Extraits du BR n° 16
LA CULTURE N'EST PAS UNE MARCHANDISE !
NON A LA CASSE DU STATUT DES MI-SE !
AIDE-EDUCATEURS : CEUX QUI SE BATTENT PEUVENT PERDRE… CEUX QUI NE SE BATTENT PAS ONT DEJA TOUT PERDU !
APPEL ADOPTE LORS DE L'INTERSYNDICALE ETUDIANTE DU 28 SEPTEMBRE 200 A PARIS VIII
PROMOUVOIR L'EGALITE DES CHANCES ENTRE FILLES ET GARCONS DANS LE SYSTEME EDUCATIF
11 SEPTEMBRE
LE SOMMET DE JOHANNESBURG : "TO BE OR NOT TO BE", SUIVI DE "QUE FAIRE" ?
QUESTIONS ET REPONSES EXTRAITES DE NOTRE LISTE INTERNET REGIONALE...
CNT-BETHUNE : INTERVENTION A LA MAIRIE DE MAZINGARBE
CA SE PASSE COMME CA CHEZ MAC DONALD'S
LA REDOUTE
CONTRE LA REPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL
DISPARITION D'UN CAMARADE
INDY MEDIA CENTER
LA CULTURE N'EST PAS UNE MARCHANDISE !
Stop ! Ne laissons pas le fric nous asservir et standardiser la culture
! Défendons la libre expression, la libre création !
Nous refusons la logique mercantile de ce système qui
veut réduire la culture à une culture basée sur le
profit et qui la transforme progressivement en véritable outil
de propagande. A culture unique, pensée unique…
La culture n'est pas rentable et elle coûte beaucoup
d'argent à l'état et aux collectivités. Voila
l'argument du Medef pour bâillonner la culture. Or cet argument
résulte d'une étude réalisée par l'UNEDIC,
étude faussée qui ne prend pas en compte les cotisations
des professionnel(le)s du spectacle employé(e)s en permanence.
De plus, par ce discours, le Medef tente de culpabiliser les
professionnel(le)s du spectacle vivant et de l'audiovisuel, alors que
la majorité de ces derniers ainsi que la plupart des
travailleurs sont déjà victimes d'une
précarité organisée par ceux là même
qui sont convaincus d'avoir reçu le droit naturel de nous
exploiter.
L'état, quant à lui, en instaurant une
réglementation de conformités contraignante et
coûteuse condamne des salles de spectacles (théâtre,
concert, cinéma) qui permettent l'émergence, la diffusion
de créations originales abordables et visibles par toutes et par
tous.
Si nous ne réagissons pas aujourd'hui, ce sont dans un
avenir très proche les deux tiers des professionnel(le)s du
spectacle ainsi que la diversité culturelle qui vont tout
simplement disparaître. CDI, intermittents, précaires,
chômeurs… c’est tous ensemble qu’il faut
lutter !
Nous demandons :
- la remise en cause du doublement des cotisations,
- la taxation du show-business et des spectacles de plus de 2000 spectateurs,
- la prise en compte des animations et des interventions dans les écoles, les quartiers, les entreprises, les prisons...
- la considération des heures de répétition et de préparation comme un travail effectif,
- la constitution
d'états généraux de la culture pour
redéfinir les enjeux de la culture dans la société
et la place de la personne humaine au sein de la société.
Fédé CNT communication - culture - spectacle.
Pour vous tenir au courant de nos activités, abonnez-vous à notre lettre électronique : spectacle.rp@cnt-f.org
NON A LA CASSE DU STATUT DES MI-SE !
Les postes de MI-SE (surveillant-e-s de collège et lycée)
réservés aux étudiant(e)s sont sensés
participer à l'ouverture de l'université aux classes
sociales les moins favorisés. La possibilité d'avoir
accès aux études supérieures est en jeu.
L'annulation de 5 000 créations d'emplois programmées
(pas de remplacement des MI-SE qui arrêtent, moins de
stagiérisation, + d'heures supplémentaires) et la
suppression de 5 600 postes de MI-SE est une atteinte à
l'accès à l'université et à nos conditions
de travail.
Au boulot feignasses !
Sommes-nous des glandeur(se)s ? D'après l'État, il
semblerait que oui. En effet, si on supprime des postes, c'est
qu’il y a trop de monde et pas assez de travail, non ? Il
faudrait qu'on mette au boulot à notre place ceux qui
décident pour nous. Car moins de MI-SE, c'est + de boulot pour
ceux-celles qui restent : t'enchaînes les portails avec les
appels sur l'ensemble du bahut, puis tu entres les absences dans l'ordi
sans oublier de surveiller les couloirs pendant les interclasses.
Pendant ce temps, l'autre MI-SE se tape 4 heures de permanence
d'affilée. Et pas moyen de faire une pause de récup' :
y’a la demi-pension !
Quant à l'argument qui justifierait ces suppressions de
postes, à savoir la baisse des effectifs d'élèves
dans le secondaire, il ne tient pas vu que 50 000 élèves
en moins, ça en fait un ou deux par établissement... La
baisse des effectifs de MI-SE, en plus d'augmenter notre charge de
travail, va nous obliger à être plus flexibles, à
accepter les heures sup' (pour remplacer un camarade malade ou en
exam'), car un seul absent et, en effectif réduit, c'est le
bordel. Flexibilité aussi dans l'emploi du temps : des MI-SE en
demi-poste sont parfois obligés de prendre 3
demi-journées disjointes de travail (alors que, rappelons le,
les MI-SE décident collectivement de leur emploi du temps ; il
ne doit être imposé ni par un CPE, ni par qui que ce soit
!).
Nous ne sommes pas des flics
Avec la disparition des aide-éducateurs (AE) et la
réduction du nombre de MI-SE, les surveillant(e)s ne vont faire
plus que du flicage et de la répression. Déjà,
dans les conditions actuelles, combien d'entre-nous ont le temps de
faire autre chose ? Combien de surveillant(e)s ont le temps de monter
des clubs, de faire de l'aide individualisée aux devoirs ? De
plus cette réduction d'effectifs, en influençant nos
conditions de travail, ne peut que détériorer nos
rapports avec les élèves. Nous ne sommes pas des
machines. En étant fatigués, sans cesse
sollicités, sous pression constante, nous nous énervons
plus facilement et sommes moins à l'écoute des
élèves.
