Extraits du BR
n° 17
Prud’hommes : bilan d’une élection
et d’une institution
Les aventures « prud'homesques » de Babouse
Non à l’exclusion des soins !
Lettre ouverte d’un militant anti-nucléaire
Prostitution : l’hypocrisie en actes
Appel pour une riposte aux politiques
sécuritaires
Interview de Michel Onfray
Fac, surveillance et vidéo
Soutien à Yves Peirat : le comité de
soutien dans le Pas-de-Calais
Droit du travail : questions et réponses sur
internet…
Prud’hommes
: bilan d’une élection et d’une institution
À la CNT, nous nous sommes toujours abstenus de présenter
des listes aux élections prud’homales. Loin d’un
abstentionnisme primaire ou d’une volonté un peu
puérile de se placer constamment à contre courant, notre
position est simplement en cohérence avec notre projet et notre
éthique syndicale ; éthique qui nous interdit de nous
placer en position de juger des salariés et de négocier
avec le collège patronal des délibérations qui
ménage- raient les deux parties (ce qui constitue par ailleurs
une singulière conception de l’application du droit).
Les prud’hommes : conquête du mouvement ouvrier ou
justice de classe ?
À ceux qui, par méconnaissance du fonctionnement
de cette institution créée par Napoléon, nous
rétorquent que notre attitude renforce le patronat, nous
répondons que les conseils des prud’hommes respectent une
totale parité. En effet, quel que soit le taux de participation
parmi les 16 millions de salariés, le nombre de juges
salariés sera toujours identique au total des juges patronaux.
Contrairement à toute la propagande électorale
des syndicats qui présente les prud’hommes comme une
conquête du mouvement ouvrier au même titre que la
Sécu, les congés payés ou encore le repos
hebdomadaire, nous pensons qu’il s’agit là
d’une justice au rabais sans pouvoir pénal dans laquelle
c’est au seul salarié d’apporter toutes les preuves
de sa bonne foi au risque, s’il n’y réussit pas,
d’être condamné aux dépends. C’est
aussi au salarié, dans le cas très fréquent
où le patron se montre récalcitrant, d’engager et
de payer les frais d’assignation par huissier et ceux de
l’exécution du jugement.
Un instrument d’intégration
En privé, lors de nos interventions devant cette cour
comme défenseur syndical (à ne pas confondre avec juge),
les conseillers salariés se montrent souvent fort loquaces sur
les limites et les paradoxes des prud’hommes. Alors, pourquoi
ceux-ci font-ils courir tout le petit monde syndical ? Des gros aux
petits, des représentatifs aux prétendants, des anciens
aux nouveaux alternatifs qui tous partent en campagne, en ne trouvant
que vertus à cette juridiction unique en Europe, tellement
parfaite que la plus petite des moindres réformes n’est
évoquée… Les élections prud’homales
étant le seul scrutin à impliquer l’ensemble des
salariés du privé et les contrats de droit privé
du secteur public, l’enjeu pour le syndicalisme de
représentation est de taille. En ces temps de bouleversement
sans cesse annoncé de la représentativité
syndicale, il s’agit d’être le premier ou du moins se
retrouver dans le tiercé de tête. Histoire de
négocier ici des gestions d’organismes sociaux, là
des strapontins dans telle commission ou encore des subventions voire
des locaux syndicaux… On verra même les syndicats de la
fonction publique, peu soucieux d’habitude de
précarité, faire le tour des services à la
recherche des CEC et autres emplois-jeunes, électeurs aux
élections prud’homales.
L’État, qui lui aussi est fort soucieux de
représentativité et d’intégration
syndicales, s’est montré pour ces dernières
élections fort généreux en attribuant par
décret pas moins de 5 millions d’euros aux 5
confédérations représentatives. JP Raffarin, lors
de la sauterie organisée au ministère pour clore la
journée électorale, se fendit devant un parterre de
dirigeants syndicaux de quelques paroles aimables avant de distribuer
quelques sourires devant l’égérie du syndicalisme
émergeant et alternatif, toute émoustillée
d’avoir été conviée dans les salons du
pouvoir.
Une abstention de 67,3 %
Malgré toutes ces bonnes fées qui se sont penchées
sur le berceau prud’homal, les résultats des
dernières élections ne brillent guère par leur
originalité. Ni trouble dans le tiercé de tête, ni
émergence sérieuse de concurrent. Alors que
l’élection prud’homale est la seule à
bénéficier de l’inscription obligatoire sur les
listes électorales (inscriptions faites par les patrons), le
fait le plus notable reste l’abstention qui progresse de vote en
vote atteignant les 67,3 % sur le plan national. Un tiers de suffrages
exprimés sur 16 millions d’inscrits, c’est à
peine plus que les votants pour départager les finalistes de la
« Star Académie » la même semaine. Pour
l’anecdote : coté employeur, malgré une petite
baisse de l’abstention, la participation reste très
inférieure à celle du collège salarié.
Quelle leçon pour le mouvement syndical ?
Le syndicalisme ne ferait donc plus recette. L’ouvrier,
l’employé, le cadre deviendraient
d’indécrottables individualistes, communiant avec leurs
employeurs dans la même idéologie libérale qui,
comme on nous le répète, est indépassable.
Paradoxalement, la fréquentation assidue des dits
prud’hommes ne peut que contredire une telle conclusion. Les
conseils sont les théâtres des souffrances et des
humiliations que génère notre monde capitaliste. Les
demandes des salariés y sont exprimées avec douleur et
désespoir. Licenciés de manière arbitraire
après des années de travail destructeur et d’heures
supplémentaires, les salariés viennent réclamer
justice. Ils repartiront, pour les plus chanceux, avec quelques mois de
salaires qu’ils toucheront parfois après 10 ans de
procédure (en appel, en cassation..) et après
s’être ruiné en déplacement et frais
d’avocat. Pour l’entreprise, les quelques indemnités
versées seront toujours moins coûteuses qu’un plan
social ou un conflit avec le personnel.
Récemment, dans un quotidien du soir
particulièrement inspiré, un expert « en rien
» expliquait la désaffection envers les syndicats par
l’obstination de ceux-ci à prôner la lutte des
classes tout azimut et conseillait, sans rire, au syndicalisme
français de « rompre définitivement avec la
culture anarcho-syndicaliste »
afin de retrouver ses ouailles. Modestement, nous pensons que le
syndicalisme français a opéré depuis belle lurette
ce recentrage. Quant à la CNT, ses options sont tout autres.
Joao-Manuel Gama (syndicat
CNT des services et de l’industrie de Lille).
Les
aventures « prud'homesques » de Babouse
Dans un numéro précédent, nous vous avions
appris le licenciement « pour faute lourde » de
Babouse, journaliste, dessinateur, humoriste, cénétiste.
Voici des nouvelles.
Lors de la première audience aux prud'hommes, l'employeur (Play
Bac Presse) avait reproché à Babouse d'être
lui-même l'auteur des e-mails et lettres qui lui ont
été envoyés pour protester contre ce licenciement
abusif et menacer de boycott l'ensemble des revues qu'il édite (L'actu,
Mon quotidien, le petit quotidien, Les incollables) *.
