EDUCATION
infos du syndicat CNT-SSEC du Nord Pas-de-Calais,
de la CNT-FTE et des AG de secteurs

Lille, le 15 mai 2008
Pour télécharger "Classes en lutte", le bulletin mensuel de la fédé CNT-FTE,  cliquer ici (dernier n° référencé sur ce site : avril 2010).

Pour visiter le site de "N'autre école", la revue trimestrielle de la CNT-FTE,  cliquer ici.

De 1995 à aujourd'hui : le syndicat CNT-SSEC 59/62
et l'intersyndicale de l'éducation Nord Pas-de-Calais,  cliquer ici.

Pour consulter "N'autre fac",
(ex) bulletin de la section CNT-SR de Lille, cliquer ici.

A Baudelaire comme partout ailleurs, refusons d'être des assistants d'éducation discount !


Alors que la destruction de la fonction publique et du système d'éducation en particulier continue de faire les ravages que l'on connaît, il est vital d'engager une réflexion collective sur l'école qui sera celle des générations futures. Les résultats des régionales ne changeront très probablement rien à la donne: réforme des lycées, suppressions de postes (50 000 depuis 2007 !), livret de compétences, note de vie scolaire, renforcement du pouvoir des chefs d'établissements etc... dessinent l'école sécuritaire, soumise aux logiques de gestion type entreprises qui ne pourra que développer une précarité déjà omniprésente.

Des dizaines de milliers de personnes travaillent aujourd’hui en « contrat aidé » rien que dans l’Education nationale. Contrat aux appellations multiples, la plus cynique étant sans doute « contrat d’avenir ». Cette situation déjà inadmissible présage sans aucun doute les conditions de travail des actuels titulaires ; nous pouvons déjà le constater à la vue du développement de la répression rectorale face aux TZR mobiliséEs, militantEs syndicalistes et autres désobéisseurSEs (ex : profs de philo).

Ces statuts ont été créés pour répondre aux aspirations libérales des derniers gouvernements de droite comme de gauche : généralisation de la précarité et démantèlement des services publics (les CDD, souvent d'un an, n'y changent évidemment pas grand chose !).
C'est pourquoi nous affirmons la nécessité de lutter nationalement pour une revalorisation significative de nos statuts qui sont à l’heure actuelle, à l’image des maltraitances répétées subies par l’Education Nationale.

La situation globale...
Derrière le  changement de statut de 2003 (remplacement des AE et Mi-Se par AED) se cache une véritable précarisation des personnels de vie scolaire et de surveillance ainsi qu'une dégradation de nos conditions de travail :
- augmentation du temps de travail hebdomadaire pour une rémunération plus faible,
- renforcement des pouvoirs du chef d'établissement qui recrute (ou vire) ses assistants d'éducation,
- perte du droit au crédit formation pour les étudiants-es dans certains établissements pour pallier le manque de personnels,

- heures supplémentaires non payés et difficilement rattrapables,
- congés maternités et maladies non remplacés, etc...

Ni flics, ni profs au rabais !
Les missions confiées sont mal définies et dépassent largement la surveillance (car nous assurons aussi accompagnement éducatif, tâches administratives, contact avec les familles..) sans rémunération adaptée, tandis que le manque de moyens pousse à un traitement sécuritaire des situations sur le terrain. La dégradation de nos conditions de travail a pour conséquence une dégradation de l’accompagnement quotidien des élèves.


Dans ce contexte de restrictions budgétaires telles qu'on les subit une nouvelle fois, les conditions de travail des personnels de vie scolaire déjà précaires deviennent insupportables. Ainsi, le rôle éducatif des personnels de vie scolaire, l'écoute et l'accompagnement quotidien des élèves (primordiaux dans un lieu où des adolescents peuvent passer jusqu'à 10 heures par jour) s'en trouvent diminués et tendent à disparaître de leurs fonctions. Au collège, les deux postes d'AVS existant en début d'année ne sont toujours pas réoccupés (une fin de contrat et une démission). Il n'est pas rare depuis, qu'il n'y ait qu'une ou deux personne en postes sur une demi-journée. De plus, la précarité et les violences psychologiques qui y sont inhérentes (peur de la non reconduction, du licenciement, méconnaissance de ses droits) font des AED et AVS des cibles faciles face aux pressions hiérarchiques. Ainsi, l'infantilisation qui découle de ce statut, les remontrances en public, menaces de licenciements, l'impression de n'être que des exécutantEs souvent malmenéEs et spectateurICEs de la gestion réelle des choses nous placent dans des positions d'autant plus délicates face à des élèves tout à fait conscients de cela et souvent déjà perturbés et en difficultés.

Il  a été observé qu'au lycée certainEs collègues étaient embauchéEs en contrats de 4 mois (non signalés comme étant des remplacements) sous prétexte que le licenciement était trop compliqué ! Quelles possibilités dans de telles situations pour développer des projets professionnels, de poursuite scolaire ou personnels? Quelles propensions à prendre le temps de questionner son statut, à participer à la vie militante de l'établissement ?

Il devient donc urgent de nous organiser collectivement  pour défendre nos droits et pour obtenir de meilleures  conditions de travail... Il devient urgent de casser les néfastes barrières qui séparent encore trop souvent les différents acteurs de notre établissement: enseignantEs, vie scolaire, personnel (ATOS...) car nous sommes touTEs dans la même galère ! Dans l’éducation, tous les dispositifs de mise au pas des personnels, annualisation, flexibilité, soumissions aux évaluations et au pouvoir hiérarchique….sont expérimentés avec les emplois précaires.

Précaires ou titulaires, nous sommes touTEs concernées !!!


Nous exigeons :
- La reconnaissance morale des AED, AVS etc comme de véritables employés.
- Le renouvellement systématique des postes laissés vacants.
- L'arrêt de l'emploi en contrats de 3-4 mois et la généralisation de l'embauche pour la durée maximale (actuellement 3 ans renouvelables une fois) Préférence aux personnes déjà en poste (notre objectif étant la titularisation de touTEs les précaires sans conditions). 
- La fin de l'annualisation des contrats
- Le droit à la formation pour toutes et tous
- L'accès aux mêmes primes que les personnels titulaires, notamment en ZEP et en SEGPA
- Le retour au statut Mi-Se
- La reconnaissance de l'accompagnement éducatif
- Une revalorisation de nos salaires !

Roubaix, avril 2010


Déclaration de l'intersyndicale éducation 59/62 suite à la grève du 23 mars 2010



Déclaration de l'intersyndicale ( FSU – CGT Educ’action – SUD Education – SNETAA-EIL – CNT ) du Nord Pas-de-Calais

A tous les étages de l’éducation les réformes et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux détériorent le service public d’Education.

En maternelle :

La scolarisation dès deux ans en maternelle est gravement attaquée et dans le même temps se mettent en place les jardins d’éveil pour les familles qui auront les moyens de payer ce mode de garde là où il existera.

En primaire :

Les évaluations nationales en CE1 et CM2, loin d’être un outil pour et mis en œuvre par les enseignants au service des élèves, ne sont qu'un outil de "pilotage du système éducatif". Leur unique objectif est de mettre les écoles en concurrence entre elles. Les organisations syndicales en demandent la suspension et invite les conseils de maîtres de chaque école à faire de même à travers des motions.
Les attaques se poursuivent contre les personnels des RASED (redéploiements de postes, raréfaction des formations...) alors que l'accompagnement individualisé montre son inefficience.

Dans le second degré :

Les réformes de régression font peser de lourdes menaces sur le système éducatif :

- remise en cause du cadre national de l’Education par l’autonomie croissante des établissements et le non respect des textes nationaux, comme c’est le cas dans l’académie de Lille (pour récupérer des moyens sur une dotation largement insuffisante, LV3 et langues anciennes ne pourraient pas être proposées en enseignements d’exploration).

Si on y ajoute la suppression de la carte scolaire, c'est une ghettoïsation accrue des établissements qui se profile.

- diminution du nombre d’heures de cours pour tous les élèves par la mise en place du socle commun dans les collèges et la réforme du lycée
- mise en place d’un pseudo-accompagnement personnalisé sans attache disciplinaire, alors que les effectifs explosent en cours
- autoritarisme grandissant des chefs d’établissement qui accentuent leurs pressions sur les personnels et contestent leurs droits, y compris syndicaux
- dessaisissement des compétences des élus du conseil d’administration pour les transférer vers un conseil pédagogique désigné. Ses membres seront nommés par le chef d'établissement. Il sera consulté sur l'organisation des enseignements, la notation et l'évaluation des activités scolaires et les modalités des voyages scolaires. Il formulera des propositions sur l'organisation de l'accompagnement personnalisé, préparera la partie pédagogique du projet d'établissement et assistera le chef d'établissement pour élaborer le rapport sur la pédagogie de l'établissement (cf décret 2010-99 du 27/01/2010) !

L'intersyndicale dénonce la dérive autoritaire que représente la création d'un conseil affidé au chef d'établissement et destiné à renforcer son pouvoir sur les personnels.
L'intersyndicale n'accepte pas cette remise en cause caractérisée de la liberté pédagogique.
Elle appelle donc tous les personnels à neutraliser par tous les moyens le fonctionnement des conseils pédagogiques (non participation, transformation en AG …).

- casse et transfert des missions du service public d'orientation.

Dans le même temps, la dégradation des conditions d’enseignement et l’alourdissement de la tâche des personnels se poursuivent par l’inflation du nombre d’heures supplémentaires et les suppressions de postes dont le volume est d’autant plus incompréhensible que la démographie s’est stabilisée et même augmente légèrement. L’Intersyndicale appelle à une campagne de refus des heures supplémentaires.

Enseigner un métier qui s’apprend !

Améliorer la formation initiale et continue des enseignants, qu'elle soit professionnelle, disciplinaire ou pédagogique est déterminant pour faire réussir tous les élèves. Or, la réforme imposée par le gouvernement va la sacrifier ! Le service public d’éducation sera durablement affaibli. Les universités, les associations de parents d'élèves, d'enseignants et d’étudiants sont unanimes pour demander l'abandon de cette réforme-là. Les organisations syndicales appellent à signer la pétition en ligne : http://www.100000voixpourlaformation.org/

Dans ce contexte, l’intersyndicale FSU – CGT Educ’action – SUD Education – SNETAA-EIL – CNT appelle les personnels à :

- réclamer l’arrêt des suppressions de postes et la création des postes de titulaires nécessaires à l’amélioration des conditions d’enseignement
- organiser dans les établissements les actions collectives qui leur paraissent les plus mobilisatrices : réunions d'informations, assemblées générales, grève, refus des tâches non obligatoires comme les livrets de compétences, neutralisation du conseil pédagogique, non participation aux examens blancs, rétention des notes des copies qu’ils corrigent, refus des heures supplémentaires pour la prochaine rentrée…
- s’adresser aux parents d’élèves et aux lycéens sur l’urgence de refuser ces réformes ainsi que sur le sens et les objectifs de leurs actions pour une autre politique éducative

Elle rappelle son soutien à tous les collègues qui suivent les consignes syndicales en n’appliquant pas tout ou partie des dispositifs (aides personnalisées, base élève, évaluation CE1-CM2, livret de compétences...) et qui sont sous le coup de sanctions administratives ou financières.

Lille, le 4 février 2010.

Texte maquetté à télécharger (format pdf - 2 pages - 150 ko) : cliquer ici.


Fonction publique : tous et toutes en grève le 21 janvier 2010 !

Transports, Poste, santé, éducation..., depuis plusieurs années, c’est tous les services publics qui sont petit à petit laminés, démantelés.

Autant de services rendus à la population livrés aux intérêts privés, à la marchandisation. Nous assistons à une véritable casse programmée des services publics visant une attaque sans précédent des statuts (réduction drastique des moyens) et à orchestrer plus certainement leur privatisation (précarisation toujours plus massive).

Le plan gouvernemental « Fonction Publique 2012 » prévoit d’ici là et sur 5 ans le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cela a bien entendu des conséquences dramatiques au niveau des personnels, de la qualité du service rendu mais aussi au niveau des recrutements.

Dans l’Éducation nationale par exemple, les postes ouverts aux concours,toutes disciplines confondues, ont été divisés par plus de deux en 10 ans, passant de plus de 20 000 en 2000 a à peine plus de 9 000 cette année, en 2010.

Tous secteurs confondus, ce sont 60 000 suppressions de postes par an qui sont prévues dans les services publics depuis 2009. Les suppressions de postes auront lieu dans les écoles, les collèges et lycées, les hôpitaux, les administrations, au mépris des usagers, alors que pour lutter contre le chômage et améliorer ces services ce sont des embauches massives dont nous avons besoin. Autant d’attaques auxquelles se rajoute pour les personnels la casse des statuts. La RGPP (Réforme générale des politiques publiques) prévoit entre autre au travers de la loi sur la « mobilité de l’emploi dans la fonction publique » la remise en cause du statut de fonctionnaire et de la garantie de l’emploi. À l’ANPE par exemple, les salariés ont déjà reçu des lettres individuelles leur proposant un reclassement sous statut privé.

La qualité des services publics offerts va profondément se dégrader et l’on sait que ce sont les classes populaires qui en subissent les plus grands méfaits, renforçant ainsi les inégalités sociales.

La place du service public dans une société est le reflet des choix sociétaires de celle-ci et aujourd’hui se dessine une société capitaliste de plus en plus inégalitaire et autoritaire. Les nouveaux coups portés contre les services mais plus généralement contre l’ensemble des travailleurs-ses sont une nouvelle occasion de se mobiliser et de lutter ensemble, pour défendre des conquêtes sociales fondamentales… et d’en obtenir de nouvelles.

Nous savons cependant que, contre ce gouvernement, une journée de grève ne suffit pas pour gagner. Nous savons aussi que pour gagner il faut que tous les secteurs se battent ensemble. Dans cette démarche, rappelons-nous et prenons exemple sur le mouvement de grève générale de l’an dernier en Guadeloupe : un mouvement fort et victorieux car unitaire, interprofessionnel, reconductible jusqu’à satisfaction et axé sur une plate-forme de revendications précises et concrètes.

Alors mettons-nous toutes et tous en grève le 21 janvier avec l’ensemble de la fonction publique. Réunissons-nous et organisons-nous en Assemblées Générales et mettons en débat nos revendications et la construction de la lutte interprofessionnelle.

Fédération CNT des travailleur(se)s de l'Education (CNT-FTE)
fede-educ@cnt-f.org
http://www.cnt-f.org/fte

Tract à télécharger (1 page - 691 ko - format pdf) : http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/21janvier_fte_proposition.pdf

Grève du 24 novembre 2009

1) Appel de l'intersyndicale Education de l'académie de Lille

Sans surprise, la rentrée a été marquée par les effets rapides de la politique de casse du service public d'éducation de casse du service public d'éducation :

Les effectifs grimpent dans les classes, dans les établissements, en autres par la fermeture de sections, d’options voire de filières, la diminution du nombre de personnels (profs et vie scolaire) crée des situations à risques, comme au collège Sévigné de Roubaix où les personnels ont exercé leur droit de retrait et de grève la semaine avant les vacances suite à une 6ème agression d'un assistant d'éducation et à celle d'un enseignant.

Partout il devient difficile de remplacer les personnels absents, y compris quand il s'agit d'un congé prévu à l'avance ou même d'un départ en retraite. La précarité se développe.

Certains chefs d'établissement modifient les services en cours d'année pour pallier le manque de remplacement, rognent sur les moyens insuffisants dont ils disposent et contestent des décharges statutaires, des pressions sont exercées sur les personnels non-titulaires (contractuels contraints d'accepter des vacations, emploi sur plusieurs établissements éloignés sans compensation financière ....) 
et titulaires (commissions disciplinaires, affectations hors discipline, remises en cause de leurs capacités professionnelles...).