Étudiants pauvres, un cadeau pour les patrons…
Ne soyons pas naïfs, combien d'étudiant(e)s pris dans un
travail ont finalement mis leurs études de côté ?
Les étudiant(e)s pauvres doivent passer une partie de leur temps
à travailler au lieu d'étudier, ce qui accroît
l'inégalité entre les étudiants-travailleurs et
les autres. Et pourtant, dans un tel contexte, le “ pionicat
” permet aux étudiant(e)s de s'en sortir. Le projet du
gouvernement vise à détruire le statut de droit public
des surveillants qui leur confère des avantages de la fonction
publique. Le passage à un statut de droit privé pour des
personnels cogérés par l'État et les
collectivités territoriales ne nous garantit plus la
sécurité de l'emploi indispensable quand on s'engage dans
un cycle d'étude. La fin du statut du MI-SE donnerait aux
étudiant(e)s à la recherche d'un revenu une seule
alternative : devenir de la chair à patrons, docile et flexible
(Mc Do, entre autres, a des contrats spéciaux pour nous bouffer
tout cru).
La précarité devient la norme
Actuellement, tous les contrats de droit privé dans
l'Éducation Nationale sont des emplois précaires (CEC,
CES, AE, contractuels) et la logique capitaliste tend à
s'attaquer aux plus faibles c’est à dire aux plus
précaires de manière illégale en exigeant toujours
plus d'eux (remplacer d'autres personnels, travail hors des
attributions du salarié). D'ailleurs combien de “ Vie
Scolaire ” tourne avec le renfort des AE et de CES qui font
exactement le même boulot alors qu'ils ne devraient pas (les AE
ne doivent pas se substituer à un emploi déjà
existant) et bien moins payés (un AE gagne dans les 900 €
par mois pour 35 heures). Le recours aux précaires est
généralisé dans l'Éducation, un(e) prof
contractuel(le) fait le même boulot q'un(e) prof titulaire et
pour un salaire moindre. Dans ce sens, rien ne garantira aux
étudiant(e)s salarié(e)s de l'EN les conditions minimales
pour poursuivre leurs études (aménagement des emplois du
temps, salaire décent). Aujourd'hui, un CEC secrétaire de
vie scolaire fait 30 heures par semaine pour un salaire de 830 €,
un(e) surveillant(e) d’externat pour le même travail fait
28 heures et gagne 980 €. On peut parier que le gouvernement et
les collectivités territoriales s'aligneront sur les plus bas
salaires pour les nouveaux contrats des MI-SE.
L'élargissement de ces types de contrat aux
surveillant(e)s et aides-éduc’ montre encore une fois la
nécessité de l'unité de tous les personnels
(agents de services, enseignants, surveillants, titulaires,
précaires) dans les luttes. Défendre ensemble les plus
précaires, c'est défendre tous les personnels des
attaques présentes et futures de l'État.
CNT éducation
AIDE-EDUCATEURS : CEUX QUI SE BATTENT PEUVENT PERDRE…
CEUX QUI NE SE BATTENT PAS ONT DEJA TOUT PERDU !
Quoi de neuf ?
Cela va faire 5 ans que nous avons été embauchés.
D’entrée, le gouvernement nous avait mis au courant : “ Vous ne serez pas titularisés ”.
Bon nombre d’entre nous ont cru que cela ne serait pas vrai,
croyant à la bienveillance d’un gouvernement de gauche
et/ou aux revendications des grosses centrales syndicales. Bilan :
nibe, que dalle !
Le nouveau gouvernement de droite conclut ce qu’avait
commencé son prédécesseur : prolongation des
contrats jusqu’en juin 2003 pour éviter le bordel dans les
écoles et les bahuts… et puis à la rue (18 000 AE
au chômage en juin) ! Bref aucun changement de statut. L'objectif
principal est de nous foutre dehors avant la fin du contrat
(d'où quelques efforts, insuffisants, sur le plan de la
formation). Le gouvernement qui s'indigne du traitement des
licenciés de Michelin et autres Marks & Spencer
n'hésite pas à créer et à abuser d'un
contrat de travail qui réalise les rêves les plus fous du
MEDEF : flexibilité (heures annualisées),
précarité (CDD) et contrat de travail flou.
L’élection des conseils académiques
d’aides-éduc’ devait porter nos revendications.
Qu’en est-il ? Rien de neuf. N'oublions pas que la
"qualité" essentielle de ces conseils est d'être
consultatifs. Ce qui veut dire qu'ils n'ont aucun pouvoir. Ils ne
servent qu’à nous museler, ils sont un prétexte
pour dire “ regardez on vous écoute ”.
Le Rectorat répondra aux revendications de ce Conseil s'il le
veut bien. Nous n'avons que faire de son indulgence et devons imposer
nos revendications par un rapport de force.
La lutte !
Il est temps (dans moins d’un an, nous sommes à la
rue) que les AE s'occupent de leurs affaires. Ne plus attendre la
bienveillance du gouvernement ou que les grosses centrales syndicales
portent nos revendications. Cela fait un moment que la colère
couve chez les AE. Chaque fois, cela s'est terminée par une
pseudo assemblée générale (non
décisionnelle mais d’information…) où des
représentants syndicaux notent nos doléances et vont les
apporter gentiment à l'inspection académique. Notre lutte
ne sera efficace que si nous la prenons en main, c'est à dire en
nous organisant à la base, en décidant nous même
lors d'assemblées générales de la façon de
mener notre lutte. Ce n'est pas avec des manifestations sans lendemain
que nous mettrons la pression mais en s'organisant de façon plus
radicale : grève reconductible, occupations, etc. Par la
grève, nous prouverons à nos chefs d'établissement
que nous sommes utiles à la bonne marche des collèges,
lycées et écoles, et au Pouvoir que nous sommes capables
de dépasser nos problèmes individuels pour porter des
revendications collectives, que nous sommes prêts à
prendre nos affaires et notre avenir en main.
