Extraits du BR n° 21
Assemblée générale : mode d'emploi
Amiante partout ! justice nulle part !
Ets Meubles Demeyere : Retour sur une grève volée…
L'efficacité de la Sécurité sociale pourra-t-elle un jour se mesurer à sa valeur boursière ?
Jules Vallès
Assemblée générale : mode d'emploi
Très simple une AG : quelques règles au sujet du tour de
parole et de l’ordre du jour… et on peut commencer ! Comme
tout le monde est à égalité, le président
(qui fait respecter le temps imparti et l'ordre du jour
approuvés par l'assemblée), le distributeur de parole et
le secrétaire de séance (celui qui prend des notes pour
le compte-rendu) changent fréquemment. À chaque
séance c'est mieux (on le fait bien en classe avec des enfants,
ce devrait être possible avec des adultes).
Un peu plus compliqué : comment passer de l'AG
d'établissement ou d'arrondissement à l'AG de ville, de
département ou de région ? Et à la coordination
nationale (qui tâche de rassembler à l'échelle du
pays l'ensemble des AG en lutte) ? Deux tendances se sont
dégagées lors du mouvement de mai-juin 2003…
L’une voulait d'abord lancer le mouvement à partir des
présents, simples militants de la lutte ou représentants
d’AG (pas toujours élus). L'autre voulait qu'à tout
niveau, des délégués mandatés soient
élus et envoyés pour transmettre les volontés de
l'assemblée (volontés dûment rédigées
dans une motion). À la CNT, nous sommes partisans du
mandatement. Sans ultimatum au début (pour effectivement laisser
le mouvement monter), mais aussi parce que le contrôle du
mandatement n'est pas toujours évident, qu'il faut mettre au
point des règles de proportionnalité (un
délégué = tant de grévistes ou
d'écoles) et que dans les deux « camps » on a
passé beaucoup de temps à s'empailler sur cette question.
Rassemblent le plus de grévistes possible (et pour cela, si
les militants - sans nier leur diversité - enterraient parfois
la hache de guerre, ce ne serait pas plus mal !),
Débattent sereinement, avec compte-rendu et sans
intervention des animateurs quand les interventions leur
déplaisent (c'est le "minimum démocratique"),
Soient décisionnelles (leur avis est celui des
personnels en lutte ; il doit primer dans toute discussion avec ceux
"d'en haut" ; les syndicats doivent s'y plier car, s'ils nous
paraissent utiles - mémoire et continuité du combat des
salariés, réseau militant, appui pratique -, ils sont
divers et ne représentent qu'une partie des personnels).
Amiante partout ! justice nulle part !
Halte au mépris !
Après avoir négligé les personnes
âgées pendant la période estivale avec toutes ses
conséquences, la présence répétée de
ministres dans le bassin minier concernant la légionellose
n'avait qu'un but : sa propagande médiatique avant les
élections...
Malgré de nombreux décès et d'innombrables malades
ne pouvant guérir, la tentative de mettre sous silence le
problème de l'amiante est scandaleuse dans une
société dite civilisée.
Pour la première fois depuis l'instauration de l'allocation de
Cessation Anticipée d'Activité des Travailleurs de
l'Amiante (ACAATA), les pouvoirs publics lors de la commission
Accidents du Travail et maladies Professionnelles du 10 décembre
2003, ont tout simplement rejeté tous les dossiers de
reconnaissance collective à l'exposition Amiante. Les 70
entreprises française dont une dizaine dans la région
(Metaleurope, SI energie ex Stein alstom, sollac, comilog, umicore,
calaire chimie, Ent Sanitaire du nord etc...).
Ce rejet est les prémices d'une remise en cause du
droit de réparation. Pourquoi mettre sous silence le
problème de l'amiante ?
Un rejet d'une telle ampleur est le signe avant-coureur d'une remise en
cause du droit à la réparation. Pourtant une injustice
terrible frappe tous ceux qui ont été exposés:
risque d'une espérance de vie plus courte,retraite raccourcie,
voire éliminée...
Il s'agit aussi d'un problème de santé publique, car de
l'amiante, vous en trouvez partout : de l'ancienne housse des tables
à repasser aux systèmes de
chauffage et sans oublier les tôles fibrociment, les garnitures
de freins de vos voitures.