En outre, il lui avait été reproché de collaborer
bénévolement au Monde libertaire, Hara Kiri, Droit et
Société, La Riposte, Bulletin CNT 59/62,
Calais-réalité-hebdo. et ce, « sans son
autorisation »
(on croit rêver… mais non, c'est juste un cauchemar : un
journaliste n'aurait le droit de militer dans des organisations
syndicales, de s'investir dans des associations, de soutenir des causes
auxquelles il adhère… avec ses armes, le dessin et
l'humour, puisqu'elles sont les outils de travail dont l'employeur
serait le propriétaire exclusif !).
Autre reproche fait à Babouse : il serait «
caractériel »
(sic !). Il est vrai que, bien que non violent, Babouse n'est pas du
genre à tendre l'autre joue quand on lui fout une beigne et que,
par tempérament, il ne se complait pas à bêler au
sein du troupeau !
Pour ces motifs, et en référence à
l'article 7 de la convention collective des journalistes (lequel
interdit les collaborations rémunérées sans accord
préalable de l'employeur) **, Play Bac Presse avait
demandé la confirmation de la validité du licenciement,
le rejet de la demande de Babouse et sa condamnation à des
dommages-intérêts de 5 000 € ainsi qu'aux
dépens !
Comme on le voit, en France - « mère patrie des Droits
de l'Homme »
(parmi lesquels la liberté de conscience et d'expression) - on
ne badine pas avec la conception sarkozyenne de la Justice, conception
qui, bien entendu, fait le plus grand bonheur des patrons puisque
ceux-ci… ont tous les droits et que les salariés n'ont
plus qu'un seul droit à valeur d'obligation : celui de se bosser
en la fermant ! Conception qui est celle du bagne et des travaux
forcés mais qui n'est sans doute que provisoire dans l'attente
du rétablissement du servage, voire de l'esclavage !
J.C. (CNT - Lille).
* A ce sujet, signalons que pour tenir la route il aurait fallu que
Play Bac prouve ces allégations, c'est à dire que Babouse
avait lui-même envoyé les mails litigieux (note du
claviste).
** Avec la nuance suivante (note de Vincent, du syndicat CNT-
communication) : Babouse étant employé à temps
partiel, cet article de la convention collective ne peut s'appliquer,
puisque la loi prévoit que l'horaire de travail normal est le
temps plein et que Play Bac ne peut forcer Babouse à travailler
à temps partiel. La convention collective ne peut être
moins favorable que la loi.
Le compte-rendu du procès
(par Babouse lui-même)
Mon prud'homme s'est déroulé à Paris-ville
jeudi 14 novembre. Vêtu de mes plus beaux atours, je suis
arrivé à l'audience à 13 h avec mon avocat. A
l'appel, on s'aperçoit que le baveux des patrons, ben, il est
pô là ! Alors, deux dossiers passent avant nous. J'en
ramenais pas large d'autant plus qu'ainsi on a pu voir un pauvre gars
qui essayait de se défendre seul se faire laminer en deux coups
de cuillère à pot ! L'autre avocat arrive avec son
dossier avec 50 minutes de retard ! Bon, c'est à nous : je dois
rester debout derrière mon avocat, encore un peu, et je dois
baisser la tête et me flageller avec du barbelé mais
bon...! Mon avocat fait sa plaidoirie, magnifique, simple et logique.
Puis plaidoirie de l'avocat à 5 000 euros (celui du boss bien
sûr !) : en fait, il n'a rien dans son dossier, rien de rien et
il ne relève même pas les 5 chefs de licenciement sur 6
que nous avons démontrés nuls ! Il ne s'attaque qu'au
6ème donc : le fameux mail d'"insultes" que j'ai envoyé
à mon rédac chef ; il y met le ton le bougre, il est
doué, du grand art. Et quand il hausse la voix pour me lire : «
Pointer, j'ai pas que ça à foutre », « J'aime
pas les menaces » ; « Rien à péter »
ou encore « Prend ton boulier agréé MEDEF
».
on sent bien aux mimiques des juges qu'il a fait mouche ! Sûr de
lui comme un colon à Jérusalem, il ira jusqu'à
clamer « Nous avons réussi non sans mal à
casser cette grève » ou encore « Play Bac
Presse a résisté brillamment au syndicalisme de M. Monier
».
Mais ça, ça n'émeut pas les juges et mon avocat
est sur le cul ! Je vous passe sa démonstration de ma dangero-
sité potentielle (incontrôlable, caractériel...)
et tout le laïus sur le boycott, etc... Tout ça a
duré une petite heure et, Ô surprise, on nous annonce la
décision du tribunal pour le soir même !
Voici donc leur décision : abandon du licenciement «
pour faute grave » (requalifié en licenciement «
pour faute réelle et sérieuse »)
et condamnation de Play Bac Presse à me verser 4 097 euros
(indemnités de licenciement, préavis, congés
payés et un autre truc) et à me filer mon attestation
ASSEDIC jamais reçu.
Bref, d'après mon avocat, ils ont coupé la poire
en deux ne se basant pas sur la loi mais sur leur ressenti personnel
quant à des propos assez crus. Nous pourrions
éventuellement faire appel avec de nouvelles pièces
(l'avocat du boss nous a communiqué les dernières
pièces de son dossier la veille au soir du prud'homme). Mon
avocat dit qu'il y a des chances et de la matière, mais d'un
autre côté c'est aussi un coup de poker. En effet, rien ne
dit que nous aurions alors un jugement même à
moitié en notre faveur. Et puis en moyenne, ça prendrait
2 ans… et moi je suis assez pressé de tirer un trait
là d'sus ! Donc, nous attendons d'avoir la lettre officielle du
tribunal relatant sa décision (courant janvier) pour voir si
Play Bac fait appel (ce que nous ne croyons pas vu que le jugement est
aussi à moitié en sa faveur). Dans le meilleur des cas,
j'empoche le flouze, je rembourse la souscription, file ses 10%
à mon avocat et me barre placer le reste aux Bahamas !
Apparemment c'est la fin de mes aventures ''prud'homesques'',
le moment de - une nouvelle fois - vous remercier très
chaleureu- sement de votre soutien et de votre amitié ! Le
jugement est certes mitigé mais bon, ça fait un moment
que j'ai pigé qu'entre justice et jugement. y'a un de ces
fossés !!! Pas content, pas mécontent, bof, je quitte les
marécages des prud'hommes sur une musique d'Enio Morricone.
Défile le générique, je vécus heureux
jusqu'à la fin des temps et gnagnagna quoi !
Babouse (Boulogne sur
Mer).
Non
à l’exclusion des soins !
Le Syndicat de la médecine
générale, la Coordination nationale des réseaux de
santé et Médecins sans frontières dénoncent
un recul historique dans l'accès aux soins des plus pauvres, et
des mesures iniques mettant gravement en danger la santé des
patients.
Cinq millions de personnes dépendent aujourd'hui de la
couverture maladie univer- selle pour se soigner. Des hommes, des
femmes et des enfants qui ont droit à une prise en charge
immédiate et gratuite de leurs soins médicaux.
Le gouvernement a décidé de supprimer un droit
vieux de cent ans : la gratuité des soins pour les plus pauvres.
Les personnes les plus démunies devront désormais payer
en partie leurs soins médicaux et cotiser pour leur couverture
complémentaire.
Les premières mesures adoptées visent les
personnes malades sans papiers. Demain ce seront les travailleurs
pauvres, les familles vivant avec le Smic, les allocataires du RMI qui
ne pourront payer ni leurs frais hospitaliers, ni leur traitement
médicamenteux, ni les analyses radiologiques et biologiques
indispensables.