La CNT exige la titularisation des aide-éducateurs en
emplois de droit public au profil bien précis (animateur / trice
de foyer, de BCD ou de salle informatique, responsable de stages,
aide-documentaliste, etc.). Une fois titularisé(e)s, une
formation doit nous permettre d'assurer notre travail dans les
meilleures conditions. Nous voulons des vrais métiers, à
part entière : la polyvalence est trop souvent l'alibi pour nous
faire effectuer des tâches d'autres personnels (surveillance,
remplacement de profs, travail administratif, etc.). Nous n'avons pas
vocation à remplacer les personnels absents, ni à assumer
le manque de recrutement de l'Éducation nationale. Que le
ministère recrute !
CNT éducation
APPEL
ADOPTE LORS DE L'INTERSYNDICALE ETUDIANTE DU 28 SEPTEMBRE 200 A PARIS
VIII A LAQUELLE ETAIENT PRESENTS : CNT (PARIS I), CRU (NANTES) ET FSE
(BESANCON DHJON, PARIS(VIII)*:
“ Depuis son arrivée au ministère, Luc Ferry a
clairement indiqué qu´il appliquerait les décrets
signés par le précédent gouvernement mettant en
place le système ECTS (European Credit Transfer System). Ce
système revient à instaurer un “ diplôme
à points ”.
Concrètement, un diplôme universitaire ne
s´obtiendra plus par année avec des examens par
matière validant l´assimilation de connaissances, mais par
le biais d´une accumulation de points. Selon le ministère
de l´Éducation, cette réforme vise à une
harmonisation européenne des diplômes. En fait, via le
renforcement de l´autonomie des universités et des
modalités d´attribution des points qui ne sont garanties
par aucun cadre ni national ni européen, elle aboutit à :
La casse du cadre national des diplômes qui assure une
cohérence des enseignements et l´égalité
entre étudiants ;
La mise en concurrence des universités ;
La privatisation rampante à travers la présence de plus
en plus importante d´intérêts privés au sein
des universités.
Cette réforme se met en place au niveau européen et
rencontre une résistance dans les universités de
plusieurs pays, comme en Espagne ou en Allemagne. Nous nous inscrivons
dans la logique de ces différents mouvements en Europe et
exigeons une éducation publique, laïque, gratuite et
ouverte à tous.
Nous exigeons donc le retrait inconditionnel, ni amendable ni
négociable, des décrets d’application qui mettent
en place les ECTS ”.
* Solidarité étudiante, SUD-étudiants
et l'UGEM avaient accepté le principe de l'intersyndicale, mais
n'ont pas pu venir pour des raisons techniques. L'UNEF-RS a
refusé l'idée d'une intersyndicale nationale (pour cause
de différend avec la FSE), tout en appelant à des
intersyndicales locales. Les autres organisations invitées n'ont
pas donné de réponse. Les organisations présentes
ont d'ores et déjà convenu de se revoir à Paris le
26 octobre afin de faire le point sur la situation dans les
différentes facs et prévoient de travailler
régulièrement ensemble de cette manière. D'ici le
26 octobre, un second texte d'appel sera proposé
(rédigé par des militants CNT), plus étoffé
et reprenant les revendications du mouvement de 1995.
PROMOUVOIR L'EGALITE DES CHANCES ENTRE FILLES ET GARCONS DANS LE SYSTEME EDUCATIF
Dans le temps comme dans
l’espace, l’asymétrie sociale hommes / femmes est
patente pour peu qu’on accepte de se pencher sur tous les aspects
attestant des différences de traitement des individus du seul
fait de leur appartenance à l’un des deux sexes (pour les
cas les plus clairs). Dans nos cultures libérales, les pratiques
les plus ahurissantes sont identifiées chez “ les autres
”, dans des communautés où les femmes ne peuvent
évoluer dans leur environnement social que voilées,
masquées ou stigmamatisées de diverses manières
(l’imagination humaine est féconde en la matière),
où des petites filles sont assassinées car socialement
inutiles, ou excisées sous couvert de lois traditionnelles.
Des discriminations insidieuses
Or, pour ce qui concerne nos sociétés, ces
discriminations demeurent, mais prennent un tour plus insidieux. En
effet, après la période des grands mouvements sociaux des
années 60-70 au cours desquels notamment des féministes
ont, outre l’obtention de revendications concrètes, fait
passer dans les représentations socialement partagées des
germes de conscience concernant l’illégitimité de
certains usages, discours et attitudes dépréciatifs
à l’encontre des femmes. Ainsi, chacun de concevoir
aujourd’hui les femmes comme “ libérées
”, traitées dans le respect de
l’égalité chère à nos cœurs de
démocrates. Cependant, il nous reste à admettre que les
situations réellement vécues ne reflètent toujours
pas ces perceptions idylliques. Il suffit de comparer
l’inégale répartition de la pauvreté, de la
précarité, des niveaux de salaires, des postes de pouvoir
effectivement occupés, des réelles opportunités de
travail à temps plein, de la discrimination à
l’embauche sur la base de questions, spécifiquement
réservées aux femmes, concernant le désir ou
l’effectivité d’une maternité ; questions par
ailleurs interdites dans la réglementation du travail. Cette
liste n’a pas même la prétention de se vouloir
exhaustive…
Un peu d’histoire
Le contexte social que nous connaissons aujourd’hui est
issu d’acquis obtenus, dans de fermes batailles contre les
résistances consensuelles, par des personnes qui se sont
engagé(e)s pour que les femmes puissent voir leur situation
évoluer. Des réglementations s’ensuivirent,
adoptées par les gouvernements successifs, qui ont
autorisé des pratiques appartenant maintenant à nos
mœurs. De 1836 où une ordonnance réglementait
l’enseignement primaire pour les filles, passant par 1850 et la
loi Falloux rendant obligation aux communes de plus de 800 habitants
d’avoir une école primaire de filles, il a fallu attendre
1861 et l’opiniâtreté de Julie Daubié pour
qu’une femme puisse accéder au Baccalauréat,
qu’elle obtint en l’ayant préparé seule.
L’officialisation de l’accès
généralisé aux femmes pour ce diplôme
n’a été concrétisée qu’à
compter de 1919 (il gardait un programme d’enseignement
spécifique… ainsi, certains individus passaient leur bac
“ femme ” !). Ce n’est qu’en 1900 que le
barreau s’ouvrit à une femme, en 1924 que les programmes
de l’enseignement secondaire furent communs pour les publics
féminins et masculins, en 1930 que la première femme
pût entrer à l’école Centrale, en 1938 que
les femmes purent s’inscrire à l’université
sans l’autorisation de leur mari (ce texte abrogeant du
même coup la notion “ d’incapacité civile
”), en 1972 que l’École Polytechnique devint mixte.
