N'AUTRE FAC
journal de la section CNT-SR de Lille

La section SR (supérieur et recherche) de la CNT est la section universitaire (ex FAU : "Formation Action Université") du syndicat CNT santé-social-éducation-culture (SSEC) du Nord Pas-de-Calais.

Pour contacter la section, écrire à
 sr-lille@cnt-f.org

Affichette de la section CNT-SR de Lille (84 ko) :
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Mobilisation dans les universités (février 2009) :
Appel de la section CNT-SR (supérieur et recherche)  de Lille à lire à la rubrique "Actualité et analyses".

Archives de "N'autre fac" (publication a-périodique) :
Extraits du n° 3 (printemps-été 2007)

Anti-sexistes nous sommes : anti-sexistes radicaux
Rapport Hetzel : le monde de l'entreprise à l'assaut de l'enseignement supérieur
Le prix libre
Rappel historique
Lettre pour l'abolition universelle de la liberté

Extraits du n° 2 (février 2005)

Un point sur les réformes
La présidence de Lille3 instaure l'inégalité envers les étudiant-e-s étranger-e-s !
Vers une université (enfin !!!) autogérée ?
Brèves

Etudiants et personnels... tous ensemble !



Extraits du n° 3 (printemps-été 2007) de "N'autre fac" :

ANTI-SEXISTES NOUS SOMMES : ANTI-SEXISTES RADICAUX

Meilleure réussite aux différents examens nationaux, meilleure réussite dans les tests d'aptitude et de compétences, population scolaire considérée comme plus sérieuse et plus travailleuse, les filles depuis que l'école leur a ouvert ses portes semblent largement l'avoir utilisée pour s'émanciper. Cette école fut si bien utilisée qu'il paraîtrait logique de ne même plus parler de la question des inégalités hommes/femmes qui pourtant perdurent.

Même si il faut admettre qu'en surface la situation des femmes a évolué sensiblement, on ne peut pas en dire autant sur le fond. En effet les femmes sont continuellement victimes d'oppressions dans un système qui revendique et met sans cesse en avant le principe d'égalité entre les individus et notamment entre les hommes et les femmes. Le sexisme est une forme de racisme comme les autres et pourtant il est perçu différement et bien souvent totalement banalisé. Notre projet de société communiste libertaire, aspirant à l'égalité sociale entre les individus et en la suppression de toute les formes d'oppression et de domination existantes nous pousse naturellement à combattre le racisme en général, le sexisme en particulier.

Nous allons aborder au travers de cet article la place que peut occuper le sexisme dans les mentalités ainsi que l'instrumentalisation du combat dit féministe à des fins purement capitalistes et donc dominatrices, ces dernières générant des inégalités encore bien plus larges que celles que l'on peut observer entre les hommes et les femmes. Ce texte ayant pour but de nous donner une vision de comment se manifeste le sexisme dans notre société et donc comment nous pouvons le combattre au jour le jour.

Au delà de l'apparence purement formelle que peut prendre le sexisme dans notre vie quotidienne, nous pouvons observer des formes de sexisme bien plus subjectives autour de nous.

Ces formes de sexisme se manifestent notamment au travers de notre langage. Effectivement la langue française étant construite sur des bases purement sexistes, le sexisme est donc une valeur intrinsèque à cette langue, il en découle inévitablement un sexisme banalisé au travers d'une langue que l'on utilise quotidiennement. Nous pouvons citer à titre d'exemple de nombreuses règles grammaticales insistant sur le fait que le masculin l'emporte toujours sur le féminin. Nombreux sont ce genre d'exemples et ces derniers favorisant le formatage des esprits à accepter ce racisme institutionnalisé jusque dans la langue.

Les moeurs aussi, même si certaines choses ont certes évoluées, ont tendance en général à rester figées. Dès leur plus tendre enfance, les femmes sont apparentées à des êtres faibles alors que l'homme, quant à lui, doit correspondre à une image supra viriliste et forte.

Cela peut être illutré au travers des jeux avec lesquels s'amusent les gosses : nos boîtes aux lettres se remplissent de catalogues de jouets et que remarque-t-on? D'un coté, pages roses, les fées du logis qui repassent et qui pouponnent, de l'autre, pages bleues, les petits hommes qui jouent à la guerre. Le choix des jouets est trop souvent déterminé par le sexe de l'enfant à qui il est destiné. Il conditionne les tout-petits à endosser plus tard des rôles stéréotypés : maternité, travail domestique et coquetterie pour les filles alors que le bricolage, les voitures et la guerre seront réservés aux garçons.

Nonobstant ces faits, on nous présente partout, que ce soit à l'école, dans l'entreprise ou encore dans les médias bref dans la société en général, une femme émancipée s'étant affranchie du pratriarcat et de toute forme de domination masculine. En somme la femme d'aujourd'hui serait soit disant l'image même de la femme libre.

Ce qui peut paraître vrai en surface ne l'est parfois pas du tout sur le fond. Nous sommes en présence d'un bien beau sophisme car la réalité est tout autre.

Même si nous ne pouvons pas nier que la situation a évolué grâce aux luttes pseudo féministes de ces derniers temps, nous savons très bien que le bilan est à prendre avec beaucoup de recul et qu'un travail gigantesque tant sur le fond que sur la forme reste à effectuer.

Effectivement, dans notre France démocratique et paritaire, les discriminations sexistes perdurent. A travail égal, les femmes gagnent en moyenne 15% de moins que les hommes, elles accomplissent les deux tiers du ménage et des soins aux enfants, elles représentent 60% des chômeurs et 80% des travailleurs à temps partiel, souvent non volontaire. Au moins deux millions d'hommes battent leurs compagnes et chaque année 300 à 400 d'entre eux les assassinent, de plus 48000 viols sont aussi déclarés en France chaque année.

A ceci s'ajoute le mépris dans lequel les médias, le pouvoir et la société dans son ensemble ont réussi à enfermer le féminisme et toute revendication égalitaire. Ils arrivent à canaliser une image de la femme émancipée qui ne correspond certainement pas à la définition première de ce terme.

En l'occurrence la femme émancipée de notre 21ème siècle s'apparente plus à une femme servile et corvéable à souhait, pouvant/devant servir le grand capital, qu'à une femme libre, travaillant moins et étant libérée de tout système d'oppression tel qu'il soit. En ce sens on ne peut pas parler d'une véritable émancipation mais plutôt d'une inversion des tendances tendant à ce que le chef d'entreprise se substitue de plus en plus au patriarcat. A ce sujet l'on peut notamment évoquer les lois autorisant le travail de nuit pour les femmes, ce qui ne doit en aucun cas être perçu comme une évolution de la condition féminine, mais bien au contraire, comme une dégradation des conditions sociales de cette dernière.