Ici aussi le problème est trop longtemps resté sous silence !"
Le 30 janvier dernier, nous étions une paire de copains de la
CNT à participer à la manifestation pour protester contre
le rejet des dossiers de reconnaissance collective à
l’exposition Amiante. 250 personnes présentes, sans
compter les quelques vautours politicards qui prennent leur envol en
cette veille d’élection. La manif s’est
terminée devant la permanence du sieur Delevoye, le candidat UMP
aux régionales, personne s’y attendait mais il
était là et a reçu une délégation
pendant une bonne heure. Il a bien sûr promis plein de trucs
super pour Noél prochain !
Manifestation devant le siège de l’UMP à Lille le
30 janvier 2004
Ce rassemblement, premier du genre, rassemblait uniquement des
métallos…mais où étaient les gars du
Bâtiment, des TP ou les travailleurs de l’environnement ?
Au turbin, sans aucun doute. Et pourtant, cette saloperie
d’Amiante, les gars de ces secteurs en bouffent aussi, et pas
pendant la pause canon !
Nous pensons donc qu’il est urgent d’élargir la
mobilisation de manière interprofessionnelle pour créer
un véritable rapport de force contre l’injustice sociale.
Extrait du bulletin du Syndicat Unifié du Bâtiment 59
Ets Meubles Demeyere : Retour sur une grève volée…
Le
16 janvier un cri de mécontentement a retenti au sein des
ouvriers Demeyere . Un ras-le-bol général dû au gel
des salaires depuis plusieurs années, un 13ème mois aux
abonnés absents et d'autres problèmes internes
(congés, harcèlements) a fait que la majorité des
ouvriers se sont mis en grève .
Après avoir jeté des miettes en pâture pour mettre
fin à la grève de janvier et afin d’échapper
à la commission de conciliation où la direction aurait du
fournir ses éléments prouvant son incapacité
à accorder ne serait-ce que l’une des justes
revendications, il faut se rendre à l’évidence : la
direction n’a pas compris le message fort qui lui était
adressé.
Cette dernière s’obstine dans sa politique du
« diviser pour mieux régner ». A défaut de
n’avoir réussi qu’à provoquer une guerre
fratricide entre salarié(e)s durant le conflit ( même si
certain(e)s se sont laisser entraîner par des cadres
manipulateurs à la solde de la direction), les pratiques
manageriales n’ont rien de ce qui avait été convenu
en fin de conflit au protocole d’accord. En effet, les
méthodes d’après grève des cadres et autres
agents de maîtrise zélés sont aux rapports
d’activités épluchés, au montages de
dossiers, aux pistages pas discret et à la moindre erreur
sanctionnée…
Chacun aura remarqué que ces pratiques de «
management » sont ouvertement rétrogrades et
anti-sociales, alors que la direction les promettait « courtoise
et respectueuses ». Si la direction ne réagit pas à
cela et qu ‘elle ne respecte pas ses engagements comme
l’instauration de la prime de productivité
méritée mais qui continue cependant la contrôle des
salarié(e)s en arrêt maladie, il faudra bien le lui
rappeler…
Harcèlement, licenciements, fautes professionnelles
inventées…ceux et celles qui ont osés se lever
contre l’inacceptable se retrouvent aujourd’hui en
première ligne. Il est du devoir de chacun d’être
solidaire, de se soutenir, de recréer les liens de
fraternité ouvrière qui unissait nos anciens.
Que dire aussi de l’attribution par la direction
d’une prime d’encouragement à ne pas faire valoir
son droit à la grève dans ses établissements,
alors que l’ensemble des salarié(e)s auraient du obtenir
la prime de productivité des quatre derniers mois 2003
retirée pour avoir oser revendiquer ! Encore une preuve
flagrante que la direction ne respecte même pas ses propres
règles établies lors des réunions de CE pour les
conditions d’obtentions de la prime de productivité (qui
n’a jamais été de toute manière
équitable face aux primes de productions des cadres et agents de
maîtrise).
Qu’ont réellement gagner aujourd’hui les
salarié(e)s à part multiplier les profits de la direction
? une bonne prime d’intéressement ? une hausse des
participations aux bénéfices ? A quel prix estimer sa
fierté ? La direction réclame des efforts constants,
allier à la fois quantité et qualité sans aucune
reconnaissance. Mais comment continuer à faire de la
qualité, à défendre nos savoir faire, quand seuls
les critères de rentabilités et les coups de bâtons
prédominent ?