Avec les personnes bénéficiant aujourd'hui de la
couverture maladie universelle ou de l'aide médicale de l'Etat,
avec les personnes qui en sont exclues parce que leurs ressources sont
juste au dessus du seuil,
avec les professionnels de santé libéraux et
hospitaliers, les pharmaciens, les médecins de santé
publique,
avec les travailleurs sociaux qui sont à leurs
côtés…
refusons l'exclusion des soins et le démantèlement d'un
système solidaire de protection sociale.
Exigeons ensemble l’abrogation immédiate de ces mesures,
le maintien de la loi de couverture maladie universelle et son
amélioration pour les personnes dont les ressources sont juste
au dessus du seuil, par une aide à la mutualisation.
Pétition à signer sur le site http://www.paris.msf.org
Lettre
ouverte d’un militant anti-nucléaire
Dominique Desurmont, membre de « Nord- Nature »
et de « Vallée de la Lys-Nature »,
nous a fait parvenir cette lettre ouverte. La CNT ayant
participé aux manifestations anti-nucléaires
évoquées dans cette lettre, nous la publions à
titre d’info et de contribution au débat…
Le réseau « Sortir du nucléaire »
tombera-t-il dans le Nord aux mains des Verts ? On peut le redouter si
on voit comment s’est déroulée l’organisation
du bus pour la manifestation à Strasbourg du 20 octobre 2002.
L’idée de ce bus était venue milieu
septembre au sein de la réunion du groupe Greenpeace de Lille.
Il s’est vite révélé que la direction
Greenpeace de Paris refusait d’avancer l’argent de la
réservation. En tant qu’association écologiste
indépendante, « Vallée de la Lys Nature »
se proposait de faire l’avance de trésorerie.
Greenpeace-Lille a refusé notre offre et a
préféré s’adresser aux Verts. Suite à
mon insistance, Greenpeace-Lille a retenu la formule de faire deux
chèques : un chèque émis par les Verts de Lille
pour une vingtaine de personnes, un chèque émis par un
membre de Greenpeace pour le reste de l’assistance.
Cependant durant le trajet aller-retour jusqu’à
Strasbourg, c’est Dominique Plancke des Verts et non un membre de
Greenpeace qui a assuré toute l’animation. A la
dernière réunion de Greenpeace-Lille où j’ai
voulu évoquer le problème, le coordinateur du groupe et
l'animateur de la campagne nucléaire m’ont répondu
qu¹ils avaient pris contact avec les autres mouvements
anti-nucléaires de la région pour créer une
antenne locale du réseau « Sortir du Nucléaire
» et que ceux-ci n’avaient pas répondu.
J’ai voulu vérifier ces dires… Jacqueline Istas,
présidente de Nord Nature, pourtant 3ème personne
organisatrice de la manifestation d’automne 2001, n’a
reçu aucun courrier ni aucun coup de téléphone en
ce sens. Seul un e-mail aurait pu passer inaperçu. Ni Henri
Bailleul, ni Rossano Pulpito, conseiller régional et
président du MEI, n’ont souvenir de la moindre
démarche dans ce sens. Enfin, les mouvements libertaires
présents à la manifestation de 2001, la CNT et
l’OCL, n’ont pas été contactés non
plus. Bref, Greenpeace-Lille et les Verts sont en train de concocter
tout seuls une version réduite du réseau «
Sortir du Nucléaire »
et quand on sait que le responsable de la campagne nucléaire au
sein de Greenpeace-Lille est membre des Verts, la boucle est
bouclée...
Greenpeace-Lille est en train de manquer son rôle
d’arbitre entre toutes les associations antinucléaires de
la région qui pourrait seul compenser les manœuvres - pas
toujours désintéressées - des uns et des autres
(...). Et c’est certainement en toute inconscience et en toute
bonne foi que beaucoup des participants, nouvellement venus, voient
d’un bon oeil l’investissement important des Verts pour les
actions antinucléaires.
Si cependant les Verts devaient progressivement dominer l’action
antinucléaire dans la région, cela entraînerait
très vite la désaffection d’un grand nombre de
militants écologistes. Il serait à craindre - cela
s’est produit à chaque fois dans le passé -
qu’ils ne s’arrêtent pas là et prennent le
contrôle au niveau national du réseau « Sortir
du Nucléaire ».
Or, l’historique de ce parti démontre sa liaison organique
avec le parti socialiste qui ne remet nullement en cause
l’énergie nucléaire ni le gaspillage de
l’énergie. Les Verts « pluriels » ont fait le
choix dès le début d’être un parti comme les
autres, avec les mêmes manœuvres politiciennes, et le seul
objectif d’arriver au pouvoir et de s’y maintenir (quitte
à trahir les causes écologistes comme le tunnel du
Somport et le site d’enfouissement des déchets
nucléaires de Bure). Le réseau « Sortir du
Nucléaire »
serait alors stérilisé et les actions populaires (actions
non violentes, manifestations) abandonnées. Car le contrat des
Verts vis à vis du monde politique auquel ils appartiennent est
de contrôler tout ce qui se fait sur l’écologie dans
ce pays.
Face à cette possible évolution, nous exhortons
tous les militants antinucléaires de la région à
s’informer et à agir dès maintenant pour assurer au
réseau « Sortir du Nucléaire » une
base aussi large que possible.
Dominique Desurmont,
membre de « Nord Nature » et de «
Vallée de la Lys / Nature ».
Prostitution
: l’hypocrisie en actes
« Vous couchez avec nous, vous votez contre nous ! »
C'est sans doute le slogan qui révèle le mieux
l'hypocrisie du gouvernement Sarkozy... euh Raffarin, lors de la
manifestation des prostituées qui s'est tenue à Paris
devant le Sénat mardi 5 novembre.
Le premier constat en approchant du rassemblement, c’est
qu’il y avait autant de prostituées que de journalistes et
de curieux. En six ans de militantisme, je n’ai jamais vu autant
de caméras, d’appareils photos, de micros, de blocs-notes.
Des médias français ou étrangers, des soutiens
(Act Up, CNT, Verts, LCR, diverses associations) mais aussi des curieux
(des hommes, des femmes, des couples, des jeunes, des vieux, des
bourges, des paumés, des touristes, des lycéens, ils sont
tous venus « voir les putes » et mater !).
Entre 200 et 300 personnes prostituées ont eu le
courage de crier (devant des CRS dodelinant et gloussant comme des
collégiens) leur colère face au projet de loi du Fou de
la matraque, sans mauvais jeu de mot, qui criminalise les
prostituées d'en bas. Dans sa logique d'exclusion, le ministre
de l'intérieur entend ainsi "nettoyer" les rues de tout ce que
les bonnes gens ne sauraient voir, mais ne parle en aucun cas de lutter
contre le proxénétisme, ni de traquer les
prostituées d'en haut (celles qui pratiquent via internet,
certains bars et boîtes de nuit, celles qui sont dans le carnet
d'adresse des chefs d'entreprise et des politiciens en toute
discrétion ne sont pas visées...). Si ce projet de loi
devait être adopté, cela signifierait des conditions de
travail encore plus contraignantes pour les personnes
prostituées : moins visibles, elles s'exposent davantage
à l'exclusion, à la clandestinité, à la
violence et aux réseaux mafieux.