La femme dynamique, sachant se plier aux exigences du marché et épousant parfaitement les courbes du néo-libéralisme ne doit être en aucun cas un modèle d'émancipation devant satisfaire la condition féminine. Effectivement l'émancipation résidant avant tout dans la liberté, système d'oppression pour système d'oppression, la condition féminine actuelle est encore en dessous de celle d'antan. Et c'est pour cela que ce semblant d'émancipation ne doit en aucun cas être pris en compte et que la lutte anti-sexiste doit impérativement battre son plein et redoubler d'énergie afin de combattre les illusions que l'on tente de faire passer dans les consciences collectives.

Il n'y aura certainement pas de grands soirs comme certains peuvent le penser, pas de libération du jour au lendemain de la condition féminine mais une révolution de tous les jours aussi bien dans la forme que dans le fond. Pour mener cette lutte, il paraît évident que nous devons tous nous affranchir de nous même et de notre conditionnement sexistes en premier lieu afin de mener par la suite un front commun face au sexisme et à ses partisans.




RAPPORT HETZEL :
LE MONDE DE L'ENTREPRISE A L'ASSAUT DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Depuis quelques temps se dessine un nouvel avenir pour le monde de l’éducation (décentralisation, loi Fillon). L’université n’y échappe pas et dans la foulée des réformes universitaires de ces dernières années (LMD, LOPRI…), elle doit faire face à une libéralisation accrue dont les conséquences ne peuvent être que néfastes. En effet de nouvelles aberrations vont voir le jour si l’on en juge les préconisations mises en avant par la commission « université-emploi » de juin 2006 dite « rapport Hetzel ».

LE PROJET GOULARD

Rappelons- nous tout d’abord ce projet qui a fait suite à la loi Fillon. Il a pour ambition de permettre la pré inscription dans les facs dès février  2007. Les conséquences de cette mesure sont une mise en concurrence des facs par le biais d’une sélection à l’entrée, pour attirer les  meilleures « recrues » lycéennes. La hiérarchisation des universités n’en sera que renforcée.

QU’EST-CE QUE LE RAPPORT HETZEL (commission « université – emploi ») ?

Les défenseurs de ce rapport (développé sous la forme de mesures censées être mises en place au sein des universités) partent du principe que la mauvaise orientation est la cause du taux d’échec à la fac et du peu d’insertion professionnelle des diplômés du supérieur. Il nous semble pourtant évident que la casse de l’éducation et le désinvestissement financier de l’Etat (déficit matériel et humain) ainsi que la précarité de nombreux-ses étudiant-e-s (salarié-e-s, nombre et montant des bourses insuffisants, problèmes de logement, …) constituent une cause plus réaliste. Partant donc du présupposé que l’université n’est pas adaptée en lui imputant la responsabilité du taux de chômage, la commission (à laquelle ont notamment pris part des représentants d’ entreprises dont Danone et Véolia !) professe une sainte parole : professionnalisation !

QUELLES MENACES ?

A travers ce rapport qui vise à redéfinir les missions de l’université (et ce sans la consultation et surtout la participation de l’ensemble de la communauté universitaire), on peut s’attendre à ce qu’une dérive libérale sans précédent s’instaure dans les universités, à l’image de ce qui se fait dans d’autres pays de l’Union Européenne (la Grèce par exemple où la privatisation des universités suscite depuis un an un mouvement étudiant). Bien que les travaux de la commission n’aboutissent pas (temporairement ?) à une loi,  les mesures préconisées sont amenées à avoir un impact dans un avenir proche sur les décisions qui seront prises dans les conseils d’administration de nos facs…

Toujours est-il que la privatisation de l’enseignement supérieur pointe son nez, si l’on en juge ce qui suit :


-    Alors que l’entrée à l’université risque à moyen terme d’être sujette à une sélection, le processus d’orientation durant le cursus universitaire, sous couvert d’ « insertion professionnelle », suggère un contrôle plus strict pour poursuivre la filière choisie ainsi qu’une sélection accrue. Il est notamment question d’un contrat d’orientation (comprenant l’obligation de suivre des modules de projet professionnel) signé entre l’étudiant et l’université dès la Licence 1 (aux facs d’établir leurs propres types de contrat), dont les objectifs fixés seront à respecter, sous peine de redoublement ou réorientation vers des filières professionnalisantes (aux parcours élaborés avec l’apport du monde socio- professionnel). La volonté de distinguer nettement le niveau Licence (bac +3) du niveau Master (bac +5) apparaît également dans le rapport, et cela se matérialiserait notamment par une sélection pour entrer en M1. Les critères d’entrée en M1 ne sont pas précisés mais la suggestion de faire du bénévolat à l’étranger ou un stage durant un semestre ou une année « de césure » laisse supposer que cela peut s’avérer être un éventuel critère : se faire exploiter en guise de droit d’entrée en M1, c’est du joli !

-    L’apparition de modules tels que « formation à l’intelligence économique », l’idée de « former les étudiants aux connaissances et compétences techniques nécessaires au développement économique des entreprises sur les marchés européens et mondiaux ainsi qu’à leur nécessaire protection par rapport aux concurrents » laissent présager de la place donnée à l’acquisition de savoirs et au développement du sens critique…sic…

-    Dans quelle mesure les filières générales de type par exemple sciences humaines pourront survivre ? Le rapport Hetzel préconise qu’une partie des moyens attribués par l’Etat aux filières résulte d’un calcul annuel (taux de professionnalisation) « en fonction des résultats obtenus par l’université en matière d’insertion professionnelle ». Ce calcul annuel qui déterminerait la participation financière de l’Etat sera en corrélation avec le financement privé. Non seulement cela accroît la menace qui plane sur le devenir des filières générales, mais en plus l’inégalité entre universités s’accentuera : entendons qu’il y aura double financement pour les facs « bonnes élèves » et double peine pour les facs « mauvaises élèves ». Voici l’enseignement supérieur dans l’ère de la dépendance financière à l’égard des entreprises et sous son contrôle.


-    La prévision d’un « stage obligatoire dans chaque cursus, y compris dans les Licences généralistes » va dans le sens d’un asservissement. Une main d’œuvre quasi gratuite sera à disposition du capital, dans les centres de formation du capitalisme : les universités.


NOUS REFUSONS LA CONCURRENCE ENTRE LES ETUDIANTS,
LES FILIERES ET LES UNIVERSITES !
                              NOUS SOMMES CONTRE LA SELECTION !                                
NOUS REJETONS TOUTES LES FORMES DE PRIVATISATION DE L’UNIVERSITE !

Si personne ne travaille à notre place, personne ne doit décider à notre place...

Face au réel danger de privatisation de l’enseignement supérieur, nous sommes pour une autogestion de nos universités, cela par le biais d’une réappropriation de nos lieux de vie par la communauté universitaire. Pour qu’ensemble, personnels et étudiants luttions pour construire un autre enseignement, émancipateur et pédagogique, au sein d’universités gérées directement par leurs acteurs, sans pressions ni décisions prises pour nous par des élus ou par le  patronat.

GREVE GENERALE POUR UNE N'AUTRE FAC ! *

* N'autre fac, journal apériodique de la CNT-SR Lille

Une version de ce texte (maquettée sous forme de tract)
est disponible en téléchargement (format pdf - 2 pages - 69 ko) en cliquant ici.



