Archive pour la catégorie ‘Territoriaux 59’

Appel inter-syndical de soutien au collectif des Olieux

lundi 9 janvier 2017

En novembre 2016, des mineurs isolés étrangers qui dormaient sous des tentes dans un parc à Lille Moulins ont été expulsés sans qu’aucune solution durable ne leur soit proposée.

Ces jeunes et leurs soutiens ont alors décidé d’occuper un bâtiment inutilisé depuis plusieurs années rue de Fontenoy. « La maison », lieu de confort relatif, de solidarité et d’activités (cours de français et de mathématiques, ateliers de cuisine, sport…) a été expulsée le mardi 20 décembre 2016 par une horde disproportionnée de policiers. Cela à l’initiative du CHRU, propriétaire du lieu en question, et de beaucoup d’autres lieux vides dans la métropole qui pourraient par ailleurs être réquisitionnés.

Révoltés, non seulement par l’absence totale de réponse des autorités/instances compétentes face à la situation ultra-précaire des jeunes mais également par la rapidité et la force employée pour l’expulsion du lieu, nous, organisations syndicales, soutenons le collectif des Olieux dans sa lutte pour un hébergement décent et des conditions de vie dignes pour tous et toutes. Nous condamnons fermement ces expulsions successives, laissant les jeunes de nouveau à la rue en plein hiver. Dorénavant, nous sommes prêts à utiliser tous les moyens nécessaires pour soutenir le collectif et contrer les actions répressives de plus en plus violentes et allant à l’encontre des mesures de protection dont devraient bénéficier ces jeunes mineurs. Les luttes de ces derniers mois nous ont réunies autour d’objectifs et de valeurs communes ; continuons cette convergence qui nous fera gagner.

Nous demandons à l’État, à la Préfecture, au Département, de prendre les mesures de protection qui s’imposent, en fonction des situations et des trajectoires de chacun, afin de sortir les personnes de cette situation d’indignité. Nous leur demandons d’être aussi rapides pour trouver des solutions qu’ils l’ont été pour expulser la maison.

Lille, le 6 janvier 2017

Premiers signataires (liste saisie par ordre alphabétique et mise à jour le 9 janvier) :
SOLIDAIRES 59 – SUD Éducation 59/62 – SUD Santé Sociaux 59 – SUD Solidaires Étudiant-e-s de Lille – Syndicat CGT de la Ville de Lille Hellemmes Lomme – Syndicat CNT Emploi Formation Insertion de la région NPDCP – Syndicat CNT Santé Social Éducation Culture 59/62 – Syndicat CNT des travailleurs du commerce, de l’industrie et des services du Nord – Syndicat CNT des travailleurs territoriaux du Nord – Syndicat Étudiant Lycéen CGT du Douaisis – Syndicat Étudiant Lycéen CGT du Valenciennois – Union départementale CGT du Nord

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Photos et compte-rendu de la mobilisation du 15 sept. à Lille

jeudi 15 septembre 2016

11h – Rassemblement devant la direction départementale courrier-colis de La Poste :

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Rassemblement organisé en soutien à Émeline et Sébastien. Rappel des faits : Le 19 février dernier, Émeline – employé en CDD au Centre de Distribution Courrier de Villeneuve d’Ascq – a été victime d’un AVC (accident vasculaire cérébral). Dès le matin, elle avait pourtant envoyé un SMS à sa direction locale pour annoncer qu’elle ne se sentait pas bien. Mais sa hiérarchie lui a quand même demandé de venir travailler. Sans l’intervention et l’insistance de Sébastien, syndicaliste de SUD sans lequel les chefs d’Émeline n’auraient jamais appelé les secours, Émeline ne serait peut-être plus là ! Aujourd’hui, elle s’en sort avec de graves séquelles (paralysie de la jambe gauche et traitement à vie) ainsi qu’avec des incidences sur sa vie personnelle et privée. Quant à Sébastien, le camarade de SUD qui a sauvé la vie d’Émeline, il est victime de répression anti-syndicale : plainte pour harcèlement à l’encontre de la direction de l’entreprise, suspension de fonction et convocation devant un conseil de discipline !