Ce rapide panorama historique, largement tronqué, illustre
combien fut lente et laborieuse l’évolution des
possibilités d’accès au savoir pour les femmes.
A compter de 1984, le secrétariat d’État
chargé des droits des femmes (et non “ ministère du
tricot ” du Général de Gaulle qui devait
probablement faire pouffer nombre de femmes et d’hommes à
l’époque !) ainsi que le secrétariat
d’État chargé de l’enseignement technique
signent une convention qui fait de l’orientation des jeunes
filles vers la formation industrielle un objectif prioritaire. Je me
permets ici d’émettre un avis réservé quant
à la perception d’un progrès sous-jacent aux
perspectives que cette convention autorise …
Par contre, la loi d’orientation de 1989
réaffirme la mission d’égalité de
l’enseignement, qui implique pour leurs personnels une
nécessaire contribution à la restriction des traitements
inégaux engendrés par la perception d’une
appartenance sexuée (qui ne peut se faire que dans la mesure des
moyens qui leur sont accordés !). J’en viens à la
présente convention qui complète cet historique. Mis
à part ce que je propose de qualifier comme
éléments de “ rappels à la loi ” de
type. “ Améliorer l’orientation scolaire et professionnelle des filles et des garçons ”
: des prémices à cet objectif peuvent être
situés en 1998 quand fut instauré un secrétariat
d’État aux droits des femmes complété par la
notion de formation professionnelle, de plus associé au
Ministère de l’emploi et de la solidarité.
En outre, la loi du 11 juillet 1975 relative à
l’éducation, qui rappelle le droit à une formation
scolaire et à une éducation permettant
l’épanouissement optimal de tout enfant et se devant de
constituer les fondations de son éducation permanente,
n’est pas censée exclure de fait les filles, ni même
les personnes issues de groupes dits “ défavorisés
” de toute espèce qu’elles soient…
Par ailleurs des modulations dues au contexte social sont
perceptibles dans la réitération en plusieurs endroits de
la loi d’orientation de 1989 de la notion de droits à
l’éducation et à la formation continue pour les
filles et pour les garçons (ou pour les hommes et pour les
femmes). Du reste, tout y apparaît déjà pour
travailler à “ promouvoir l’égalité
des chances entre les filles et les garçons dans le
système éducatif ”. En effet, ce texte contient en
lui-même toutes les dispositions nécessaires à la
mise en place de cet objectif, énoncé parmi
d’autres. On y identifie également les personnels
participant de la “ communauté éducative ”
reconnus comme nécessitant des aménagements dans leur
formation initiale ou (compris dans son acception inclusive) continue.
Cette loi contient également les dispositions
permettant d’évaluer la réalisation de ses
objectifs. Notamment la constitution du conseil supérieur de
l’Education, organisme consultatif réunissant
conjointement des représentants de différents corps de
professionnels, de parents d’élèves, ou
d’organisations associatives et permettant
d’élaborer ou poursuivre les réflexions concernant
les missions de l’État dans l’éducation.
Quels moyens ?
En ce qui concerne les moyens à se donner
(éventuellement à rappeler, la répétition
est un des fondements de la pédagogie, dit-on dans certains
milieux autorisés !), de nombreux processus mis à jour en
psychologie sociale concernant les relations intergroupes et leurs
corollaires inévitables. Ainsi, comparaisons sociales
inter-groupes et inter-individuelles, attributions de valeurs
transmises individuellement (formations de normes et
d’impressions) ou véhiculées dans et entre des
groupes “ précatégorisés ” ; les
effets de valorisation plus ou moins heureuses des groupes ; des
généralisations abusives attribuées aux membres
qui les composent.
Tous ces processus ayant un impact sur les attitudes ou
conduites inter-individuelles. Leurs effets détectés dans
nombre d’études, tant sur un plan cognitif que perceptif ;
sur les représentations de soi et d’autrui, incitant
notamment des stéréotypisations (Schadron, Yzerbyt,
Leyens entre autres)- s’appliquent aussi à
l’appartenance sexuée. On connaît aussi quelques
mécanismes liés aux jugements des personnes, aux attentes
illustrées dans “ l’effet Pygmalion ”.
En outre, les conceptions développées autour de
la jugeabilité sociale révèlent des
potentialités individuelles non négligeables. Il semble
que nous construisons puis nous référerons à des
“ scripts de jugements ” qui doivent probablement se
vouloir équitables. Toutes ces données aujourd’hui
bien démêlées me paraissent être de
véritables outils de formation qui devraient être
divulgués le plus largement possible par les professionnels
maîtrisant ces problématiques à la majeure partie
de ce qui constitue la “ communauté éducative
”.
Je pense par ailleurs que chaque enfant sera réellement
“ au centre du système éducatif ” quand les
effectifs de l’ensemble des classes sera réduit à
un maximum de 15 à 20 élèves, que les personnels
seront responsabilisés, notamment par le biais de formations qui
resteront à mon sens constamment à améliorer,
quand les parents seront respectés et dans les faits
associés au mieux aux projets éducatifs
élaborés pour l’accès à de
réelles perspectives d’insertion sociale et
d’épanouisse- ment optimal de leurs enfants, quand de fait
les différents personnels IATOS recevront une formation leur
donnant une sorte de “ label d’expertise
d’appartenance à la communauté éducative
” et une réelle insertion dans l’élaboration
des projets des équipes pédagogiques, tout en conservant
leurs compétences reconnues dans chaque spécialisation
professionnelle.
Le texte de la convention du 25 février 2000
présente nombre d’aspects intéressants allant dans
ces directions. Il me semble qu’on peut compléter les
réflexions et propositions présentées par un
complément dans les programmes d’histoires de celle
impliquant des femmes, qui peuvent adopter pour tous les enfants des
attributs de “ modèles ” au même titre que
nombre d’évènements attribués à
l’action de quelques figures masculines marquantes. Quant aux
présentations des métiers, plus ou moins prestigieux,
associés un peu trop spécifiquement à l’un
ou l’autre groupe de sexe ; ainsi qu’aux
aménagements à apporter à l’image
différenciée voire encore emprunte de
stéréotypes (que chaque enfant, parent et professionnel
pourrait apprendre à identifier comme tels) des hommes et des
femmes dans les manuels scolaires quotidiennement manipulés dans
les communautés éducatives, des éléments
restent à travailler (cf. “ Papa lit, maman coud ; les manuels scolaires en bleu et rose ”.