Il est grand temps que le syndicalisme reprenne toute sa place, dans
les cœurs et dans la lutte…
Section Demeyere du SUB-TP 59
L'efficacité de la Sécurité sociale pourra-t-elle un jour se mesurer à sa valeur boursière ?
Le
Medef et son gouvernement ont décidé de réformer
structurellement la Sécu. La politique menée en 2003
indique clairement la direction que prendra cette réforme : le
démantèlement de la Sécu.
En 2003, Ce gouvernement de droite rétrograde ( la plus
rétrograde et la plus dure depuis Vichy ) usa de l’arsenal
dont il dispose pour casser la protection sociale : hausse du forfait
hospitalier pour le patient, baisse du taux de remboursement de
centaines de médicaments, les plus couramment utilisés,
réduction de la prise en charge du malade après une
intervention chirurgicale, etc…
La conséquence immédiate est le report vers les mutuelles
d’une prise en charge jusqu'à maintenant assurée
par la Sécu.
On privatise la sécu !!!
Comment considérer autrement ce transfert de
dépenses vers les mutuelles qui sont de plus en plus des
assurances privées ?
Rétablissons la vérité face au flot de mensonges déversés !
NON ! Le trou de la Sécu n’existe pas, 10
milliards d'euros pour la seule branche maladie. Facilement
comblé si premièrement les entreprises règlent
leur retard accumulé de « charges » sociales dues
aux organismes sociaux, si les gouvernements cessent
d’exonérer de « charges » les entreprises sans
la moindre contrepartie. En vertu d'une affirmation jamais
vérifiée : la baisse des cotisations sociales des
entreprises entraînerait la création d’emplois
stables pour les chômeurs.
20 milliards d’euros c’est le manque à gagner
pour les caisses de la Sécu. en exonérations de
cotisations patronales pour l’année 2003…
8 milliards d’euros c’est le montant
cumulé des dettes de l’Etat et des entreprises aux caisses
de la Sécu.
NON ! Les cotisations sociales qui financent la Sécu et
les retraites ne sont pas des « charges » pour les
entreprises mais bien le fruit rémunérateur d’un
travail fourni par le salarié, même s'il est dit
différé au lieu d'être direct. La baisse de ces
prétendues « charges « n'a qu'une conséquence
: la baisse de notre salaire tout court !
Moins de cotisations sociales payées par le patronat,
plus de dépenses de santé à payer directement avec
nos sous.
Douteux que la baisse des cotisations sociales fournisse un
emploi digne de ce nom au chômeur Certain qu’ils assumeront
leurs dépenses de santé pendant ses périodes de
chômage !
NON ! La résorption du déficit financier de la
Sécu ne change rien au problème de fonds, il ne modifie
pas les évolutions structurelles. Le total des dépenses
consacrées à la santé a quasiment triplé en
40 ans. L'augmentation de l'espérance de vie, la marchandisation
de la santé, les progrès médicaux liés aux
progrès techniques ont un coût.
Le fait de transférer des dépenses
assumées solidairement par la collectivité vers
l'individu, ne ralenti en rien cette augmentation de dépenses.
Mensonge contredit par l’exemple américain. Système
essentiellement individuel, les Etats Unis consacrent 13,9% de leur PIB
en dépenses de santé. Pourtant, en la matière,
l'OMS les classe au 36 ième rang mondial. La France,
guère exemplaire à bien y réfléchir, se
situe dans la tête du classement.
Un taux aussi élevé s’explique par la main mise des
assureurs sur les dépenses de santé dans ce pays !!
La politique actuelle ne vise qu'un objectif : Racketter le salariat au profit des assureurs.
La protection sociale et les retraites représentent la
manne financière des prochaines décennies pour les
requins du capitalisme. Les fonds de pension américains sont
l'une des plus grosses sources de capitalisation de notre
époque.
Pas étonnant de voir les capitalistes s'acharner autant
sur les retraites et la Sécurité sociale et de propager
tant de mensonges.