LE PRIX LIBRE

La pratique du prix libre se développe pour créer les conditions d’un autre rapport à l’argent qui règne en maître dans notre société. Il s’agit de montrer qu’au-delà des coûts de production (travail humain + matière première), ce que nous consommons peut l’être sur d’autres bases que celles du profit financier. Le prix libre est aussi une pratique de solidarité dans le sens où chacune et chacun, quels que soient ses revenus, peut bénéficier des mêmes services.

Le prix libre implique aussi une notion de responsabilisation et d’entraide dans l’échange. L’organisation d’un prix libre nécessite un choix de non-surconsommation (récup, dons, prêt, etc), du volontariat, de l’inventivité, de se serrer les coudes, de s’entre-aider, etc. Dans le prix libre, ce n’est pas le vendeur ou la vendeuse qui fixe le prix, mais l’usager-e : si il/elle a beaucoup, elle/il peut compenser pour ceux et celles qui ne peuvent pas mettre beaucoup (ou pour la prochaine fois où il/elle sera fauché-e).Il ne s’agit pas d’arnaquer, mais de participer à la hauteur de ses moyens et de ses envies.
   

Le prix libre donne l’occasion d’un questionnement : combien vais-je donner ? Quels sont mes moyens ? Quels sont les frais qu’occasionnent la (re)production d’une brochure, l’organisation d’un concert, etc ? A quel point puis-je ou ai-je envie de participer ? On s’éloigne ainsi d’une attitude purement consommatrice, où la somme qu’on donne est un geste rapide et machinal.

Texte tiré du site du Centre culturel libertaire de Lille : http://lille.cybertaria.org



RAPPEL HISTORIQUE

Si les 3 lettres CNT commencent à circuler dans les manifestations ou sur les tracts militants, pour beaucoup les principes fondateurs et les modes de fonctionnement anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires sont flous. Il est donc intéressant d’étudier brièvement l’histoire du courant révolutionnaire dans le monde syndical, une valeur qui, si elle régissait le syndicalisme du début du siècle parait désormais bien désuète.

Le syndicalisme est à l’origine un mouvement tendant à unifier les travailleurs dans des organisations qui visent, par l’action militante à permettre l’émancipation de ces derniers.

Suite à la loi Waldeck Rousseau qui régularise les syndicats en 1884, la réunion des bourses du travail et des syndicats de métier permet l’émergence d’un syndicalisme révolutionnaire à la fin du 19ème siècle, entre 1895 (création de la Confédération Générale du Travail) et le congrès d’Amiens de 1906 et dont la charte du même nom reste aujourd’hui encore la référence théorique du syndicalisme révolutionnaire. Elle lui assigne l’indépendance des partis politiques et un rôle émancipateur : la transformation de la société par les travailleurs, l’abolition du salariat et la lutte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, réalisables uniquement par le biais de la grève générale expropriatrice.

C’est la victoire des syndicalistes révolutionnaires et des partisans d’Emile Pouget au sein de la CGT. Encore aujourd’hui, la Confédération Nationale du Travail revendique l’attachement dans son action militante aux principes d’Amiens et de ceux des congrès de Lyon (1926) et de Paris (1946).

On ne s’intéressera ici qu’à la période qui suit le 6ème congrès de la CGT de 1906, C’est  partir de cette date que le visage de la lutte est le plus proche du militantisme contemporain, Par ailleurs en étudiant seulement les seconds et troisièmes ages de la grève (S. Sirot) on évite de se pencher sur l’action des bourses du travail et le courant né ici des théories de Fernand Pelloutier qui décède avant 1901.

Les débuts du syndicalisme révolutionnaire en France, notamment au sein de la CGT  d’avant la grande guerre, sont bâtis essentiellement par des militants issus de l’anarchisme avec des principes hérités de ce mouvement : démocratie directe, autogestion, refus catégorique du fonctionnement co-gestionnaire ou de toutes les formes de bureaucratisation (élus des travailleurs, délégués, secrétaires confédéraux…) et lui préfère une structure horizontale aux mandats impératifs. Le syndicalisme est alors en rupture avec les partis mais aussi avec la tendance individualiste de l’anarchisme. Jusque la guerre, le syndicalisme de masse est purement révolutionnaire, en 1918 la tentative de récupération des partis aboutit à la victoire de la tendance socialo-communiste qui prend le contrôle de la CGT, par ailleurs, en 1919, la CFTC (syndicat chrétien) est créée. Ce sont successivement les syndicats CGT-U (U pour Unitaire) et CGT-SR (SR pour Syndicalisme Révolutionnaire) qui reprennent le flambeau du syndicalisme révolutionnaire, respectivement en 1921 et 1926. Encore une fois, c’est la guerre qui stoppera en France l’élan révolutionnaire syndical.

La révolution espagnole, reste sans aucun doute la référence historique essentielle de l’anarcho-syndicalisme. Le mouvement libertaire y est alors sans conteste le plus vaste d’Europe et s’explique par l’influence très forte des théories anarchistes sur les militants, notamment la tendance fédéraliste de Michel Bakounine. Des militants qui rompent avec la bolchévisation des autres mouvements ouvriers occidentaux. L’anarcho-syndicalisme s’y est alors particulièrement développé depuis le début du siècle, notamment au sein de la CNT (Confederacion Nacional del Trabajo) première organisation révolutionnaire du pays avec ses 2 millions d’adhérents (ajoutés à ceux de la Federacion Anarquista Iberica), son projet communiste libertaire sera en partie réalisé, notamment en Aragon, durant la période révolutionnaire (1936-39) lorsque les libertaires de CNT-FAI s’engagèrent pleinement contre le coup d’Etat fasciste de Franco. Ce soulèvement anti-franquiste reste "l’heure de  gloire" des anarcho-syndicalistes qui n’hésitent pas à y faire référence dés qu’ils le peuvent.

La plupart des militants espagnols, qui subiront alors une répression féroce du parti communiste espagnol, marionnette de Staline, puis des milices fascistes de Franco, sont contraints de se réfugier alors dans les « démocraties libérales » occidentales, notamment en France, où, après avoir participé activement à la résistance, ils créent avec d’anciens militants de la CGT-SR : la CNT française, en 1946.

La Confédération Nationale du Travail, porte donc son nom en référence à l’Espagne libertaire, et ses premières activités sont essentiellement portées sur le soutien aux militants anti-franquistes restés en Espagne (Franco reste au pouvoir jusqu’en 1979…).

Elle ne connaît alors qu’un développement limité, voyant son nombre d‘adhérents atteindre le plus bas en 1973 (une centaine).    Elle connaît au cours de la fin du siècle deux scissions, la seconde en 1993, étant la plus intéressante puisqu’elle porte sur les statuts constitutifs de la CNT. Après son exclusion de L’AIT (Association Internationale des Travailleurs) fondée sur un des principes de l’anarcho-syndicalisme, la CNT-F n’admettant pas la non participation aux élections comme absolue, notamment dans le secteur privé où la lutte est difficile voire impossible face à la répression patronale des syndicats considérés comme non représentatifs. La CNT-AIT (issue de la scission) s’y refusant catégoriquement. La CNT-F va alors connaître un essor plus important dans les années 90, notamment lors des luttes de 1995 ou de 2003, avec notamment l’apparition d’un syndicat universitaire, appelé FAU (Formation Action Universitaire) puis SR (Supérieur et Recherche) étendant principalement sa propagande par le biais des luttes sociales et refusant toute forme d’entrisme ou de récupération.