Des milliers d'élèves n'auront pas accès aux services (gratuits) d'un conseiller d'orientation psychologue.

Dans les écoles, les tâches s’accumulent (aide personnalisée, PPRE, PAI, projet d’école, évaluations…). Les conditions de travail et d’enseignement se détériorent. La scolarisation des élèves en situation de handicap s’effectue souvent sans accompagnement (AVS) à la hauteur des besoins. La scolarisation des élèves dès deux ans est en chute. Trop souvent faute de moyens, cette scolarisation ne peut se faire ou se fait dans de mauvaises conditions (classes à plus de 30).

Et d'ores et déjà sont annoncées 16 000 nouvelles suppressions de postes pour septembre 2010 !

Ce sont donc encore des personnels en moins pour les années à venir et de nouvelles dégradations des conditions d'enseignement alors que les effectifs d'élèves sont stabilisés dans l'académie, voire sont à nouveau en hausse selon les niveaux. Ces suppressions sont les conséquences consécutives aux « réformes » (celles des lycées, de la formation des enseignants et des CPE, de l'orientation) imposées sans concertation avec les organisations syndicales.
Nous contestons ces réformes qui consistent en premier lieu à récupérer des heures
(stage passant à un 2/3 temps, tentative d'utiliser les étudiants admissibles comme moyens de remplacement en mai - juin, 2 h d'accompagnement prises sur l'horaire actuel au détriment d'horaires disciplinaires ...). A cela s’ajoute la suppression du délai de carence qui pousse l'Éducation Nationale à se débarrasser des élèves en difficulté  et donc à justifier de nouvelles suppressions de postes.

Nicolas Sarkozy avait promis la revalorisation des fonctionnaires de l'Education Nationale

Le gouvernement ignore cette réalité et n'a proposé qu'une augmentation générale de .... 0,8 % en 2009 et 0,5 % les années suivantes, augmentant le retard pris par nos salaires ! La première proposition de Luc Chatel lors du CTPM traitant de ce sujet a été un véritable camouflet à notre égard : une augmentation d'à peine 100 euros pour les nouveaux recrutés à bac + 5, soit l'équivalent d'un 3ème échelon acquis jusqu'alors immédiatement après l'année de stage, au bout d'un an d'exercice. C'est bien davantage que nous réclamons, et pas seulement pour les néo-recrutés.
Les personnels de l'Éducation nationale subissent depuis longtemps la baisse de leur salaire réel
. Les personnels de l'Éducation nationale subissent depuis longtemps la baisse de leur salaire réel. Nous avons juste obtenu le droit de « travailler plus pour gagner moins » : départs en retraite non remplacés pour les mêmes services publics à assurer, réformes visant à alourdir la charge de travail (diminution des horaires de cours des élèves de collèges et lycées pour faire augmenter le nombre de classes par enseignants), introduction de nouvelles tâches inefficaces ou même dangereuses (livrets de compétences à remplir pour chaque élève, note de vie scolaire ...). Alors que l'inflation prévue en 2009 – 2011 pourrait dépasser les 3,5 %, la dégradation continue : un bac + 5 touche l'équivalent d'1,2 SMIC contre 2,1 dans les années 1980; le salaire au 9ème échelon de 1981 correspond au salaire du 11ème actuel... Il faut que l'Éducation nationale devienne une priorité effective et ne soit pas qu'un discours convenu pour l'affichage médiatique. Il faut que nos métiers redeviennent attractifs et pour cela, qu'ils soient revalorisés dans tous les domaines. Il faut enfin que les pensions bénéficient de la revalorisation des actifs.

Le statut de la Fonction publique est remis en cause

Depuis juillet et le vote de la loi de mobilité dont les décrets d'application sont attendus en novembre, « le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse 3 postes qui lui sont proposés en vue de sa réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. » On imagine sans peine ce que cela pourrait donner pour les personnels ou les disciplines considérés comme surnuméraires ! La loi prévoit également le recours à l'intérim et donc le développement du recours à la précarité.

A cette brèche dans nos statuts s'ajoute une possibilité jamais encore usitée jusqu'ici à Lille mais que le rectorat pourrait multiplier à compter de cette année, après un 1er cas soumis au vote d'une commission disciplinaire lundi 19 octobre : le licenciement pour insuffisance professionnelle pour un agrégé ayant 15 ans d'expérience (7 cas au total en France en 2008 – 2009).

Ces nouveaux modes de gestion sont inacceptables. On sait quels effets tragiques ils ont déjà dans différents secteurs, on devine quels effets ils auront dans une profession qui doute (selon une enquête du ministère, 67 % des professeurs des collèges et lycées se sentent concernés par le « malaise enseignant », 27 % songent à quitter l'enseignement). Ils sont le résultat d'une politique elle aussi inacceptable, liée à la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances) et à la volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux.

A cela s’ajoutent l’intimidation, la multiplication des pressions sur les personnels et les entraves au droit syndical : mise en cause du droit d’information syndicale, contestation du droit de retrait, retrait sur salaire pour les professeurs de philo qui se sont engagés pour le baccalauréat et ont effectué leur service,
répression qui s'abat sur les collègues en lutte,
répression qui s'abat sur les collègues en lutte, pressions pour pousser les collègues à accepter des heures supplémentaires, de l’accompagnement éducatif ou des heures de cours de collègues non remplacés par le rectorat, pressions des IEN pour organiser l’aide personnalisée selon leur volonté (non prise en compte de la pause, obligation de remplir des PPRE, horaires et jour imposés…), remise en cause de la liberté pédagogique…

Les choix du gouvernement sont clairs : il privilégie les revendications des banquiers et des patrons de l'automobile... et annonce des économies sur les services publics, donc sur le dos des fonctionnaires et principalement des enseignants. Pour L'intersyndicale Éducation de l'académie de Lille, il est urgent de revenir à une autre conception du service public.

L'intersyndicale Education de l'académie de Lille appelle donc à la grève le mardi 24 novembre et à la
manifestation régionale (14h30, porte de Paris à Lille) pour créer la dynamique nécessaire au développement d'un mouvement unitaire large, seul à même d’obtenir la satisfaction de nos légitimes revendications. Elle appelle également les personnels à se réunir en AG et à discuter de la reconduction du mouvement dès le 24. L’Intersyndicale a décidé pour sa part de se réunir dès le 24 au soir.

Signataires : CGT éducation 59/62 - CNT éducation 59/62 - FSU - SNETAA - SUD éducation 59/62


2) Des syndicats de la Fédération CNT des Travailleurs de l’Education (FTE) s'associent à l’appel à la grève du 24 mais ne se leurrent pas.


La seule riposte, la grève, qui a du sens, c’est celle qui se fixe des objectifs précis et se poursuit par reconduction jusqu’à les avoir atteints. Dans les AG, tâchons de contaminer écoles et bahuts par le virus de cette grève combattive bien plus virulente que la traditionnelle grève saisonnière épisodique ! Cela concerne aussi le syndicalisme dans son ensemble, tant il est majoritairement englué depuis des années dans ses dérives : co-gestion, concentration sur les situations locales et les cas individuels , permanents déconnectés du travail et frein à l’action des personnels quand elle déborde leurs directives... Les fortes mobilisations interprofessionnelles de 2009 et les mouvements sectoriels qui s’enchainent cet automne prouvent qu’une riposte d’ampleur est possible. Il apparait donc urgent de forger une alternative syndicale combattive et autogérée, actrice des luttes ! Construisons-la ensemble dès le 24 pour que l’on ait toujours raison de se syndiquer ! Attrapons le bon virus : celui de la grève !

Quel bilan pour la rentrée 2009 ?

En juin dernier, il nous a fallu tirer le bilan d’une année de luttes. Une année où des individu-e-s de divers horizons se sont organisés, ont créé des outils pour combattre ensemble la suractivité gouvernementale en matière de casse du service publique et de destruction des emplois, des droits du travail et des droits sociaux.

Faisant fi de toutes les résistances avec un mépris affiché pour tous les avis divergents, le ministère de l’éducation nationale persiste et signe dans un document de rentrée et anticipe sur un avenir radieux où par exemple grâce à l’Aide personnalisée les RASED n’auront plus lieu d’être. Au-delà des constats établis ce sont donc bien de nouvelles attaques qui transparaissent dans ce texte comme par exemple le recours aux heures supplémentaires déguisées en stage de remise à niveau. Ces mêmes heures supplémentaires qui dans le second degré sont monnaie courante et qui nous laissent deviner la recette que le gouvernement veut appliquer : plus d’heures supplémentaires, moins de recrutement et de création de postes, 16 000 suppressions de postes pour l’année prochaine pour obtenir - sous couvert d’adaptabilité - une précarité toujours plus grande... Il y a quelques temps cette précarité paraissait bien loin de nous (et pourtant si proche déjà). Qui n’a pas croisé une EVS, une AVS, un vacataire (et bientôt un remplaçant tout droit venu de l’ANPE) dans son établissement ? Cette précarité que beaucoup acceptent comme un sacrifice à la bonne marche de l’école et au bien être des élèves commence toutefois à effrayer lorsqu’elle prend la forme d’une loi visant à casser le statut des fonctionnaires titulaires de l’éducation.

Dans cette logique, pourquoi s’arrêter à la défense de notre métier d’enseignant lorsque l’on sait que cette précarisation touche également les autres secteurs. Certains se sont risqués à défendre leurs usines. Les moyens de défenses appliqués ont été divers : de la grèves à la séquestration du DRH. Malheureusement dans chaque cas, les luttes restent circonscrites à un lieu, à une entreprise. Dernier exemple avec la lutte des travailleurs sans papiers. Quels travailleurs ont un statut plus précaires que ceux-ci cumulant l’illégalité dans la vie quotidienne à celle dans le travail. Quand certains d’entre eux se révoltent, l’affaire est étouffée par les médias afin de ne pas amplifier la lutte.

Les patrons (ceux du secteur privé aussi bien que l’État) auraient-ils peur de la propagation (plus dangereuse pour eux que celle de la grippe A) de la colère des salariés ? Si chacun prend en considération non seulement les attaques faites contre lui mais aussi celles faites aux personnes qui travaillent à ses côtés, il est possible de créer un rapport de force. La grève peut permettre de tisser des liens entre salariés. Partons des collectifs professionnels existants pour nous retrouver en Assemblées générales interprofessionnelles et posons les bases de ce rapport de force.

Face aux nouvelles attaques et à tout ce qui a été mis en place ces dernières années, imposons nos visions de l’école et de la société.

C’est parce que nous pensons que la grève nous donne un espace de discussion indispensable pour s’organiser que la CNT éduc appelle à la journée de grève du 24 novembre.

Le secrétariat de la CNT-FTE
fede-educ@cnt-f.org
http://www.cnt-f.org/fte/

N° spécial 4 pages du bulletin "Classes en lutte" : http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=2755

CNT éducation 59/62 : ssec5962@cnt-f.org


La rentrée de septembre 2009 dans l'Académie du Nord (bilan de l'intersyndicale)

- En juin-juillet, des centaines d'élèves ont fait les frais des restrictions budgétaires et des fermetures de postes en se retrouvant sans affectation pour la rentrée, qu’il s’agisse des élèves entrant en 2nde générale, technologique, ou professionnelle, des doublants de terminale, des titulaires de CAP ou de BEP en demande de poursuite d’études ou même des bacheliers désireux de préparer un BTS. De « non affectés », la plupart de ces élèves sont passés « mal affectés » en septembre, la place qui leur a été trouvée ne correspondant pas à leurs vœux. Aussi risquent-ils de décrocher très rapidement. D’autres ont purement et simplement « disparu » pendant l’été.

Dans le 1er degré, la scolarisation des 2 ans a encore fortement diminué, faute de places suffisantes dans les écoles maternelles. En cette rentrée, seuls 40% des enfants de 2 ans sont scolarisés dans le Nord/Pas-de-Calais contre les 2/3 au début des années 2000. Dans le même temps Nadine Morano lance, à grand renfort médiatique, l’expérimentation de 8000 jardins d’éveil destinés au même public. Ceux-ci seront financés par les collectivités territoriales, les CAF et les familles..

L’intersyndicale dénonce et condamne cette éviction organisée des élèves, résultat direct des 13500 suppressions de postes de cette rentrée. Les 16000 suppressions de postes d’ores et déjà annoncées augurent d’une situation encore plus explosive à la prochaine rentrée.

- L'offre de formation dans l’Académie se réduit, cela se traduit par une attitude méprisante à l'égard d'élèves qui ne peuvent suivre l'enseignement choisi et par le non respect des textes réglementaires. Ainsi, la réforme des LP met-elle en place une LV2 obligatoire pour les Bac pro service sans les recrutements d'enseignants nécessaires. Plus de 1500 élèves dans l'académie ne peuvent donc poursuivre la LV2 commencée en 4 ème et se trouvent soit sans enseignement, soit contraints de suivre une autre LV que la leur et ce sans dispositif grand débutant.

- Les effectifs par classe sont lourds en école maternelle et dans le primaire et montent parfois jusqu’à 32 élèves. Et ce alors que les moyens de prise en charge des élèves en difficulté, notamment les RASED, ont été nettement réduits.

- En collège, les classes comptent jusqu'à 30 élèves et au lycée, on trouve des secondes à 38, les suppressions de postes étant proportionnellement supérieures à une baisse démographique qui n'est que passagère (la reprise a déjà lieu en collège et elle se poursuit dans le premier degré). Les effets de la suppression de la carte scolaire pèsent aussi fortement, accentuant l'effet ghetto au risque de provoquer des fermetures d'établissements ou d'accentuer les difficultés dans d'autres. Cette déréglementation de la carte scolaire empêche aussi de plus en plus d’ élèves d’obtenir leur établissement de secteur.

- Le rectorat a été contraint d'injecter des moyens supplémentaires en juillet (autrement dit des heures supplémentaires et des blocs de moyens provisoires qui rendent incompréhensibles et encore plus mal vécues les suppressions de postes) pour des établissements dont les effectifs avaient été sous-estimés. Ces BMP et les postes restés vacants à l'issue du mouvement conduisent à affecter massivement des TZR sur des postes à l'année, alors que les moyens en remplacement de l'académie ont été amputés l'an dernier de 215 postes, avec des inquiétudes très fortes pour la plupart des disciplines (le nombre de TZR en maths a diminué de 40 % en 2 ans, celui d'anglais de 50 %). La situation de la documentation (88 postes vacants en juin) et de la technologie (74) reste extrêmement préoccupante et conduit cette année encore à envoyer des dizaines de TZR ou précaires enseigner dans une discipline pour laquelle ils ne sont ni volontaires, ni formés. En règle générale, la situation des TZR devient explosive : affectation sur plusieurs établissements, à l'année hors zone sans frais de déplacement, hors discipline, en SEGPA .Les contractuels en CDI sont aussi bien souvent nommés puis dénommés , ceux en CDD sont encore en attente de postes alors que dans le même temps de nombreuses classes sont sans enseignants.

Enfin, la situation des personnels de la vie scolaire se dégrade dans de nombreux établissements. Les derniers MI-SE sont presque tous arrivés en fin de délégation (il n'en reste que 72 dans l'académie) et ne sont pour la plupart pas remplacés. Les AED (Assistants d’Education) sont parfois utilisés à des tâches administratives pour pallier le manque de personnels. Au final, le taux d'encadrement des élèves s'effondre, au risque de voir se multiplier les incidents
La loi sur le handicap est bafouée. Bon nombre d'élèves ayant droit à un AVSI se retrouvent seuls.