Face à l'Idéologie de cette bureaucratie
financière amorale et aveuglée par ses seuls profits, une
arme pour le salariat : l'unité et la grève
générale pour s'opposer à cette politique, pour
imposer un programme qui lui revient de définir.
N’oublions jamais : les cotisations sociales ne sont pas des
charges mais le fruit de son travail. m
Aux salariés d'en disposer à leur guise dans un esprit de solidarité.
Syndicat des Travailleurs de l’Industrie et des Services CNT Lille
Jules Vallès
C’est le
11 juin 1832au Puy-en-Velay (Haute-Loire) que naît Jules
Vallès. Il est le fils de Louis Vallez (avec un z) instituteur,
et de Julie Pascal, ménagère et fille de cultivateurs.
1839-1847 : La scolarité de Jules épouse la
carrière enseignante de son père, d’abord au
collège du Puy (où Louis Vallez y a été
nommé maître d’études), ensuite au
collège de Saint Etienne (il y devient maître de
septième en 1841).
L’enfant souffre de la brutalité des maîtres (il
fuguera à deux reprises), ce qui ne l’empêche pas de
poursuivre avec un certain succès ses études.
A la maison, en revanche, rien ne va plus, son père ayant une
liaison avec une amie de la famille.
En 1846, Louis Vallez obtient sa mutation au collège de Nantes.
Ce fut donc, un nouveau départ et un nouveau collège pour
Jules.
1848-1850 : A seize ans, dans la jeunesse républicaine
de Nantes. Jules fait figure de chef.
Il défile, manifeste et fait voter des motions pour
l’abolition des examens et des diplômes. Inquiétude
du père, qui l’envoie terminer ses études a Paris.
Mais, pris par la politique (La République de 48), Jules ne
travaille guère. Aussi, sa mère le ramène à
Nantes. Il échouera plusieurs fois le baccalauréat.
1851 : Malgré des relations très tendues avec
son père, Jules peut repartir pour Paris.
(avec cette "délivrance" s’achève la période
de sa vie relatée dans " L’Enfant". Pour que sa triste
expérience serve d’exemple, Jules Vallès
dédie ce roman :
A tous ceux
Qui crevèrent d’ennui au collège,
Ou
Qui pendant leur enfance,
Furent tyrannisés par leurs maîtres
Ou
Rossés par leurs parents.
Comme il s’insurge publiquement contre le coup
d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte, son père lui
donne ordre de rentrer à Nantes. Celui-ci, craignant sa propre
situation, le fait interner dans un asile d’aliénés
à l’aide d’un certificat médical de
complaisance. La séquestration de Jules durera deux mois. Il
devra sa libération à l’insistance habile de deux
amis.
1852 : Enfin reçu bachelier, et peut être
parce-que son père qui le déteste le craint tout autant,
Jules quitte définitivement Nantes pour Paris. Il a vingt ans.
C’est le temps du " Bachelier".
Ce second roman autobiographique est bien significatif, il fut dédié :
A ceux qui nourris de grec et de latin
Sont morts de faim.
1853-1856 : Inscription en droit et, plus tard, échec aux
examens. La rupture avec le père est alors consommée.
Années de bohème misérables :
obscures besognes littéraires, arrestation en 1853 pour complot politiques, deux affaires de duel…
1857 : En avril, Jules Vallès perd son père. En juillet,
anonymement, il fait paraître un premier livre "L’Argent".
1858-1866 : Période d’intense activité
journalistique, tant son talent de polémiste en impose. Nombreux
articles dans "Le Figaro","Le Temps","Le Progrès de
Lyon","L’Epoque", également dans
"L’Evènement"…. Chemin faisant, Vallès
s’attaque aux premières esquisses de "L’Enfant".
Doit cependant gagner sa vie comme expéditeur, plusieurs
années durant, à la mairie de Vaugirard. Sera même
pion à Caen, et aussitôt destitué. Rassemble
à deux reprises divers articles de combat et les publie sous les
titres "Les Réfractaires"(1865),"La Rue"(1866).grand chroniqueur
de la rue en effet que Jules Vallès, observateur ému des
humbles comme l’Anglais Charles Dickens.
1867-1869 : En 1867, Jules Vallès fonde son premier
journal, l’hebdomadaire Politico-Littéraire "La Rue",
interdit en 1868. Il collabore alors au "Globe"puis au "Courrier de
l’Intérieur", où ses articles contre la police et
le règne de Napoléon III lui valent emprisonnement et
amende par deux fois.