Malgré tout, le mouvement anarcho-syndicaliste reste aujourd’hui bien groupusculaire face aux "grandes" centrales syndicales. Mais si la "petite" CNT déploie tant d’énergie à porter ce que Durruti qualifiait de "monde nouveau", sans classes ni dominations, égalitaire et émancipateur, c’est pour construire ce rêve, le faire partager par tous ceux qui, un jour, mettront à bas le vieux monde.

Concombre

Biblio (disponible au SCD ou à l’UL-CNT de Lille) :
- La grève en France : une histoire sociale (19-20ème), S. Sirot
- Fernand Pelloutier, précurseur du syndicalisme fédéraliste, M. Foulon
- Autogestion et Anarchosyndicalisme : analyses et critiques sur l’Espagne, F. Mintz

Autres sources :
http://www.cnt-f.org (site confédéral de la CNT)
http://fraternitelibertaire.free.fr
http://www.pelloutier.net
http://wikipedia.org (encyclopédie libre et collective)
http://meta.anarchopedia.org (encyclopédie anarchiste)




LETTRE POUR L'ABOLITION UNIVERSELLE DE LA LIBERTE

Cette tribune à pour but de transmettre une analyse peut commune questionnant les relations entre l’homme et la liberté. Il convient de mettre à bas cette idée vieillotte qu’est la liberté. Fondée sur des conceptions idéalistes et non effectives, ses partisans sont généralement ceux qui sont le plus éloigné de la réalité et enfermé dans des concepts inertes qui ne font que ralentir la progression humaine. Je m’explique : j’affirme que les tentatives visant à garantir la liberté pour tous ne sont que duperies et efforts improductifs. Les hommes ne naissent pas libres et égaux malgré ce que déclare la loi et ne peuvent être égaux et ne doivent pas l’être. En effet, il a toujours été patent que le système le plus efficace est le système hiérarchique. Nous ne vivons pas en anarchie me direz vous ! Certes, et c’est bien heureux ! Mais le système hiérarchique doit se défaire de ces parodies que sont les parlements, sénats et autres conseils d’administration. Ils permettent effectivement un contrôle satisfaisant de la population et un maintient des inégalités non négligeables mais nous devons nous montrer plus entreprenants… Dans un soucis de logique, l’empire me paraît être le système existant le plus adapté au bienfait général. Le système doit reposer sur les décisions d’un seul. Il accéderait au plus haut poste par ses facultés à gravir l’échelle hiérarchique, ce qui révèle une résistance à l’adversité plus méritante et donc légitime. Ses vertus seront le temps de son règne les vertus de tous. Lorsque le souverain n’est plus capable d’assurer le bien maximum pour la société, il est naturellement remplacé par le concurrent le plus apte à lui succéder.

Le mérite, la crainte et la convoitise sont des valeurs bien plus naturelles et fréquentes que l’entre-aide et l’égalité sociale. L’Homme convoite et convoitera toujours car la convoitise est la traduction de l’ambition. Ces valeurs sont considérées comme immorales et cela à cause de conceptions théologiques peu sérieuses mais il suffit d’observer l’évolution humaine : seuls les plus robustes survivent, c’est une loi universelle.

L’Homme est ambitieux. Son but est la prise de pouvoir et la reconnaissance sociale. Nous devons fonder une société d’Hommes forts. La mise en concurrence de ces Hommes est la garantie de l’avancée de ces relations hiérarchiques. La pression des aspirants au pouvoir sur le monarque l’oblige à aller dans le sens de la progression. Pourquoi faut-il alors totalement abolir la liberté ? N’est-il pas possible de concilier les deux ? Et bien non. La liberté est comme la peste, elle s’infiltre partout et elle est contagieuse. Si un individu l’expose telle quelle est vraiment, toute la population sera attirée vers cette illusion stupide qui entraînera l’humanité dans le moyen, la mesure, et l’absence d’ambition. La liberté n’est pas productive ! Des générations de frustrés se formeront car l’homme est fait pour commander ou obéir, il en a toujours été ainsi : il s’agit d ‘une caractéristique naturelle. Pour le bien de l’Humanité (pas le journal), j’appelle les démocrates à assumer leur position en allant jusqu’au bout et ensemble, abolissons la liberté ! Hiérarchisation totale et assumée de la société ! Vive le roi et vive la Cé.

Un anonyme qui s’assume.



Extraits du n° 2 (février 2005)
de "N'autre fac" :


UN POINT SUR LES REFORMES

C' est donc depuis la rentrée de septembre que la réforme LMD est entrée en application à Lille III, avec des fortunes diverses selon les filières.

            Rappelons que cette réforme a pour but officiel d'harmoniser les diplômes universitaires au niveau européen et de permettre plus facilement la mobilité des étudiants entre les différents pays de l'UE. Et déjà il y a un hic: en ce qui concerne la mobilité, pas de création supplémentaire de bourses Erasmus prévue.

            Ajoutons à cela la loi de modernisation, loi qui devrait faire rentrer l'institution universitaire dans l'ère moderne de la rentabilité et du profit maximum, mais qui est pour l'instant suspendue.

            1ère conséquence: les problèmes administratifs. En effet, les secrétariats des différents UFR étaient débordés en début d'année, ce qui eut pour conséquence: problèmes pour la délivrance des salles de cours, étudiants livrés à eux-mêmes face aux problèmes d'emploi du temps, retards dans la validation des inscriptions et dans la délivrance des cartes d'étudiant…

Lors des examens, la courte période prévue par le calendrier universitaire (voté par les conseils centraux) entre les première et deuxième sessions amène les secrétaires à être débordées pour l’e

            2ème conséquence: le niveau d'étude bac+2 (qui correspondait au DEUG) a disparu, diplôme rendu de fait caduque sur le marché du travail. Si la disparition du DEUG ne fait qu'entériner son inutilité, en revanche, on peut craindre que cela soit plus néfaste lorsque ce sera au tour de la maîtrise de disparaître (probablement en 2006 lorsque le LMD sera appliqué dans toutes les facs). En effet, les étudiants pourront s'engager dans une année de master 1, sans être sûres de pouvoir valider ce diplôme puisque l'entrée en master 2 sera sujette à sélection.

            3ème conséquence: les examens. En effet, une part des examens arrive mi-décembre alors que les cours ne sont pas finis. Cela nous donne une forte impression de bâclage de ces examens. De plus, la semestrialisation des diplômes induit la suppression de la session de septembre, qui permettait à de nombreux étudiants (notamment les étudiants salariés) de concilier travail et études.