11h – Rassemblement devant le technicentre SNCF d’Hellemmes :

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Le 6 juin dernier à Lille, l’accès aux bâtiments hébergeant « Socrate » (système national de réservation de la SNCF) avait été bloqué par des cheminots soutenus par des militant-e-s de l’AG de lutte contre la loi Travail ainsi que par des syndicalistes de SUD, de la CGT et de la CNT. Depuis, la répression a commencé à frapper plusieurs camarades cheminots. Ce 15 septembre, un rassemblement de solidarité était organisé à l’appel de SUD rail devant le technicentre SNCF d’Hellemmes-Lille. Prochain rendez-vous : le 6 octobre à Paris. Ce jour-là à 14h, Alain Leclercq (militant de SUD rail) est convoqué devant le conseil de discipline de la SNCF pour répondre de sa participation à l’action du printemps dernier. Son engagement dans la lutte syndicale et contre les réformes structurelles en cours à la SNCF font de lui une bête à abattre. Il est donc de notre devoir de le soutenir dans cette épreuve. Rassemblement jeudi 6 octobre à partir de 11h30 devant le siège national de la SNCF, rue d’Alsace à Paris (près de la gare de l’Est).

12h – Rassemblement devant le bâtiment administratif du CHRU :

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Le 14 juin dernier, alors qu’il était le seul de son service à vouloir faire grève et que l’effectif habituel était respecté, un brancardier du CHRU de Lille s’est vu assigné par sa direction*. Il a refusé de se soumettre à cette assignation abusive et s’est mis en grève. Quelques jours plus tard, il a reçu un courrier de sa direction l’informant 1) que sa journée du 14 juin ne sera pas considérée comme un jour de grève mais comme une absence non justifiée, 2) que son refus de se soumettre au devoir d’obéissance des fonctionnaires figurera dans son dossier administratif, 3) que tout prochain manquement à ce devoir d’obéissance sera susceptible de faire l’objet de mesures disciplinaires. Le cas de ce brancardier n’est pas isolé. Depuis deux ans, tout est mis en œuvre au CHRU de Lille pour mettre en difficulté les agents voulant exercer leur droit de grève. Exemple : alors que le tribunal administratif de Lille enjoint la direction de l’hôpital à afficher les tableaux d’assignation au moins la veille d’une grève avant 10h, la direction s’obstine à ne pas le faire ! Ce 15 septembre, les syndicats CGT du CHRU de Lille appelaient à un barbecue solidaire devant le bâtiment de l’administration générale pour demander 1) la requalification de la journée du 14 juin de leur collègue en journée de grève, 2) l’éviction du courrier scélérat de son dossier administratif, 3) l’application de la règle de l’effectif minimum basé sur celui des dimanches et jours fériés.

* Dans la fonction publique hospitalière, l’assignation a pour but d’assurer la permanence des soins en cas de grève. Contrairement à la réquisition (que seules les autorités gouvernementales et préfectorales peuvent imposer à un agent), l’assignation est faite par le directeur de l’hôpital. Seuls sont concernés les services dont le fonctionnement ne saurait être interrompu sans risques sérieux. Il n’y a pas de règle précise mais la jurisprudence parle d’un effectif minimum de sécurité correspondant à celui d’un dimanche ou d’un jour férié. En cas d’abus de pouvoir de la part du directeur, la loi prévoit que l’agent abusivement assigné peut déposer un référé liberté auprès du tribunal administratif.

 

15h30 – Cortège de tête de la manifestation contre la loi Travail :

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Trois mille manifestants à Lille ce 15 septembre : un chiffre encourageant quand on sait qu’il s’agissait de la première manifestation de la rentrée sociale ! Pas de cortège spécifiquement CNT cette fois-ci mais une participation des militant-e-s cénétistes au cortège anticapitaliste initié en tête de manifestation* par l’AG de lutte contre la loi Travail ; un cortège anticapitaliste qui a réuni plusieurs centaines de personnes d’horizons divers (autonomes, CGT, CNT, SUD, etc.).