En 1869, il fonde à nouveau et sans plus de succès
plusieurs journaux. N’en continue pas moins d’écrire
dans de multiples feuilles de presse.
1870 : Septembre, suite à la défaite de Sedan,
chute de l’Empire. Après plusieurs arrestations,
Vallès organise un club révolutionnaire à
Belleville. Il entre au Comité central parisien de la garde
nationale, dont il démissione en octobre.
1871 : En février, Vallès fonde "Le Cri du
Peuple", un quotidien particulièrement virulent au prix modique
et symbolique d’un sou. Le premier numéro paraît le
22 février à raison de 50.000 exemplaires.
Le succès est immédiat, très vite le tirage monte
à 100.00, faisant du Cri Du Peuple le journal
révolutionnaire le plus lu dans Paris et sa banlieue.
L’administration et la rédaction se trouvaient 61 rue de
Rennes dans les locaux de l’éditeur, les bureaux de vente
au 9 rue d’Aboukir et 13 rue du Croissant.
Il écrit alors que le rêve de sa vie est enfin
réalisé, qu’il est dédommagé de
toutes ses douleurs.
Le 18 mars 1871, c’est la proclamation de la Commune.
Très actif, Jules Vallès en est élu membre, et
nommé délégué à l’enseignement.
Barricades : Vallès se bat à Belleville,
jusqu’à la fin. Après la semaine sanglante, il doit
se cacher, puis fuir. C’est ainsi qu’il s’exile en
Angleterre, via la Belgique. A Paris, le bruit court qu’il a
été exécuté.
(voilà " l’Insurgé", unique page vécue, chez nous, d’une insurrection populaire.)
1872-1879 : Années d’exil à Londres (qu’il en
a horreur), très difficiles et très sombres. La plupart
des journaux français n’acceptent plus ses papiers,
Vallès a été condamné à mort par
contumace.
Et puis, en mars 1872, il apprend le décès de sa
mère morte peut-être d’avoir cru son fils
fusillé.
En décembre 1875, il perd sa fille naturelle, Jeanne-Marie, une
enfant de dix mois qu’il adorait. Il rêve pourtant à
un grand livre historique qui retracerait le roman de sa
génération. Jamais écrit, ce récit est en
fait l’origine de la trilogie :"Jacques Vingtras". Sous le
pseudonyme de Pascal la chaussade, le début ("l’Enfant")
paraît en feuilleton au cours de l’été 1878
dans "Le Siècle". Puis en volume chez l’éditeur
Charpentier en mai 1879, il est alors signé Jean La Rue.
Le 13 juillet, il est enfin de retour à Paris.
1881-1885 : En 1881 paraît le second volet de "Jacques Vingtras"
: "Le Bachelier". Tout en écrivant-toujours des journaux de
gauche-un grand nombre d’articles, Vallès travaille
à la rédaction de "l’Insurgé", fin donc de
la trilogie.
Il parvient 1883, alors que sort en librairie "Le Tableau de Paris",
à relancer le journal de ses plus célèbres
engagements "Le Cri du Peuple".
Mais, diabétique, épuisé de travail et de tracas,
Jules Vallès meurt le 14 février 1885. Il n’a pas
cinquante-trois ans.
Le 16 février 1885, les funérailles de
Vallès donnèrent lieu à une manifestation
révolutionnaire réunissant environ cent mille personnes.
Des pauvres gens , tous ou presque, fils de la misère et
frères de la révolte.
Tous membres de la commune présents à Paris entouraient le cercueil de leur camarade.
1886 : Grâce à la diligence passionnée de
Séverine, " l’Insurgé" voit le jour.
Les trois tomes de "Jacques Vingtras", dès lors, en dépit
de silences officiels, de réticences académiques, ne
cesseront d’être réédités, et lus par
de nouvelles générations de lecteurs.
Jules Vallès avait dédié "l’Insurgé" :
Aux morts de 1871
A tous ceux
Qui, victimes de l’injustice sociale,
Prirent les armes contre un monde mal fait
Et formèrent
Sous le drapeau de la Commune
La grande fédération des douleurs.
Jean-Marie Honoret
Alias Ché Ch’ti Guevara
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