aujourd’hui dans l’impasse. Proposer une relecture des « classiques » de la pédagogie et questionner leur actualité à la lumière des enjeux présents est une manière de réactiver cette inspiration révolutionnaire qui guidait les éducateurs d’hier. De Francisco Ferrer à Jacques Rancière, en passant par Célestin Freinet, Paulo Freire ou Ivan Illich, ce recueil de chroniques publiées dans la revue N’Autre école esquisse le bilan d’un siècle de pratiques et de luttes pour une éducation réellement émancipatrice. Ce parcours pédagogique emprunte également des chemins oubliés ou plus inattendus : l’apport du syndicalisme révolutionnaire, de Fernand Pelloutier à Albert Thierry ou l’œuvre éducative de la révolution libertaire espagnole. Car, si la postérité a conservé la trace de quelques-unes des figures convoquées ici, elle ne doit pas nous faire oublier que le combat pour une école de la liberté et de l’égalité fut toujours une pratique collective et sociale. Dans le domaine de la pédagogie, comme dans celui de l’action militante, ceux qui savent de quoi ils parlent sont ceux qui font… Montaigne l’affirmait : « Éduquer, ce n’est pas emplir un vase, c’est allumer un feu »… Il est temps de souffler sur les braises !

Sommaire :
- Préface de Charlotte Nordmann
- Vers une pédagogie socialement critique…
- Un mythe qui a la vie dure : l’école de Ferry selon Jean Foucambert.
- Aux sources du syndicalisme : ni curés, ni patrons, ni État !
- Instruire pour révolter : Pelloutier ou la pédagogie d’action directe.
- Albert Thierry : l’homme en proie aux enfants.
- Francisco Ferrer : une école pour la Sociale ?
- Espagne 1936 : l’école fait sa révolution.
- Korczak : l’autre insurrection de Varsovie.
- Ivan Illich : une société sans école.
- La pédagogie des opprimés de Paulo Freire.
- Bourdieu et l’école.
- Jacques Rancière : l’école ou la démocratie ?
- Freinet… jusqu’où ?

L’auteur : Enseignant depuis 1995, Grégory Chambat travaille avec des élèves non-francophones dans un collège de Mantes-la-Ville (78). Militant de la CNT éducation, il participe au comité de rédaction de la revue N’Autre école. Il a publié « Instruire pour révolter : Fernand Pelloutier et l’éducation, vers une pédagogie d’action directe » et coordonné le livre d’entretiens « École : une révolution nécessaire » (éditions CNT).

Références du livre : éditions Libertalia, collection Terra Incognita, 216 pages, octobre 2011

Pour commander le livre (14 €, frais de port inclus) : pédagogie et révolution

> 16 MARS : SÉLECTION ET REPRODUCTION SOCIALE(S)

Projection-débat avec la participation de Brigitte Monfroy, sociologue à l’IUFM Nord Pas-de-Calais

T’avais qu’à mieux travailler à l’école !
Certaines inégalités sociales sont parfois présentées comme « normales » puisque nous aurions toutes et tous les mêmes chances de réussite, en particulier à l’école : c’est le principe même de la méritocratie. Cette idéologie est contredite, depuis plus de trente ans, par des recherches montrant une corrélation forte entre l’origine sociale des élèves et leur réussite scolaire. La France est d’ailleurs aujourd’hui un des pays où le poids de l’origine sociale est le plus fort dans l’explication des niveaux de réussite scolaire.

La reproduction sociale est-elle une fatalité ?
Il y a une quarantaine d’année, les sociologues Bourdieu et Passeron faisaient de la « reproduction sociale » la fonction première de l’école. Cette analyse est-elle encore, voire plus que jamais, d’actualité ? L’école ne fait-elle que « reproduire », au sens d’enregistrer de manière « passive », les inégalités sociales ou participe-t-elle « activement » à leur (re)production ? Une « n’autre école » est-elle possible ? Quoi qu’il en soit, comprendre la genèse des inégalités sociales à l’école semble bien constituer aujourd’hui un enjeu d’importance, enjeu indissociablement scientifique et politique…

> 11 MAI : AUTORITÉ ET SAVOIRS

Projection-débat avec la participation de Thomas Barrier, formateur à l’IUFM Nord Pas-de-Calais