Or de nombreuses prostituées, jusqu'ici
indépendantes de tout maquereau (hormis l'État),
craignent de ne plus pouvoir exercer leur profession. Et s'il faut bien
évidemment combattre le proxénétisme, accompagner
les prostituées qui souhaitent abandonner ce travail et leur
proposer des alternatives, on ne saurait accepter l'idée selon
laquelle une prostituée ne peut en aucun cas vouloir l'exercer.
Trop des personnes, d'associations, ont une vision
unilatérale de la prostitution, et ne peuvent avoir d'autre
représentation de la personne prostituée que celle d'une
misérable victime à plaindre ou à reconvertir de
gré ou de force. Certes, pour beaucoup, la prostitution n'est
pas un choix, elle est le produit de la misère économique
et sociale et d'une société sexiste.
Toutefois, il est des femmes (et des hommes !) qui
décident de vendre des services sexuels, d'être libres de
choisir quand travailler, avec qui, à quel prix, de ne pas avoir
de patron ou de collègues emmerdeurs, ne pas devoir rendre de
compte. Il est des hommes et des femmes qui préfèrent
travailler quand bon leur semble plutôt que de trimer 8 ou 10
heures par jour pour un salaire de misère, de subir la pression,
les brimades des petits et des grands chefs, les cancans des
collègues de bureau et d'avoir des comptes à rendre. Une
prostituée âgée de 60 ans, travaillant dans un
camping-car près de Marseille explique que dans sa jeunesse,
elle travaillait à l'usine ; régulièrement elle
était contrainte de coucher avec le directeur, le
sous-directeur, le contre-maître ou autre, sans quoi chaque
minute de retard lui causait une perte de salaire d'une heure. Un jour,
elle a décidé de travailler pour elle, de coucher avec
des clients et de garder l'argent qu'elle gagnait ainsi pour elle (1).
Le corps n'est pas une marchandise, répliquera-t-on...Oui, mais
l'âme alors ? Quand on subit le harcèlement,
l'humiliation, quand on n'aime pas son travail, quand on va bosser la
mort dans l'âme en échange d'un salaire, c'est mieux
peut-être ?
N'en déplaise à certains êtres
bien-pensants ou certaines féministes, les prostituées
présentes à la manifestation se considèrent comme
des professionnelles, et le revendiquent haut et fort : «
Prostituée, c'est un métier, nous voulons l'exercer
», pouvait-on lire sur une banderole. Leur réaction au
projet de loi sur la "sécurité intérieure" est la
même que celle de n'importe quel employé dont les
conditions de travail ou l'emploi sont menacés.
Le projet de loi Sarkozy aura pour conséquence de
rendre les prostituées plus vulnérables. Obligées
de s'éloigner des centre urbains et de s'isoler pour ne pas
être accusées de racolage passif, elles seront plus
exposées aux agressions et à la main-mise des
proxénètes. Elles seront également
marginalisées, et il sera alors bien plus difficile pour les
travailleurs sociaux d'accomplir leur mission d'aide et de
prévention (distribution de préservatifs, information,
soutien, etc...).
Enfin, si ces femmes et ces hommes, qui sont pour bon nombre
d’entre eux aussi des parents, ne peuvent plus travailler, le
seul horizon qui leur est offert c’est l’ANPE, la DDASS ou
la prison... c’est pas grave, paraît qu’on recrute
dans l’administration pénitentiaire, voilà une
super reconvertion !
Au-delà des conséquences sur les personnes
prostituées, le projet de loi liberticide - approuvé,
rappelons-le par 70% des français (2) - implique quelques
précautions pour Madame-tout-le-monde. Car le seul fait
d'être vêtue d'une tenue jugée "provocatrice" ou
d'attendre le bus le soir pourrait la conduire en prison pour 6 mois,
et lui valoir 3 750 euros d'amende ! Aussi sera-t-il plus prudent
à l'avenir de ne pas forcer sur le maquillage et les
décolletés, de se renseigner sur la longueur
réglementaire d'une robe ou d'une jupe lorsqu'on sort de chez
soi, et de fuir le regard des automobilistes lorsqu'on attend le bus...
Virginie Derensy (CNT -
Lille).
(1) "Tam-tam", France inter, le 14/11/02.
(2) Si une majorité des français est hostile à
l'incarcération des prostituées pour racolage passif, 70
% approuvent néanmoins l'ensemble du projet de lois Sarkozy, sur
fond de tout-répressif et de tolérance zéro.
Appel
pour une riposte aux politiques sécuritaires
Alors que le gouvernement
Chirac/Raffarin a clairement montré son choix de favoriser
patrons et classes supérieures (baisse des cotisations
patronales et de l’impôt, attaques sur le temps et les
conditions de travail, permis aux patrons de licencier plus facilement,
offensive contre la sécu et contre les retraites)... Alors que
la casse des services publics continue avec les suppressions massives
de postes dans l'éducation, avec la privatisation à venir
d'EDF/GDF, de la Poste ou de la SNCF, une politique menée
conjointement avec la gauche depuis 20 ans sous les auspices de
l’Union européenne... Alors que la précarité
ne cesse de s'accroître... Alors que l'État accompagne et
favorise cette dérégulation sociale
généralisée qui ne crée que de la
misère...
L’État revient aux vieilles méthodes :
“ surveiller et punir ” les classes dangereuses. Cette
gestion sécuritaire de la misère se traduit par une
répression toujours plus féroce des mouvements sociaux et
des hausses formidables des budgets sécuritaires (10
milliards d’euros pour l’intérieur et autant
pour la défense).
La gauche plurielle avait pris une très lourde
responsabilité en rejoignant le consensus de la classe politique
contre un sentiment d'insécurité
créé de toutes pièces par des entreprises qui font
leur profit de la peur du bandit et par des médias avides de
sensationnel. Nous lui devons les Contrats Locaux de
Sécurité (CLS), vendus à prix d'or aux
collectivités locales pour favoriser une délation
généralisée des services sociaux. Nous lui devons
une Loi sur la Sécurité quotidienne (LSQ)
qu'elle-même reconnaissait contraire aux “ valeurs de la
République ” et qu'elle avait fait voter à titre
provisoire. Une loi qui, sous prétexte de lutte contre le
terrorisme, autorise l'intrusion de la police dans les halls
d'immeubles (par des Brigades Anti-Criminalité utilisées
pour terroriser les quartiers pauvres) et punit de prison les fraudeurs
récidivistes dans les transports en commun. Cette gestion
sécuritaire de la misère s’est renforcée
avec la loi Perben et maintenant le projet de Loi sur la
Sécurité Intérieure (LSI) de N. Sarkozy par la
désignation de nouvelles cibles expiatoires
(prostitué-e-s, gens du voyage, roms, jeunes des banlieues,
mendiant-e-s, raveur-e-s, squatteur-e-s, sans papier-e-s), leur
criminalisation par la création de nouveaux délits
assortis de peines de prison et de lourdes amendes. La loi Sarkozy
permettra également une mise en fiche
généralisée de la population : le Syndicat de la
Magistrature prévoit qu'à terme, 15 millions de personnes
se retrouveraient dans les ordinateurs centraux de la police. Un simple
soupçon policier pourra vous amener à être
fiché, y compris votre empreinte génétique.
Vous êtes coupables. Coupables de pauvreté. Coupables
d'exclusion. Coupables de faiblesse face à la force publique.