- L’Intersyndicale dénonce le renforcement de l’autoritarisme et le développement de mesures graves prises contre les collègues (multiplication des conseils de discipline et des sanctions…).Elle soutiendra tous les personnels en lutte et notamment ceux qui refusent la mise en place des dernières réformes concernant le 1er degré et tout le système éducatif.

- Enfin elle dénonce également les conditions de préparation de la rentrée, caractérisées par le non respect du paritarisme et des règles qui le régissent. Ceci témoigne d’un profond mépris envers les personnels et le Service Public d’Education dans son ensemble.

- En ce qui concerne la formation des maîtres, l’intersyndicale condamne les coups de force du gouvernement qui impose des textes sans débat ni concertation.

- Quant à la grippe A, l’intersyndicale dénonce l’absence de transparence et de concertation avec les représentants des personnels : elle demande la tenue d’un CHSA et de CHSD dans les plus brefs délais.


De la maternelle au lycée, attrapons le bon virus, celui de la grève !

Luc Chatel, nouveau ministre, vieille rengaine ! Sur la forme comme sur le fond, cette rentrée ressemble à s’y méprendre aux précédentes. Un ministre prompt à redire qu’il poursuivra la politique de son prédécesseur ; des syndicats qui nous préparent la sempiternelle journée « ballons »... Bref, une rentrée à désirer la grève !

L’école n’est pas seulement soumise au régime sec, suppression de milliers de postes, ou gérée à flux tendu avec l’emploi de personnels à statuts précaires et bas salaires (profs vacataires, aides éducateurs, emplois de vie scolaire, médiateurs...) ; l’avalanche des mesures gouvernementales dessine les contours d’une école soumise aux lois du marché : compétition, évaluation, performance, mérite. De l’école caserne à l’école entreprise, une vaste opération privative est en cours.

Défendre une autre école, celle de l’émancipation, de la coopération et de l’entraide, tel doit être notre objectif. Dégonflons les baudruches et réaffirmons nos désobéissances dans la grève !

Tract à télécharger (1 page - format pdf - 105 ko) :
http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/FTE_Rentree09.pdf


Compte-rendu des audiences spéciales précarité au rectorat et au lycée G. Berger de Lille

I- CR de l’audience du 27 mai 2009 au rectorat de Lille

II - CR du rassemblement et de l’audience du 13 mai 2009 au lycée G. Berger


I- CR de l’audience du 27 mai 2009 au rectorat de Lille

Une délégation de 3 personnes (2 AED dont 1 de la CNT et 1 AP de Sud) a été reçu au rectorat par M. Kakouski, directeur des ressources humaines, M. Gosselin, directeur de cabinet du recteur & chef d’établissement, Mme Triquet, responsable des contrats aidés au rectorat et Mme Bossuet, responsable des personnels enseignants.

Ce rassemblement fait suite à celui du 29 janvier dernier au rectorat et à celui du 13 mai devant le lycée G. Berger (employeur de 450 contrats aidés dans le 1er degré et centre de traitement pour 700 AED).

Le 29 janvier, plusieurs points avaient été évoqué lors d’une 1ère audience au rectorat :
-  problème des heures de formation refusées à certains-es AED étudiants-es par les chefs d’établissement
-  problème du non-remplacement des personnels non-titulaires (congés maladie longue durée et maternité)
-  problème de la formation non qualifiante imposée aux personnels en contrats aidés (cae et contrat avenir) Le rectorat s’était engagé à faire remonter nos revendications au ministère : fin de l’annualisation du temps de travail, retour au statut Mi-Se pour les surveillants-es et titularisation des personnels précaires. Il devait aussi rappeler par circulaire aux chefs d’établissements le droit au crédit formation pour les aed étudiant-es.

L’objectif de ce nouveau rassemblement était de revenir sur les engagements (non-tenus) du rectorat, de le pousser à prendre position quant au renouvellement des personnels en cav de + 50 ans ou ayant atteint les 50 ans pendant leur contrat et d’appuyer les demandes de dérogation auprès de pôle emploi (suite de l’audience à G. Berger).

2 points essentiels ont été abordés :
-  AED
-  Contrats aidés

1- AED

-  Fin du recrutement des Mi-Se en 2002 : disparition des derniers Mi-Se à la rentrée 2009 Les Mi-Se vont-ils/elles systématiquement être remplacés par de nouveaux AED ? Le rectorat répond que la répartition des postes se fait chaque année pour chaque établissement selon les besoins académiques globaux : pas de garantie pour le remplacement des postes de mi-se par de nouveaux aed !!! Apparemment, le nombre de postes d’AED serait en constante augmentation dans l’académie, y compris le nombre de temps plein !!!??? Evidemment pas de chiffres précis et vérifiables...

-  AED remplacés par des EVS en CAE ou cav : le rectorat rappelle que ce sont des financements différents et donc qu’il ne faut pas tout confondre ! Nous expliquons que dans les faits ces personnels font le même boulot et qu’il arrive dans certains établissements que des aed soit remplacés par des EVS en cae. Le rectorat répond qu’ils ne remplacent pas mais qu’ils confortent une équipe...

-  Le passage du statut Mi-Se à celui d’AED a apporté beaucoup plus de souplesse pour le bon fonctionnement du service public d’éducation : là dessus on est d’accord ! Plus de souplesse pour plus de précarité et des conditions de travail plus dures pour les personnels. Le rectorat nous répond que c’est un décret national sur lequel il n’a aucun pouvoir et que lorsque l’on signe un contrat on sait à quoi s’en tenir !!! Mais il fait remonter...

-  Heures de formation : le rectorat va enfin rappeler aux chefs d’établissement par circulaire le droit au crédit formation pour AED étudiants-es et leur droit de participer à l’accompagnement éducatif (normalement la semaine prochaine, à suivre). Possibilité pour AED de faire une VAE pour concours de recrutement (à suivre)

-  Remplacement des personnels précaires en congés maternité et maladie longue durée : . pour les perso en contrats aidés, la législation sociale française s’applique normalement . pour les AED, pas de moyens supplémentaires en postes mais en personnes : pas de remplacement automatique pour AED en congés longue durée, au cas par cas selon la situation de l’établissement.

-  Pressions sur les personnels précaires mobilisés dans leur établissement : le rectorat est très étonné car ils n’ont reçu aucune plainte d’AED malgré leurs contacts réguliers avec nous. Il nous rappelle que lorsqu’on est dans l’opposition systématique, il faut s’attendre à recevoir des pressions !!!

2- Contrats aidés

-  Réaffirmation du temps de travail effectif pour cae et cav dans l’académie : 20h par semaine pour les cae et 26h pour les cav maximum. Le rectorat s’engage à en informer les chefs d’établissements de façon officielle la semaine prochaine (à suivre).

-  Renouvellement des personnels en cav de + 50 ans et ceux/celles ayant eu 50 ans pendant la durée de leur contrat : quel engagement du rectorat ? Aucun, il n’était pas au courant de cette possibilité, ça concerne pôle emploi ! Il va y réfléchir...

-  Présence d’un-e représentant-e du rectorat lors de l’audience prévue le 3 juin à la direction régionale du travail et de pôle emploi au sujet du renouvellement de ces personnels : il faut envoyer une demande écrite à l’attention du recteur...

Prochain rassemblement le mercredi 3 juin à 15h30 devant la Direction Régionale du Travail et de Pôle Emploi, 70 rue Saint-Sauveur (Lille) à l’appel du réseau contre la précarité dans l’Education 59/62 en lutte pour la titularisation de tous les personnels précaires de l’Education Nationale (soutenu par Sud et la CNT).

CR au format pdf : à télécharger en cliquant ici.


II - CR du rassemblement et de l’audience du 13 mai 2009 à Lille au lycée G. Berger

Gaston Berger, employeur pour le 1er degré de 450 contrats "aidés" (CAE et CAV) et centre de traitement pour 700 AE du second degré.

L’objectif de ce rassemblement était notamment de pousser au renouvellement des personnels en contrats aidés en fin de contrat au 1er juillet, notamment ceux/celles de plus de 50 ans et les travailleurs-ses relevant de la cotorep.

Délégation de 3 personnes [ 1 EVS en CAV et 2 Assistants d’Education (Sud éduc et CNT) ] reçue par le proviseur et le gestionnaire de G. Berger.

Pour les Emplois Vie Scolaire en CAE ou CAV du 1er degré, les renouvellements de contrats dépendent de Gaston Berger et de pôle emploi.

-  renouvellement possible pour 2 années supplémentaires au delà des 36 mois (durée max du contrat) pour EVS en CAV de plus de 50 ans et ceux/celles relevant de la cotorep

Demande de dérogation à envoyer à Gaston berger qui transmet à Pôle Emploi.

G. Berger s’engage à "pousser" les demandes de dérogation auprès de Pôle emploi.

Objectif du réseau pour le 27 mai : obtenir le renouvellement automatique à échelle départementale pour tous les EVS de plus de 50 ans (ou ceux/celles ayant atteint cet âge pendant les 3 années en poste) et ceux/celles inscrits à la cotorep ?

-  réaffirmation du temps de travail hebdomadaire pour contrats aidés : 20h pour les CAE et 26h pour les CAV (voir jugement du 8 décembre 08 rendu à Mont-de-Marsant qui donne raison à un personnel en cae qui a attaqué son chef d’établissement qui lui demandait de travailler 23h30 au lieu de 20h par semaine).

-  formation pour personnels en contrats aidés Obligatoire et financée en partie par le chef d’établissement pour les CAV. Obligatoire pour CAE (contrôle de Pôle Emploi). Problème : formation non-qualifiante et non-diplomante. Quelles offres de formation qualifiante pour ces personnels ? Quels moyens d’information quant aux offres de formation ? Envoi par Gaston Berger d’une liste des formations proposées (à suivre). Développement des préparations aux concours pour l’année prochaine (à suivre). La question de la formation des AVS-i et AVS-co ne dépend pas de G.Berger mais de l’IA.

-  personnels en contrats aidés en fin de contrat le 1er juillet. Décisions de renouvellement ou pas sont déjà prises, apparemment tous les établissements en sont informés. Les personnels doivent en être informés au plus tard le 1er juin. Demande de dérogation (à suivre).

-  assistants-es d’éducation : Annualisation du temps de travail : décret national. Problèmes des heures de formation qui devraient être accordées à tous les AE étudiants-es et qui de plus en plus (vu le manque de postes) leur sont refusées. Non remplacement des personnels en congés maternité ou maladie, problème lié à la nature du contrat : pas de création de postes pour des contractuels.

Dans l’ensemble, échange assez positif. Nous avons fortement insisté sur la précarité de nos statuts, l’aggravation de nos conditions de travail et le recours systématique dans l’Education Nationale aux contrats précaires pour couvrir des besoins permanents. Le tract du réseau leur a été remis. Ils s’engagent à faire remonter nos revendications aux différentes autorités de tutelle : rectorat, direction régionale du pôle emploi, I.A.

Articles parus dans la Voix du Nord et dans Nord-éclair suite au rassemblement :
-  Nord-éclair
-  La Voix du Nord

CR au format pdf : à télécharger en cliquant ici.


Revendications du réseau contre la précarité 59/62 (soutenu par SUD et la CNT)

- réaffirmation et contrôle par le rectorat du temps de travail effectif des personnels en contrats aidés, 20h par semaine pour les CAE et 26h pour les CAV
- appuyer auprès de pôle emploi les renouvellements des personnels en contrats aidés de + de 50 ans (et ceux/celles ayant atteint cet âge pendant leur contrat) et des personnels inscrits-es à la cotorep
- informer les établissements des possibilités de reconduction pour les personnels concernés (pour 2 ans supplémentaires) via une demande de dérogation
- rappeler aux chefs d'établissements avant la rentrée via une circulaire le droit au crédit formation pour les assistants-es d'éducation étudiants-es (prévu dans l'article 5 du décret de juin 2003)
- remplacement des personnels de surveillance et de vie scolaire en fin de contrat: seront-ils/elles remplacé-es ou leurs postes seront-ils supprimés? Seront-ils/elles remplacé-es par le même type de contrat ? (ex: certains AE sont remplacés par des CAE)
- accès à une véritable formation qualifiante et diplômante pour personnels en contrats aidés (CAE & CAV) et AVS-i & AVS-co
- faire remonter nos revendications au Ministère de l'Education: fin de l'annualisation des contrats, accès aux mêmes primes que les personnels titulaires, retour au statut Mi-SE pour les AE, et titularisation de tous les personnels précaires de l'Education.
- demander la présence d'un représentant du rectorat lors de l'audience prévue le 3 juin à la direction régionale du travail et de pôle emploi

Non au plan social dans l’éducation !

Des dizaines de milliers de collègues sous contrats « d’avenir » ou «  d’accompagnement dans l’emploi »
seront cyniquement renvoyés au chômage cet été. Ces contrats précaires, formés et intégrés aux équipes, couvrent pourtant des besoins permanents et indispensables dans les établissements scolaires.
TITULARISATION DE TOUS LES PRECAIRES !

1) CAE/CAV : quel emploi, quel avenir pour nous ?

Nous, personnels recrutés pour l’aide administrative aux écoles, l’accompagnement des élèves en situation de handicap, la vie scolaire des écoles et établissements du second degré, refusons le sort qui nous est réservé au terme de nos contrats. Comme chaque année, nous sommes inquiets quant à la reconductions de nos contrats (l'année dernière, les conseils généraux du Nord et du Pas de Calais n'ont permis la reconduction des contrats qu'à la dernière limite voire au delà. Ils entendaient lutter, sur le dos des précaires, contre le non financement du RMI par l'État passé à la charge de ces collectivités territoriales. Le Pôle Emploi, dans une logique de chiffre, préfère nous rebasculer dans le chômage afin de réduire son « stock » de chômeurs de longue durée. Les professionnels de l'éducation s'accordent pour reconnaître que notre rôle est essentiel dans l'école, pourtant à l'issue de 24 mois ou 36 mois nous sommes jetés comme de vieilles chaussettes sans avoir reçu une formation digne de ce nom afin de laisser la place à d'autres précaires qui suivront le même chemin que nous. Pour celles et ceux qui ont plus de 50 ans ou sont des travailleurs COTOREP, il existe des possibilités de reconduire nos contrats au delà des 24 ou 36 mois, mais c'est alors un combat de titan pour faire reconnaître nos droits. Au nom de l'annualisation du temps de travail, on nous oblige à travailler bien plus que ne le prévoit nos contrat (26 heures semaine au lieu de 20 par exemple)...

Nous appelons l’ensemble de la population à nous soutenir dans notre combat, pour la reconnaissance de notre travail et de nos droits.

Comment ? En soutenant nos actions et en y participant.

Nous revendiquons la titularisation de tous les personnels précaires des écoles et établissements du second degré sur leurs postes, sans condition de concours ni de nationalité et avec un salaire décent.

Et nous exigeons immédiatement :
- Le droit effectif à une formation qualifiante
- La reconnaissance des mêmes droits que les titulaires pour tous les contrats précaires : prime de retour à l’emploi, cumul avec les minima sociaux, prime ZEP, prime de Noël.
- Le non dépassement des 20 heures (cae) ou 26 heures (ca) de travail par semaine.
- Le réemploi sans condition, des personnes de plus de 50 ans au moment de la signature de leur premier contrat en 2006 et de ceux qui ont obtenu depuis la création de ces emplois, voilà 3 ans, cette tranche d’âge ou des travailleurs COTOREP.
Mobilisons nous pour que cesse la précarité dans l’Education Nationale !

2) Appel à mobilisation des personnels précaires de la vie scolaire

En 2003, les aides éducateurs (emploi-jeunes) et surveillants-es d'externat et maitres d'internat étaient remplacés dans les établissements scolaires par des assistants-es d'éducation et assistants-es vie scolaire. 