La relation pédagogique semble être de nature asymétrique. Dans l’ordre des savoirs, les enseignants sont supposés plus avancés que leurs élèves et c’est d’abord sur ce critère qu’ils-elles sont aujourd’hui recruté-e-s. Vue sous cet angle, la relation pédagogique possède quelques similarités avec la relation d’autorité. Cette similitude (réelle ou supposée) vient parfois en soutien d’un discours réactionnaire : les difficultés scolaires d’aujourd’hui seraient dues à un déficit d’autorité des maîtres-détenteurs-des-savoirs. A l’opposé, la pédagogie antiautoritaire peut elle faire l’économie d’une réflexion sur la place des savoirs dans les relations enseignants/élèves ? L’enseignant peut-il se comporter en simple tuteur ? Du côté des élèves, des recherches ont montré les relations existantes entre la soumission à l’autorité du maître et l’absence d’investissement dans les situations d’enseignement. Ce phénomène mérite particulièrement l’attention dans la mesure où ce sont souvent les élèves d’origine populaire qui sont les plus demandeurs d’une prise en charge par les enseignants et par l’institution. Comment, dans ce contexte, faire face à cette demande sans pour autant installer un rapport de dépendance ? Comment favoriser un engagement autonome des élèves ? Un rapport aux savoirs qui soit constructif ?

> 15 JUIN : L’UNIVERSITÉ EXPÉRIMENTALE DE VINCENNES

Projection-débat sur une expérience unique dans la foulée de mai 68

L’université expérimentale de Vincennes a été créée dans la foulée de mai 68. Rasée un été de 1980, il n’en existe aujourd’hui plus de trace même si elle est à l’origine de l’actuelle Université Paris 8 à St-Denis. Il reste néanmoins un expérience sociale, pédagogique et politique unique : mise en avant de l’interdisciplinarité (une licence comprend par exemple au moins deux spécialité distinctes) ; suppression du contrôle terminal, du cours magistral (les amphis ne servent guère qu’aux AG) ; rapports enseignants/étudiants bouleversés ; ouverture aux non bacheliers, aux salarié-e-s (ouverture de l’université de 7 à 24h, le samedi, etc), aux parents (crèches…) ; ouverture vers de nouvelles disciplines ; et surtout, une effervescence politique difficilement imaginable dans le contexte actuel de mise au pas des universités (LRU, IDEX, etc). De nombreux documents concernant cette expérience (articles, films, documents historiques, etc) sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.ipt.univ-paris8.fr/hist/

CNT éducation Nord Pas-de-Calais
32 rue d’Arras, 59000 Lille
plan d’accès
03 20 56 96 10
ssec5962@cnt-f.org

25 novembre 2011

Plan Fillon : les pauvres plus pauvres, les riches plus riches !

Édito du bulletin CNT-infos n° 10 (novembre 2011) :

De plan de rigueur en plan d’austérité, le gouvernement est en train de faire glisser les travailleurs (avec ou sans emplois) vers la misère. Pour la majorité des gens, c’est toujours moins de pouvoir d’achat :  un comble pour un président qui s’en revendiquait !

Cette crise est une aubaine pour le patronat et ses hommes politiques, bons petits soldats. Non seulement certains cyniques gagnent du fric en spéculant sur la crise, mais surtout celle-ci est un formidable alibi pour accélérer la destruction de nos systèmes de protection sociales et de redistribution des richesses. Pas un jour ne se passe sans qu’on apprenne des coupes budgétaires, des réductions d’effectifs…

