| N'AUTRE
FAC journal de la section CNT-SR de Lille |
| La
section SR (supérieur et recherche) de la CNT est la
section universitaire (ex FAU : "Formation Action Université")
du syndicat CNT santé-social-éducation-culture (SSEC) du Nord
Pas-de-Calais. Pour contacter la section, écrire à sr-lille@cnt-f.org Affichette de la section CNT-SR de Lille (84 ko) : affichette.cnt-sr-lille.jpg | ![]() |
Appel de la section CNT-SR (supérieur et recherche) de Lille à lire à la rubrique "Actualité et analyses".Meilleure réussite aux différents examens nationaux, meilleure réussite dans les tests d'aptitude et de compétences, population scolaire considérée comme plus sérieuse et plus travailleuse, les filles depuis que l'école leur a ouvert ses portes semblent largement l'avoir utilisée pour s'émanciper. Cette école fut si bien utilisée qu'il paraîtrait logique de ne même plus parler de la question des inégalités hommes/femmes qui pourtant perdurent.
Même si il faut admettre qu'en surface la situation des femmes a évolué sensiblement, on ne peut pas en dire autant sur le fond. En effet les femmes sont continuellement victimes d'oppressions dans un système qui revendique et met sans cesse en avant le principe d'égalité entre les individus et notamment entre les hommes et les femmes. Le sexisme est une forme de racisme comme les autres et pourtant il est perçu différement et bien souvent totalement banalisé. Notre projet de société communiste libertaire, aspirant à l'égalité sociale entre les individus et en la suppression de toute les formes d'oppression et de domination existantes nous pousse naturellement à combattre le racisme en général, le sexisme en particulier.
Nous allons aborder au travers de cet article la place que peut occuper le sexisme dans les mentalités ainsi que l'instrumentalisation du combat dit féministe à des fins purement capitalistes et donc dominatrices, ces dernières générant des inégalités encore bien plus larges que celles que l'on peut observer entre les hommes et les femmes. Ce texte ayant pour but de nous donner une vision de comment se manifeste le sexisme dans notre société et donc comment nous pouvons le combattre au jour le jour.
Au delà de l'apparence purement formelle que peut prendre le sexisme dans notre vie quotidienne, nous pouvons observer des formes de sexisme bien plus subjectives autour de nous.
Ces formes de sexisme se manifestent notamment au travers de notre langage. Effectivement la langue française étant construite sur des bases purement sexistes, le sexisme est donc une valeur intrinsèque à cette langue, il en découle inévitablement un sexisme banalisé au travers d'une langue que l'on utilise quotidiennement. Nous pouvons citer à titre d'exemple de nombreuses règles grammaticales insistant sur le fait que le masculin l'emporte toujours sur le féminin. Nombreux sont ce genre d'exemples et ces derniers favorisant le formatage des esprits à accepter ce racisme institutionnalisé jusque dans la langue.
Les moeurs aussi, même si certaines choses ont certes évoluées, ont tendance en général à rester figées. Dès leur plus tendre enfance, les femmes sont apparentées à des êtres faibles alors que l'homme, quant à lui, doit correspondre à une image supra viriliste et forte.
Cela peut être illutré au travers des jeux avec lesquels s'amusent les gosses : nos boîtes aux lettres se remplissent de catalogues de jouets et que remarque-t-on? D'un coté, pages roses, les fées du logis qui repassent et qui pouponnent, de l'autre, pages bleues, les petits hommes qui jouent à la guerre. Le choix des jouets est trop souvent déterminé par le sexe de l'enfant à qui il est destiné. Il conditionne les tout-petits à endosser plus tard des rôles stéréotypés : maternité, travail domestique et coquetterie pour les filles alors que le bricolage, les voitures et la guerre seront réservés aux garçons.
Nonobstant ces faits, on nous présente partout, que ce soit à l'école, dans l'entreprise ou encore dans les médias bref dans la société en général, une femme émancipée s'étant affranchie du pratriarcat et de toute forme de domination masculine. En somme la femme d'aujourd'hui serait soit disant l'image même de la femme libre.
Ce qui peut paraître vrai en surface ne l'est parfois pas du tout sur le fond. Nous sommes en présence d'un bien beau sophisme car la réalité est tout autre.
Même si nous ne pouvons pas nier que la situation a évolué grâce aux luttes pseudo féministes de ces derniers temps, nous savons très bien que le bilan est à prendre avec beaucoup de recul et qu'un travail gigantesque tant sur le fond que sur la forme reste à effectuer.