Derrière ce  changement de statut se cache une véritable précarisation des personnels de vie scolaire et de surveillance ainsi qu'une dégradation de nos conditions de travail :
- augmentation du temps de travail hebdomadaire pour une rémunération plus faible,
- renforcement des pouvoirs du chef d'établissement qui recrute (ou vire) ses assistants d'éducation,
- perte du droit au crédit formation pour les étudiants-es dans certains établissements pour pallier le manque de personnels,
- heures supplémentaires non payés et difficilement rattrapables,
-  congés maternités et maladies non remplacés etc...

L'éducation nationale recourt systématiquement aux contrats précaires pour l'encadrement des élèves dans les établissements scolaires. Ces statuts ont été créés pour répondre aux aspirations libérales des derniers gouvernements de droite comme de gauche : généralisation de la précarité et démantèlement des services publics.

Plus de 10 000 postes de professeurs ont été supprimés en 2008.  Environ 13 500 seront supprimés à la rentrée 2009, sans compter les personnels vie scolaire qui ne sont pas toujours remplacés ou renouvelés et qui ne sont donc pas comptés dans les taux de suppressions de postes. 

Dans ce contexte de restrictions budgétaires telles qu'on les subit une nouvelle fois, les conditions de travail des personnels de vie scolaire déjà précaires deviennent insupportables. Ainsi, le rôle éducatif des personnels de vie scolaire, l'écoute et l'accompagnement quotidien des élèves (primordiaux dans un lieu où des adolescents peuvent passer jusqu'à 10 heures par jour) s'en trouvent diminués et tendent à disparaître de leurs fonctions.

Il devient urgent de nous organiser collectivement  pour défendre nos droits et pour obtenir de meilleures  conditions de travail...

Nous exigeons :
- La fin de l'annualisation des contrats
- Le droit à la formation pour toutes et tous
- L'accès aux mêmes primes que les personnels titulaires, notamment en ZEP et en SEGPA
- Le retour au statut Mi-Se
- La reconnaissance de l'accompagnement éducatif
- Une revalorisation de nos salaires

Le réseau contre la précarité dans l'Education 59/62
 
Tract-pétition à télécharger
ici (format pdf - 2 pages - 66 ko)

Mobilisation dans les universités lillloises

Lille 1 (cité scientifique)

L'AG des personnels (en grève depuis le 6 février) appelle à l'amplification du mouvement et à la protestation sous toutes les formes possibles : grève, délocalisation des cours, actions de sensibilisation et à la poursuite de la rétention des notes et le blocage des jurys. Elle appelle à faire des jours de mobilisation nationale des journées de blocage massif des universités.
Pour en savoir plus : http://agp.univ-lille1.fr

Lille 2 (site de Moulins)

L’AG étudiante a voté l’annulation totale des cours et des TD en faculté de Droit jusqu’au lundi 6 avril inclus.

Lille 3 (site du Pont de bois)

L’AG étudiante a voté la reconduite du blocage jusqu’au lundi 6 avril où une AG de décision se tiendra. La fac est toujours vivante et tous les renseignements sont disponibles dans le hall du bâtiment B. La mise en place de plusieurs commissions a été actée et/ou confirmé : information (information sur LRU, information mobilisation sur lille3,...) / logistique (organisation présence sur barrages,...) / action / imagination au pouvoir (rendre la fac vivante avec ou sans blocage, se la réapproprier avec plusieurs ateliers tels que cinéma, redécor de la fac, conférences,...) / juridique (prévention interpellations + soutien juridique si besoin) / interlutte (convergence sur le campus avec personnels universitaires dont Biatoss trop souvent mis de côté depuis plusieurs années et CROUS si possible, infos sur autres secteurs en lutte, convergence si possible avec ensemble de l’éducation,...) / intercommission (aide à coordination entre commissions)/ interfacs (coordination - infos entre facs de la métropole).... Un planning des réu de commission est mis à jour quotidiennement à l’entrée du hall du bâtiment B. Les commissions sont bien sûr ouvertes à tous et toutes, et pas seulement aux étudiants et étudiantes. Les commissions ne sont la propriété de personne, nul n’y est indispensable. Un compte rendu régulier des commissions est à faire pour les AG , notamment par rapport à certaines propositions qu’elles peuvent faire qui nécessiteraient une décision de l’AG. Ce qui ne doit pas bloquer toutes les initiatives des commissions. Les réu de commission se tiennent nécessairement sur un barrage.


Tract des sections CNT-SR (supérieur et recherche) de Lille à lire et/ou télécharger ici.
Appel de la section CNT-SR (supérieur et recherche) à lire ici.

Conférence-débat "Pourquoi une école différente pour nos enfants ?"
L'association des parents d'élèves du groupe scolaire J. Prévert de Villeneuve d'Ascq organise une conférence-débat jeudi 16 avril 2009 à 19h (salle Mendés France, près du CAL et de l'école Prévert, 63 rue du petit pont, Villeneuve d'Ascq, quartier Les Près, M° Les Près) sur le thème : pourquoi une école différente pour nos enfants ?

Avec la participation de :
1) Marie-Laure Viaud , auteure de Une école différente pour mon enfant ? : Montessori, Freinet, Steiner... (éditions Fernand Nathan, 2008) ;
2) l'équipe enseignante du groupe scolaire J. Prévert de Villeneuve d'Ascq (écoles maternelle et élémentaire à aire ouverte s'inspirant de diverses pédagogies différentes) ;
3) l'équipe enseignante du groupe scolaire "Concorde" de Mons-en-Baroeul (écoles maternelle et élémentaire pratiquant la pédagogie Freinet).
Médiateur de la soirée : Roland Feneyrou (agrégé de philosophie, ancien formateur et directeur adjoint de l'IUFM de Lille).
Projection d'un documentaire sur l'expérience "Freinet" de Mons-en-Baroeul.
Présentation du livre de Marie-Laure Viaud :
Au moment de l’entrée à la maternelle, à l’école élémentaire, au collège ou lorsqu’un enfant ou un ado s’ennuie, ou décroche, de plus en plus de parents choisissent une école dite "alternative". Une école à l’écoute du rythme de l’enfant, qui respecte ses stades de développement, fait la part belle à ses initiatives et cultive son désir d’apprendre. Mais quelle école choisir ? Montessori, Freinet, Steiner et les autres… que proposent réellement ces écoles, sur le terrain ? Une présentation détaillée des différentes pédagogies à travers de nombreux reportages de terrain pendant les heures de classe. Les résultats de ces écoles et l’adaptation des anciens élèves qui ont rejoint le système "classique". Comment appliquer le meilleur de ces pédagogies à la maison ? En fin d’ouvrage, des cartes par niveau et toutes les adresses de ces écoles, partout en France.
Biographie de Marie-Laure Viaud :
Marie-Laure Viaud est docteur en sciences de l’éducation, agrégée d'Histoire et spécialiste des écoles alternatives. Elle a enseigné plusieurs années dans l'enseignement secondaire puis comme ATER à l'IUFM de Créteil et à l'IUFM de Bretagne (2002-2004). Elle est chargée de recherche au SHE (service d'histoire de l'éducation) depuis le 1er septembre 2004. Ses recherches portent sur l'histoire et le fonctionnement des collèges et lycées expérimentaux dans la deuxième moitié du XXème siècle, et sur l'histoire de l'enseignement à l'université des années 1960 à nos jours.

Contre la précarité dans l'Education Nationale !
Lire ici l'appel du réseau Nord Pas-de-Calais contre la précarité.

Revue "N'autre école" - n° 21 - hiver 2009
Palestine, Chiapas, Oaxaca, Argentine - L’école, territoire de résistance ?

On aurait préféré une actualité moins sordide, mais notre actualité est tragique…. Ce numéro qui consacre une très large place à l’école en Palestine, mêlant témoignages, analyses et pistes de réflexion pédagogiques, sort au moment même où la bande de Gaza est victime d’une agression militaire intolérable... Palestine, Argentine, Mexique, sont des terre de souffrances mais aussi de luttes et de résistances pour qui l’école est un enjeu majeur. D’ici à là bas, peu de chose nous séparent : même espoir dans les luttes, même implication dans l’éducation. Dans ce numéro, nous sommes allés voir de plus prés L’autre école, celle qui semble éloignée et qui est pourtant si proche de la n’autre, celle qui résiste et fait résister par tous les moyens. L’internationalisme n’est pas un vain mot ou une rengaine : rencontres, récits de voyage ou d’expériences, sont autant de témoignages qui nous rappellent que nos idées dépassent notre petit cadre territorial et se partagent au-delà des frontières.

En raison du contexte exceptionnel qui accompagne la sortie de ce numéro, nous avons décidé de mettre en ligne en libre accès de larges extraits du dossier "L’école en Palestine".

Le numéro complet en format papier peut-être commandé pour 4 euros en écrivant à CNT-FTE, N’Autre école, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris ou bien en passant commande par mail : comiteredaction@cnt78educ.cnt-fr.org

Communiqué de l'intersyndicale éducation 59/62 réunie le 18 décembre 2008
FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education, CGT Education, Sud Education, EIL, FAEN, FO, CNT

Depuis la rentrée, les organisations syndicales ont mobilisé les personnels contre les projets du gouvernement qui s’est attaqué à tous les échelons du système éducatif, de la maternelle à l’université. La réussite des actions : manifestation nationale du 19 octobre, grève du 20 novembre, rassemblements du 10 décembre a mis en évidence la mobilisation de l’ensemble de la communauté éducative.

Les organisations syndicales enregistrent avec satisfaction le premier recul du ministre et sa décision de reporter d’un an la réforme des lycées. Elles considèrent que ce premier pas a été obtenu grâce à leur mobilisation et à celle des lycéens.

Elles attendent maintenant que s’ouvrent sans préalable dicté par le gouvernement des négociations permettant à tous les partenaires (parents, élèves étudiants et personnels) d’exprimer leurs attentes de réformes qui démocratisent réellement l’Ecole de la maternelle à l’université. Ces négociations ne peuvent se dérouler dans le cadre des suppressions massives de postes inscrites dans le budget 2009 qui toucheront une nouvelle fois notre académie à hauteur de plusieurs centaines d’emplois. L’intersyndicale exige que les postes soient maintenus de la maternelle à l’université. Elle affirme sa solidarité avec le mouvement lycéen qui exprime avec force ces demandes. Elle dénonce toutes les tentatives pour empêcher ces mouvements.

L’intersyndicale appelle à amplifier les mobilisations en janvier 2009 pour défendre le service public d’éducation que le gouvernement veut affaiblir par des budgets de régression, des mesures qui amputent son ambition et sa cohérence, et pour réclamer un véritable dialogue social.

Elle appelle d’ores et déjà à poursuivre l’action sous toutes ses formes dès la rentrée, avec, entre autres : journée de manifestations le samedi 17 janvier et participation à la grève interprofessionnelle du 29 janvier 2009.

Appel de l'AG de bassin réunie le 20 novembre à Lille-Fives

Pas d’économie sur l’Education ! L’école publique, on l’a gagnée. Il faut se battre pour la garder !

A l’occasion des grèves du 7 octobre et 20 novembre 2008, nous - des personnels syndiqués (CGT, CNT, SNEP, SNES) et non syndiqués rejoints par des parents de la FCPE - étions réunis en assemblée générale de bassin (Lille-Fives, Hellemmes et environs).

- Pour rompre l’isolement de celles et ceux qui, dans les petites structures, se mettent en grève et refusent de céder au fatalisme malgré la désinformation gouvernementale et médiatique

- Pour imaginer ensemble des perspectives de luttes et préparer une mobilisation d’ampleur, reconductible et interpro car nous sommes conscient(e)s que la grève de 24 heures est un moment d’expression du malaise, un coup de gueule, mais qu’elle ne suffira pas à faire reculer le gouvernement

- Pour que les grèves ne passent pas inaperçues car elles restent l’arme essentielle des salarié(e)s. L’AG doit être l’occasion de diffuser nos tracts, de discuter avec les parents, mais aussi les passant(e)s salarié(e)s en activité, chômeurs, retraité(e)s qui subissent aussi les régressions sociales.

Après la mobilisation du 20 novembre, il faudra bien en remettre une couche ! Luttons contre :
- le projet de budget qui supprimera encore 13 500 postes supplémentaires (11 200 en 2008)
- la suppression de 2h hebdomadaires du samedi pour tous et celle des RASED * remplacés par quelques heures de soutien pour quelques uns.
- les attaques répétées du Ministre contre l’école maternelle la scolarisation à partir de deux ans.
- la suppression des BEP par la réforme du Bac Pro (dévalorisé de 4 ans à 3 ans), qui fermera des milliers de postes et pénalisera les élèves les plus fragiles.
- la réforme des lycées qui n’obéit qu’à une logique comptable de suppression de milliers de postes. Alourdissement des classes = renforcement de la sélection.
- La dégradation des conditions de travail des personnels et les menaces sur leurs statuts.

Ni les enfants ni les salariés ne doivent payer la crise !
* Note sur le RASED : Le Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté
est une équipe d’enseignants dont le but est d’aider les élèves à mieux réussir à l’école.
Si l’élève ne réussit pas à l’école, c’est rarement parce que petit diable qu’il est,
il a envie d’ennuyer son maître, d’embêter ses parents.
Chaque élève a une histoire, un passé affectif, une relation à l’Autre, au savoir et à l’école
dont il ne peut se défaire à 8h20 comme on enlève son anorak.


Manifestation du 20 novembre 2008 à Lille

Quelques images du cortège CNT éducation lors de la manifestation du 20 novembre 2008 à Lille.


Pour visionner ces images en direct (format .flv),
cliquer sur le triangle ci-dessus à gauche.


Elles
sont également visibles sur Dailymotion.


Darcos soutient  l'échec !


Deux articles sont parus à ce sujet dans le bulletin de l'union régionale interpro de la CNT. L'un est consacré à l'école primaire, le second au collège. A lire en ligne ici.



Ecole primaire : lettre distribuée aux parents d’élèves par des enseignants grévistes 

Parce que le gouvernement a décidé de réduire le budget de l’Education Nationale pour faire d’autres choix économiques : 13 500 postes supprimés cette année, 20 000 l’an prochain, des conséquences très concrètes sur la scolarisation de vos enfants vont se faire sentir  dès la prochaine rentrée :

- Effectifs :
En primaire : 15400 nouveaux élèves 6000 postes supprimés
300 professeurs de moins recrutés au concours
3000 postes d’enseignants spécialisés supprimés
S’il y a moins d’enseignants, il faudra fermer des classes et augmenter le nombre d’élèves par classe.

- Aide aux élèves en difficultés (RASED) :
3000 postes d’enseignants formés et spécialisés dans la difficulté scolaire vont disparaître dès la prochaine rentrée, or les enseignants « généralistes » n’ont pas la formation pour aider les élèves en grande difficulté. Suppression totale des RASED en 3 ans (3 X 3 000 postes).

 - Remplacements :
Aujourd’hui les enseignants absents sont remplacés par des enseignants de même qualification qui ont opté pour le travail de remplaçant. Ces enseignants sont formés, expérimentés, ils peuvent s’adapter à tout type de classe. Le gouvernement annonce la mise en place d’une « agence de remplacement » dès janvier 2009 qui permettra de recruter des gens non formés pour effectuer des missions d’accueil.

- Maternelle :
Le Sénat vient de rendre un rapport qui déclare que l’école n’a pas vocation à accueillir les 2 et 3 ans et propose de créer un nouveau service public de la petite enfance : « les jardins d’éveil ». Cette structure, sans personnel enseignant, n’existera pas partout, elle dépendra des mairies et donc des moyens qu’elles pourront et voudront y mettre, elle ne sera pas gratuite pour tous.