Annie Decroux-Masson. Denoël/Gonthier). Cette analyse
proposée en 1979 peut encore s’avérer pertinente
aujourd’hui. Pour ce qui concerne par exemple
l’éducation civique, n’omettons pas que Marianne
n’a encore dernièrement été
sélectionnée dans notre “ Star System ” que
sur la base de critères prioritairement esthé- tiques !
Pour élargir le propos, la féminisation des noms
de métiers, fonctions, grades ou titres (circulaire du 11 mars
1986, réaffirmée le 6 mars 1998) reste un travail qui
peut être proposé à l’école au cours
des séquences concernant la grammaire, et justement les
apprentissages liés aux “ genres ” attribués
aux mots de notre langue. Aujourd’hui, les doctoresses (en
médecine par ex.) sont plus nombreuses que les docteurs. Or, le
vocabulaire traditionnellement employé n’a pas pour autant
été adapté à cette nouvelle donne sociale.
Il me semble enfin que le CSA pourrait également
être invité, dans les orientations gouvernementales
adoptées par nos représentants, à organiser ne
serait-ce qu’une chasse mini- male aux stéréotypes
discréditant la catégorie “ femme ”
(n’excluant pas d’autant les autres groupes
dépréciés) largement véhiculés dans
les médias.
Enfin, les objectifs seront atteints quand les femmes seront
insérées dans chaque groupe social dans un rapport
identique (de l’ordre de 50 %) à celui qui constitue la
population générale.
Isabelle (CNT-Lille).
PS : Je me dois ici de remercier Ghislaine, institutrice
d’école maternelle, chargée de direction, militante
syndicale, membre du Collectif Régional pour les Droits des
Femmes, de m’avoir dans un cadre informel apporté, par ses
explications et sa documentation particulièrement pratiques pour
traiter de ce sujet, de quoi nourrir abondamment ma propre
réflexion.
De plus, j’y inclus l’humour de Mathieu pour ses
caricatures judicieuses et pertinentes caractérisant
l’établissement de rapports inégalitaires pouvant
s’insérer jusqu’au sein des foyers !
Les cours de psychologie sociale dispensés à Lille 3 y ont contribué également pour une large part.
11 SEPTEMBRE
Le 11 septembre est une date historique que l’on se doit de
commémorer dans le respect et l’affliction. Pour ceux qui
n’étaient pas nés à l’époque,
il faut aussi assurer un devoir de mémoire et de transmission.
Dont acte !
Je commence par les faits qui sont par eux-mêmes assez parlants comme le journal télévisuel.
Il était une fois un chef maffieux ou sectaire de la middle-class internationale…
Il était une fois un chef maffieux ou sectaire (les avis des
historiens divergent, mais à la CNT on sait que ça
n’a pas grande importance : un chef c’est un chef !) de la
middle-class internationale qui avait sous ses ordres des cadres
techniciens et schizophrènes qui étudiaient
l’aéronautique loin de chez leurs parents. Et sous ses
ordres encore, plein de pauvres gens dont les parents étaient
certainement morts, vu que l’espérance de vie du coin
(quel coin ? les avis des géographes divergent…) posait
pas de question de fonds de retraite.
Ce chef a envoyé ses aéronautes attaquer des
tours à coup de cutter dans une trousse d’école
(rentrée scolaire oblige) et les tours sont tombées
très bien, très joli, comme dans tout film catastrophe
qui se respecte.
Ensuite, y’avait un autre chef atrabilaire et immature
que n’importe quelle institutrice du far-west aurait viré
vite fait du saloon par la peau du cou, tant il est mal
élevé et encombrant, qui voulait, pour se venger
d’avoir perdu au Monopoly, balancer tout plein de bombes
n’importe où (parce que lui, il divergeait pas, il savait
même pas que le mot géographie existe).
Ce chef, lui, c’était un chef démocrate ou
républicain (on sait plus) qu’avait été
élu parce que les urnes de Californie étaient trop
binaires ou pas assez binaires (on sait plus).
Heureusement, ce chef était bien encadré par de fins états-majors qui ont dit : “ Pas tout partout n’importe où, mais là ”.
Là, on sait pas pourquoi, mais on suppose que c’est par ce
qu’ y avait du charbon et de la houille comme en Rhénanie
ou dans l’ex bassin minier.
Aussitôt dit, aussitôt fait : là ! La
technique de guerre, c’était un mixte de Viêt-Nam et
de plan Marshall bien résumé (pour la télé
faut résumer vite : ça date de l’Irak - vous savez
1991 - mais on s’en fout, c’est pas une date historique) :
d’abord on balance des bombes et ensuite des sacs de riz.
Voilà les faits. “ Bin… , vous disent ceux qu’étaient pas nés de ce temps là, je
comprends pas : l’année dernière mon voisin de
palier, qui buvait comme un trou depuis son licenciement, s’est
tué contre un platane vachement vindicatif en
insécurité. Et on en a pas fait une date historique,
même au niveau du quartier ”.
Ceux qu’étaient pas nés comprennent vraiment rien
à rien : l’émotion, voyons, l’émotion
! Pour faire une date historique, il faut de l’émotion.
Ça a commencé tout de suite, l’émotion : par
trois minutes de silence dans les écoles : je vous dis pas :
“ une ” minute, pas “ deux ” minutes, mais
trois ! Si c’est pas une preuve d’émotion ça,
une preuve à la fois religieuse et rationnelle. Trois quand
même, c’est plus que un. La preuve !
Ensuite l’émotion : le chef sectaire ou maffieux,
vous pouvez pas imaginer la gueule qu’il avait. Moi je l’ai
vu qu’une fois à la télé, mais magnifique il
était. Tout de suite, je l’aurais encadré en
calendrier PTT entre ma poupée provençale et mon coucher
de soleil en pastel.
Devant une grotte, le patriarche, pour faire contraste avec
les tours, tellement statique, posé et calme devant les
caméras qu’il se faisait carte postale d’avance.