Effectivement, dans notre France démocratique et paritaire, les discriminations sexistes perdurent. A travail égal, les femmes gagnent en moyenne 15% de moins que les hommes, elles accomplissent les deux tiers du ménage et des soins aux enfants, elles représentent 60% des chômeurs et 80% des travailleurs à temps partiel, souvent non volontaire. Au moins deux millions d'hommes battent leurs compagnes et chaque année 300 à 400 d'entre eux les assassinent, de plus 48000 viols sont aussi déclarés en France chaque année.
A ceci s'ajoute le mépris dans lequel les médias, le pouvoir et la société dans son ensemble ont réussi à enfermer le féminisme et toute revendication égalitaire. Ils arrivent à canaliser une image de la femme émancipée qui ne correspond certainement pas à la définition première de ce terme.
En l'occurrence la femme émancipée de notre 21ème siècle s'apparente plus à une femme servile et corvéable à souhait, pouvant/devant servir le grand capital, qu'à une femme libre, travaillant moins et étant libérée de tout système d'oppression tel qu'il soit. En ce sens on ne peut pas parler d'une véritable émancipation mais plutôt d'une inversion des tendances tendant à ce que le chef d'entreprise se substitue de plus en plus au patriarcat. A ce sujet l'on peut notamment évoquer les lois autorisant le travail de nuit pour les femmes, ce qui ne doit en aucun cas être perçu comme une évolution de la condition féminine, mais bien au contraire, comme une dégradation des conditions sociales de cette dernière.
La femme dynamique, sachant se plier aux exigences du marché et épousant parfaitement les courbes du néo-libéralisme ne doit être en aucun cas un modèle d'émancipation devant satisfaire la condition féminine. Effectivement l'émancipation résidant avant tout dans la liberté, système d'oppression pour système d'oppression, la condition féminine actuelle est encore en dessous de celle d'antan. Et c'est pour cela que ce semblant d'émancipation ne doit en aucun cas être pris en compte et que la lutte anti-sexiste doit impérativement battre son plein et redoubler d'énergie afin de combattre les illusions que l'on tente de faire passer dans les consciences collectives.
Il n'y aura certainement pas de grands soirs comme certains peuvent le penser, pas de libération du jour au lendemain de la condition féminine mais une révolution de tous les jours aussi bien dans la forme que dans le fond. Pour mener cette lutte, il paraît évident que nous devons tous nous affranchir de nous même et de notre conditionnement sexistes en premier lieu afin de mener par la suite un front commun face au sexisme et à ses partisans.
C' est donc depuis la rentrée de septembre que la réforme LMD est entrée en application à Lille III, avec des fortunes diverses selon les filières.
Rappelons que cette réforme a pour but officiel d'harmoniser les diplômes universitaires au niveau européen et de permettre plus facilement la mobilité des étudiants entre les différents pays de l'UE. Et déjà il y a un hic: en ce qui concerne la mobilité, pas de création supplémentaire de bourses Erasmus prévue.
Ajoutons à cela la loi de modernisation, loi qui devrait faire rentrer l'institution universitaire dans l'ère moderne de la rentabilité et du profit maximum, mais qui est pour l'instant suspendue.
1ère conséquence: les problèmes administratifs. En effet, les secrétariats des différents UFR étaient débordés en début d'année, ce qui eut pour conséquence: problèmes pour la délivrance des salles de cours, étudiants livrés à eux-mêmes face aux problèmes d'emploi du temps, retards dans la validation des inscriptions et dans la délivrance des cartes d'étudiant…
Lors des examens, la courte période prévue par le calendrier universitaire (voté par les conseils centraux) entre les première et deuxième sessions amène les secrétaires à être débordées pour l’e
2ème conséquence: le niveau d'étude bac+2 (qui correspondait au DEUG) a disparu, diplôme rendu de fait caduque sur le marché du travail. Si la disparition du DEUG ne fait qu'entériner son inutilité, en revanche, on peut craindre que cela soit plus néfaste lorsque ce sera au tour de la maîtrise de disparaître (probablement en 2006 lorsque le LMD sera appliqué dans toutes les facs). En effet, les étudiants pourront s'engager dans une année de master 1, sans être sûres de pouvoir valider ce diplôme puisque l'entrée en master 2 sera sujette à sélection.
3ème conséquence: les examens. En effet, une part des examens arrive mi-décembre alors que les cours ne sont pas finis. Cela nous donne une forte impression de bâclage de ces examens. De plus, la semestrialisation des diplômes induit la suppression de la session de septembre, qui permettait à de nombreux étudiants (notamment les étudiants salariés) de concilier travail et études.