* À propos de positionnement dans les manifs, rappelons que – depuis de longues années – certains dirigeants syndicaux (membres de confédérations dont nous tairons le nom par respect pour leurs militant-e-s de base) refusent fort peu démocratiquement d’inviter la CNT au tirage au sort qui détermine la place des cortèges dans les manifestations syndicales interprofessionnelles. Quand la CNT est invitée à participer à ce type de tirage au sort (c’est le cas par exemple dans l’Éducation), elle respecte les résultats issus de la procédure. Par contre, quand elle est exclue de cette procédure, elle se place aux côtés des manifestant-e-s avec lesquel-le-s elle se sent le plus en phase (le cortège anticapitaliste ou le cortège de SUD-Solidaires, pour ne citer que ces deux exemples).

Loi Travail : le combat continue !

vendredi 8 juillet 2016

Le 5 juillet 2016, le projet de loi Travail a été présenté en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Le lendemain, n’ayant pas de majorité pour faire voter ce projet par les député.e.s, le gouvernement est passé en force en utilisant l’arme anti-démocratique du 49-3. À ce jour, la loi Travail est donc officiellement adoptée.

Mais rien n’est perdu car une loi officiellement adoptée peut toujours être abrogée. Pour ce faire, il convient de poursuivre la mobilisation durant les congés d’été. C’est ainsi qu’en juillet-août, différentes actions en direction des salarié.e.s seront organisées. Premier rendez-vous dans la région : mardi 12 juillet pour un barrage filtrant à la barrière de péage de Fresnes-lès-Montauban sur l’autoroute A1.

Bien sûr, ces actions ne suffiront pas. Mais elles sont importantes pour préparer la rentrée de septembre. À l’ordre du jour de cette rentrée : grève générale illimitée et blocage de l’économie, seuls moyens capables de faire plier le gouvernement.

Prochaine grande journée nationale de mobilisation : jeudi 15 septembre.

Manifestation régionale : 14h30, porte de Paris, Lille.

On lâche rien ! Abrogation de la loi Travail !

Vidéos de décryptage de la loi Travail

Par des avocat.e.s du SAF
Par un inspecteur du travail
Par la CNT

Textes de décryptage

Tract CNT d’une page
Tract CNT de 2 pages
Tract CNT de 4 pages

Affiches

Loi El Khomri, la machine à remonter le temps
Grève générale jusqu’au retrait de la loi Travail
C’est pas un jour de grève qui nous fera gagner […]

Droit de grève

Cadre juridique du droit de grève et conseils pratiques

Article extrait du site confédéral de la CNT

[…] La répression féroce n’a pas entamé notre détermination. Que ce soient les attaques directes contre les locaux syndicaux (du saccage par la police de celui de la CNT Lille au nassage de la Bourse du Travail de Paris le 28 juin dernier), les fouilles humiliantes des manifestant.e.s, les gardes à vue « préventives » (nouveauté juridique alarmante), les interdictions de manifester, les violences policières, les faux défilés « en cage », rien n’y fait : nous ne lâcherons pas !

Certes, beaucoup de travailleurs/euses vont partir en vacances, se délectant à juste titre des congés payés obtenus de haute lutte lors de grèves et occupations d’usine en 1936 (et non pas du fait de la bonne grâce d’un quelconque gouvernement…). Qu’importe, préparons dès maintenant le retour en force pour une rentrée sociale la plus large possible. Renflouons les caisses de grève, continuons de distribuer des tracts, de coller des affiches, d’organiser des rencontres, de soutenir nos camarades en procès, etc.

La loi Travail est une attaque sans précédent de nos conquêtes sociales. Les mesurettes cosmétiques ne remettent pas en cause les fondements mêmes du texte : imposer le libéralisme le plus sauvage du chacun pour soi. Si l’article 2 cristallise la confrontation en brisant le principe de faveur (l’accord d’entreprise ne peut être que meilleur que la convention collective, qui ne peut elle-même être que meilleure que le code du travail), d’autres mesures sont tout aussi dangereuses : généralisation des comptes personnels (CPA) – transformant l’individu en entreprise – ou garantie jeunes – sorte d’aumône étatique – contre la logique de salaire socialisé de la Sécurité sociale ; contrôle accru des chômeurs/euses (article 52) ; destruction de la médecine du travail ; réduction des délais de prévenance pour les changements d’horaires des temps partiels, etc. Et ce qui arrive aujourd’hui au secteur privé sera sans aucun doute par la suite imposé au secteur public, déjà bien entamé par la RGPP et les restrictions budgétaires. Nous sommes tous concerné.e.s, salarié.e.s, précaires ou chômeurs/euses, aujourd’hui pour certain.e.s, demain pour d’autres, et toutes les générations qui arriveront sur le marché du travail dans quelques années.