- Formation :
Disparition des IUFM (institut universitaire de formation des maîtres) : plus aucune formation pédagogique pour les futurs enseignants…

>>>>>>>>>>> Chaque mesure prise par ce gouvernement a un objectif : faire faire des économies à l’Etat. Il n’a pas le souci des enfants, de leurs besoins, ni de leur avenir. Il demande de plus en plus aux mairies de prendre le relais, alors qu’elles n’en ont ni les compétences ni les moyens.

L’école doit évoluer pour faire plus et mieux réussir les élèves. Ces réformes veulent supprimer ce qui est le plus utile aux enfants : la scolarisation précoce en ZEP, des enseignants formés, spécialisés. C’est pourquoi nous voulons stopper ces attaques.

Parce que l’éducation de nos enfants est notre avenir à tous : il ne doit pas se décider sans nous !

Je serai donc en grève jeudi 20 novembre et si ça ne suffit pas, il faudra bien continuer... ensemble !



Grève le 20 novembre 2008 (et au-delà... partout où c'est possible !)

Pour stopper Darcos et consorts dans leur attaque de l'école publique... toutes et tous en grève le jeudi 20 novembre 2008 ! 

La CNT profitera de cette journée pour pousser, là où elle est présente, à la généralisation et à la reconduction de la grève. Car c'est d'un mouvement fort, interprofessionnel et prolongé dont nous avons besoin, pas d'une n-ième journée "ballons" !
A ce propos, rappelons que des préavis de grève sont déposés chaque semaine par la Fédération CNT des Travailleurs-euses de l'Education (CNT-FTE) pour couvrir tous les débrayages.

AG des parents d'élèves et personnels (écoles + collèges) de Lille-Fives et environs : le 20 novembre à 10h, salle Sévigné.

Manifestation : 14h, porte de Paris, Lille.

Pour télécharger le tract du syndicat CNT éducation 59/62 (1 page - 412 ko - format pdf), cliquer ici.

D'autre part, la CNT-FTE a sorti un tract fédéral pour la grève du 20 novembre. "Darcos, encore une couche !" (format pdf - 2 pages - 209 ko) est en téléchargement ici : http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/tract2011CNTFTE.pdf

Signalons aussi qu'un n° hors série  de "Classes en lutte" (bulletin de la CNT-FTE) est paru. Il est daté du 17 novembre 2008 et est téléchargeable ici : http://www.cnt-f.org/59-62/CeL17nov2008.pdf (format pdf - 6 pages - 1,71 Mo).

Enfin, le tract de l'intersyndicale "enseignement supérieur & recherche" de Lille est disponible ici (format pdf - 1 page - 626 ko).




Appel intersyndical à la grève le 7 octobre 2008
lire à la rubrique "Actualité et analyses".



Tract de l'intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais du 1er septembre 2008

lire à la rubrique "Actualité et analyses".



Septembre 2007 - juin 2008 : petite histoire d'une année de luttes dans l'éducation (universités, lycées professionnels, suppressions de postes, 1er degré, perspectives pour la rentrée de septembre 2008)

Les vacances sont arrivées après une année de luttes, de résistances, de trahisons syndicales... L'institution scolaire cherche à dresser des bilans, des évaluations finales, et tout cela avec une notion de rentabilité à peine voilée. En tant que syndicalistes, il est certainement de notre rôle de faire le point sur cette année écoulée, mais avec une notion de lutte des classes tout à fait assumée. [...]

Tract de la Fédération CNT des travailleuses/eurs de l'éducation (FTE)

A télécharger
(4 pages - format pdf - 651 ko) en cliquant ici (version avec les coordonnées de la CNT éducation du Nord Pas-de-Calais) ou ici (version avec les coordonnées nationales de la fédération CNT des travailleuses/eurs de l'éducation).

Pour le lire en ligne au format html, cliquer ici.



A propos de la grève du 10 juin 2008


Le syndicat CNT-SSEC 59/62 estime que la date de ce mouvement a été extrêmement mal choisie. En effet, la grève est un combat engagé contre le pouvoir pour faire aboutir des revendications, pas un simple moyen de donner son opinion. La grève doit permettre d'entamer un rapport de force. Elle doit avoir pour conséquence le blocage du système (car, sans les travailleuses et travailleurs, ce système ne peut fonctionner, même avec tous les capitaux du monde)...

Dans cette perspective, un appel à la grève pour la semaine suivante (surveillance des épreuves du Bac) aurait été bien plus logique et bien plus efficace !

Le syndicat CNT-SSEC 59/62 laisse à ses adhérent.e.s le choix de participer ou non à la journée du 10 juin selon l'état de la mobilisation dans leur établissement et privilégie dans l'Education Nationale les appels à mobilisation pour la semaine du 16 au 20 juin 2008.

Nota bene :
Des préavis ont été déposés par la Fédération CNT des Travailleurs-euses de l'Education (CNT-FTE) pour couvrir tous les débrayages jusque fin juin.



Lutte contre les suppressions de postes, le rapport Pochard sur la condition enseignante, les programmes de l'école primaire, la réforme de l'enseignement professionnel, le service minimum d'accueil, la précarité, les retraites...

Dans l'Education nationale, les mobilisations s'amplifient et portent l'exigence de moyens pour la réussite et la démocratisation du système éducatif. Le budget 2008 qui sera appliqué à la prochaine rentrée est fortement contesté. Ces mobilisations s'opposent aux 11 200 suppressions de postes qui entraîneront des classes surchargées rendant impossible le suivi individuel des élèves. Dans le 2nd degré, cela va conduire à des disparitions de formations et d'options et à la fin de dispositifs pédagogiques et de soutien innovants.

Dans l'académie de Lille, ce sont 804 postes dans le 2nd degré et 55 postes d'administratifs qui sont supprimés avec un budget insuffisant ne permettant pas de créations à la hauteur des besoins pour les écoles, les services de santé, les services sociaux et d'orientation.

Dès maintenant, dans la rue et dans l'action, luttons pour :
* le refus des suppressions de postes, des heures supplémentaires, des sur-effectifs, des suppressions de classes et de filières, d'options, de dispositifs d'aide (RASED...),
* la création de tous les postes nécessaires (profs, vie scolaire, orientation, médicaux, sociaux, TOS, remplacement, renforcement des moyens des RASED...),
* le maintien et l'amélioration de la carte scolaire et des moyens en ZEP,
* le maintien de tous les BEP et le retrait des Bacs Pro en 3 ans,
* le refus du projet de fichage des enfants de primaire (cf. fichier "Base Elèves"),
* le maintien de la scolarisation des élèves sans papiers,
* le refus de la réforme Darcos du 1er degré (nouveaux programmes, évaluations nationales en CE1 et CM2, stigmatisation des élèves en difficulté par la mise en place d'un soutien scolaire imposé et de stages de vacances...),
* l'abandon du rapport Pochard, de l'augmentation et de l'annualisation du temps de service, du « travailler plus pour gagner plus »,
* le refus du service minimum d'accueil,
* l'abrogation de la loi LRU,
* l'augmentation des salaires pour tous,
* le retrait des projets de loi cassant la fonction publique (suppression de la garantie d'emploi pour les fonctionnaires),
* la titularisation des précaires,
* le refus du passage pour tous et toutes à 41 ans de cotisations retraites
(pour le retour à 37,5 annuités pour tous et toutes et pour la défense du système de retraites par répartition).

Tous et toutes en grève les jeudi 15 et 22 mai 2008 !
Manifestation à Lille : rendez-vous à 14 h, porte de Paris.
PS : La CNT participera à la grève du 15 mai et à celle du 22 mai. Elle rappelle néanmoins que les grèves de 24 heures sont vouées à l'échec si elles ne s'inscrivent pas dans un mouvement plus offensif. Par conséquent, partout où elle est implantée, la CNT posera la question de la reconduction de la grève.
Etat de la mobilisation sur le plan national :
cliquer
ici.



Elèves, parents, professeurs… nous sommes tous de  Berlaimont !


Nos écoles ne sont pas des oasis de paix. Les réalités sociales y trouvent un large écho. Avec parfois des écarts, de langage et de geste. De ces écarts, il y en a eu ailleurs.  Mais, aujourd’hui,  c’est ce qui  est arrivé, à Berlaimont, au collège Gilles-de-Chin. Une insulte  fuse de la part d’un élève ! Une gifle est lâchée par un professeur ! Mais, ici, et pas comme ailleurs,  l’intrusion  dans l’établissement du père  de l’élève giflé,  drapé dans l’uniforme de sa  fonction de gendarme, n’a pas aidé à l’apaisement. Le collègue, abandonné par sa hiérarchie, s’est vu dans la journée menotté et gardé à vue 24 heures, calomnié par le rectorat, inculpé de chefs d’accusation très graves, jugé coupable par le procureur d’Avesnes avant tout procès, prélevé d’ADN comme un criminel, affiché à la une des journaux…

Le gouvernement a choisi la méthode forte qu’il fait appliquer indifféremment à tous, élèves et professeurs, mais aussi, syndicalistes, étudiants, chômeurs, sans-abris, sans-papiers… : judiciarisation des problèmes, tribunalisation des réponses. Seuls les uniformes, dans leurs outrances, sont exonérés. Quoi qu’il en soit, comme pour ce qui se passe ici et se passe ailleurs,  nous  sommes vigilants quant au sort de cet élève et à celui de notre collègue en difficulté.  Nous demandons qu’en cette affaire raison soit gardée, que soit levée toute mesure éventuelle de suspension, que soit au moins qualifiée l’inculpation de notre collègue !
                                                                                                                            
De manière plus générale, nous, savons bien, nous  travailleurs de l’éducation,  qu’aux difficultés toujours plus grandes dans l’exercice de notre métier, il faut une réponse institutionnelle et pédagogique et non pas une casse continue du service public !  Car, nous savons d’expérience les racines des difficultés : classes surchargées, suppressions de postes récurrentes, dégradation perpétuelle de nos conditions de travail,  et toujours de moins en moins d’encadrement pour  nos plus jeunes et nos adolescents souvent en difficulté. Que l’affaire de Berlaimont soit l’occasion non pas de juger, mais de réfléchir collectivement aux causes de la violence et aux moyens d’y remédier dans une perspective d’émancipation individuelle et sociale !

D’ores et déjà, nous demandons :
- la réduction du nombre d’élèves par classe ;
- l’obtention d’heures de concertation pour tous les personnels (sur leur temps de service) afin de permettre un véritable travail en équipe ;
- la mise en place de conseils coopératifs, au sein des lieux d’éducation, réunissant démocratiquement élèves, personnel (dans le cadre de leur emploi du temps commun) et ouverts de droit aux parents ;
- la mise en place, dans la formation initiale et continue des personnels, et pendant leur temps de service, de modules consacrés au stress, aux comportements déviants, aux élèves en souffrance psychologique, à la gestion des conflits...;
- la possibilité, dans les classes jugées les plus difficiles, de la mobilisation d’une équipe éducative (enseignant, aide-éducateur, psychologue, médecin scolaire et assistante sociale…).

Janvier 2008
Syndicat CNT éducation du Nord Pas-de-Calais



Quelques documents publiés ces derniers mois :


"École, une révolution nécessaire" : un livre de lutte et de réflexion !

Les éditions CNT - Région parisienne viennent de publier École, une révolution nécessaire, livre d'entretiens avec des militants de la Fédération CNT des Travailleuses et Travailleurs de l'Éducation (CNT-FTE). Cet ouvrage retrace dix années de luttes et de réflexions pour une autre école. Ils / elles sont enseignant.e.s, en maternelle, primaire, collège ou lycée, agents, magasiniers, étudiants, cuisiniers, ouvriers professionnels, surveillants, anciens ou tout nouveaux dans le métier ou à la retraite. À Lille, Marseille, Lyon, Paris, Rennes, Nancy, Besançon..., ils militent depuis plusieurs années ou seulement quelques mois. Ils témoignent ici de leur engagement, alternant le « nous » et le « je » pour faire partager leurs parcours, leurs souvenirs, leurs espoirs et leurs projets. Ils ont emprunté des chemins différents, connu des expériences diverses et vivent des réalités singulières. Ils se retrouvent aujourd'hui au sein de la fédération CNT des Travailleuses et travailleurs de l'Éducation, animés par une certitude partagée : dans la société comme dans l'école, une révolution est nécessaire. Ce livre rassemble leurs témoignages et propose au lecteur de découvrir, loin des clichés, l'action quotidienne des militants de la CNT Éducation, un syndicat qui, au cœur des luttes actuelles, ambitionne de réinventer un autre syndicalisme pour défendre une autre école.

École, une révolution nécessaire 
Edition CNT-RP, 208 pages, 13 euros
A commander à CNT-FTE, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris
(chèques à l'ordre de CNT-SL)


Parents et travailleur/se/s mobilisés pour un service maximum d’éducation (mai 08)
http://www.cnt-f.org/fte/

Tract de rentrée "général" (de la maternelle à l'université) - Année 07 / 08
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1196

  
Tract de rentrée "primaire et secondaire" -  Année 07 / 08
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1197
  
Guide juridique sur les CAE CAV
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=1208

Tract pour la grève du 20 novembre 2007 :
http://www.cnt-f.org/59-62/CNT_Lille_éducation_20_novembre_07.pdf (format pdf - 1 page - 470 ko).

Tract pour la grève du 18 octobre 2007 :

http://www.cnt-f.org/59-62/tractFTE_greve_18oct07 (fichier pdf - 1 page - 167 ko)

"Le Cancre-Là" (bulletin d'informations sociales et syndicales de Fourmies et environs réalisé par des militants CNT, FO, SNES, SNUIPP et SUD) - n° 2 - printemps 2007
Bulletin à télécharger (format pdf - 4 pages - 119 ko).


Loi "d'autonomie" sur les universités (projet Pécresse)
Tract à télécharger (format pdf - 2 pages - 120 ko)
- Texte d'analyse à la rubrique "Actualité et analyses"
La carte scolaire accusée de ségrégation, c’est le monde à l’envers !
Tract à télécharger (format pdf - 1 page - 95 ko)
Quel avenir pour les EVS ?
Tract à télécharger (format pdf - 1 page - 197 ko)
[1er degré] EPEP : « Le conseil d’administration a choisi votre directeur »
http://www.cnt-f.org/fte/article.php3?id_article=713
Plateforme de la Fédé CNT des travailleurs/euses de l'Education
(2 pages - 497 ko - format pdf)

Fichier "Base élève"
(1 page - 672 ko - format pdf)

Bienvenue aux EVS ! Luttons avec eux contre les emplois précaires !
(1 page - 272 ko- format pdf)

EVS : bilan 1 an après !
(1 page - 88 ko - format pdf)

Contre le fichage génétique
(1 page - 366 ko - format pdf)

La note de vie scolaire ou le retour du "zéro de conduite"
(1 page - 202 ko - format pdf)

Contre le protocole de direction dans le 1er degré, pour une école autogestionnaire !
(1 page - 221 ko - format pdf)

Contre la mise en place des "conseils pédagogiques" dans le second degré
(1 page - 191 ko - format pdf)
 
Inspectés, évalués, hiérarchiés...

(4 pages - 462 ko - format pdf)

Le logement, un droit élémentaire pour les élèves et leurs familles
(4 pages - 3 Mo - format pdf - à destination des écoles - réalisé par une intersyndicale de l'éducation ainsi que des associations de droit au logement et de défense des droits de l'Homme)

Affiche anti-sécuritaire
(1 page - 1,27 ko - image format png)

Ni délateur ni flic !
(1 page - 170 ko - format pdf)

Contre le projet de loi Sarkozy de "prévention de la délinquance"
(1 page - 115 ko - format pdf)

Contre le projet de loi Sarkozy de "prévention de la délinquance"
(édition du 18 novembre 2006 - 2 pages - 535 ko - format pdf)

Contre l'augmentation du temps de travail et la casse des statuts
(2 pages - 1339 ko - format pdf)



Bulletins CNT éducation 59 / 62 :

Extraits d'anciens numéros :


N° 16 -  4ème trimestre 2005 - spécial élections paritaires

Format pdf :
Le numéro complet est disponible ici (4 pages - 175 ko).