Coupables de résistance face à la nouvelle Inquisition.
Nous ne sommes pas dupes. Cette répression n'a qu'un
seul but : briser les solidarités et les résistances des
victimes de la casse sociale généralisée (casse
des droits à l'éducation, au logement, à la
circulation et l'installation, à la protection sociale, à
la résistance syndicale…). Et au final, empêcher
toute remise en cause de l'ordre social.
Nous refusons la mise en place de cet État policier !
Nous refusons d'entrer dans l'ère du soupçon ! Partout
nous devons enrayer la mise en place de cette machine à broyer
les libertés individuelles et dénoncer ceux qui s'en
rendent complices.
- Dissolution de la brigade
anti-criminalité : trop de violence, trop de
“bavures”. Ça suffit !
- Abrogation de la LSQ : elle
criminalise les plus pauvres et les jeunes (peine de prison pour les
fraudes répétées dans les transports,
pénalisation des rassemblements dans les halls
d’immeubles, des rave parties) ; elle viole la vie privée
de chacune et chacun (informatique, fouille, perquisition)…
- Abrogation de la double peine.
- Abrogation des arrêtés
anti-mendicité et des CLS.
- Abrogation de la loi Perben qui
abaisse la majorité pénale, recrée les centres
fermés et crée de pseudo juges de
proximité.
- Régularisation de tous les
sans papiers.
- Libération et relaxe
des victimes de la répression du mouvement social, des
syndicalistes et sans papiers incarcérés.
- Retrait des projets liberticides de
Sarkozy (LSI).
Premiers
signataires : Action Citoyenne en Algérie , APU Moulins, Chiche,
CNT, CDDSP, CSP 59, FA , JCR 59/62, Les Alternatifs, LCR, Melt , MRAP
Lille, Ras l’Front , Sud éducation…
Interview
de Michel Onfray
Michel Onfray, professeur de philosophie, écrivain, auteur
notamment de « Politique du rebelle », a quitté en
juin dernier l’Éducation nationale et a créé
à Caen une université populaire. Nous avons
profité de sa venue à Lille le 14 novembre dernier, lors
d’une conférence sur Pierre Bourdieu dans le cadre de
« Cité Philo », pour poser quelques questions
à cet « affranchi » de la philosophie. Nous vous
livrons notre échange…
×Ch’ brrr : Qu’est-ce qui a motivé votre
démission de l’Éducation nationale ?
Michel Onfray (M.O.) : Une fatigue générale, une
envie de ne plus avoir à supporter au quotidien la police de
l’Éducation nationale : la direction, les surveillants,
les prétendus conseillers d’éducation,
l’inspection et autres garde-chiourmes du système comme il
fonctionne. On se moque éperdument de la pratique de la
philosophie en classe terminales dans un lycée technique, on se
fiche de l’inadéquation de l’exercice de
contrôle final (la dissertation ou le commentaire de texte) avec
les possibilités des élèves, on n’a rien
à faire des notes catastrophiques dans la matière, on se
désintéresse du programme, des notions et des auteurs,
mais on se polarise sur le remplissage des billets d’absence, des
cahiers de présence et autres opérations de police... Ma
directrice, accessoirement (à tous les sens du terme) ma
collègue de philosophie, ajoutait brimades sur brimades : notes
académiques baissées (l’équivalent de huit
années en une fois !), appréciations perfides («
Essaie d’intéresser certains de ses élèves
à la Culture », etc...), assistée dans sa
tâche par les domestiques habituels (surveillants, responsables
des études, responsables de niveau) sans parler de quelques
collègues zélés...
×Ch’ brrr : Quel état des lieux faites-vous de
l’Éducation nationale aujourd’hui, en tant que
fonctionnaire de cette institution, et en tant qu’enseignant de
philosophie ?
M.O. : Le fonctionnaire est protégé par son statut et
gère les affaires courantes : il bricole dans l’incurable
pour le dire dans les termes de Cioran. Il attend l’avancement,
le changement d’échelons avec la même impatience et
le même intérêt avide que les vacances ;
l’enseignant est infecté par son statut de fonctionnaire :
il répète un cours fabriqué de longue date,
corrige les copies le plus vite possible, en pestant de ce qu’il
doit lire, il mesure l’écart entre son enseignement et ce
qu¹il découvre dans les dissertations. Les deux - le
fonctionnaire et l’enseignant - patientent en attendant la
retraite et assistent à l’émoussage de leur passion
: intacte dès l’entrée dans
l’Éducation nationale, en lambeaux au bout d’un
certain temps. Tout étant pour chacun dans le temps que recouvre
ce « certain ».
×Ch’brrr : Dans quelle mesure ce système ne
répond-t-il plus à votre « vocation »
d’enseignant ?
M.O. : Je pense et agis en anti-platonicien : je ne crois pas à
l’élève idéal, au professeur idéal,
aux programmes idéaux et aux méthodes idéales,
contrairement à l’administration de
l’Éducation nationale. Je crois à la
réalité et à la nature incarnée des
élèves. Je ne pouvais plus faire le grand écart
entre cette fiction pédagogique à laquelle croient - ou
prétendent croire... - les enseignants, mais surtout les
inspecteurs, et le quotidien, le vécu d’une classe de
philo... On fabrique des individus formatés, y compris dans la
classe de philosophie, où l’on prétend apprendre
à penser, réfléchir, analyser mais où, de
fait, on apprend l’obéissance, la soumission, la
docilité, l’hypocrisie sociale...
×Ch’brrr : Quel regard portez-vous sur les tentatives de
luttes internes concernant la trans- formation du système
éducatif ?
M.O. : Je ne crois pas à la possibilité pour
l’école d¹être autre chose que le lieu
où se fabriquent des citoyens obéissants et disponibles
pour le système et la machine sociale. Toute école agit
en moule qui contraint l’incandescence naturelle des
élèves. Pour elle, il s’agit d’extraire
l’élite appelée à gouverner (les plus
plastiques) et de rejeter ce qui subsiste (les plus rétifs).
D’où les sections vers lesquelles on dirige les futurs
chefs (les bonnes classes des sections classiques) puis les futurs
esclaves (les lycées techniques...). Changer
l’école ? Je n’y crois pas... En revanche sauver des
individualités, des caractères, récupérer
des tempéraments, j’y croyais - c’est ce qui me
faisait tenir...
×Ch’brrr : En octobre dernier vous avez ouvert une
« université populaire » à Caen, dans la
droite lignée du libertaire Georges Deherme. Comment vous
positionnez-vous face à cette tradition ?
M.O. : Je me sens effectivement anarchiste, au sens de Sébastien
Faure, Jean Grave ou Han Ryner. Une tradition française moins
« marxiste » que celle d’un Bakounine par exemple.
J’aime aussi Proudhon qui malgré des options
définitivement indéfendables (antisémitisme,
misogynie) propose des idées intéressantes avec le
fédéralisme, le mutuellisme, la coopération, la
justice. Cette tradition française m’intéresse.
Mais je crois qu’un libertaire qui lirait ces auteurs comme les
prophètes d’une religion révélée se
tromperait... D’autant que l’anarchisme est une dynamique,
un état d’esprit - ne pas obéir, ne pas commander,
récuser autant l’obéissance que le commandement -
qui, après Auschwitz, Hiroshima, le Goulag, les purifications
ethniques du XX° siècle, appelle des redéfinitions.