Ainsi, le dernier plan Fillon (7 novembre 2011) est un véritable hold-up car 86 % de ce plan sera supporté par les ménages. Cumulé avec les mesures d’aout dernier, on arrive à 1,5 milliards d’euros de baisse des dépenses de l’État et à 1,3 milliards d’euros de baisse des prestations sociales (sécu, allocations familiales et logement, retraite). Magnifique escroquerie que celle d’indexer désormais les allocations familiales et logement à la croissance et non plus au prix. Les prix augmentent et la croissance dégringole, fallait y penser ! C’est un crime quand on sait que ces allocations bénéficient le plus souvent aux populations pauvres. Dans la foulée, le gouvernement augmente la TVA, impôt le plus injuste. Il faut savoir que la TVA pèse 8 % dans la consommation des ménages les plus aisés et 16,6 % dans celle des ménages les plus pauvres. Côté impôt, ils ajoutent aussi le gel des barèmes de l’impôt sur le revenu en 2012 et 2013. Chaque année les barèmes évoluent en fonction des prix. Geler cette évolution revient à une augmentation de l’impôt sur le revenu pour certains foyers fiscaux qui se verront basculer dans la tranche supérieure. Pour faire bonne figure, le gouvernement a décidé de faire passer de 19 à 24 % le taux du prélèvement forfaitaire libératoire. Cette hausse rapportera 600 millions d’euros par an (à comparer aux 2 milliards d’euros que coûte la réforme de l’ISF). L’impôt sur les sociétés sera augmenté de 5 % juste pour 2012 et 2013 pour les entreprises dont le chiffre d’affaire dépasse les 250 millions d’euros. A savoir que ces grandes entreprises ne payent que 8 % d’impôt sur les sociétés pendant que les petites en payent 30 % selon la Cour des comptes.

« C’est pour la bonne cause ; il faut assainir les comptes » nous disent-ils. Alors que pour les assainir, il suffirait de commencer par regarder d’où vient la dette. Celle-ci ne vient pas des dépenses mais bien de la suppression progressive des recettes et aussi et surtout de la privatisation de l’argent et donc du crédit. La dette française est essentiellement composée des intérêts qu’on a versés aux banquiers privés depuis la privatisation en 1973 (1433 milliards d’euros).

Il va devenir vital pour la population de réagir si nous ne voulons pas finir à la rue. Alors occupons-la avant ! Ils ne s’arrêteront pas. Chaque plan d’austérité est un test de résistance de la population. Tant que ça passe, ils continueront. Se rendent-ils compte qu’ils jouent avec le feu ? Le feu des émeutes ou le feu du fascisme… Le peuple doit reprendre le pouvoir et réinventer la démocratie tant celle-ci a été confisquée par l’économie et plus particulièrement par la finance . Aujourd’hui, quelques individus décident du sort de centaines de millions de gens sur la base de théories économiques foireuses : ce sont les agences de notation. Ce sont ces gens ainsi que les dirigeants des grandes banques et autres institutions financières mondiales comme le FMI qui ont le pouvoir aujourd’hui.

A nous de le reprendre et d’imposer une nouvelle démocratie basée sur l’humain et non l’argent, sur des mandats précis et révocables et non sur des blancs seings le temps des mandatures, sur un fédéralisme impliquant le plus de monde possible et non sur une classe dirigeante enfermée dans ses certitudes et qui croie n’avoir de compte à rendre à personne.

24 novembre 2011

Manifestation du collectif « Fraternité Migrants – Bassin minier 62 »

Le 22 novembre à Angres (62), des migrants vietnamiens ont été interpellés par la police dans le camp où ils s’étaient installés. Une infirmière, membre du collectif « Fraternité Migrants » du bassin minier du Pas-de-Calais qui passait régulièrement sur le camp pour apporter de l’eau et prodiguer des soins aux migrants, a également été interpelée dans le cadre de l’article L622-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers qui stipule que « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros ».

Lundi 12 décembre, le collectif « Fraternité Migrants – Bassin minier 62 » organise une manifestation pour dénoncer les conditions des migrants dans la région.
(rendez-vous à 18h30 face aux locaux de la CALL, rue Marcel Sembat à Lens)


22 novembre 2011

Rassemblement antifasciste à Villeneuve d’Ascq

Mardi 29 novembre à 19h (rendez-vous devant le métro « Pont de bois »).

> Communiqué du Collectif Antifasciste de Lille :

Depuis le 20 octobre, de nombreux incidents perturbent les représentations de la pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu » de Romeo Castellucci. Les catholiques traditionalistes de l’Institut Civitas, alliés à d’autres mouvements d’extrême droite, manifestent souvent de manière violente contre le prétendu caractère blasphématoire de cette pièce.

Les jets d’huile de vidange côtoient les tentatives d’infiltration et de perturbation de la pièce, couteaux et autres lacrymogènes en poche. Le mardi 29 novembre, ils se mobilisent à nouveau contre la programmation de la pièce au Théâtre de la Rose des Vents à Villeneuve d’Ascq. Ce n’est qu’un prétexte pour mener une offensive nationale et déverser sur la place publique leur idéologie religieuse fanatique et fasciste.