Sans compter la négociation Unédic ou le compte pénibilité, quoi que l’on en pense, sabordés par le Medef, sous le regard béat du gouvernement. Car les vrais « casseurs », ce sont bien l’État et le patronat. Ils ne respectent aucune loi, aucune règle, les contournant et refusant de les appliquer pour sauvegarder leurs intérêts financiers et leur pouvoir. Les voilà la chienlit, la canaille, les sauvageons, ces grands délinquants sans limite. Tels les Lafarge faisant des affaires juteuses avec l’État islamique, Dassault vendant ses Rafale à l’Arabie saoudite, Macron ou Le Pen sous-déclarant leur patrimoine pour échapper à l’ISF, Sarko et ses casseroles sans fin, les DRH d’Air France, Goodyear ou Continental licenciant des milliers de salarié.e.s, etc. Les voilà ceux qui devraient comparaître immédiatement en procès et être condamnés à des travaux d’intérêts généraux pour reconstruire les vies qu’ils détruisent depuis des décennies, jusqu’à faire de la mort une source de profit…

Alors, en septembre, changeons de braquet ! Dopons nos luttes pour construire un tour de France des grèves et des blocages. Aucune montagne ne saurait nous résister : notre EPO, c’est l’entraide et la solidarité ; notre pénalty, c’est la grève générale ; notre surface de réparation, les lieux de travail ; notre meilleure défense, c’est l’attaque !

Et pour celles et ceux qui voudraient encore y croire, ne nous laissons pas berner par les appels électoraux qui ne manqueront pas de surgir dès la rentrée. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et les dernières années nous ont bien démontré ce que ça valait. N’oublions pas non plus que le Front national a réclamé plusieurs fois l’interdiction des manifestations et l’intervention de l’Armée ou de la Police contre les grévistes et les piquets de grève. N’oublions pas qu’ils n’ont eu de cesse d’attaquer les syndicats « terroristes ». N’oublions pas qu’ils réclament plus de « libertés » pour les « petits patrons », soi-disant accablés par les « charges » et un droit du travail trop rigide… N’oublions pas que cette famille de milliardaires et ses sbires néo-nazis ne cherchent qu’à diviser notre classe sociale entre « Français » et « étrangers » pour mieux nous exploiter et nous dominer tous. N’oublions pas qu’ils prévoient des abattements de cotisations sociales sous prétexte d’augmenter les salaires quand cela ne ferait en réalité que les baisser et détruire la Sécurité sociale. N’oublions pas qu’ils rêvent d’un État encore plus répressif et liberticide. L’extrême droite a toujours été et restera toujours l’ennemi des travailleurs/euses : aucune colère ne justifie que l’on « essaie pour voir ».

De droite, d’extrême droite ou de gauche, tous n’ont qu’un rêve : nous gouverner, maintenir leurs intérêts, leur pouvoir et celui du Capital, petit, moyen ou gros.

Nos rêves ne tiennent pas dans leurs urnes. Notre syndicalisme, nos luttes, n’ont que faire de la couleur politique des classes dirigeantes. Notre autonomie, notre indépendance sont la garantie de nos victoires.

Alors, fini de manifester comme des bêtes de foire à qui la Police et l’Armée lancent des grenades et des flash-balls à défaut de cacahuètes ! Fini de négocier la longueur de la laisse dans les salons de l’Élysée ou de Matignon ! Notre arme, nous ne cessons de le répéter depuis des mois, c’est la grève, le blocage de l’économie et des services publics.

Ne commettons pas une nouvelle fois l’erreur de partir dispersés, lycéens et étudiants, puis raffineries, puis dockers, puis cheminots, etc. Ne jouons plus la carte des journées de mobilisation en pointillés. Dès maintenant, contre la loi Travail et son monde, mettons en place les moyens de construire en automne une grève générale reconductible, forte et unitaire.

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