La courte période prévue par le
calendrier
universitaire entre les première et deuxième sessions et
voté par les conseils
centraux (le LMD renvoie la gestion du calendrier universitaire
à chaque
université et ce notamment en ce qui concerne les sessions de
rattrapage), créé
de nombreux problèmes pour étudiant-e-s
(incohérence pédagogique, sérieux
inconvénient
pour des étudiant-e-s salarié-e-s, etc), enseignant-e-s
(laps de temps trop
court pour la correction des copies d’où
débordement et effets nocifs sur la
qualité des corrections qui présentent par exemple moins
de justifications,
consultation des copies qui ne peut pas toujours être
assumée entre les deux
sessions faute de temps), personnels administratifs (secrétaires
débordées pour
l’enregistrement des notes d’où parfois fermeture de
bureau).
4ème conséquence: le bouleversement du programme pédagogique. Ainsi les apprentis historiens étudient désormais l'histoire de l'Europe durant le 1er semestre. A priori, cela semble une bonne chose, mais le fait est qu'un semestre semble un peu juste pour couvrir une période (1848-1945) aussi riche en évènements et que l'apprentissage se limite à ingurgiter un maximum de connaissances avant de les vomir sur une copie sans avoir le temps de les assimiler. Mais, pire encore, certains professeurs d'autres filières se sont retrouvés désemparés, ne sachant pas trop comment orienter leur cours devant le flou administratif entourant les maquettes.
Théoriquement, la réforme amène de nouvelles options. Mais, du fait du manque de moyens, des disfonctionnements apparaissent: options proposées officiellement mais de fait non enseignées (manque de profs), cours surchargés… On peut alors penser que la loi de modernisation sera présentée comme la solution, en permettant aux patrons locaux d'injecter de l'argent dans la fac, ce qui leur donnera le droit d'orienter la politique universitaire: rentabilisation des filières au détriment des enseignements.
Il faut cependant noter que les conséquences énumérées plus haut sont des conséquences à court terme, et que cette réforme s'inscrit nécessairement dans le long terme. Ainsi, la fameuse loi de modernisation, qui n'est pas abrogée mais juste suspendue, vise à la libéralisation de la fac. Les filières les plus fragilisées et les moins rentables sont donc destinées à disparaître, comme par exemple l'ethnologie qui a d'ores et déjà disparu des enseignements à Lille III. Les véritables conséquences du virage libéral que certains veulent donner à l'université ne seront donc visibles qu'à plus ou moins long terme. Les étudiants ne doivent pas se résigner, ils ne doivent pas devenir de la chair à patron. La fac doit rester un lieu de savoir et devenir un lieu d'universalité.
Ainsi,
plusieurs axes de luttes peuvent être suivis : revendication d'un
véritable statut pour les étudiants salariés,
ouverture de la fac pour tous
sans discrimination économique ou sociale, augmentation des
bourses d'étude et
de mobilité,… Et surtout, se rapprocher des personnels
CROUS dès qu'ils
entameront la lutte contre la privatisation de ce service aux
étudiants ainsi que des personnels de
l’université dont
une grande partie est menacée (les IATOSS de catégorie C
en particulier) non
seulement par les réformes successives gouvernementales
(décentralisation,etc)
mais aussi par les orientations de la présidence de Lille3
(appel à des
sociétés privées, contribution à la
précarisation des statuts, etc)
Une
convention « relative à la simplification des
démarches
administratives conduisant à la délivrance d’un
titre de séjour pour les
étudiants étrangers » qui concerne
particulièrement les étudiants non
ressortissants de l’Union Européenne et dont une partie
est menacée chaque
année par les déplorables conditions de vie
dévolues aux sans- papier-ère-s, a
été établie le 13 Juillet 2001 à Villeneuve
d’Asq. La convention est mise en
application depuis Septembre 2001 et ses dispositions (réparties
sur 6
articles) ont été convenues entre la préfecture du
Nord et l’université lille3,
alors respectivement représentées par le
secrétaire général adjoint de la
préfecture et par le président de Lille3, Philippe
ROUSSEAU.