Extrait au format html :

"L'essentiel n'est pas de voter mais de lutter…", voilà ce que pourrait être le message de la CNT pour ces élections. Cela n'étonnera certainement pas ceux qui nous connaissent déjà et qui ont croisé nos drapeaux rouges et noirs dans les manifestations… Quant à ceux qui nous côtoient dans leur établissement, ils savent que la résignation et le paritarisme n'ont rien à voir avec nos pratiques. Les autres, qui nous découvrent pour la première fois, comprendront mieux peut-être, à la lecture de ce bulletin, les raisons de notre boycott des élections paritaires, que ce soit à l'échelon départemental ou national…

Les raisons d’un boycott

Ce n'est pas le fait de voter qui nous révulse : nous votons sans état d'âme lorsqu'il s'agit de prendre une décision ensemble (en réunion ou en assemblée générale par exemple)…

Ce qui nous révulse, c'est de penser que le seul résultat de décembre sera le partage des « places », des heures de "délégation" et de "décharges"… toutes ces choses qui feront que nous verrons un peu moins certains syndicalistes sur le terrain ! A la CNT, nous refusons ce syndicalisme qui demeure l’affaire de professionnels ou de semi-professionnels. Si personne ne travaille à notre place, que personne ne décide à notre place : c’est la base de la pratique autogestionnaire !

C'est aussi le fait que ces élections vont une fois de plus justifier cette plaie du syndicalisme : la cogestion ! Ceux qui n'ont rien en commun s'assoient autour d'une table pour un simulacre de négociation… afin que ce soit toujours les mêmes qui au bout du compte décident ! Car rappelons-le, le rôle des structures paritaires (CAP, CTP, etc.) n’est que consultatif. Ces structures ont été conçues pour "calmer le jeu" en institutionnalisant et en individualisant la négociation aux dépens des luttes collectives. Elles ne sont compétentes que pour les "litiges d'ordre individuel". Du point de vue de l’État-patron, elles fonctionnent magnifiquement. Et quand "nos" représentants ne se flattent pas de faire passer la pilule à ceux qu'ils sont censés défendre, ils prétendent collecter des informations et  ils se vantent de "contrôler" l'administration.

Les résultats sont-ils probants ? Contrôlent-ils l'administration lorsqu'il faut titulariser sans condition de concours les précaires jetés au chômage ou lorsqu'il faut maintenir des classes et des effectifs suffisamment bas pour développer des pédagogies réellement au service des élèves ? Non ! Diffusent-ils les informations pour impulser revendications et luttes collectives et solidaires ? Non !

De plus, qui les contrôle, eux ? A qui rendent-ils des comptes lorsqu'un mouvement d'ampleur vient bousculer leurs habitudes de salon ? Quelles mobilisations efficaces (suppressions de postes, annualisation, précarité, etc.) ont-ils initiées à partir de ces précieuses infos dont ils sont, avec l'administration, les dépositaires (dépositaires privilégiés mais tenus "à l'obligation de discrétion professionnelle"). Qui les mandate pour bloquer systématiquement les revendications des salariés et des précaires (ces derniers étant d'ailleurs interdits d'élections) ?

Une parodie de démocratie

Nous sommes de ceux qui n'attendent rien de cette parodie de démocratie, machine électoraliste à entretenir les « grades », les catégories et la division syndicale… Ces élections professionnelles postulent qu’il n’existe pas d’exploitation collective des salariés mais simplement des problèmes individuels qui peuvent se régler par la "participation des salariés-citoyens" aux commissions consultatives paritaires.

Le bilan rapide de ces dernières années de luttes (auxquelles la CNT a participé aux côtés des salariés et des précaires), démontre qu'il y a bien une vie après les élections… et que c'est celle-là que nous voulons vivre avec vous !

A propos de ces élections,
la fédération CNT des travailleur(se)s de l'Education
a publié quant à elle un tract de 2 pages.
Il est disponible ici (format pdf - 143 ko).



N° 15  –  février 2005

Extraits :

- Editorial : L'imprévu...
- Appel de l'intersyndicale académique
- Réflexion sur l'opération "sécurisation des établissements scolaires" : Police partout...
- Infos sur le cas des élèves sans papiers




L’IMPREVU…

Le 7 décembre 2004 : succès imprévu.

Le 20 janvier 2005 : mobilisation réussie.

Le 5 février 2005 : mobilisation réussie.

Et pendant ce temps là, le porte-parole du gouvernement annonce sagement que "la participation correspond à ce qui était prévu" et "ce sont essentiellement des fonctionnaires qui ont manifesté, tout cela est donc sans surprise".

Il est vrai que la veille, Chérèque avait fixé le seuil du succès ; il est vrai que les chiffres policiers sont conformes à ce seuil.

Sans surprise, nous pouvons nous attendre à une poignée de mains entre Chérèque et plusieurs ministres. On rejoue 2003 et les retraites ou on écrit une autre histoire ?

De journée d’actions en journées d’actions, de mobilisations avec grèves en mobilisations avec grèves, où allons-nous ? Dans le mur ?

La rue manifeste, des revendications légitimes, des revendications populaires…pas pour remettre en selle les vieux canassons de l’opposition politique. Mais, pour enfin, gagner.

On ne marchera pas dans le coup des « temps forts » perpétuels qui débouchent sur la déculottade en juin, avant le bac…Pour ce qui va en rester avec la loi Fillon !

La rue a envie d’imprévu. La grogne, la colère ont été semées. La graine a germé.

SOYONS IMPREVISIBLES !



Communiqué de l'intersyndicale de l'Education Nationale du Nord Pas-de-Calais :

Le service public d’éducation est en danger : défendons le ! poursuivons et amplifions le mouvement !

-          Nous exigeons des moyens à la hauteur de nos besoins pour les Ecoles, Collèges, Lycées, Lycées Professionnels, Centres d’Information et d’Orientation

-          Nous refusons cette politique budgétaire qui entraîne des suppressions de postes d’un niveau jamais atteint (940 suppressions de postes dans l’Académie de Lille !). Nous exigeons donc un collectif budgétaire.

-          Nous refusons la loi Fillon qui réduit l’offre de formation et qui introduit une école à deux vitesses renforçant les inégalités sociales.

L’intersyndicale de l’Education appelle : 

Dans les établissements  à boycotter les Conseils d’Administration qui doivent statuer sur les suppressions de postes

Localement dans les villes ou les bassins : les personnels et les parents à se réunir en assemblée générale  pour informer et débattre des suites de l’action.

Régionalement : grève le  vendredi 25 février 2005  (manifestation à 15 h, porte de  Paris à Lille).

Au plan national : une suite et une amplification du mouvement est en train de se construire inter syndicalement, l’action doit se poursuivre

Ensemble, parents et personnels !



POLICE PARTOUT...

Le ministre de l’intérieur a demandé à « être jugé sur pièces. Si s’occuper de la protection des plus jeunes, si se mobiliser pour la sécurité dans les écoles, autour des écoles et sur les trajets gêne quiconque, qu’il voie dans quel esprit nous le faisons ».

Opération "sécurisation des établissements scolaires"
Depuis plus d’un an, un projet de loi sur la prévention de la délinquance est annoncé. L’avant-projet de Sarkozy, parmi toute une série de mesures exaltant les valeurs patriotiques, projetait tout simplement de considérer comme potentielle-ment délinquante toute « personne présentant des difficultés sociales, éducatives, ou matérielles » En conséquence, il fallait la signaler à la police via le maire intronisé pilote de la pré-vention, et cette injonction s’étendait à tout professionnel de l’action sociale, au mépris du droit des usagers en matière de secret professionnel.
La jeunesse, notamment celle issue de l’immigration, se trou-vait également montrée du doigt, et l’absentéiste devenait un délinquant potentiel, lui aussi à signaler au maire ou au procu-reur. Une approche sécuritaire, répressive et stigmatisante tendait ainsi à se substituer à une approche éducative ou so-ciale des difficultés de la population.
Par milliers, le 17 mars 2004, les travailleurs sociaux (notam-ment) ont marqué leur refus de voir ainsi leurs missions ins-trumentalisées. Depuis juin 2004, Villepin annonce un projet de loi, dont il parle beaucoup, mais qu’il refuse de montrer. Le gouvernement, relayé par des administrations et certaines collectivités locales, met en place, tous les jours, sous prétexte d’expérimentations, des dispositifs qui constituent, tous, des atteintes aux libertés publiques et des remises en cause des fondements du travail social, éducatif et médico-social (fi-chage nominatif des populations, organisation de la déla-tion...)

Enseignants, éducateurs, tous derrière... le commissaire !
La lutte contre l’échec scolaire n’existe désormais plus, tout étant vu à travers le prisme de la délinquance potentielle : récemment, après avoir supprimé les surveillants et réduit les effectifs d’aides éducateurs, le protocole « police - éducation nationale » a instauré, pour chaque établissement, un « correspondant - police ».
La mise en oeuvre de ce protocole, sous la forme d’une opéra-tion nationale largement médiatisée, de fouille de milliers de jeunes, aux abords de dizaines d’établissements scolaires, témoigne du projet de Villepin.
Le récent rapport Benisti remis à Villepin dans le cadre du travail ministériel autour de ce projet de prévention, confirme toutes les craintes que nous pouvions avoir et la nécessité de s’y opposer ; un seul exemple de la « philosophie » de cette logique sécuritaire : un graphique pseudo -scientifique illustre l’idée que si l’on n’intervient pas sur certains facteurs, un déterminisme écarte inexorablement du « droit chemin » et entraîne par un « parcours déviant » vers la délinquance. La mère non francophone d’un enfant de 2 ans se trouve désignée comme facteur de risque, qu’il faut corriger en... interdisant à cette mère de parler son "patois" (sic).... !?! Le maire doit, bien sur, être au courant de tout cela, et il faut donc développer « une culture du secret partagé »... avec la police ! Évidemment, la déviance, si elle persiste, mène tout droit à la case internat ou centre fermé, avec cours de (ré-) éducation civique intensif...

Ces propositions sont toujours inacceptables : il faut continuer à les combattre, ainsi que le modèle de société qu’elles induisent : une société basée sur l’exclusion et la criminalisation de la misère.



ÉLÈVES SANS PAPIERS INTERPELÉS DANS LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES

Depuis quelques temps, une pratique se répand. Utiliser les établissements scolaires pour arrêter les personnes en situation irrégulières. Un exemple, parmi d’autres :

Mercredi 2 février 2005, les gendarmes de Fameck (57290) se sont rendus dans un établissement scolaire chercher deux mineurs irakiens âgés respectivement de 15 et 17 ans. Ils sont scolarisés au Collège Charles de Gaulle et sont en France avec leur père, ayant fuit leur pays pour chercher asile. C’est suite à la consigne de la Préfecture de Moselle de mettre en œuvre un arrêté de reconduite à la frontière (donc de les expulser) que les gendarmes auraient tenté d’interpeller le père des enfants dans la matinée. L’ayant « raté », ils se sont « repliés » sur cette solution. Dans l’établissement ils ont fait appeler les deux élèves par le proviseur au local administratif de l’établissement. Grosse panique pour les deux élèves qui n’ont pas compris ce dont il s’agissait, face à la volonté des gendarmes de les emmener, même de force. Une personne de l’établissement a « tempéré » et a demandé aux mineurs de suivre les gendarmes, ce qu’ils ont alors fait…

JEUNES SCOLARISÉS SANS PAPIERS : RÉGULARISATION MODE D’EMPLOI

Un guide pratique et juridique réalisé par le Réseau "éducation sans frontières".
Ce guide a pour objectif de donner des premières indications à ceux (personnels de l’éducation nationale, parents d’élèves ou militants associatifs ou syndicaux, voire élèves eux-mêmes) qui découvrent, souvent avec stupeur, qu’un élève ou un jeune de leur entourage est sans papiers et menacé d’expulsion. A la question souvent entendue : « Je connais un jeune sans papiers, qu’est-ce que je peux faire pour l’aider ? », il s’efforce d’apporter deux types de réponses :
- pratique, en indiquant par exemple comment organiser la solidarité autour de lui, les démarches qu’il doit entamer, les risques encourus, etc. ;
- juridique, en fournissant une première approche des textes sur le séjour des étrangers.

Téléchargement gratuit : http://www.educationsansfrontieres.org
Adresse e-mail : educsansfrontieres@free.fr
Disponible aussi en version papier à la CNT, 1 rue Broca, 59000 Lille.



Spécial "grève"
du jeudi 20 janvier 2005

Pour le service public, pour nos salaires, contre la loi d’orientation scolaire…

La fédération des travailleurs de l'éducation (CNT - FTE) a décidé d’appeler à la journée de grève prévue le 20 janvier prochain dans l’Education nationale. Cette journée s’inscrit dans la continuité de la grève du 7 décembre dernier contre le nouveau projet de loi d’orientation scolaire (loi dite "Fillon" du nom du ministre) mais aussi dans un élargissement à l’ensemble de la fonction publique en pointant l’austérité budgétaire et en dénonçant les logiques de casse des services publics.

La dénonciation des choix budgétaires de l’Etat sous diktat du patronat doit bien être au centre de notre mobilisation tant ils révèlent des choix et des logiques sociales d’inspiration libérale désastreux pour les personnels comme pour la population dans son ensemble.

Austérité sur les salaires

Une des conséquences des logiques d’austérité budgétaire sur les services publics est celle que nous voyons tous les mois sur notre fiche de paye. Depuis le « gel des salaires » de la fonction publique, nous voyons notre pouvoir d’achat diminuer peu à peu (5% en quelques années sans prendre en compte l’inflation indirecte des prix liée au passage à l’euro). Le ministre nous propose une augmentation de 0,5% pour cette année comme pour la prochaine ! C’est presque nous proposer de nous faire l’aumône ! Reprenons ce que l’Etat nous vole !

Austérité pour le service public

La principale conséquence de l’austérité budgétaire reste la baisse des moyens attribués aux services publics et donc la lente dégradation de la qualité du service rendu. Dans ce cas, c’est toute la population qui est concernée et plus particulièrement les classes populaires tant nous savons que l’accès à des services publics de qualité, c’est à dire des services non marchands répondant à des besoins fondamentaux, est pour elles primordial. Entre les non-renouvellements de postes, la baisse des recrutements, le développement de la précarité, les lois de décentralisation ou encore les lois de « réforme » ou « d’orientation » c’est toute une logique d’exclusion sociale et de casse des services publics qui est à l’œuvre où tous les secteurs sont tour à tour touchés.

Loi Fillon : casse du service public d’Education

Dans le cas de l’Education nationale cette casse passe aussi par le projet de nouvelle loi d’orientation scolaire. Dans la lignée des projets européens d'adaptation de l'Ecole à la société capitaliste et d'offensives libérales sans précédent (LOLF, décentralisation, loi Borloo.), le projet de loi Fillon prétend remédier aux difficultés du système scolaire français. En réalité les mesures annoncées sont alarmantes : elles vont dans le sens d'une accélération de la sélection et de la ségrégation scolaires, d'un renoncement à une Ecole pour tous, d'un retour de l'autorité et du conformisme social, et d'une diminution du coût du service public d'éducation.  Celle-ci va permettre de flexibiliser et de précariser un peu plus les personnels tout en augmentant pour la population les inégalités scolaires, sociales et territoriales.