Sûr que le cow-boy frénétique tenait pas la route
à côté, lui qui ne bénéficie pas des
apports d’une religion non figurative. La CIA a de sacré
progrès à faire en iconique et les publicités Nike
aussi.
Film catastrophe basique, bien construit et kitsch de prophètes
de religion révélée, d’où la date
historique et le devoir de mémoire : qu’est-ce
qu’ils sont bons les services secrets chinois !
J’espère que maintenant c’est clair, pour
chacun et chacune pas nés à l’époque,
pourquoi le 11 septembre est une date historique.
Ce soir (9 septembre 2002), soucieuse de me mettre à jour en
pédagogie de dates historiques, je suis de nouveau allée
consulter la télé pour raconter la suite des
évènements à ceux qu’étaient pas
nés à l’époque…
La sainte-trinité
Donc, on m’a montré le pays d’ousque l’état-major avait dit “ pas tout partout n’importe où, mais là ”.
Un vrai conte de fées. Ce pays est maintenant dirigé par
la sainte-trinité : le père, c’est un vieux roi de
droit divin comme l’empereur du Japon après Hiroshima. Le
fils, c’est un chef maffieux ou sectaire, très
élégant et distingué, diplomate et plein de
paroles historiques en matière de dates historiques. Le
journaliste de TF1 lui demandait si par hasard y’en avait pas de
par chez lui qui un brin en voulait un peu au cow-boy de
s’être pris plein de bombes sur la tête, il a dit que
non en anglais. Et traduit en français, ça a donné
“ péripéties malheureuses ”. Très beau… “ péripéties malheureuses ” !
Du pur Racine… Quant au saint-esprit, c’est un petit
prince avec une grosse casquette ridicule sur la tête.
Moi, au début, je croyais que la casquette était
ridicule, mais on m’a expliqué que c’était
celle de son Papa, qu’était un grand héros, sauveur
du peuple, affiché sur les murs selon la méthode
soviétique (Je suppose comme ça que c’est le
même imprimeur depuis des lustres, qu’a les commandes
d’État en matière de quadrichromie de propagande,
la-bas, dans ce pays de conte de fées. Depuis Nietzsche, ce
terroriste qu’a réussi son coup, en tout pays on change
plus facilement d’opinion publique que de machines offset).
Parenthèse close. Donc le petit-prince saint-esprit de 14 ans
à grosse casquette a harangué le peuple et j’ai
compris une chose des informations de la télé,
c’est que pour la prochaine guerre… c’est pas du
riz, mais des crayons de couleurs qu’il faut que je mette de
côté en date historique par philanthropie.
En revanche, ce que j’ai pas compris, c’est
pourquoi, à chaque fois qu’on me montrait une femme dans
ce pays de conte de fées, avant de me dire son nom, son
métier ou son activité, on m’expliquait
qu’elle portait ceci, cela, un voile, pas ceci, pas cela, dans la
rue, pas dans la rue, de trois quart ou à moitié.
J’ai pas compris mais je respecte, et donc j’informe
médiatiquement le lecteur que je porte un pantalon noir et un
pull rouge à rayures blanches pour écrire ces lignes. Une
tenue automnale parce qu’après les informations, à
la météo on m’a dit que c’était
l’automne. Dont acte !
Agnès (CNT-Lille).
LE SOMMET DE JOHANNESBURG : "TO BE OR NOT TO BE", SUIVI DE "QUE FAIRE" ?
Récemment, s’est tenu le
Sommet de Johannes- burg. Chacun a eu l’occasion d’en
entendre parler en ouvrant son petit écran à
conditionnement (sécuritaire et conservateur). Surnommé
modestement “ sommet de la Terre ” ou “
conférence sur la Terre ”, 2ème du nom après
celle de Rio il y a exactement 10 ans, il est organisé par les
Nations Unis. Cent pays ont participé. Grande messe
internationaliste, il célèbre cette grande expression
consensuelle, fourre-tout et vague qui depuis le Sommet de Rio a fait
fortune, à savoir le développement durable (est durable
un développe- ment “
qui répond aux besoins du présent sans compromettre les
capacités des générations futures à
répondre aux leurs ”). Bien entendu, chacun le comprend comme bon l’arrange.
Pourtant, cette réunion de tant de chefs d’État ou
de leurs représentants venus de tous les coins de la
planète est profondément intéressante, car - quoi
qu’on puisse penser de ce sommet et de son utilité - il a
le mérite de mettre l’accent, l’espace de quelques
semaines, sur des constats que même le Capital et ses
États ne peuvent taire, nier et ignorer ainsi que de les
renvoyer à ses propres contradictions.
Le Sommet de la Terre est la bonne conscience et la con-
science lucide du capitalisme comme l’OMC est sa
vérité première. Il est un peu la recherche de la
mise en place d’un équivalent à la
sociale-démocratie déchue du siècle dernier : un
capitalisme qui veut se sauver lui-même, car plus personne
n’ignore les conséquences du développement sans
limite du Capital.
Après deux siècles de développement
industriel, développement qui s’est
accéléré au 20éme siècle, les
désastres sur notre planète sont énormes et les
risques de nous asphyxier par les rejets toxiques et
l’amoncellement de déchets grandissants. Comme en
témoignent les quelques exemples qui suivent :
- réchauffement climatique qui entraîne des inondations
dans les pays dits du Nord (certains esprits voient d’ailleurs,
à tort ou à raison, dans les inondations qui se sont
abattues en pleine été en Europe Centrale, les
premières conséquences de ce réchauffement),
sécheresse à l’inverse dans les pays tropicaux,
montée du niveau des mers et disparition de terres (parmi les
plus peuplées sous les eaux) ;
- trou dans la couche d’ozone (dans ces conditions, la
multiplication des campagnes pour se protéger du soleil pourrait
ne pas être innocente, puisque s’il y a moins de couche
d’ozone nous sommes moins protégés contre le soleil
;
- la déforestation galopante dans les pays équatoriaux et
tropicaux qui est loin de ne concerner que l’Amazonie. La
conséquence en est, là aussi, la sécheresse
devenue une calamité dans la plupart des pays tropicaux
même si elle n’atteint pas partout l’ampleur du
Sahel. Ainsi, depuis 7 ou 8 ans, l’Amérique Centrale
est-elle touchée par des sécheresses attribuées
communément à la déforestation ;
- baisse des réserves animales et végétales ;
- baisse des ressources énergétiques ;
- pollution de l’eau, de l’air ;
- montagnes de déchets ;
Je ne compte pas les accidents chimiques divers, voire
nucléaires, ni les conséquences de
l’industrialisation alimentaire ou du bâtiment (amiante)
aux conséquences dommageables pour la santé humaine.