J’ai essayé de proposer la mienne dans « Politique
du rebelle ». Cette université populaire procède du
geste joint à la parole : proposer un savoir démocratique
(pour faire pièce aux propositions démagogiques) sans
obligation ni sanction. Gratuité intégrale : on ne
demande rien à personne, ni niveau, ni diplôme, ni
ausweiss de quelque sorte que ce soit, et l¹on ne distribue rien,
ni sésame social ou autre papier monnayable sur le marché
du travail. Le savoir y est dispensé pour le plaisir de
l’édification personnelle et du partage.
L’anarchisme ne se professe pas, il se pratique. J’essaie,
dans ma vie quotidienne, mais aussi dans ma vie publique, de pratiquer
mes idées.
×Ch’brrr : Quelle est la finalité d’une
telle entreprise?
M.O. : Constituer ce que Bourdieu appelait un «
intellectuel collectif ». Réconcilier l’intellectuel
et le public qui n’est pas habituellement le sien : la province
(la Basse-Normandie où je vis et habite), les non
spécialistes, les demandeurs anonymes d’un contenu
à la hauteur de l’université et d’une
convivialité proche de celle des cafés philo - sans la
reproduction du système assurée par les facultés,
ni les examens, et sans la thérapie verbale ou le happening
social des réunions de la plupart des cafés philo, ni les
improvisations verbeuses...
×Ch’brrr : Quels sont les cours dispensés dans
cette université ?
M.O. : Nous sommes cinq : un atelier de philosophie pour les
enfants (de sept à treize ans), et des séminaires de
philosophie générale, d’idées
féministes, d’idées politique. Pour ma part,
j’assure un séminaire de philosophie hédoniste
où nous examinons les conditions d¹une histoire non
platonicienne de la philosophie (matérialisme, athéisme,
hédonisme, utilitarisme, pragmatisme, anarchisme,
nietzschéisme, etc...) . J’ai également des
projets: en l’occurence ajouter des séminaires qui ont
trait à la danse, au cinéma, mais aussi à
l’art contemporain et à la psychanalyse, ou à la
médiologie. Pour la suite - si suite il y a...
×Ch’brrr : Quel est son public ?
M.O. : Impossible de faire une sociologie... Des hommes, des
femmes, des jeunes, des vieux, des actifs, des retraités, des
diplômés du supérieur, des gens intellectuellement
modestes... Ce que je sais pour leur avoir parlé ou avoir
entendu parler d’eux constitue un inventaire à la
Prévert : une retraitée des pompes funèbres, un
pilote d’Airbus, une visiteuse médicale, un chirurgien,
des enseignants, des femmes au foyer, des bourgeoises qui
s’ennuient, des étudiants de l’université
voisine (!), d¹anciens élèves, des chômeurs,
des comptables, du moins pour ceux qui se sont fait connaître...
×Ch’brrr : Quelles sont les motivations des
étudiants ?
M.O. : Je parlerai moins d’étudiants que
d’auditeurs... Je ne sais leurs motivations... Un désir de
reprendre des études, selon l’expression consacrée,
de renouer - ou nouer - avec une discipline mésestimée
à l’époque de sa terminale ou qu’on n’a
pas rencontrée si on n’a pas fait d’études
jusqu’au bac... Je constate que la régularité,
l’assiduité, les prises de notes, l’achat et la
lecture des livres que je signale en bibliographie montre une
détermination à s’engager dans un processus long
pour faire un travail durable sur soi et la culture alternative.
×Ch’brrr : Y a-t-il des échanges et quelles
formes prennent-ils ?
M.O. : La première heure est constituée par le
cours à proprement parler (cette semaine : les raisons de
l’oubli de la pensée cyrénaïque dans
l¹histoire de la pensée occidentale ; la dernière
séance : l’invention de la psychanalyse par Antiphon
d’Athènes, la prochaine : le contenu de la philosophie
hédoniste d’Aristippe...). La deuxième heure est
consacrée à la critique, au commentaire ou à
l’éclaircissement de l¹exposé à partir
des questions du public.
×Ch’brrr : Comment ce projet a été
financé ? Avez-vous des partenaires ?
M.O. : Pour l’instant, nous sommes dans le
bénévolat... Les salles sont prêtées par la
Ville de Caen - en l’occurence par le Musée des Beaux Arts
- et des subventions ont été demandées à la
Ligue de l’enseignement, au Centre Régional des Lettres,
à la Direction Régionale de Affaires Culturelles,
à la Comédie de Caen. Deux mois après le
commencement, nous attendons les chèques...
×Ch’brrr : Ce projet a t-il vocation à
s’étendre à d’autres régions ?
M.O. : Oui, bien sûr. Il appartient à qui s’en
empare...
×Ch’brrr : Quels problèmes avez-vous
rencontré lors de la construction de cette université ?
M.O. : Les problèmes habituels dès qu’on
crée, agit, s’engage ou travaille : l’inertie des
fainéants, la jalousie des impuissants, la
méchanceté des envieux, la perfidie des imbéciles,
le double langage des officiels, la courtisanerie des arrivistes, la
bêtise de la plupart, l’hystérie du plus grand
nombre, l’étrange perversion qui transforme les amis en
ennemis, les ennemis en amis d’un jour, etc... Rien que de
très normal...
×Ch’brrr : Avez-vous rencontré des
résistances ou des oppositions de la part des institutions ?
M.O. : Oui, bien sûr. Mais la chose n’a jamais
été dite ouvertement. La pratique habituelle de ce petit
monde sous toutes les latitudes consiste à tenir un langage
d’ouverture, de tolérance, de
générosité (« Comment pourrait-on ne pas
être avec vous, à vos côtés ! ») en
même temps qu’on manœuvre pour rendre les choses
difficiles, voire impossibles...
×Ch’brrr : Qui gère une telle entreprise ?
M.O. : Moi tout seul, malheureusement... Avec deux ou trois intimes de
ma garde rapprochée...
×Ch’brrr : Comment rémunérez-vous les
intervenants ?
M.O. : Je vous dirai tout ça quand nous aurons
reçu les subventions... On tâchera de procéder sur
le principe de l’autogestion, de la cogestion... On verra...
×Ch’brrr : Jack Lang soutient votre initiative. Est-il
plus ouvert à l’innovation depuis qu’il n’est
plus Ministre de l’éducation ?
M.O. : Je crois que pendant son Ministère, déjà,
il était curieux des innovations. Mais ne rêvez pas : un
Ministre ne décide de rien, n’a pas d’idée,
n’innove pas ; il est le domestique de ses supérieurs - le
Ministre du Budget, le Président, le Premier Ministre,
eux-mêmes les domestiques des sondages de popularité.
Interview
réalisée par Carolle (CNT-Lille).
Contre-point
par Joao-Manuel (CNT-Lille).
M. Onfray avait à priori de quoi me séduire. Voilà
un essayiste qui, malgré son goût pour les exhibitions
médiatiques, prend des positions farouchement
anti-libérales, cite - dés que l’occasion s’y
prête - les auteurs anarcho-syndicalistes, libertaires ou
situationnistes (des lectures dont je me suis aussi beaucoup nourri).
Son initiative de créer une université populaire faisait
également écho aux démarches entreprises dans le
passé autour des bourses du travail ; expériences qui
restent encore aujourd’hui dans nos cultures militantes.