La courte période prévue par le calendrier universitaire entre les première et deuxième sessions et voté par les conseils centraux (le LMD renvoie la gestion du calendrier universitaire à chaque université et ce notamment en ce qui concerne les sessions de rattrapage), créé de nombreux problèmes pour étudiant-e-s (incohérence pédagogique, sérieux inconvénient pour des étudiant-e-s salarié-e-s, etc), enseignant-e-s (laps de temps trop court pour la correction des copies d’où débordement et effets nocifs sur la qualité des corrections qui présentent par exemple moins de justifications, consultation des copies qui ne peut pas toujours être assumée entre les deux sessions faute de temps), personnels administratifs (secrétaires débordées pour l’enregistrement des notes d’où parfois fermeture de bureau).

4ème conséquence: le bouleversement du programme pédagogique. Ainsi les apprentis historiens étudient désormais l'histoire de l'Europe durant le 1er semestre. A priori, cela semble une bonne chose, mais le fait est qu'un semestre semble un peu juste pour couvrir une période (1848-1945) aussi riche en évènements et que l'apprentissage se limite à ingurgiter un maximum de connaissances avant de les vomir sur une copie sans avoir le temps de les assimiler. Mais, pire encore, certains professeurs d'autres filières se sont retrouvés désemparés, ne sachant pas trop comment orienter leur cours devant le flou administratif entourant les maquettes.

Théoriquement, la réforme amène de nouvelles options. Mais, du fait du manque de moyens, des disfonctionnements apparaissent: options proposées officiellement mais de fait non enseignées (manque de profs), cours surchargés… On peut alors penser que la loi de modernisation sera présentée comme la solution, en permettant aux patrons locaux d'injecter de l'argent dans la fac, ce qui leur donnera le droit d'orienter la politique universitaire: rentabilisation des filières au détriment des enseignements.

Il faut cependant noter que les conséquences énumérées plus haut sont des conséquences à court terme, et que cette réforme s'inscrit nécessairement dans le long terme. Ainsi, la fameuse loi de modernisation, qui n'est pas abrogée mais juste suspendue, vise à la libéralisation de la fac. Les filières les plus fragilisées et les moins rentables sont donc destinées à disparaître, comme par exemple l'ethnologie qui a d'ores et déjà disparu des enseignements à Lille III. Les véritables conséquences du virage libéral que certains veulent donner à l'université ne seront donc visibles qu'à plus ou moins long terme. Les étudiants ne doivent pas se résigner, ils ne doivent pas devenir de la chair à patron. La fac doit rester un lieu de savoir et devenir un lieu d'universalité.

Ainsi, plusieurs axes de luttes peuvent être suivis : revendication d'un véritable statut pour les étudiants salariés, ouverture de la fac pour tous sans discrimination économique ou sociale, augmentation des bourses d'étude et de mobilité,… Et surtout, se rapprocher des personnels CROUS dès qu'ils entameront la lutte contre la privatisation de ce service aux étudiants ainsi que des personnels de l’université dont une grande partie est menacée (les IATOSS de catégorie C en particulier) non seulement par les réformes successives gouvernementales (décentralisation,etc) mais aussi par les orientations de la présidence de Lille3 (appel à des sociétés privées, contribution à la précarisation des statuts, etc)

Rien n'est perdu à qui sait se lever pour  lutter !!!



LA PRESIDENCE DE LILLE 3 INSTAURE L’INEGALITE
ENVERS LES ETUDIANT-E-S ETRANGER-E-S !

Une convention « relative à la simplification des démarches administratives conduisant à la délivrance d’un titre de séjour pour les étudiants étrangers » qui concerne particulièrement les étudiants non ressortissants de l’Union Européenne et dont une partie est menacée chaque année par les déplorables conditions de vie dévolues aux sans- papier-ère-s, a été établie le 13 Juillet 2001 à Villeneuve d’Asq. La convention est mise en application depuis Septembre 2001 et ses dispositions (réparties sur 6 articles) ont été convenues entre la préfecture du Nord et l’université lille3, alors respectivement représentées par le secrétaire général adjoint de la préfecture et par le président de Lille3, Philippe ROUSSEAU.

A ce jour la présidence de Lille3 a toujours fait les louanges de cette convention en ce qu’elle constituerait une procédure qui ne peut être que bénéfique aux étudiant-e-s étranger-ère-s venant s’inscrire à notre fac. En effet la dite convention permet à priori d’améliorer les conditions d’accueil des étudiant-e-s étranger-èr-s en constituant Lille3 comme « le lieu privilégié » des dépôts de dossiers de demandes de titres de séjour et leur évite ainsi d’effectuer les démarches au sein des locaux de la préfecture où les conditions d’accueil des étrangers en demande de régularisations sont nullement respectueuses de la dignité humaine. A première vue on pourrait donc approuver l’unanimité que semble générer cette convention au sein de l’université depuis la présidence jusqu’aux syndicats « majoritaires » bien qu’elle ne doive pas pour autant nous laisser passifs devant le statut quo des conditions d’accueil en préfecture pour ceux et celles qui y passent encore nombreux-ses chaque jour.

     Mais les dispositions de la convention révèle aussi des effets pernicieux quant à l’égalité d’accès aux études pour les étudiant-e-s étranger-ère-s. En effet l’article 3 stipule que l’université « établira une attestation provisoire d’inscription qui sera jointe au dossier » de demande de titre de séjour qui est transmis par l’université à la préfecture. Cela signifie donc que l’étudiant-e étranger-ère demandant un titre de séjour ne voit pas son inscription à l’université immédiatement matérialisée par une carte d’étudiant-e mais juste par une « attestation provisoire d’inscription ». L’article 4 indique que la carte de séjour sera remise à l’étudiant-e « dans le mois suivant la réception du dossier » (sic) par la préfecture… tout en précisant plus loin qu’il peut y avoir un refus de la part de celle- ci. Dans la mesure où la convention ne rend pas obligatoire la délivrance automatique d’une carte d’étudiant à l’étudiant étranger qui dépose un dossier de demande de titre de séjour suite à son inscription à la fac, on peut s’attendre à ce que l’université s’autorise en toute impunité à ne pas donner de carte d’étudiant-e à la personne dont l’obtention du titre de séjour est refusée par la préfecture. Comme rien n’est indiqué dans la convention à propos de la remise de la carte d’étudiant-e avant et durant le traitement du dossier de demande de séjour par la préfecture et que seule une « attestation provisoire d’inscription » est mentionnée pour cette période,  cela suggère que l’université se dispose à soumettre l’obtention d’une carte d’étudiant à l’obtention d’un titre de séjour et c’est là que réside l’illégalité : par le biais de cette convention l'université s'ouvre la possibilité de ne pas donner de cartes d'étudiant-e aux étudiant-e-s étranger-ère-s dont la présence en France est rendue illégale par une décision préfectorale. Ainsi Lille3 ferait- elle passer au second plan les critères pédagogiques universitaires pour ce qui concerne la remise de la carte d’étudiant-e aux étudiant-e-s étranger-ère-s ? Lille3 s’associerait- elle à l’exclusion des sans- papier-ère-s à laquelle contribuent depuis plusieurs années les politiques gouvernementales menées à leur égard ?