Ceux qui hurlent au blasphème en se revendiquant porte-parole des chrétiens de France sont en réalité, et avant même d’être des intégristes, des membres d’organisations fascisantes. Depuis quelques années, l’extrême droite connaît un regain d’activisme sous des formes de plus en plus provocatrices et violentes : marche des cochons à Lyon, saccages de kebabs, attaques et intimidations de militants antifascistes, manifestation d’extrême droite radicale à Lille, campagnes anti-IVG, croisade intégriste contre des œuvres d’art jugées « blasphématoires », etc. C’est intolérable. L’extrême droite et les intégrismes religieux constituent une menace à la liberté de création et d’expression.

A chaque fois qu’elle a dirigé une ville ou un état, l’extrême droite s’est employée à interdire des spectacles et à retirer des bibliothèques des ouvrages contraires à son idéologie, voire à les brûler. En 1989, des catholiques intégristes n’hésitaient pas à incendier un cinéma parisien qui projetait « La dernière tentation du Christ » de Scorsese. Il nous semble urgent d’agir pour ne pas en arriver là.

Pour ne pas laisser s’instaurer un climat d’intimidation et de pression préjudiciable à la liberté de création et ne pas laisser les fascistes occuper l’espace public sans réaction, nous appelons à un rassemblement antifasciste le mardi 29 novembre à Villeneuve d’Ascq (rendez-vous à 19h au Métro « Pont de Bois »).

22 novembre 2011

Formation informatique : « Confidentialité des données numériques et anonymat sur internet »

Samedi 26 novembre à 14h, à la maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras, Lille.

Lors de cette formation, nous découvrirons comment il est possible pour les sociétés commerciales et les forces répressives de l’État d’accéder aux données stockées sur nos ordinateurs et de tracer nos communications sur internet. Nous verrons ensuite les protections qu’il est possible de mettre en place pour sécuriser et rendre anonymes nos données ainsi que leurs limites. Seront abordés la protection de sa session utilisateur par mot de passe, le chiffrement des disques durs et de la mémoire vive, le chiffrement des emails, la connexion anonyme à internet via TOR, le blocage des traceurs commerciaux via l’installation d’extensions au navigateur Firefox.

Entrée libre

19 novembre 2011

[vidéo] La CNT Nord Pas-de-Calais de 1993 à aujourd’hui

Durée : 7mn 59

Cette rétrospective ne présente que quelques unes des activités menées par la CNT dans la région d’octobre 1993 à octobre 2011. Un film plus complet est à l’étude…

> Pour télécharger ce fichier d’environ 33 Mo : clic droit sur le lien puis « Enregistrer la cible du lien sous… »

> Pour en savoir plus sur José Faran, le camarade dont le nom est évoqué au début de la vidéo

19 novembre 2011

Mémoire ouvrière : entretien avec José Faran

En décembre 1995, l’UL-CNT de Lille a organisé une projection du film « Land and freedom » au cinéma « Le Méliès » avec la participation de Franck Mintz et de José Faran. Suite à cette projection, un entretien avec José a été réalisé par Eric Dussart, militant du syndicat CNT éducation 59/62. Archivé dans un dossier, l’entretien n’a ensuite jamais été exploité. Après quelques années, le voici enfin sous la forme d’un article rédigé à l’occasion de la sortie du petit film vidéo retraçant les activités de la CNT Nord Pas-de-Calais de 1993 à aujourd’hui.


>>> José Faran est né en 1912 à Lérida, petit village catalan à une centaine de kilomètres de Barcelone. Comme beaucoup d’espagnols de cette génération, sa vie a été marquée par la situation politico-sociale de l’Espagne d’avant 1939, puis par l’exil en France.

« Dans mon village, explique José dans un mélange de français, de castillan et de catalan un peu difficile à comprendre, on était peu instruit mais, dans les années 1920, des militants ouvriers de la CNT venaient régulièrement à pied des villes les plus proches pour animer des conférences. Ils organisaient aussi des cours d’alphabétisation. Ils nous distribuaient des brochures et des journaux en nous expliquant qu’il fallait lire si on voulait changer la société. Ces militants ont joué un rôle très important dans les zones rurales. Souvent ils risquaient leur vie car c’était l’époque du dictateur Primo de Rivera et il n’était pas rare que des militants syndicalistes se fassent assassiner en pleine rue par les hommes de main du gouvernement et du patronat ».

