DROITS DES PIGISTES
Suite à un différend entre un militant de la CNT -
Béthune (journaliste-pigiste) et son employeur (un quotidien de
la région Nord / Pas de Calais), il n’est pas inutile de
rappeler ce jugement de la cour de cassation qui fait jurisprudence en
matière de piges…
Piges régulières et licenciement
" Si, en principe, une entreprise de presse n’a pas
l’obligation de procurer du travail au journaliste pigiste
occasionnel, il n’en est pas de même si, en fournissant
régulièrement du travail à ce journaliste pendant
une longue période, elle a fait de ce dernier, même
rémunéré à la pige, un collaborateur
régulier auquel l’entreprise est tenue de fournir du
travail. La régularisation des paiements sur une longue
période (3 ans en l’espèce) atteste du
caractère constant du concours apporté à
l’entreprise de presse. La société avait
l’obligation de demander à l’intéressé
de manière constante et régulière une prestation
de travail. L’interruption de cette relation de travail
s’analyse en un licenciement ".
Cass. Soc. - 1er février 2000 - n° 98-40 - SA éditions de Meylan c / Durand-Courbet.
Statut des pigistes
Rappelons par ailleurs qu’être " pigiste
régulier " n’est pas un statut officiel (soit on est
pigiste, soit on est salarié !). Un " pigiste
régulier " devrait donc être salarié puisque
la régularité de son travail prouve sa
nécessité au sein d’une rédaction !! Cf. le
code du travail, article L.761-2 du 07/04/1974 : " Toute
convention, par laquelle une entreprise de presse s’assure
moyennant rémunération le concours d’un journaliste
professionnel, est présumée être un contrat de
travail. Cette présomption subsiste quels que soient le mode et
le montant de la rémunération ainsi que la qualification
donnée à la convention par les deux parties ".
De plus, la loi est formelle : elle considère le pigiste comme
un journaliste au même titre que les autres et celui-ci devrait
en principe bénéficier des mêmes avantages que
l’ensemble des salariés soumis à la convention
collective des journalistes (droit d’expression des
salariés : art. 3 - comité d’entreprise et
délégués du personnel : article 4 - formation
professionnelle : art. 10 - formation continue : art. 12 - visite
médicale : art. 21 – ancienneté : art. 24 - etc.)
et /ou aux accords d’entreprise, voire aux simples usages qui y
sont en vigueur (cantine, ticket resto, remboursement des frais, etc.).
Par rapport à la signature des piges
La loi du 3 juillet 1985 reprend celle du 11 mars 1957. Ainsi, tous
les journalistes (quelque soit leur statut) et leurs fonctions sont
concernés par l’application de la législation
concernant la propriété littéraire et artistique,
notamment un droit moral (perpétuel, inalénable et
imprescriptible sur l’authenticité et
l’intégrité de l’œuvre) et un droit
pécunier (qui se rattache à toute reproduction ou
adaptation de l’oeuvre après sa première
publication).
Divers
- Pour contester une réduction des commandes : loi " Cressard " du 04/07/1974.
- Demande de 13ème mois : article 25 de la convention collective des journalistes.
- Congés payés (soit le 10ème des sommes perçues entre le 1er
juin de l’année précédente et le 31 mai de
l’année en cours) : article 31 de la convention.
- Versement de la prime d’ancienneté : article 23 de la convention.
- Conflits et licenciements : articles 44 à 49 de la convention.
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