     Notre crainte est d’autant plus sérieuse que cette convention a été établie suite à la circulaire de Lang/Chevènement de Mai 2OOO ayant pour objet « la mise en place de conventions relatives à la simplification des démarches administratives conduisant à la délivrance d’un titre de séjour portant la mention étudiant » et dont un passage révèle plus clairement les visées sous- jacentes de cette simplification administrative : « En cas de refus de la carte de séjour, la préfecture notifie la décision à l’intéressé et en informe l’établissement ou le pôle d’inscription qui, en vertu des textes en vigueur, ne peut procéder à l’inscription de l’étudiant ». La suggestion d’une soumission de l’obtention d’une carte d’étudiant-e à l’obtention d’un titre de séjour est ici  explicite et la convention de Lille3 signée avec la préfecture semble lui faire écho de par la possibilité qu’elle laisse à une telle procédure. Un recours a été porté par le GISTI (Groupe d’Information et de Soutien aux Travailleurs Immigrés) et le syndicat Sud étudiant-e-s devant le Conseil d'Etat pour le caractère illégal de la dite circulaire en 2001 et leurs arguments juridiques portaient notamment sur l’illégalité d’une procédure qui soumet l’obtention d’une carte d’étudiant-e à l’obtention d’un titre de séjour et ce notamment en s’appuyant sur des textes juridiques antérieurs à la circulaire de Mai 2000.  En Décembre 2001 le Conseil d’Etat a annulé la dite circulaire mais malheureusement sans se prononcer sur le troisième argument avancé dans le recours (qui en comportait 3 principaux) porté par le GISTI et Sud étudiants, c’est-à-dire celui s’attaquant à l’idée que l’obtention du titre du séjour conditionne l’obtention de la carte d’étudiant-e.

     Dans la mesure où ces dernières années des cas d’étudiant-e-s étranger-ère-s non régularisé-e-s, inscrit-e-s et  sans carte d’étudiant-e en cours d’année universitaire se sont révélés à Lille3 (pour combien d’autres qui ne se sont pas manifesté-e-s par crainte de représailles policières quant à leur situation de sans- papier-ère-s ?), on peut penser que la convention en est pleinement responsable de par son article 3. Ce dernier laisse le champ libre à une procédure, plus ou moins voilée, donnant au final la priorité à des critères préfectoraux de régularisation sur les critères  pédagogiques en ce qui relève pourtant d’une mission universitaire, à savoir la délivrance d’une carte d’étudiant-e pour tout-e étudiant-e s’inscrivant dans l'université une fois les critères pédagogiques satisfaits. Non seulement les critères de régularisation instaurent par nature l’inégalité dans la mesure où ils ignorent la liberté de circulation (à bas les frontières !) et conduisent donc Lille3 à instaurer l’inégalité dans l’attribution des cartes d’étudiant-e-s mais en plus Lille3 contribue dans ce contexte à augmenter le nombre de sans- papier-ère-s en ne leur fournissant pas de carte d’étudiant-e. En effet la carte d’étudiant-e constitue forcément un apport important dans un dossier de demande de titre de séjour portant la mention étudiant. Enfin la situation apparaît comme terriblement absurde puisque des textes juridiques (et non annulés ceux- là[1]) stipulent que l’inscription doit permettre l’obtention d’un titre de séjour alors que dans le même temps des procédures du type convention lille3 vont dans un sens contraire en constituant dans les faits le titre de séjour comme moyen de privilégier l’obtention d’une carte d’étudiant-e (qui valide l’inscription). En tous les cas on peut s’interroger sur les véritables motifs de satisfaction de la présidence quant à la  mise en oeuvre de cette convention.

N’hésitons pas à soutenir les étudiant-e-s étranger-ère-s qui subissent l’inégalité d’accès aux études à Lille3 en exigeant de la présidence qu’elle donne une carte d’étudiant-e à toute personne remplissant les critères pédagogiques ! Par le passé des luttes menées sur lille1 ont gagné l’obtention systématique d’une carte d’étudiant-e pour tous les étranger-ère-s remplissant les critères pédagogiques.

Qu’il en soit de même à Lille3 !

Mobilisons- nous contre l’article 3 de la convention : CERTIFICAT DE SCOLARITE et non « attestation provisoire d’inscription[2] » !



[1]  Par exemple la circulaire DESUP 9/numéro 1018 du 21 Décembre 1992 : « [l’] admission au séjour est accordée lorsque l’étranger a présenté les justificatifs requis par la réglementation et notamment l’inscription ou la préinscription dans un établissement d’enseignement ou de formation professionnelle ». Il n’est pas mentionné d’attestation provisoire d’inscription !

[2] Pour des précisions d’ordre juridique, se reporter au site internet du GISTI : www.gisti.org



VERS UNE UNIVERSITÉ (ENFIN !!!) AUTOGEREE ?

 A chaque début d'année, les étudiant-e-s de première année suivant des cours de méthodologie universitaire ont la chance d'apprendre que l'université est un organisme autogéré. Malheureusement, ce terme semble quelque peu galvaudé lorsqu'il désigne le système gestionnaire de la fac. L'autogestion est en effet un des fondements théoriques de l'anarcho-syndicalisme, et en tant que militant-e-s de la CNT (regroupement anarcho-syndicaliste et syndicaliste révolutionnaire), il nous semble important de rappeler brièvement ce qu'est l'autogestion.

            Tout d'abord, l'autogestion a pour but de faire participer tous les travailleur-euse-s d'une usine ou tous les usager-ère-s d'un service (dans notre cas, l'université) à la prise de décision et à la gestion au sein de celui-ci. Cela implique d'emblée le fait de refuser de déléguer sa voix à une personne censée représentée nos intérêts au sein d'un quelconque conseil. Si un-e délégué-e doit être désigné-e (et non élu-e), celui/celle-ci doit avoir un mandat précis et impératif (c'est à dire que le/la représentant-e ne peut dépasser le cadre fixé par le mandat), afin de permettre à la base de garder le contrôle de la décision. Toujours dans cette optique, un-e mandaté-e est révocable à tout moment.

La solidarité réelle est un des autres aspects de l'autogestion. En effet, en permettant à tous-te de participer à la vie de l'université (enseignant-e-s, étudiant-e-s, personnel d'entretien, de gardiennage, …), les problèmes rencontrés par les différentes catégories d'usager-ère-s sont ainsi connus de tou-te-s et sont ainsi plus facilement et rapidement résolus. Cela n'exclut pas le fait que chaque catégorie peut se réunir de façon indépendante quand bon lui semble.