Voilà enfin un anti-conformiste parmi le conformisme ambiant qui
règne chez les auteurs à succès !
M. Onfray faisait presque partie de la famille quand la lecture de
certains de ses textes comme l’écoute de ses interventions
m’ont un peu refroidi dans mon enthousiasme de départ. Je
n’ai trouvé dans les propos de celui que les médias
nous présentent comme l’héritier de la pensé
libertaire et des classiques de la subversion… qu’une
morale individualiste bien mollassonne avec quelques
références éparses aux philosophies subversives,
à la manière du Cohn-Bendit d’aujourd’hui. De
plus, sa méconnaissance - voire son mépris de
l’action syndicale (la réduisant à des
gesticulations sans intérêt débouchant au mieux sur
la revendication de papier-toilette dans les chiottes des usines) -
m’ont laissé plus que dubitatif. La
méchanceté m’étant un sentiment inconnu, je
n’irai pas jusqu’à qualifier M. Onfray de «
philosophe du confort intellectuel bobo ».
Fac,
surveillance et vidéo
Une clôture ainsi qu’une
soixantaine de caméras de vidéo-surveillance sont en
train d’être installées sur le domaine universitaire
de Lille III. L’université a été construite,
au départ, comme un lieu privilégiant l’ouverture
sur le monde extérieur. Quel(s) impératif(s) peut(vent)
être à l’origine d’un tel virage
sécuritaire ?
Il a été démontré à plusieurs
reprises que la vidéo-surveillance ne prévient en rien ni
les agressions ni les vols et qu’en plus elle n’aide
quasiment pas à faire avancer les enquêtes. Dans ce cas,
à quoi et à qui peut servir un tel dispositif de
surveillance ? Sûrement pas à NOUS protéger !
D’ailleurs, le président de
l’Université lui-même invoque d’abord la
sécurité des ordinateurs lorsqu’on
l’interroge à ce sujet … Ce dont on peut fortement
douter : ce qui est inefficace pour les personnes l’est aussi
pour des machines (les grilles au fenêtres, une alarme
assourdissante, une porte blindée, le tout relié au
commissariat, n’ont pas empêché le braquage
d’une salle informatique l’année dernière ).
Le coût de ces travaux s’élève
à près d’un million d’euros. On
dépense de l’argent pour la protection d’un
matériel qui nous fait tant défaut (Lille 3 est
l’une des universités les plus mal dotée de France)
et, en même temps, on baisse le budget de chaque UFR de 10 % :
saine logique financière hé, hé ,
hé… !
En levant la tête, on remarque que des caméras
permettent la surveillance des halls, des couloirs principaux, des RU
(on commence à ne plus trop comprendre…), de la
cafet’ (sic), de l’aéroport (resic), le couloir des
associations (aïe !) et… différents locaux du
personnel (aïaïaïe !!)… Cela laisse augurer bien
d’autres utilités (toi qui est employé ici,
étranger, boursier, militant associatif ou même fumeur de
joint, vois-tu de quoi on parle ?…).
L’origine de ces mesures se trouve dans
l’idéologie sécuritaire qui gangrène la
France en ce début de siècle. Leurs principales
conséquences sont la peur de l’autre, la paranoïa, le
fantasme d’une violence omniprésente et donc plus
d’individualisme : c’est diviser pour mieux régner !
Un exemple : dans les entreprises, la vidéo-surveillance sert de
contremaître électronique et permet une « gestion
des ressources humaines » très efficaces. Autrement dit,
le flicage du personnel est de rigueur !
En fait, ce « sécuritarisme » accompagne
harmonieusement la politique de démantèlement des acquis
sociaux que mènent le MEDEF et le gouvernement (réformes
des retraites, de la Sécu, du RMI, des ASSEDIC…). A
l’université, ce démantèlement se traduit
entre autre par la casse du statut national des diplômes, la
privatisation de nombreux services et l’augmentation
prévue des frais d’inscription (cf. réformes 3-5-8
: viens nous voir pour plus de renseignements).
Nous pensons que le vrai problème est social, celui de
la pauvreté, du racisme, du chômage, des dominations et de
l’exploitation engendrés par le système
économique et politique actuel. A la logique répressive
des gestionnaires, nous opposons la lutte pour d’autres rapports
sociaux. Nous pensons que le but de l’éducation est de
permettre l’émancipation de chacun et non pas de faire
intégrer les intérêts des patrons et de
l’État ! Nous refusons donc le partenariat établi
entre l’Université et la Préfecture, qui
n’est rien d’autre que la mise sous tutelle de
l’Éducation par la Police (viens nous voir pour plus de
renseignement…).
Nous voulons que l’université soit un lieu ouvert sur le
monde, ouvert à tous, où l’on privilégie la
protection des savoirs et des acquis sociaux à celle des
machines ! Comme le disait Reno de Lofo : « L’avenir
appartient à tous ceux qui le prennent ! ». Alors,
organisons-nous et résistons !
CNT-éducation,
section universitaire de Lille.
Soutien
à Yves Peirat :
le comité de soutien dans le Pas-de-Calais
L’union locale de la Confédération nationale du
Travail (CNT) de Béthune, dont le champ d’influence
s’étend à l’ensemble du bassin minier,
soutient la cause d’Yves Peirat, un militant antifasciste
incarcéré dans les Bouches-du-Rhône.
Entre 1995 et 1999, le groupe Franc-Tireur Partisan (FTP) animé
par Yves Peirat a organisé une demi-douzaine d’actions
offensives principalement contre des locaux du Front national à
Marseille. Arrêté en 1999, Yves Peirat a été
condamné en février 2001 à 5 ans
d’emprisonnement et plus de 700 000 francs de dommages et
intérêts. Depuis, il purge sa peine au centre de
détention de Salon-de-Provence.
Or, début octobre 2002, Yves Peirat a été
placé en quartier d’isolement pour avoir
dénoncé dans un tract les conditions déplorables
de détention, le fait que « le détenu reste
taillable et corvéable à merci, sans aucun droit »
et demandé l’application de la loi sur le droits des
malades. Depuis, de lourdes menaces pèsent sur sa
libération conditionnelle initialement programmée en
janvier prochain.
A l’heure ou l’État français a fait
libérer Maurice Papon, responsable de la déportation de
dizaines de juifs pendant la seconde guerre mondiale, et de
l’assassinat de militants anticolonialistes lors de la guerre
d’Algérie, la CNT demande la libération
immédiate d’Yves Peirat.
A l’origine de la création dans le Pas-de-Calais
d’un comité de soutien en sa faveur, la CNT multiplie les
campagnes de pétitions sur les marchés du secteur... Des
initiatives bien accueillies par la population comme
dernièrement à Lens, à Béthune ou encore
à Liévin.
Le comité de soutien peut être contacté lors des
permanences de la CNT qui se déroulent chaque vendredi de 14
à 19 h à la Maison des syndicats, 558 rue de Lille
à Béthune.
Comité de soutien
à Yves Peirat.
Droit
du travail : questions et réponses sur internet…
1) Pas de contrat de travail : CDD ou CDI ?
Une personne qui travaille dans une entreprise depuis 11 jours et
qui n'a signé aucun contrat (CDD ou CDI) est-elle en droit de
réclamer son embauche au sein de cette même entreprise ou
l'employeur est-il obligé de l'embaucher ?