A ce
jour la présidence de Lille3 a toujours fait les louanges de
cette
convention en ce qu’elle constituerait une procédure qui
ne peut être que
bénéfique aux étudiant-e-s
étranger-ère-s venant s’inscrire à notre
fac. En
effet la dite convention permet à priori
d’améliorer les conditions d’accueil
des étudiant-e-s étranger-èr-s en constituant
Lille3 comme « le lieu
privilégié » des dépôts de
dossiers de demandes de titres de séjour et
leur évite ainsi d’effectuer les démarches au sein
des locaux de la préfecture
où les conditions d’accueil des étrangers en
demande de régularisations sont
nullement respectueuses de la dignité humaine. A première
vue on pourrait donc
approuver l’unanimité que semble générer
cette convention au sein de
l’université depuis la présidence jusqu’aux
syndicats
« majoritaires » bien qu’elle ne doive pas
pour autant nous laisser
passifs devant le statut quo des conditions d’accueil en
préfecture pour ceux
et celles qui y passent encore nombreux-ses chaque jour.
Mais les
dispositions de la
convention révèle aussi des effets pernicieux quant
à l’égalité d’accès aux
études pour les étudiant-e-s
étranger-ère-s. En effet l’article 3 stipule que
l’université « établira une attestation
provisoire d’inscription
qui sera jointe au dossier » de demande de titre de
séjour qui est
transmis par l’université à la préfecture.
Cela signifie donc que l’étudiant-e
étranger-ère demandant un titre de séjour ne voit
pas son inscription à
l’université immédiatement
matérialisée par une carte d’étudiant-e mais
juste
par une « attestation
provisoire d’inscription ». L’article 4
indique que la carte de séjour sera remise à
l’étudiant-e « dans le mois
suivant la réception du dossier » (sic) par la
préfecture… tout en
précisant plus loin qu’il peut y avoir un refus de la part
de celle- ci. Dans
la mesure où la convention ne rend pas obligatoire la
délivrance automatique
d’une carte d’étudiant à
l’étudiant étranger qui dépose un dossier de
demande
de titre de séjour suite à son inscription à la
fac, on peut s’attendre à ce
que l’université s’autorise en toute impunité
à ne pas donner de carte
d’étudiant-e à la personne dont l’obtention
du titre de séjour est refusée par
la préfecture. Comme rien n’est indiqué dans la
convention à propos de la
remise de la carte d’étudiant-e avant et durant le
traitement du dossier de
demande de séjour par la préfecture et que seule une
« attestation
provisoire d’inscription » est mentionnée pour
cette période, cela suggère
que l’université se dispose à
soumettre l’obtention d’une carte d’étudiant
à l’obtention d’un titre de séjour
et c’est là que réside
l’illégalité : par le biais de cette
convention
l'université s'ouvre la possibilité de ne pas donner de
cartes d'étudiant-e aux
étudiant-e-s étranger-ère-s dont la
présence en France est rendue illégale par
une décision préfectorale. Ainsi Lille3 ferait- elle
passer au second plan les
critères pédagogiques universitaires pour ce qui concerne
la remise de la carte
d’étudiant-e aux étudiant-e-s
étranger-ère-s ? Lille3 s’associerait- elle
à l’exclusion des sans- papier-ère-s à
laquelle contribuent depuis plusieurs
années les politiques gouvernementales menées
à leur égard ?
Notre crainte
est
d’autant
plus sérieuse que cette convention a été
établie suite à la circulaire de
Lang/Chevènement de Mai 2OOO ayant pour objet « la
mise en place de
conventions relatives à la simplification des démarches
administratives
conduisant à la délivrance d’un titre de
séjour portant la mention
étudiant » et dont un passage révèle
plus clairement les visées sous-
jacentes de cette simplification administrative : « En
cas de refus de
la carte de séjour, la préfecture notifie la
décision à l’intéressé et en
informe l’établissement ou le pôle
d’inscription qui, en vertu des textes en
vigueur, ne peut procéder à l’inscription de
l’étudiant ». La
suggestion d’une soumission de l’obtention d’une
carte d’étudiant-e à
l’obtention d’un titre de séjour est ici
explicite et la convention de Lille3 signée avec la
préfecture semble
lui faire écho de par la possibilité qu’elle laisse
à une telle procédure. Un
recours a été porté par le GISTI (Groupe
d’Information et de Soutien aux
Travailleurs Immigrés) et le syndicat Sud étudiant-e-s
devant le Conseil d'Etat
pour le caractère illégal de la dite circulaire en 2001
et leurs arguments
juridiques portaient notamment sur l’illégalité
d’une procédure qui soumet
l’obtention d’une carte d’étudiant-e à
l’obtention d’un titre de séjour et ce
notamment en s’appuyant sur des textes juridiques
antérieurs à la circulaire de
Mai 2000. En Décembre 2001 le
Conseil
d’Etat a annulé la dite circulaire mais malheureusement
sans se prononcer sur
le troisième argument avancé dans le recours (qui en
comportait 3 principaux)
porté par le GISTI et Sud étudiants,
c’est-à-dire celui s’attaquant à
l’idée
que l’obtention du titre du séjour conditionne
l’obtention de la carte
d’étudiant-e.