            Enfin, un point extrêmement positif de l'autogestion est le fait qu'elle permet de se débarrasser définitivement des bureaucrates professionnel-le-s et du cortège d' "expert-e-s" de tous poils qui les accompagnent. La rotation des tâches fait partie intégrante d'un système autogestionnaire. Celle-ci permet à tous de participer de façon temporaire aux tâches administratives afin d'éviter l'émergence d'une bureaucratie qui pourrait ainsi se croire investie de la charge du fonctionnement de l'université.

            Comme on a pu s'en rendre compte cette année avec le calendrier universitaire, l'autogestion pourrait nous permettre de prendre en commun des décisions de cette importance, et d'éviter de la laisser à une bande d'incompétent-e-s qui n'a pas ou plus de contact direct avec ce qui se passe sur le terrain. De plus, elle permettrait d'interdire l'entrée de l'université à des groupes de pression tels que les chefs d'entreprise (rappelons que le MEDEF siège au Conseil d'administration de Lille 3), dont le but est d'orienter la politique universitaire dans leurs intérêts (que sont la rentabilité et la recherche effrénée du profit). Alors tou-te-s ensemble pour virer Rousseau et consorts ?



BREVES

Affichage :

En mai 2003, un mouvement étudiant sur Lille 3 opposé au LMD avait exigé et obtenu de l’administration à ce que les compte-rendus des conseils d’administration et des CEVU soient affichés systématiquement dans tous les UFR : cet engagement n’a pas été respecté depuis… la rentrée d’octobre 2004 !

Vidéosurveillance :

  Une plainte a été déposée par un étudiant devant le tribunal administratif de Lille par rapport à l’installation du dispositif de vidéosurveillance à Lille 3 qui n’a pas obtenu d’autorisation de la part de la CNIL. Il n’a pas eu gain de cause. Un bilan sera fait dans le prochain numéro.

Règlement intérieur :

  Ne cherchez pas de règlement intérieur… il n’y en a pas !

Ce règlement étant en cours d’élaboration, tout repose sur un décret de 1984. Cela laisse penser que le nouveau règlement saura mettre à l’abri l’université de toutes contestations envers ce qui aujourd’hui peut prêter à des remises en cause d’ordre juridique. Le décret de 1984 ne justifie peut-être pas juridiquement la mise en œuvre du dispositif sécuritaire tel qu’il se développe à Lille 3 !

Et puis chaque semaine à Lille 3…

table de presse de la section CNT-FAU le jeudi midi (hall du bâtiment A).



ETUDIANTS ET PERSONNELS...
TOUS ENSEMBLE !

Alors que l'an dernier un mouvement étudiant manifestait son refus, y compris sur Lille3, des réformes universitaires (LMD, loi de modernisation) notamment en ce qu'elles s'inscrivent dans une libéralisation de l'Université voire dans sa privatisation prochaine, de récents contacts avec des personnels travaillant sur Lille3 nous amènent à constater que la privatisation de services de l'Université et du CROUS est pour bientôt. Les dégâts s'en ressentent déjà mais ce n'est qu'un avant-goût de ce qui attend demain les personnels de l'Université et du CROUS ainsi que l'ensemble de leurs usagers... Ce sont notamment nos rencontres avec des salarié-e-s de la cafétéria et du service d'entretien de l'Université qui nous ont amené-e-s à constater que pour les personnels se posent de sérieux problèmes.

Régression des conditions de travail

La carence en matériel est effective dans certains services de l'Université, et s'explique par le fait que le budget qui leur est alloué annuellement par le conseil d'administration est régulièrement en baisse. C'est le cas chaque année pour le service intérieur qui comprend la manutention et les agents de service (agents d'entretien, etc.) et où il manque régulièrement des produits d'entretien. Le manque de personnels dans certains services de l'Université occasionne une charge de travail accrue. C'est le cas pour le service intérieur (une quarantaine de personnes y travaille actuellement) où « le boulot à outrance est imposé. Trop de travail pour un personnel restreint ». Par exemple, seule une personne est chargée de l'entretien des espaces extérieurs (forum et espaces verts)... soit 9000 m ! La vidéosurveillance est un moyen pour les supérieurs hiérarchiques de voir leurs consignes suivies comme elles se doivent... sinon gare! Et voilà comment on limite les conséquences néfastes d'un manque de personnels de service oeuvrant pour le bon fonctionnement de l'Université : on surveille avantage le personnel afin qu'il compense le manque de postes par sa charge de travail (obligatoirement) accrue.

Les étudiant-e-s peuvent constater que le manque de personnels. touche aussi l'administration universitaire : retards importants dans les procédures d'inscriptions à la fac (1), secrétaires d'UFR particulièrement débordé-e-s en cette année marquée par la passage au LMD, à l'image d'une secrétaire d'UFR qui a eu à la fois à subir les interminables confusions administratives de l'application des nouveaux cursus et un déménagement de son UFR !

Les salarié-e-s de la cafétéria et du CROUS subissent régulièrement les pressions du gestionnaire placé au sommet de la hiérarchie au niveau local et qui incite à une hausse de la productivité de travail. On en connaît les motivations quand on sait que le-la gestionnaire d'un RU gagne notamment des primes sur les repas et dont la valeur varie en fonction du nombre de repas vendus ! C'est ainsi que « l'ancien gestionnaire avait en tête uniquement l'argent et était injuste dans ses raisonnements » et c'est pourquoi « les salarié-e-s avaient demandé sa mutation ». Et quand on sait que la privatisation du CROUS guette, la course au profit contribuerait alors à la multiplication de ces pressions morales...

A cela il faut ajouter les habituelles inégalités amenées par la hiérarchisation entre les travailleurs-euses : inégalités salariales (2) , etc.

Précarisation

Hausse du nombre de contractuels et pas de titularisation ! A la cafétéria, au RU ou encore à la Brasserie des 3 lacs il y a peu de CDI et les personnes en CDD sont de plus en plus nombreuses. A la brasserie des 3 lacs, les CDD (en général de 6 mois, soit d'octobre à mai) donnent lieu le plus souvent à des remplacements (« les CDD tournent beaucoup ») tandis qu'en ce qui concerne la cafétéria et le RU beaucoup de personnes, qui ont souvent atteint la quarantaine, voient leur CDD renouvelé chaque année plutôt que d'être embauchées.

Au niveau de l'Université, il y a de plus en plus de contractuel-le-s qui sont soit repris-es chaque année par la fac (c'est elle qui paye le revenu), soit par le Rectorat pour un nouveau contrat de 10 mois. Les contractuel-le-s ont un statut précaire, à l'image d'un contractuel de l'an passé qui « officiellement travaillait pour la manutention mais effectuait d'autres tâches telles que courrier, entretien du domaine. Payé par la fac, il gagnait moins que les embauché-e-s pour un travail plus important ». Cette précarité croissante ne touche pas seulement le service intérieur de la fac mais aussi la BU où les contractuel-le-s « bénéficient » souvent d'un contrat de 3 mois. J., salariée à la cafétéria constate « qu’ils ne veulent plus embaucher. Un collègue embauché est récemment parti en retraite et il n'a pas été remplacé. Il n'y a plus d'embauche ». H., salarié de catégorie C au service d'entretien de la fac (service intérieur), fait le même constat de son côté : « les départs ne sont pas remplacés ou alors ils donnent place à des contractuels » ; c'est ainsi que la manutention comptait-encore récemment 2 titulaires sur 5 personnes...