La signature d'un contrat de travail n'est obligatoire que pour un CDD.
A défaut (c'est à dire s'il n'y a pas eu signature d'un
contrat de travail), le salarié est - selon la loi -
embauché pour une durée indéterminée
(références du code du travail : L 122 - 3 - 1). Bien
sûr, il peut être viré (avec un motif sérieux
quand même !) pendant ou à la fin de sa période
d'essai (1 mois ou plus selon la convention collective de laquelle
dépend l'entreprise *). Bref, après la fin de la
période d'essai, le salarié peut s'estimer en CDI. Par
contre, les patrons ne connaissent pas forcément la loi et
parfois même s'en battent les flancs. Donc, le patron peut dire
au salarié : « Monsieur, votre CDD est terminé
». Le salarié peut alors lui rappeler la loi (« Vous
ne m'avez pas fait signer de contrat de travail, je suis donc
automatiquement en CDI »). A ce niveau là, deux solutions
: soit le patron s'incline (c'est possible ; si, si !), soit il dit
qu'il n'en a rien à foutre (ce qui implique pour le
salarié de déposer un recours aux prud'hommes). Si
recours aux prud'hommes, ceux-ci confirmeront le caractère
à durée indéterminée de l'embauche et le
patron sera astreint au paiement de 6 mois de salaire (sauf bien
sûr si le patron fait appel... car alors là, ç'est
une autre histoire... et on en rediscutera le moment venu). Tout ceci
est valable pour n'importe quelle entreprise privée, mais cela
ne s'applique pas dans la fonction publique.
Joao-Manuel (CNT-Lille)
* la
référence de la convention collective figure sur la fiche
de paye.
2) ETAM et RTT
Je voudrais savoir si c'est normal : je suis ETAM, je travaille 9
heures 30 par jour et 5 jours par semaine, je n'ai droit qu'à 11
jours de RTT par an. Est-ce que mon patron est en faute ?
Si un accord "35 heures" a été signé dans
ta boîte, alors tu as droit à un nombre de RTT
prévu par cet accord. Mais nous ne pouvons pas t'en dire plus,
car les accords "35 heures" sont différents d'une entreprise
à l'autre. Bref, il faudrait consulter une copie de cet accord
(l'entreprise a l'obligation de mettre à disposition des
salariés un exemplaire de la convention collective applicable ;
tu peux également la consulter à l'inspection du
travail). Il faudrait voir aussi de quelle convention collective tu
dépends, car les ETAM n'ont pas le même statut en fonction
du secteur dans lesquels ils bossent, de la taille de l'entreprise,
etc.
CNT - Lille.
3) Travail non
rémunéré
J'ai un problème avec un employeur qui refuse de me
régler un travail que j'ai effectué. J'effectue des
enquêtes pour un organisme qui se trouve à Roubaix. Moi je
suis à Nice. C'est un travail intermittent. Dernièrement,
j'ai effectué une enquête sur leur demande à Leroy
Merlin les 8 et 12 octobre 2002. On est normalement réglé
le 15 du mois suivant. Ne voyant rien venir, j'ai
téléphoné et on m'a indiqué que mon
enquête ne serait pas rémunérée par manque
de certaines informations. Or je n'ai pas été
prévenue et j'ai eu des frais de déplacement (le magasin
est à 30 km de chez moi) et d'achats (comme à chaque
fois, qui sont normalement remboursés). J'ai envoyé dans
les temps le rapport avec les tickets de caisse et le contrat de
travail signé, ce qu'ils ne nient pas puisqu'ils confirment
avoir tout reçu. Ce n'est pas une grosse somme, mais j'estime
cela très incorrect et très "arnaque". Si tout le monde
se laisse faire, ils doivent trouver souvent des pigeons pour faire du
travail qu'ils ne payent pas. Alors par principe je voudrais intenter
une action, au moins pour leur faire peur. A qui puis-je m'adresser ?
A partir du moment où tu as toutes les pièces prouvant
que tu as bel et bien travaillé, il faudrait que tu fasses un
référé auprès du conseil des prud'hommes
(un « référé » est une
procédure d'urgence). En effet, les prud'hommes - même
s'ils ne font qu'appliquer le droit du travail (parfois très mal
et avec beaucoup de compassion pour les patrons ; d'ailleurs la
moité d'entre eux sont des représentants du patronat) -
sont très vigilants pour les retards ou non-paiements de
salaire. Bref, ils ordonnent souvent le paiement avec exécution
immédiate. La demande de référé se fait
auprès du conseil prud'homal du lieu de domicile du
salarié (donc pour toi, c'est Nice), pas de l'employeur. Ce
référé n’empêche pas
simultanément de mettre en route une autre procédure
(toujours auprès des prud'hommes), une procédure sur le
fond cette fois, avec demande de dommages et intérêts. Tu
peux aussi contacter ton employeur en lui disant que tu as pris contact
avec un avocat et/ou une organisation syndicale et que tu envisages,
avec leur aide, une action auprès des prud'hommes. Parfois,
c'est suffisant pour débloquer la situation.
Eric (CNT-Lille).
4) Bulletin de paie
Mon salaire n'est pas versé à date fixe. Est-ce
légal ?
La paie doit être versée à date
régulière. Le bulletin de paie remis dans le même
temps. Il n'y a pas de date-butoir. Mais si, par exemple, le salaire
est versé la première fois le 15 du mois, par la suite il
doit être versé le 15 de chaque mois. Si cette
règle n'est pas appliquée et si les variations sont
importantes et entraînent un préjudice pour le
salarié, il faut contacter ton syndicat ainsi que l'inspection
du travail du lieu de ton entreprise et éventuellement aller aux
prud'hommes.
David (CNT-Lille).
5) Changement de
statut
Un copain, animateur socio-culurel à Calais,
s'inquiète d'un possible changement de statut à son
boulot. Il est actuellement co-directeur d'une maison de quartier et
salarié du CCPD (Comité Communal de Prévention de
la Délinquance), une association para-municipale de type loi de
1901. Il a un CDI. Il serait fortement question à Calais que le
personnel du CCPD passe sous la gestion directe de la Mairie de Calais
avec un statut de contractuel de la Fonction Publique Territoriale ce
qui n'enchante personne. Avez-vous des infos dans le Nord ou ailleurs
sur le meilleur type de réponse à apporter à cette
situation ? Comment faire pour s'y opposer ? Au nom de quoi ?
Les CCPD ont été dissous par Sarkozy. Autrement dit,
l'association para-municipale va être sans doute appelée
à disparaître, sauf à modifier son objet. A Lille,
une association para-municipale a été dissoute il y a
quelques années : les intéressé(e)s ont eu le
choix entre intégrer la Mairie ou partir avec une prime de
licenciement. Celles-ceux qui ont fait le second choix galèrent
encore pour du boulot !
J.C. (CNT-Lille).
Ici, on a eu un cas du
même genre :
les auxiliaires de vie (les personnes chargées de l'aide aux
personnes handicapées) ont failli passer du statut «
employées du CCAS » à celui de «
contractuelles employées par une asso privée »
après que la mairie ait privatisé le service (avec accord
de la CFDT et de la CGT, soit dit en passant). La CNT du Havre à
réussi à leur faire obtenir le statut de fonctionnaire
municipal (une titularisation). Donc elles gardent leur salaire et leur
ancienneté.
Vincent (CNT-Le Havre).
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