Tous et toutes ensemble !

De la loi d’orientation scolaire au plan « Hôpital 2007 », c’est tous les services publics qui sont concernés par ces « réformes » qui en organisent la casse. Voilà pourquoi, la CNT ne peut que soutenir une mobilisation de l’ensemble des services publics tant les attaques, les combats à mener et les revendications sont communs.

Nous pouvons par contre regretter que  les services publics  soient appelés à se mettre en grève sur trois jours (les 18, 19 et 20 janvier) . Une grève unitaire, tous ensemble, aurait eu plus de poids et de sens. Articuler une double lutte, celle pour la défense des services publics dans leur ensemble et leur place dans la société et celle contre les réformes spécifiques à chacun de nos secteurs, est bien l’enjeu des mois à venir. Nous devons être capables de mener cette double lutte ensemble au-delà du corporatisme et des intérêts bureaucratiques et politiciens. Pour gagner cette mobilisation, il nous faudra aussi renouer avec la pratique de la grève     reconductible. La grève du 20 janvier peut être une étape pour la construire.

Bulletin spécial "grève"
de la fédération CNT des travailleurs de l'éducation
à télécharger au format pdf  (2 pages - 82 ko)

Bulletin spécial "loi d'orientation"
de la fédération des travailleurs de l'éducation
à télécharger au format pdf (4 pages - 420 ko)


N° 14 – 4eme trimestre 2003

Construire un mouvement social autonome !
NON à la généralisation de la précarité
Elections au conseil d’administration
Leçon de démocratie : la mascarade des CA
Débat sur l’éducation nationale : on se moque de nous et on aime !
Remise en cause du droit de grève


Construire un mouvement social autonome !


Entre auto-satisfaction et auto-critique les grosses centrales syndicales balancent mais le conflit sur la réforme des retraites engagé au printemps n'est toujours pas réglé. La réforme est passée et nous devrons encore travailler plus pour une retraite toujours plus faible. Le ministère de l'Education a temporisé et lâché du lest sur la décentralisation : les co-psy, les médecins scolaires et les assistantes sociales ne sont plus concerné(e)s dans l'immédiat. Mais peut on parler comme la FSU « d'avancées » alors que restent sur le carreau les personnels ATOSS, pour qui précarité et flexibilité deviennent déjà la norme ? C'est l'ensemble des plans de « réforme » que nous devons rejeter sans condition, en reprenant la grève.

Ce n'est ni d'un gouvernement, quel qu'il soit, ni de centrales syndicales dont la hiérarchie ne pense qu'à accompagner les réformes et sauver leurs bureaucraties, qu'il faut attendre une amélioration de nos conditions de travail. Malgré les annonces récentes du budget 2004 (suppressions de 1500 postes dans le second degré, d’encore 9 000 postes de surveillants et baisse de 2 500 postes de stagiaires aux concours), elles nous entraînent tout droit vers la « grogne » entretenue et canalisée à coups de « manifs du mercredi » pour préparer l’alternance au pouvoir des directions politiques de la « gauche recomposée » (si peu)…

Le syndicat CNT de l'éducation prône la reprise et la généralisation de la grève, et soutient toutes les initiatives d'auto organisation des travailleurs et des travailleuses dans les établissements et les coordinations. Nous avons pour cela besoin de construire un espace permanent de lutte, un syndicat inter corporatif et révolutionnaire, fonctionnant sur les principes de l' autogestion : refus de la bureaucratie ( les permanents syndicaux ), gestion collective, démocratie directe, et portant un projet social à l'image de son fonctionnement. C'est ce syndicalisme que porte la CNT.

RDV le samedi 11 octobre à 15 h à la « halle au sucre » dans le vieux Lille



NON à la généralisation de la précarité


20 000 emplois jeunes sont arrivé(e)s en fins de contrat en juin et 76000 se retrouveront au chômage en 4 ans. Leur seule perspective est souvent de rempiler comme Assistant(e) d'Education (AE). De ces contrats d'AE on n'en veut pas : c'est un statut précaire de plus. Ce nouveau statut ne prend même plus en compte les critères sociaux, cassant le statut de MISE qui offrait aux étudiant(e)s défavorisé(e)s un moyen de payer leurs études. Accepter cette duperie, c'est cautionner le recours à la précarité comme mode de fonctionnement de l'Education nationale.

Aujourd'hui, rien que sur l'académie des centaines de professeur(e)s contractuel(le)s restent sur le carreau (14000 en France) avec comme seule perspective les Assedic. Ils et elles ont bossé pendant 1, 2, 3 ans voire plus, en faisant le même boulot que les profs titulaires et maintenant on les jette ! Nous sommes tout(e)s concerné(e)s par ces pratiques. Les conditions de travail des précaires servent de référant pour « moderniser » les statuts et introduire toujours plus de flexibilité chez les titulaires mais surtout elles renvoient à des choix de société auxquels nous ne pouvons rester indifférents. !

Par ailleurs, on sait exactement ce qu'il en est de la réduction de postes de titulaires au niveau national: cette année, alors que 18 000 postes aux concours étaient ouverts, seuls 14 500 candidat(e)s rentrent en poste sans qu'il y ait de liste complémentaire ! Devant le manque d'effectifs, on a encore mis en service des TZR dès la rentrée pour combler les trous. Il ne restera plus qu'à faire appel à des vacataires (précaires parmi les précaires) pour remplacer les profs absents !
A l’heure ou Delevoye et les syndicats envisagent de réactiver les leurres du protocole Sapin *, plus que jamais nous exigeons l'arrêt du recrutement de personnels précaires (contractuel(le)s, vacataires, emplois jeunes, CES, Maîtres auxiliaires...) et la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité, la validation des acquis professionnels, une véritable formation qualifiante pour tous ceux déjà en place ou qui ont été virés à la fin de leur contrat. Ces revendications ont été massivement portées par les AG de base du printemps dernier.

* Le protocole Sapin ( ministre de la fonction publique sous Jospin) dit de « résorption de la précarité », signé par CFDT-FO-FSU-UNSA n’envisage l’intégration des précaires que par voie de concours (il faut 3 années de contrats–temps plein pour être « sapinisable.» et en plus le nombre de postes mis aux concours est dérisoire). Sont aussi exclus d'emblée les CES, CEC, emploi-jeunes, vacataires.... sur les quelques 300.000 précaires de l'Education nationale seuls 71.000 avaient été recensés dans l'enquête préalable. Ce Protocole Sapin perpétue en fait la précarisation.

Une réunion du réseau contre la précarité est proposée pour le samedi 11 octobre à 15 h à la halle au sucre, une autre le mercredi 15 octobre au 1 rue Broca à Lille Fives, local CNT.
Le réseau Nord pas de Calais contre la précarité existe depuis presque 3 ans. Initié par le Syndicat CNT SSEC, il est ouvert à tout salarié, association, collectif, section syndicale et syndicat désireux de lutter contre la précarité dans le monde du travail et, en ce qui concerne la fonction publique, pour la titularisation de tous les précaires sans condition de concours et de nationalité.
Le réseau édite un bulletin « Ensemble contre la précarité ». Ont participé aux 5 premiers numéros (+ 1 tract spécial lutte Emplois jeunes – MI SE): CNT( santé, social, éduc, culture et services, industrie), Collectif des contractuel(le)s en langues du premier degré, Collectif de l’éducation contre la précarité, Groupe départemental de l’école émancipée, G10 – Solidaires, SUD éducation…
Le bulletin permet de diffuser les infos sur la précarité (témoignages, infos juridiques, mobilisations), de construire les luttes ( AE-EJ-MI SE l’an dernier) mais aussi de mobiliser pour des actions locales portées par le réseau ( en direction du rectorat, inspection du travail, ANPE ou Mairie de Lille ces dernières années ).




Elections au conseil d’administration

Parce que la participation à la gestion des établissements cautionne les désastreuses politiques budgétaires et pédagogiques du ministère et entretient le fatalisme de la « communauté éducative ».

Parce que la délégation de pouvoir, sans contrôle ni révocabilité des mandats, favorise les pressions individuelles sur les élu(e)s et le désinvestissement des personnels (combien de suppressions de postes, de classes, d’emplois précaires comme les assistants d’éducation sont entérinés par les élus ?).

Parce que ces élections par collèges (élèves, parents, enseignants, ATOSS) entretiennent les divisions chez les acteurs de la communauté éducative et les sections syndicales alors que la lutte nécessite l’unité inter catégorielle et syndicale à la base .

L’essentiel n’est pas de voter… mais de lutter !

Ni angélique, ni dogmatique, notre position est le fruit d’une analyse empirique du système paritaire et cogestionnaire : seule la lutte paye ! Lorsque nous votons, nous remettons notre souveraineté (le rôle des élus au CA n’est souvent que consultatif) pour un temps déterminé à une ou plusieurs personnes. Les élus sont considérés comme agissant selon notre volonté.

L’erreur est là ! Durant ce laps de temps, ils sont incontrôlables par les électeurs, ils ne sont pas révocables ! Voter, dans ces conditions, c’est donc abdiquer. La représentation induit la dépossession de soi. Un être dépossédé n’a plus aucun pouvoir, il n’est plus qu’un représenté et son rôle dans la démocratie s’arrête là. En confisquant la représentativité à leur seul profit, les élus signifient de fait la fin de la démocratie (à l‘inverse de la démocratie directe) et entretiennent les bases du système d’exploitation en usurpant la volonté de la base.

Pour nous, il est important de se réapproprier les luttes, important aussi de s’organiser en Assemblée Générale souveraine, c’est à dire que tout est discuté et décidé devant les individus formant l’assemblée. Et s’il s’agit de mandater des personnes, elles le sont sur un point précis et doivent rendre compte de leur efficacité devant l’assemblée. En cas d’échec, elles sont révoquées et d’autres sont mandatées à leur place.
L’histoire des luttes sociales et l’observation plus immédiate des conflits dans l’éducation prouvent que les luttes se construisent dans les AG par les grèves unitaires à la base ( contre les suppressions de postes, contre la précarité ou les « contre réformes » gouvernementales) et non dans les conseils d’administration ou les commissions paritaires.

Alors, un seul mot d’ordre : démocratie directe !
La vraie démocratie… commence ici !


Leçon de démocratie : la mascarade des CA


En juin, les conseils d'administration de plusieurs établissements ont dû se prononcer sur la question : " autorisez-vous le chef d'établissement à recruter des assistants d ' éducation ? ". Beaucoup ont répondu oui, quelques-uns non. En septembre, les conseils d'administration qui votèrent non sont reconvoqués avec la même question à l'ordre du jour. Les pressions sur les élus sont fortes : " on ne peut pas fonctionner ", "on a plus de travail ", " des étudiants attendent un travail " etc.

Nous appelons toujours à voter non. Pourquoi ? Nous refusons le statut des assistants d'éducation, en retrait par rapport à celui des MI-SE. La précarité gagne. Rien ne réserve l'emploi à un étudiant. Nous refusons le fait qu'un chef d'établissement devienne un employeur libre de recruter qui il veut. L ' accepter, c'est accepter le " spécial copinage", le népotisme (je favorise ma famille ou des gens de mon entourage), les recrutements pour affinités politiques. Nous refusons d'avoir à revoter sur un texte déjà voté. Nous ne sommes pas des idolâtres de la démocratie et de la légalité. Mais, nous les respectons. Nous faire revoter, c'est faire pression, espérer un changement de majorité. C'est nier une décision prise démocratiquement.

Evidemment, nous sommes mal à l'aise. Refuser la possibilité de création d'un emploi précaire alors que nous avons un emploi sûr. Mais, faudrait-il accepter de voter pour un emploi d'esclave ?



Débat sur l’éducation nationale : on se moque de nous et on aime !


Au printemps 2003, un débat devait s'ouvrir. Comme base du débat, un livre de Luc Ferry, Lettre à tous ceux qui aiment l'école. On sait ce qu'il advint de ce livre et de ce débat : retour à l'envoyeur. Le débat était dans la rue. Et, il ne portait pas sur l'école. Retraites, décentralisation où était l'école dans notre "grogne" ? L'automne arriva. Et, on nous parle du grand débat sur l'école. C'est devenu l'affaire du siècle. Le livre de Darcos et Meirieu est censuré. Probablement la meilleure mesure à prendre : l'idéologue de droite est finalement d'accord avec celui de gauche. (et vice versa). Le publier ne ferait que renforcer la radicalité ambiante si gênante. Une commission est nommée. Un chef de commission reconnu comme compétent par tous les bords, droite et gauche. Il n'y aurait donc pas de différences ? Des acteurs sont convoqués. Mais, surtout pas les usagers. Eux n'ont rien à dire.
Il est vrai que le problème de l'école ne concerne pas les élèves. Par contre, l'industrie du tourisme, oui. Le débat est truqué. Le dialogue partagé de notre cher Raffarin doit aboutir à une loi de programmation en 2004. Les experts ont la parole, puis le gouvernement tranchera. " La commission Thélot est chargée d'accompagner le débat en vue d'un diagnostic partagé ", insiste l'entourage de M. Raffarin. (Le Monde, 11 sept 2003).

Faut-il participer à ce débat ? le boycotter ? le détourner ? Nous savons très bien, pour avoir été consultés à maintes reprises depuis le ministre Savary et les enquêtes de M. Legrand, que notre opinion importe peu. Les résultats du débat sont déjà inscrits quelque part au ministère. Les options coûtent cher. Il faut les diminuer. Les professeurs monovalents sont une plaie. Il faut rétablir la bivalence. Les IDD ne servent à rien. Il faut les supprimer, sans rétablir les horaires qui ont été rognés lors de leur création. Et, ainsi de suite. En avant première, notre diagnostic partagé à la suite du dialogue partagé : éduquer coûte trop cher, les profs sont des fainéants, on va les faire bosser, le coût de leur travail doit diminuer. Si cette école publique de misère ne vous convient pas, adressez-vous au privé !


Remise en cause du droit de grève


Non content de programmer la destruction progressive de l'Education nationale, le gouvernement voudrait aujourd'hui nous enlever toute possibilité de contester réellement sa politique globale. A ce titre une proposition de loi datée du 25 juin 2003 vise de fait à remettre en cause le droit de grève dans la fonction publique.

Dans la fonction publique, le droit de grève était déjà soumis un certain nombre de restrictions par rapport au privé notamment par l'obligation de préavis déposés par les syndicats dits "représentatifs". Si la nouvelle proposition de loi est adoptée, le droit de grève ne pourra s'exercer qu'après un vote à la majorité des salariés, il est par ailleurs prévu d'instaurer un service minimum obligatoire. Avec de telles conditions il est bien évident que le mouvement que nous avons connu en mars-juin 2003 n'aurait pu avoir lieu.

En assurant leurs cours aux classes à examen et les épreuves du BAC, la majorité des profs ont encouragé ces projets de service minimum obligatoire. Ils ont répondu inopportunément aux appels du ministère et aux consignes « responsables » des syndicats majoritaires. Des gages sans doute aussi pour la « rémunération au mérite ».



Le syndicat CNT-SSEC 59/62
et l'intersyndicale de l'éducation
Nord Pas-de-Calais

La participation de la CNT à l’intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais date de l’automne 1995. D’abord limitée au premier degré et au département du Nord, elle s’élargira ensuite au second degré et à toute la région malgré les réticences du SNES.