Dans la mesure où ces
dernières années des cas d’étudiant-e-s
étranger-ère-s non régularisé-e-s,
inscrit-e-s et sans carte
d’étudiant-e
en cours d’année universitaire se sont
révélés à Lille3 (pour combien
d’autres
qui ne se sont pas manifesté-e-s par crainte de
représailles policières quant à
leur situation de sans- papier-ère-s ?), on peut penser que
la convention
en est pleinement responsable de par son article 3. Ce dernier laisse
le champ
libre à une procédure, plus ou moins voilée,
donnant au final la priorité à des
critères préfectoraux de régularisation sur les
critères pédagogiques en ce
qui relève pourtant d’une
mission universitaire, à savoir la délivrance d’une
carte d’étudiant-e pour
tout-e étudiant-e s’inscrivant dans l'université
une fois les critères
pédagogiques satisfaits. Non seulement les critères de
régularisation
instaurent par nature l’inégalité dans la mesure
où ils ignorent la liberté de
circulation (à bas les frontières !) et conduisent
donc Lille3 à instaurer
l’inégalité dans l’attribution des cartes
d’étudiant-e-s mais en plus Lille3
contribue dans ce contexte à augmenter le nombre de sans-
papier-ère-s en ne
leur fournissant pas de carte d’étudiant-e. En effet la
carte d’étudiant-e
constitue forcément un apport important dans un dossier de
demande de titre de
séjour portant la mention étudiant. Enfin la situation
apparaît comme
terriblement absurde puisque des textes juridiques (et non
annulés ceux- là[1])
stipulent que l’inscription doit permettre l’obtention
d’un titre de séjour
alors que dans le même temps des procédures du type
convention lille3 vont dans
un sens contraire en constituant dans les faits le titre de
séjour comme moyen
de privilégier l’obtention d’une carte
d’étudiant-e (qui valide l’inscription).
En tous les cas on peut s’interroger sur les véritables motifs de satisfaction de la présidence quant
à la mise en oeuvre de cette
convention.
N’hésitons
pas à soutenir les
étudiant-e-s étranger-ère-s qui subissent
l’inégalité d’accès aux études
à
Lille3 en exigeant de la présidence qu’elle donne une
carte d’étudiant-e à
toute personne remplissant les critères
pédagogiques ! Par le passé des
luttes menées sur lille1 ont gagné l’obtention
systématique d’une carte
d’étudiant-e pour tous les étranger-ère-s
remplissant les critères
pédagogiques.
Qu’il en soit de même à
Lille3 !
Mobilisons- nous contre l’article 3 de
la
convention : CERTIFICAT
DE SCOLARITE et
non « attestation provisoire d’inscription[2] » !
[1] Par exemple la circulaire DESUP 9/numéro 1018 du 21 Décembre 1992 : « [l’] admission au séjour est accordée lorsque l’étranger a présenté les justificatifs requis par la réglementation et notamment l’inscription ou la préinscription dans un établissement d’enseignement ou de formation professionnelle ». Il n’est pas mentionné d’attestation provisoire d’inscription !
[2] Pour des précisions d’ordre juridique, se reporter au site internet du GISTI : www.gisti.org
Tout d'abord, l'autogestion a pour but de faire participer tous les travailleur-euse-s d'une usine ou tous les usager-ère-s d'un service (dans notre cas, l'université) à la prise de décision et à la gestion au sein de celui-ci. Cela implique d'emblée le fait de refuser de déléguer sa voix à une personne censée représentée nos intérêts au sein d'un quelconque conseil. Si un-e délégué-e doit être désigné-e (et non élu-e), celui/celle-ci doit avoir un mandat précis et impératif (c'est à dire que le/la représentant-e ne peut dépasser le cadre fixé par le mandat), afin de permettre à la base de garder le contrôle de la décision. Toujours dans cette optique, un-e mandaté-e est révocable à tout moment.
La solidarité réelle est un des autres aspects de l'autogestion. En effet, en permettant à tous-te de participer à la vie de l'université (enseignant-e-s, étudiant-e-s, personnel d'entretien, de gardiennage, …), les problèmes rencontrés par les différentes catégories d'usager-ère-s sont ainsi connus de tou-te-s et sont ainsi plus facilement et rapidement résolus. Cela n'exclut pas le fait que chaque catégorie peut se réunir de façon indépendante quand bon lui semble.