Danger : privatisation

Ces problèmes sont liés pour une bonne part à la privatisation qui pointe son nez. La décentralisation en constitue une étape décisive.

- En ce qui concerne les IATOS « le Ministère ne veut plus de catégorie C et la baisse de titularisations annonce la privatisation » ; et la décentralisation va ainsi davantage les réduire en nombre. La présidence de Lille3 (3) va déjà dans ce sens et on comprend pourquoi « le président évite les rencontres. ll ne dialogue jamais avec les personnels de catégorie C ». Mais Lille3 n'est pas la seule université à contribuer dès aujourd'hui à la disparition progressive des IATOS de catégorie C et on peut se référer à une proposition adoptée par la Conférence des Présidents d'Université (4) datant de janvier 2002 : « La gestion universitaire ne plus être assurée correctement avec, dans les universités, une majorité de postes de personnels IATOS de catégorie C (...). C'est pourquoi la CPU préconise que l'effort mené pour l'amélioration de l'encadrement en IATOS, dans les universités, prenne un caractère vraiment qualitatif, et que soit privilégiées les créations d'emplois de catégorie A ». II faut savoir que la loi de modernisation, suspendue, prévoit un pouvoir plus grand pour le président dans la gestion des personnels et on peut donc s'attendre au pire pour la catégorie C à Lille3 quand on constate que notre cher président (Rousseau) milite effectivement par ses actes en faveur des orientations préconisées par la CPU. Que ce soit par le LMD ou autre chose, on voit que les pouvoirs décisionnels de l'Université contribuent de concert à l'Université de demain... et on n'en est pas rassuré-e-s !

Que vont devenir ces travailleur-euse-s ? Actuellement, il y a déjà des sociétés privées au sein de la fac et ce n'est probablement que les premières d'une longue liste car « la fac paye ces sociétés pour éviter la création des postes ». C'est ainsi que la société « Net Service » s'implante dans le bâtiment A et la société TEP dans le bâtiment B. Bien entendu les conditions de travail de leurs salarié-e-s sont plus pénibles que celles de la catégorie C : SMIC horaire, 30 jours de congés annuels au lieu de 52, pas de prime. Un autre exemple de société privée sur Lille3 est la société de gardiennage qui prend son service tous les soirs à partir de 21 h.

- Le CROUS va être touché à tous les niveaux et la privatisation génère « un danger pour notre travail : on sera repris ? Pas tout le monde surtout celles entre 40- 50 ans. Et les gens qui travaillent pour des sociétés privées vont nous remplacer ». De plus l'article 5 de la loi de décentralisation voté par l'assemblée nationale en Février 2004 prévoit le transfert de la charge des bâtiments de résidence universitaire de l'État aux collectivités territoriales qui devront nécessairement se tourner vers les entreprises privées. Ainsi les conséquences de la privatisation s'annoncent néfastes pour les personnels du CROUS (dégradations des conditions de travail, pertes d'emplois), mais aussi pour ses usagers, client-e-s de demain. Les tarifs augmenteront et les étudiant-e-s boursier-ère-s ne feront évidemment pas exception.

Que faire ?

J. et H. ont participé aux grèves les plus récentes qui remontent progressivement au 16 mars 2004 pour les salarié-e-s du CROUS et à mai 2003 (3 jours) pour les personnels IATOS. Pour le CROUS, il s'agissait d'agir contre la décentralisation et la privatisation qu'elle va générer : « on parle de 2006 et la grève est le seul moyen de lutter contre la. privatisation. II faut garder notre emploi ». Pour les lATOS la grève visait à obtenir des revendications qui n'ont pas changé depuis, à savoir, en plus du rejet inconditionnel de la loi de décentralisation : retraite à 37,5 ans, création de postes de titulaires, titularisation des contractuels. Mais on ne peut que regretter le manque de solidarité entre étudiant-e-s et personnels (dont enseignant-e-s) puisqu'aucun de ces mouvements n'a donné lieu à un rapprochement concret sur la longue durée et qui pourrait notamment se manifester sous la forme de tenue régulière d'assemblées générales autonomes et décisionnelles entre étudiant-e-s et personnels (et enseignant-e-s). Ainsi J. constate que la grève du CROUS du 16 mars dernier « n'a suscité que peu d'intérêt chez les étudiant-e-s. Les gens ne sont plus solidaires et c'est ça te problème ». De même H. constate qu' « il manque de la communication entre étudiant-e-s et personnels ». Aussi J. nous rapporte que lors du mouvement étudiant de l’an dernier sur Lille3 « les salarié-e-s étaient en attente de la venue des étudiant-e-s et le directeur était inquiet. ON DEVRAIT ETRE TOUS ENSEMBLE ET NON CHACUN DANS SON COIN ! »

Alors que le LMD s'applique progressivement mais sûrement dans nos universités, ce sont désormais ses retombées et la loi de modernisation (« suspendue », mais sous quelle nom va-t-elle revenir demain ?) ainsi que la décentralisation qui participe à une même logique de libéralisation qui sont un danger pour nous tous :

SOLIDARITE ETUDIANTS / PERSONNELS / ENSEIGNANTS !
Assemblées générales autonomes et décisionnelles au service de notre émancipation ! Organisons-nous tous ensemble pour que dès aujourd'hui nous n'ayons plus à subir la domination que les gens d'en haut-nous imposent !

AUTOGESTION DU DOMAINE UNIVERSITAIRE !

CNT- FAU Lille

Notes :

1) Cela n'est pas sans créer de sérieux problèmes pour la étudiants. C'est ainsi que par exemple les étudiants du SEA (cours par correspondances) doivent attendre leur carte d'étudiant-e pour recevoir leurs premiers cours et en ce début d'année le droit à la réception des cours pour lequel ils-elles ont payé ne s'avère donc pas avoir été rempli pour certain-e-s !

2) Il existe 3 catégories de personnels au niveau des services de l'Université : catégories A (ingénieurs, directeurs de service,...), B (chefs de services…) et C (agents de service, agents techniques et adjoints techniques). La catégorie C est située au plus bas de l'échelle salariale parmi ces 3 catégories.

3) Précisons que « Depuis la mise en œuvre de la contractualisation à partir de 1989, le Président conduit la négociation contractuelle. Les créations, comme les transformations de postes, dépendent aussi étroitement des relations entre le Président et la Direction des Enseignements Supérieurs. Si les Conseils d'Université classent les posta, ils ne maîtrisent plus ensuite le processus. La maîtrise des postes, certes limitée puisque c'est le Ministère qui au final décide, est un élément très fort au pouvoir présidentiel (...) ». Livre noir des universités françaises (accessible sur internet)

4) La CPU est une instance consultative du Ministère visant à en orienter la politique universitaire. Le président de Lille3 y participe en tant que membre de la commission permanente de ses instances de décision.


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