En outre, comme le capitalisme par nature a besoin de se
développer toujours davantage et de trouver de nouveaux
marchés, il lorgne pour ce faire sur la “ biotope ”,
les dernières forêts vierges qui par leurs trésors
“ génétiques ” sont sources de profits futurs
incommensurables pour les maîtres du Monde. Comme il a besoin de
conquérir de nouveaux territoires sur la vie, le Capital en est
venu à voir dans l’intimité même de la vie,
dans les profondeurs des cellules, de nouvelles sources de profit. La
génétique, végétale depuis quelques
années déjà, mainte- nant animale et prochainement
probablement humaine (la re- cherche médicale en ce domaine
n’est pas nouvelle, on peut raisonnablement penser qu’elle
est le cheval de Troie “ humanitaire ” qui permettra
progressivement des gains énormes, bien au-delà de la
seule médecine, en habituant les esprits aux “ bienfaits
de la recherche en génétique humai- ne ”. Sinon
comment expliquer le forcing médiatique sur le
Téléthon ? Tout cela pourrait bien signifier un nouveau
stade dans la catastrophe que nous vivons au plan écologique et
humain. Face à lui-même, le Capital ne sait que faire : il
est boulimique, mais dans le même temps il se rend bien compte
que cette boulimie pourrait s’avérer le “ premier
suicide mondial ” et par la même le dernier. Les Sommets de
la Terre nous disent cela.
Au 20éme siècle, le Capital a conduit à
une première catastrophe, la première guerre mondiale,
puis à une seconde catastrophe plus dramatique encore que la
première, la deuxième guerre mondiale. Il a ensuite
frôlé une troisième guerre mondiale qui aurait sans
doute été fatale. Ces drames s’expliquent largement
par le progrès technologique, l’industrialisation
croissante de la société, la quête de nouveaux
marchés et les blocages économiques qui s’ensuivent
lorsqu’il y a difficulté à en trouver. Le Capital a
finalement été sauvé par son instinct de survie et
sa capacité à rebondir.
Rien ne garantit qu’il en sera à nouveau ainsi,
et qu’au lieu d’une troisième guerre mondiale nous
ne vivions pas un suicide écologique et social. Car les Sommets
de la Terre, c’est aussi les États (Les Nations Unies) qui
se rendent compte que plusieurs siècles d’exploitation de
la terre, de conquête par le Capital de la planète
n’ont pas été sans conséquences sociales et
humaines : les inégalités sociales, devenues fractures,
se sont transformées en gouffre, un gouffre qui ne fait que
s’accroître. Moins d’un cinquième de la
population mondiale possède plus des 4 cinquièmes de la
richesse mondiale. Si on tient compte des inégalités
à l’intérieur des pays “ riches ”, on
prend la mesure de ces inégalités : en 1996, 345
individus avaient une fortune cumulée de 1 000 milliards de
dollars, en 2000 ils sont 128. Une fortune qui correspond au revenu de
3 milliards de personne. Les inégalités sociales se sont
ainsi fortement accrus en 5 ans.
Du coté des miséreux, le constat est alarmant et
à la mesure de la richesse acquise de l’autre
côté : 2 milliards d’individus n’ont pas
accès à l’électricité, autant
souffrent d’anémie, 1 milliard de personne est
analphabète, 1,3 milliards sont sans eau potable, le même
nombre vit avec moins de 1 dollar par jour, 2,3 milliard avec moins de
2 dollars. Du fait de l’explosion démographique, il
s’agit bien d’une masse considérable et croissante
de population devenue dangereuse pour les profiteurs et qui les
poussent à transformer l’Europe et les États-Unis
en forteresse.
Difficile pour le Capital de ne pas être conscient des
déséquilibres écologiques et sociaux où son
développement et son règne ont conduit. Comment peut-il
éviter une explosion sociale en sus des désastres
écologiques ? Jadis, pour casser les risques d’explosion
sociale dans son centre, il avait inventé ce que certains
appelèrent la société de consommation (de masse) ;
théorisée par l’économiste Keynes et
lancée dès le début du 20éme siècle
aux États-Unis par Ford ; remarquable moyen par ailleurs de
relancer sa machine qui s’était quelque peu
grippée. Remarquable aussi d’efficacité puisque
l’effet escompté a largement été atteint.
Seulement, aujourd’hui, la machine est à nouveau
grippée et vouloir casser les risques d’explosion sociale
au niveau mondial (et donc à un tout autre niveau que par le
passé) en intégrant les pauvres à une
société de consommation de masse mondialisée est
certes une solution attrayante, mais impossible parce qu’elle ne
ferait qu’accroître les déséquilibres
écologiques. Si la population chinoise se mettait à
consommer autant que les USA et à gaspiller de
l’énergie comme ils le font, les ressources mondiales
seraient rapidement épuisées et les rejets carboniques
dans l’atmosphère rendraient invivables la planète.
Le Capital est donc pris entre un risque d’explosion
sociale et les désastres écologiques. Chercher à
contenir le premier ne ferait qu’accentuer le second. La solution
théorique réside alors dans le concept de
développe- ment durable qui n’est au fond qu’une
modernisation de la social-démocratie. La réalité
et la pratique sont cependant plus complexes. Comment être le
Capital, assumer sa nature et réparer ce qui en est la
conséquence directe ? Le con- texte qui entoure la naissance du
développement durable est, en effet, très
différent de celui de la social-démocratie qui est
née à une époque où le mouvement ouvrier et
communiste étaient puissants et représentaient une menace
réelle.
Rien de tel aujourd’hui. Le Capital n’a plus le danger
d’une opposition forte. Au contraire, il est grisé par son
succès et sa victoire sur ceux qui prétendaient le
dépasser. Le développement durable n’est donc
qu’une théorie. Les circonstances ne poussent nulle- ment
le Capital à l’appliquer. A la limite, il
représente une théorie facile pour ceux en mal
d’idéologie prétendument oppositionnelle (un peu)
au Capital.