En 1936, José a 24 ans. « Depuis la victoire de la gauche aux élections du 16 février, raconte-t-il, on savait que l’Armée, aidée par la droite et par l’Église, préparait un coup d’État. Un jour du mois de juillet, quelqu’un est venu au village pour nous dire que ce coup d’État avait eu lieu, que le gouvernement républicain était complètement dépassé par la situation mais que les syndicats ouvriers avaient pris d’assaut les casernes et que le pouvoir appartenait désormais au peuple. Le soir, j’ai récupéré les quatre postes de radio qu’il y avait au village et je les ai mis au balcon du café pour que tout le monde puisse entendre les informations. A partir de ce moment-là et pendant plusieurs jours, on n’est plus rentré à la maison. On dormait dans le café, on se sentait mobilisé ».

Peu après, José participe à la création d’une collectivité agraire autogérée dans laquelle il travaille à la fois comme paysan et comme forgeron. « On avait réquisitionné les terres des gens qui étaient partis parce qu’ils soutenaient Franco. On les cultivait et on avait créé un restaurant collectif. Tout était bien organisé. Sur la place du village, on avait mis un pot où les gens venaient mettre leur argent car, comme tout était gratuit, on n’en avait plus besoin. On avait fait de la collectivité un grand jardin. Si on avait trop de nourriture, on la donnait à ceux qui en avaient moins. On avait la sensation qu’on était dans une société nouvelle ».

Mais les militaires, les monarchistes et les fascistes n’avaient pas dit leur dernier mot. Après un coup d’arrêt, ils reprennent leur offensive. « Nous, ce qu’on voulait, explique José, c’était des armes pour nous défendre. Mais le gouvernement républicain n’en avait pas beaucoup. Et lorsque la France nous en envoyait parfois, elles arrivaient le plus souvent chez Franco. Concernant les brigades internationales, on était très méfiant. L’Espagne anti-franquiste n’avait pas besoin de combattants ; elle en avait suffisamment ! Et puis, ces brigades étaient souvent aux ordres de Staline et du Kominterm. Alors, on refusait qu’elles viennent militariser et contrôler notre lutte ! ». Quant à la politique de non intervention prônée par les démocraties occidentales, rien d’étonnant pour lui : « La travailleurs espagnols savait ce qu’ils voulaient. Tout cela était très clair, notamment depuis le congrès de Saragosse. Notre but était le communisme libertaire et nous avions commencé à l’expérimenter avec succès. De plus, avec plus d’un million et demi d’adhérents, la CNT représentait une force considérable et incontournable. Alors, les démocraties bourgeoises n’avaient aucun intérêt à nous voir gagner la guerre. Au contraire, nous représentions un danger pour elles ».

En septembre 1939, José est obligé de fuir son village devant l’avancée des troupes franquistes. Il arrive en France et connaît les camps d’internement du gouvernement français. Ensuite, il est placé dans un chantier de travail, d’abord à Tarascon puis dans les Alpes où il creuse des tunnels. « Au début, les français avaient peur de nous, raconte-il, car la propagande franquiste disait qu’on était des bandits et qu’on violait les religieuses ».

En 1943, José rejoint l’un de ses frères à Lille. Il n’a pas de papiers et est obligé de vivre dans la clandestinité. Il vit de petits boulots. Un jour, alors qu’il travaille à remettre en état un bâtiment bombardé près du pont de Thumesnil, il rencontre Irène, une jeune fille qui dans ce même bombardement vient de perdre ses parents et sa maison. Un peu plus tard, Irène deviendra sa femme…

Après la guerre, José travaille comme soudeur dans différentes entreprises de la région lilloise Membre de la CNT espagnole en exil et compagnon de route de la CNT française (lorsque celle-ci est créée en 1946 par des militants de la CGT opposés à la main mise des staliniens sur leur confédération syndicale), il sera – avec son éternel chapeau sur la tête – de toutes les manifestations, de toutes les conférences-débats et de beaucoup d’actions. Une présence discrète mais revigorante car pleine de joie de vivre, d’optimisme et de ténacité !