Enfin, un point extrêmement positif de l'autogestion est le fait qu'elle permet de se débarrasser définitivement des bureaucrates professionnel-le-s et du cortège d' "expert-e-s" de tous poils qui les accompagnent. La rotation des tâches fait partie intégrante d'un système autogestionnaire. Celle-ci permet à tous de participer de façon temporaire aux tâches administratives afin d'éviter l'émergence d'une bureaucratie qui pourrait ainsi se croire investie de la charge du fonctionnement de l'université.
Comme on a pu s'en rendre compte cette année avec le calendrier universitaire, l'autogestion pourrait nous permettre de prendre en commun des décisions de cette importance, et d'éviter de la laisser à une bande d'incompétent-e-s qui n'a pas ou plus de contact direct avec ce qui se passe sur le terrain. De plus, elle permettrait d'interdire l'entrée de l'université à des groupes de pression tels que les chefs d'entreprise (rappelons que le MEDEF siège au Conseil d'administration de Lille 3), dont le but est d'orienter la politique universitaire dans leurs intérêts (que sont la rentabilité et la recherche effrénée du profit). Alors tou-te-s ensemble pour virer Rousseau et consorts ?
Affichage :
En mai 2003, un mouvement étudiant sur Lille 3 opposé au LMD avait exigé et obtenu de l’administration à ce que les compte-rendus des conseils d’administration et des CEVU soient affichés systématiquement dans tous les UFR : cet engagement n’a pas été respecté depuis… la rentrée d’octobre 2004 !
Vidéosurveillance :
Une plainte a été déposée par un étudiant devant le tribunal administratif de Lille par rapport à l’installation du dispositif de vidéosurveillance à Lille 3 qui n’a pas obtenu d’autorisation de la part de la CNIL. Il n’a pas eu gain de cause. Un bilan sera fait dans le prochain numéro.
Règlement
intérieur :
Ne cherchez pas de règlement intérieur… il n’y en a pas !
Ce règlement étant en cours d’élaboration, tout repose sur un décret de 1984. Cela laisse penser que le nouveau règlement saura mettre à l’abri l’université de toutes contestations envers ce qui aujourd’hui peut prêter à des remises en cause d’ordre juridique. Le décret de 1984 ne justifie peut-être pas juridiquement la mise en œuvre du dispositif sécuritaire tel qu’il se développe à Lille 3 !
Et puis chaque semaine à Lille 3…
table de presse de la section CNT-FAU le jeudi midi (hall du bâtiment A).
ETUDIANTS
ET PERSONNELS...
TOUS ENSEMBLE !
Régression des conditions de travail
La carence en matériel est effective dans certains services de l'Université, et s'explique par le fait que le budget qui leur est alloué annuellement par le conseil d'administration est régulièrement en baisse. C'est le cas chaque année pour le service intérieur qui comprend la manutention et les agents de service (agents d'entretien, etc.) et où il manque régulièrement des produits d'entretien. Le manque de personnels dans certains services de l'Université occasionne une charge de travail accrue. C'est le cas pour le service intérieur (une quarantaine de personnes y travaille actuellement) où « le boulot à outrance est imposé. Trop de travail pour un personnel restreint ». Par exemple, seule une personne est chargée de l'entretien des espaces extérieurs (forum et espaces verts)... soit 9000 m ! La vidéosurveillance est un moyen pour les supérieurs hiérarchiques de voir leurs consignes suivies comme elles se doivent... sinon gare! Et voilà comment on limite les conséquences néfastes d'un manque de personnels de service oeuvrant pour le bon fonctionnement de l'Université : on surveille avantage le personnel afin qu'il compense le manque de postes par sa charge de travail (obligatoirement) accrue.
Les étudiant-e-s peuvent constater que le manque de personnels. touche aussi l'administration universitaire : retards importants dans les procédures d'inscriptions à la fac (1), secrétaires d'UFR particulièrement débordé-e-s en cette année marquée par la passage au LMD, à l'image d'une secrétaire d'UFR qui a eu à la fois à subir les interminables confusions administratives de l'application des nouveaux cursus et un déménagement de son UFR !
Les salarié-e-s de la cafétéria et du CROUS subissent régulièrement les pressions du gestionnaire placé au sommet de la hiérarchie au niveau local et qui incite à une hausse de la productivité de travail. On en connaît les motivations quand on sait que le-la gestionnaire d'un RU gagne notamment des primes sur les repas et dont la valeur varie en fonction du nombre de repas vendus ! C'est ainsi que « l'ancien gestionnaire avait en tête uniquement l'argent et était injuste dans ses raisonnements » et c'est pourquoi « les salarié-e-s avaient demandé sa mutation ». Et quand on sait que la privatisation du CROUS guette, la course au profit contribuerait alors à la multiplication de ces pressions morales...