Cette participation coïncide avec la lutte contre le plan de réforme de la Sécurité sociale présenté devant les députés le 15 novembre 1995 par Alain Juppé, alors premier ministre de Chirac (cf. note 1). A Lille et dans les environs, comme ailleurs en France, la CNT sort de la marginalité dans laquelle elle était plongée malgré elle depuis trop longtemps. Elle est présente dans la grève reconductible, elle est active dans les assemblées générales, elle est visible dans les manifestations qui se multiplient tout au long des mois de novembre et décembre. Le slogan "Tous ensemble!" symbolise le mouvement et c’est dans ce contexte favorable à la convergence des luttes et à l’unité que la CNT intègre l’intersyndicale de l’éducation (à dominante 1er degré et plutôt centré sur le département du Nord)…

Une affaire individuelle... aussi !

Cette intégration est facilitée par plusieurs facteurs personnels, pas forcément anecdotiques. Eric Dussart, le camarade qui représente le CNT SSEC 59-62 aux réunions de l’intersyndicale, a milité pendant un temps au sein du courant "Ecole Emancipée" et il connaît bien deux responsables du SNUIPP-FSU, membres de ce courant. Ayant également fait un bref passage au SGEN-CFDT, il a de bonnes relations avec les personnes qui représentent cette organisation à l’intersyndicale. Instituteur comme lui, l’un d’entre eux refuse d’ailleurs l’inspection-notation depuis plusieurs années. Du côté de la CGT-éducation, la CNT bénéficie aussi d’un a priori favorable. Un membre de la famille de l’un des principaux responsables du SDEN-CGT a été adhérent à la CNT et le sérieux de notre travail syndical a été constaté. Par ailleurs, l’animateur du Comité des Sans-Papiers du Nord est un militant actif du SDEN-CGT et il apprécie le soutien qu’apporte la CNT aux sans-papiers. Quant au SE-FEN (aujourd’hui UNSA), ses délégués semblent un peu surpris de la présence de la CNT (dont ils ignoraient l’existence), mais ils connaissent bien l’histoire du mouvement ouvrier et ne remettent pas en cause la légitimité d’une participation anarcho-syndicaliste et syndicaliste révolutionnaire à l’intersyndicale. Finalement, seuls certains délégués du SNUIPP-FSU et du SNES-FSU membres du courant U&A (Unité & Action, proche du PC) semblent irrités par notre arrivée. Mais, U&A est divisé en interne (tout comme le PC) et cette division a des conséquences quant au regard que les militants U&A portent sur la CNT. Les plus à gauche d’entre eux apprécient notre positionnement "lutte de classes". Quant à son principal responsable, il "avoue" à notre camarade Éric que la vue du film "Land and freedom" de Ken Loach (qui est sorti sur les écrans un mois auparavant) l’a beaucoup marqué et qu’il éprouve quelques remords quant à l’attitude du PC vis à vis de la CNT pendant la guerre d’Espagne en 36…

Après 1995

Entre 96 et 99, après la lutte contre le plan Juppé, l’intersyndicale éducation du Nord Pas-de-Calais va être confrontée à de très nombreuses suppressions de postes, dans le premier degré notamment. Les années 1996, 1997, 1998, 1999… sont des années noires en terme de fermeture de classes dans l’académie de Lille. Une fois encore, la violence des attaques gouvernementales favorise l’unité syndicale et la CNT participe régulièrement à l’intersyndicale. Cette dernière est une structure souple et mouvante. FO n’y est présente que de manière épisodique. Le SE-FEN s’en écarte dès l’approche des élections paritaires afin de mieux marquer sa différence avec le SNUIPP-FSU. SUD-éducation, un nouveau venu issu du mouvement de novembre-décembre 95, y fait son entrée. Quant à la CNT, elle participe aux réunions, y prend la parole, y glane des informations, fait des propositions et co-signe les textes avec lesquels elle n’a pas de désaccord fondamental. Le retour de la gauche au pouvoir et nos critiques vis à vis du gouvernement vont un peu geler nos relations avec la plupart des organisations membres de l’intersyndicale, mais la sortie d’Allègre sur le "dégraissage nécessaire du mammouth" et son "élimination à la Kalachnikov des syndicats" va susciter à nouveau un fort mouvement unitaire.

Pas de second degré...

Dans le second degré, une autre intersyndicale se réunit régulièrement à l’instigation du SNES-FSU, mais la CNT n’y est jamais invitée. La CNT mène un combat pour la titularisation sans concours des précaires et cela semble gêner le SNES au plus haut point. La CNT, alors active dans le "collectif contre la précarité" qui regroupe des syndiqué-e-s CNT, SNES et CGT mais surtout des non syndiqué-e-s (qui rejoindront la CNT ou donneront naissance à SUD), s’invite aux intersyndicales du second degré. Lors des mouvements contre la politique d'Allègre-Royal (Ségolène était ministre déléguée dans le ministère de Claude), la CNT participe aux AGs de la grève reconductible alors que la CFDT et la FSU (et son SNETAA) freinent des quatre fers. On se heurte dans les années qui suivent au refus systématique de l'intersyndicale (y-compris la CGT) de reconnaître les collectifs (celui contre la précarité comme celui des MI-SE ou celui des emplois-jeunes).

L'intersyndicale "s'émancipe" ?

La désignation d’un nouveau secrétaire académique à la tête du SNES 59/62 va changer la donne. Une camarade du SNES (tendance Ecole Emancipée) qui entretient de bons rapports avec plusieurs militants de la CNT intervient auprès de ce nouveau secrétaire en lui parlant de pluralisme syndical et de démocratie et, malgré quelques réticences, la porte de l’intersyndicale du second degré s’entrouvre.

Et cette intersyndicale de l’éducation (plutôt centrée sur le département du Nord et à dominante premier degré même si, à l’exception du SNUIPP, tous les autres syndicats sont des organisations inter catégorielles) voit l’arrivée du représentant régional de la FSU (pas opposé à notre présence) et se transforme en intersyndicale de l’éducation au sens inter professionnel et régional du terme. Salaires, emploi, précarité, retraites, ZEP, service public… les revendications sont multiples.

Pas de retraite en 2003

Les mouvements du printemps 2003 contre la réforme du régime des retraites voient les rangs de la CNT grossir fortement avec l'arrivée de plusieurs non-syndiqué-e-s et d'ex syndiqué-e-s à la CFDT (signature coup de poignard) et au SNES (non blocage du BTS en mai puis du Bac en juin 2003) et de nombreuses AGs de bassins (cf. note 2) voient le jour en parallèle de ces intersyndicales, mais restant tout de même sous le contrôle des syndicats croupions (sans UNSA ni CFDT), les locaux étant mis par eux à disposition à la Bourse du travail.

Les syndicalistes "traditionnels" ont donc pu côtoyer des cénétistes en nombre croissant, d'abord dans les nombreuses manifestations, grèves (la CNT est très active dans les premiers bahuts en grève), AGs de bassin et leur "représentativité" sur le terrain y a été validée. Comme par exemple à la manifestation du 1er mai 2006 sous la pluie ou le vaste cortège CNT est venu à point étayer la faible mobilisation des autres centrales. Ils les ont ensuite rencontré-e-s comme mandaté-e-s de la CNT au sein de l'actuelle Inter-syndicale Education Nord Pas De Calais (premier et second degré, qui existe et fonctionne bien depuis 2002 dixit le SNES). La rotation des mandats cénétistes y a très bien fonctionné comparativement à la permanence des "permanent-e-s" des autres centrales (hormis SUD Education).

A chacun son tour...

C'est d'ailleurs un des points positifs de la participation CNT à ces intersyndicales: faire une publicité par les faits aux principes de mandatement (ouverts ou fermés) et de rotation des mandaté-e-s en vigueur dans l'anarcho-syndicalisme. Un autre point positif est que ces inter-syndicales ont permis aux mandaté-e-s de se former au décodage du langage syndical, très utile en ces périodes pré-électorales propices aux envolées prometteuses (Anecdote : "on ne peut attendre, l'appel à grève proposé par le SNES pour dans 15 jours est trop éloigné, il faut une action forte de suite" dit la CFDT. La CNT embraye, forte du soutien espéré de SUD, de la CGT et de la CFDT et propose un appel à une grève plus proche et reconductible... La CFDT corrige de suite en précisant que, par action forte, elle pensait à une diffusion de tracts!). La visibilité CNT et son ancrage syndical y ont aussi été renforcés: place reconnue (tirage au sort) dans les manifestations, sigle CNT sur certains tracts, appels et sur les banderoles intersyndicales, implication reconnue de la CNT dans un contexte syndical stricto-sensu. Enfin lors de la répression anti mouvement social (CPE, refus de prélèvement ADN, RESF,...), ces intersyndicales ont aussi été un lieu privilégié pour des demandes de soutien "institutionnel".

Ni singer, ni signer systématiquement !

Tous les textes issus de ces intersyndicales n'ont pu être acceptés ni co-signés, loin de là, par le CNT SSEC 59-62 et ceux qui l'ont été auraient pu avoir été écrits par la CNT elle-même. A remarquer enfin que le CNT SSEC 59-62 a du s'excuser plusieurs fois par manque de volontaires. En effet, il ne faut pas se voiler la face, participer à ces intersyndicales n'est pas emballant (Jacques 5 janvier 2005), pas passionnant (Jacques 12 janvier 2006), voire chiant (Chris 23 septembre 2006), et l'on y côtoie la bureaucratie syndicale dans toute sa splendeur, ses permanent-e-s, ses déchargé-e-s, leur langue de bois et leurs extrêmes réticences et oppositions à peine cachées lorsqu'il y a risque d'emballement du conflit, comme lors de la lutte anti-CPE de 2006 (les centrales enseignantes et l'UNEF étaient contre le blocage, faussement jugé comme impopulaire alors qu'il était indispensable pour garantir la non pénalisation des grévistes aux examens par des profs faisant cours devant 2-3 élèves) ou lors de la tentative de blocage du Bac en 2003 (une trahison des centrales qui ont fini par appeler, tardivement et discrètement, après avoir pendant plusieurs mois clamé haut et fort qu'elles ne voulaient pas se servir de ce moyen d'action. Cette capitulation a au moins servi aux intermittent-e-s du spectacle dans leur décision de bloquer les festivals lors de l'été 2003 pour faire reconnaître que c'est eux et non les restaurateurs et autres commerçants qui font les festivals). Notre absence à certaines réunions intersyndicales s'explique aussi par le fait que ces réunions ont parfois lieu pendant le temps de travail (problème pour la CNT qui n'a pas de permanent-e-s ni de déchargé-e-s).

CNT-SSEC 59/62, le 3 février 2007.

Notes :

1) Le plan Juppé prévoyait le financement et la gestion de la Sécurité sociale par l'État ainsi que l'institution d’un nouvel impôt de 0,5% sur les revenus (RDS). Il prônait la maîtrise comptable des dépenses de santé et prévoyait aussi de supprimer l'abattement de 20% sur le revenu imposable de tous les salariés. Enfin et surtout, ce plan était une attaque en règle contre les fonctionnaires et les travailleurs du secteur public, car il prévoyait la remise en cause des régimes spéciaux et l'augmentation de 37,5 à 40 ans de la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite entière. Ce plan va provoquer dans le secteur public la plus grande grève jamais connue depuis 1968. Un mois après la présentation de son plan à l’assemblée nationale, Juppé est obligé de céder sur les retraites des fonctionnaires et sur la suppression de l'abattement de 20%…

2) Les AGs de bassin, issues du printemps 2003, "inter-pro" à l'origine (profs, personnels ATOS, élèves, parents, ..., salarié-e-s) ont plus ou moins persisté depuis, au moins par le biais des quelques listes de diffusion Internet qui continuent à fonctionner, Lille, Roubaix-Tourcoing et Béthune (cf. note 3) et malgré le discret boycott des représentants syndicaux (ils y sont inscrits, pour se tenir au courant mais n'y interviennent pas, sûrement pour ne pas accroître l'influence de ces listes). Ces AGs de bassin constituent un lieu de contre-pouvoir aux décisions prises par les bureaux nationaux et un lieu d'échange d'informations parfois en provenance des centrales (chiffres sur les suppressions de postes, décryptage des décrets et textes de loi, ...) mais aussi en relation avec notre métier (signification des nombreux acronymes abscons de l'E.N., DHG, HSA, CPA, ...) au même titre d'ailleurs que les inter-syndicales. Elles permettent aussi aux militants de base de se rencontrer et d'essayer d'élaborer des actions communes, "unitaires", hors chapelles, sectes, partis ou syndicats, et pour ces derniers de tenter d'oublier les luttes électorales pour les postes de cogestion représentative.

En ce qui concerne Béthune, l'AG de bassin (et sa liste de diffusion) continue de se réunir au grès des mouvements (Fillon-2005, CPE-2006, De Robien-2007) avec des "représentant-e-s" de CNT, FCPE, SNES, SNUIPP, SUD lycéen-ne-s et quelquefois une enseignante ou des métallos CGT. Elle a été à l'initiative de quelques rassemblements, diffusions de tracts communs, conférences de presse et manifestations sur Béthune. Son caractère "interpro" évolue au grès des mobilisations, fort lors du mouvement sur les retraites ou lors du mouvement anti-CPE, plus faible en général, avec pour la CNT, la forte implication du syndicat CNT SEP (Sans Emploi et Précaires) du Béthunois en particulier lors du mouvement anti-CPE de 2006. Ces AGs se déroulent à la maison des syndicats de Béthune, dans la salle de réunion face au local CNT. La CNT est d'ailleurs le seul syndicat, hébergé à la maison des syndicats, à assister à ces AGs (FO, CFDT n'ont jamais participé, FSU et SUD n'y ont pas de locaux, comme l'UNSA, le SNALC et tous les autres qu'on n'y a jamais vu) et ces dernières se font donc systématiquement grâce et sous l'aile protectrice de la CNT qui ouvre les portes, voire le bal.




"CLASSES EN LUTTE",
bulletin mensuel de la fédération CNT des travailleur-ses de l'éducation

Vous pouvez télécharger le bulletin au format pdf (en cliquant sur le mois) et/ou consulter les articles en ligne (en cliquant sur l'adrese http).

N'hésitez pas à imprimer les fichiers PDF et à les photocopier (de préférence au format A3 ; ce sera plus lisible).

- n° 111 d'avril 2010
(fichier pdf de 479 ko)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=291

- n° 110 de mars 2010
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- n° 109 de février 2010
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- n° 108 de janvier 2010
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- n° spécial 4 pages automne 2009


- n° 107 de novembre 2009 (fichier pdf)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=275

- n° 106 d'octobre 2009 (fichier pdf de 813 ko)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=274

- n° 105 de septembre 2009 (fichier pdf de 1,1 Mo)
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- n° 103 de juin 2009 (fichier pdf de 909 ko)

- n° 102 de mai 2009
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- n° 101 d'avril 2009
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- n° 100 de mars 2009
(fichier pdf de 993 ko)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=258

- n° 99 de février 2009
(fichier pdf de 876 ko)

- n° 98 du janvier 2009
(fichier pdf de 834 ko)

- n° 97 de décembre 2008
(fichier pdf d'1 Mo)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=235


- n° 96 - hors série du 17 novembre 2008 (format pdf - n° spécial de 6 pages - 1,71 Mo)

- n° 95 de novembre 2008
(téléchargement du bulletin et/ou articles en ligne)

- n° 94 d'octobre 2008
(fichier pdf de 8,84 Mo)
articles en ligne : http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=209


- n° 93 de septembre 2008
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- n° 92 de juin 2008
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- n° 91 de mai 2008
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- n° 90 d'avril 2008
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- n° 89 de mars 2008
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- n° 88 de février 2008 (fichier pdf de 321 ko)
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- n° 87 de janvier 2008 (fichier pdf de 432 ko)
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- n° 86 de décembre 2007 (fichier pdf de 803 ko)
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- n° 85 de novembre 2007 (fichier pdf de 322 ko)
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- n° 84 d'octobre 2007 (fichier pdf de 1,61 Mo - numéro spécial de 4 pages)
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