A cela il faut ajouter les habituelles inégalités amenées par la hiérarchisation entre les travailleurs-euses : inégalités salariales (2) , etc.
Précarisation
Hausse du nombre de contractuels et pas de titularisation ! A la cafétéria, au RU ou encore à la Brasserie des 3 lacs il y a peu de CDI et les personnes en CDD sont de plus en plus nombreuses. A la brasserie des 3 lacs, les CDD (en général de 6 mois, soit d'octobre à mai) donnent lieu le plus souvent à des remplacements (« les CDD tournent beaucoup ») tandis qu'en ce qui concerne la cafétéria et le RU beaucoup de personnes, qui ont souvent atteint la quarantaine, voient leur CDD renouvelé chaque année plutôt que d'être embauchées.
Au niveau de l'Université, il y a de plus en plus de contractuel-le-s qui sont soit repris-es chaque année par la fac (c'est elle qui paye le revenu), soit par le Rectorat pour un nouveau contrat de 10 mois. Les contractuel-le-s ont un statut précaire, à l'image d'un contractuel de l'an passé qui « officiellement travaillait pour la manutention mais effectuait d'autres tâches telles que courrier, entretien du domaine. Payé par la fac, il gagnait moins que les embauché-e-s pour un travail plus important ». Cette précarité croissante ne touche pas seulement le service intérieur de la fac mais aussi la BU où les contractuel-le-s « bénéficient » souvent d'un contrat de 3 mois. J., salariée à la cafétéria constate « qu’ils ne veulent plus embaucher. Un collègue embauché est récemment parti en retraite et il n'a pas été remplacé. Il n'y a plus d'embauche ». H., salarié de catégorie C au service d'entretien de la fac (service intérieur), fait le même constat de son côté : « les départs ne sont pas remplacés ou alors ils donnent place à des contractuels » ; c'est ainsi que la manutention comptait-encore récemment 2 titulaires sur 5 personnes...
Danger : privatisation
Ces problèmes sont liés pour une bonne part à la privatisation qui pointe son nez. La décentralisation en constitue une étape décisive.
- En ce qui concerne les IATOS « le Ministère ne veut plus de catégorie C et la baisse de titularisations annonce la privatisation » ; et la décentralisation va ainsi davantage les réduire en nombre. La présidence de Lille3 (3) va déjà dans ce sens et on comprend pourquoi « le président évite les rencontres. ll ne dialogue jamais avec les personnels de catégorie C ». Mais Lille3 n'est pas la seule université à contribuer dès aujourd'hui à la disparition progressive des IATOS de catégorie C et on peut se référer à une proposition adoptée par la Conférence des Présidents d'Université (4) datant de janvier 2002 : « La gestion universitaire ne plus être assurée correctement avec, dans les universités, une majorité de postes de personnels IATOS de catégorie C (...). C'est pourquoi la CPU préconise que l'effort mené pour l'amélioration de l'encadrement en IATOS, dans les universités, prenne un caractère vraiment qualitatif, et que soit privilégiées les créations d'emplois de catégorie A ». II faut savoir que la loi de modernisation, suspendue, prévoit un pouvoir plus grand pour le président dans la gestion des personnels et on peut donc s'attendre au pire pour la catégorie C à Lille3 quand on constate que notre cher président (Rousseau) milite effectivement par ses actes en faveur des orientations préconisées par la CPU. Que ce soit par le LMD ou autre chose, on voit que les pouvoirs décisionnels de l'Université contribuent de concert à l'Université de demain... et on n'en est pas rassuré-e-s !
Que vont devenir ces travailleur-euse-s ? Actuellement, il y a déjà des sociétés privées au sein de la fac et ce n'est probablement que les premières d'une longue liste car « la fac paye ces sociétés pour éviter la création des postes ». C'est ainsi que la société « Net Service » s'implante dans le bâtiment A et la société TEP dans le bâtiment B. Bien entendu les conditions de travail de leurs salarié-e-s sont plus pénibles que celles de la catégorie C : SMIC horaire, 30 jours de congés annuels au lieu de 52, pas de prime. Un autre exemple de société privée sur Lille3 est la société de gardiennage qui prend son service tous les soirs à partir de 21 h.
- Le CROUS va être touché à tous les niveaux et la privatisation génère « un danger pour notre travail : on sera repris ? Pas tout le monde surtout celles entre 40- 50 ans. Et les gens qui travaillent pour des sociétés privées vont nous remplacer ». De plus l'article 5 de la loi de décentralisation voté par l'assemblée nationale en Février 2004 prévoit le transfert de la charge des bâtiments de résidence universitaire de l'État aux collectivités territoriales qui devront nécessairement se tourner vers les entreprises privées. Ainsi les conséquences de la privatisation s'annoncent néfastes pour les personnels du CROUS (dégradations des conditions de travail, pertes d'emplois), mais aussi pour ses usagers, client-e-s de demain. Les tarifs augmenteront et les étudiant-e-s boursier-ère-s ne feront évidemment pas exception.
Que faire ?
J. et H. ont participé aux grèves les plus récentes qui remontent progressivement au 16 mars 2004 pour les salarié-e-s du CROUS et à mai 2003 (3 jours) pour les personnels IATOS. Pour le CROUS, il s'agissait d'agir contre la décentralisation et la privatisation qu'elle va générer : « on parle de 2006 et la grève est le seul moyen de lutter contre la. privatisation. II faut garder notre emploi ». Pour les lATOS la grève visait à obtenir des revendications qui n'ont pas changé depuis, à savoir, en plus du rejet inconditionnel de la loi de décentralisation : retraite à 37,5 ans, création de postes de titulaires, titularisation des contractuels. Mais on ne peut que regretter le manque de solidarité entre étudiant-e-s et personnels (dont enseignant-e-s) puisqu'aucun de ces mouvements n'a donné lieu à un rapprochement concret sur la longue durée et qui pourrait notamment se manifester sous la forme de tenue régulière d'assemblées générales autonomes et décisionnelles entre étudiant-e-s et personnels (et enseignant-e-s). Ainsi J. constate que la grève du CROUS du 16 mars dernier « n'a suscité que peu d'intérêt chez les étudiant-e-s. Les gens ne sont plus solidaires et c'est ça te problème ». De même H. constate qu' « il manque de la communication entre étudiant-e-s et personnels ». Aussi J. nous rapporte que lors du mouvement étudiant de l’an dernier sur Lille3 « les salarié-e-s étaient en attente de la venue des étudiant-e-s et le directeur était inquiet. ON DEVRAIT ETRE TOUS ENSEMBLE ET NON CHACUN DANS SON COIN ! »
Alors que le LMD s'applique progressivement mais sûrement dans nos universités, ce sont désormais ses retombées et la loi de modernisation (« suspendue », mais sous quelle nom va-t-elle revenir demain ?) ainsi que la décentralisation qui participe à une même logique de libéralisation qui sont un danger pour nous tous :
SOLIDARITE ETUDIANTS / PERSONNELS
/ ENSEIGNANTS !
Assemblées générales autonomes et
décisionnelles au service de notre émancipation !
Organisons-nous tous ensemble
pour que dès aujourd'hui nous n'ayons plus à subir la
domination que les gens
d'en haut-nous imposent !
AUTOGESTION DU DOMAINE
UNIVERSITAIRE !
CNT- FAU Lille
Notes :
1) Cela n'est pas sans créer de sérieux problèmes pour la étudiants. C'est ainsi que par exemple les étudiants du SEA (cours par correspondances) doivent attendre leur carte d'étudiant-e pour recevoir leurs premiers cours et en ce début d'année le droit à la réception des cours pour lequel ils-elles ont payé ne s'avère donc pas avoir été rempli pour certain-e-s !
2) Il existe 3 catégories de personnels au niveau des services de l'Université : catégories A (ingénieurs, directeurs de service,...), B (chefs de services…) et C (agents de service, agents techniques et adjoints techniques). La catégorie C est située au plus bas de l'échelle salariale parmi ces 3 catégories.
3) Précisons que « Depuis la mise en œuvre de la contractualisation à partir de 1989, le Président conduit la négociation contractuelle. Les créations, comme les transformations de postes, dépendent aussi étroitement des relations entre le Président et la Direction des Enseignements Supérieurs. Si les Conseils d'Université classent les posta, ils ne maîtrisent plus ensuite le processus. La maîtrise des postes, certes limitée puisque c'est le Ministère qui au final décide, est un élément très fort au pouvoir présidentiel (...) ». Livre noir des universités françaises (accessible sur internet)
4) La CPU est une instance consultative du Ministère visant à en orienter la politique universitaire. Le président de Lille3 y participe en tant que membre de la commission permanente de ses instances de décision.
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