De ce fait, le sommet de Rio avait fait un peu illusion. Celui
de Johannesburg l’a dissipé. Ainsi en 1992, 0,6% du PIB
français était consacré à l’aide aux
pays dits en développement. Le sommet de Rio avait
décrété que nous devions atteindre le chiffre de
0,7% en 2002. Le résultat est que nous sommes à 0,3% !
Les pays les plus gaspilleurs s’étaient engagés
à réduire leurs rejets de monoxyde de carbone. Le plus
gros d’entre eux (et de loin !), les États-Unis, a depuis
longtemps et officiellement renoncé à son mensonge de
1992 (pour une fois, ils sont capables de ne pas mentir) : il ne
réduira pas ses émissions. Le Capital est donc une
machine emballée et le développement durable qu’un
rideau de fumée.
Il appartient donc à ceux qui contestent le Capital
parce qu’il est par nature exploitation de l’Homme par
l’Homme et exploitation de la Nature à outrance,
jusqu'à compromettre notre propre survie, de se saisir du
problème. Nous devons dénoncer le Capital en mettant en
évidence sa nature profonde et les conséquences
irréversibles où ils nous entraînent. Bien entendu,
cette dénonciation doit dépasser le stade du verbal. Elle
doit être un acte de résistance et être active.
David H.(CNT-Lille).
QUESTIONS ET REPONSES EXTRAITES DE NOTRE LISTE INTERNET REGIONALE...
1) Pour une copine d’origine algérienne
Schéhérazade, une copine d'origine algérienne
tente en vain de renouveler sa carte d'identité : selon
l'administration, avec le système de nouvelles cartes
d'identité, son ancienne carte ne peut être prise en
compte comme base de document. On lui réclame donc le livret de
famille de ses parents. Or Schéhérazade est totalement
brouillée avec sa famille : athée, vivant avec un
français d'origine polonaise, sa famille l'a rejetée et
même menacée de mort lorsqu'elle a eu 18 ans. On imagine
mal ses parents lui rendre service et lui prêter le fameux livret
! Question : que faire ???
Virginie.
Réponse : Avec l'ancienne
carte d'identité, elle peut se procurer un extrait d'acte de
naissance à la mairie (si c'est dans la région, c'est
simple). Les employé(e)s de mairie abusent en assimilant la
demande de renouvellement de la carte d'identité à une
demande de nationalité. Or elle possède
déjà la carte (ne remettre que des photocopies et
conserver l'ancienne carte) ! Pas besoin du livret de famille.
Insister, demander rendez-vous avec le responsable du service si la
personne au guichet rechigne pour monter le dossier.
Pour prouver la nationalité (ce n’est pas son
cas) sans livret de famille et sans carte d'identité, c'est en
effet kafkaïen ! Née en France après le 1er janvier
1963, la nationalité française est pourtant
évidente. Si ses parents sont nés en Algérie avant
62, ils ont peut-être conservé la nationalité
française, fréquent chez les nombreux "harkis" dans la
région (nationalité par l'article 18 du code civil).
Sinon ils sont de toute façon nés sur un territoire alors
français (nationalité par l'article 19.3). Mais c'est
à elle de le prouver ! En l'absence de livret de famille, il
faut faire une demande au service central de l'état civil de
Nantes qui a conservé les actes de naissance de ses parents (les
dates et lieux de naissance des parents figurent sur son propre acte de
naissance mais il faut quand même fournir les actes des parents).
Aldo (CNT-éducation 59).
2) Refus de mutation
Est-ce qu'une (très grosse) boîte a le "droit" de muter
un employé d'une de ses filiales vers une autre filiale "sans
son accord" et sous la menace de licenciement en cas de refus de sa
part avec, pour conséquence de la mut', une baisse d'indice et
donc un risque de baisse de salaire ?
Stéphane.
Réponse : Le salarié a
le droit de refuser une mutation. Ce n'est assimilé ni à
une "démission", ni à un "abandon de poste", ni à
un "refus de travail", ni à un "licenciement pour faute grave",
ni à un "licenciement pour faute réelle et
sérieuse".
Néanmoins, l'employeur - en cas de refus de mutation -
peut toujours envisager un "licenciement économique". Dans ce
cas, le salarié licencié ne perd pas ses droits aux
ASSEDIC, il a droit aux indemnités de licenciement, etc.
Ceci étant dit, l'employeur a-t-il proposé une
mutation à d'autres salariés ? Si oui, et si ceux-ci
acceptent, alors celui ou ceux qui auront refusé auront
peut-être des chances de rester (ça dépend du
nombre de salariés que l'entreprise locale veut garder).
Joao-Manuel (syndicat CNT des services et de l’industrie - Lille).
PS : En cas de mutation, le
conjoint peut démissionner pour suivre le "muté" et, dans
ce cas, le dit conjoint a droit aux ASSEDIC.
3) Convention collective
Comment puis-je connaître la convention collective dont dépend l’entreprise où je travaille ?
Philippe.
Réponse : Lorsqu'une ou plusieurs conventions collectives
s'appliquent à une entreprise, l'employeur doit prévenir
son personnel en affichant un avis à ce sujet sur les lieux de
travail. Les références de cette convention figurent sur
la fiche de paye et un exemplaire de la convention est mis à la
disposition des employés qui peuvent la consulter sur leur temps
de travail. Le CE, les DP et les DP en possèdent
également un exemplaire. D’autre part, toute personne
intéressée peut consulter le texte des conventions
collectives dans les directions départementales du travail et de
l'emploi (DDTE). Enfin, certaines conventions sont publiées au
Journal Officiel. Elles peuvent être commandées par
correspondance au JO, 26 rue Desaix, 75727 Paris Cedex 15.
Jean-Michel (Dunkerque).
4) Liquidation, dépôt de bilan et licenciement économique
Je viens de lire sur votre site internet l’article paru dans
le BR n° 15. J'ai une question simple : en cas de liquidation, les
salariés ont-ils droit à une prime de licenciement ?
J'entends par prime celle perçue en cas de licenciement
économique. À ce niveau, y a t'il une nuance entre
liquidation et dépôt de bilan ?
Frédéric.
Réponse : Pour les salariés, il n'y a pas de
différence entre liquidation et dépôt de bilan. En
effet, dans les deux cas, les salariés ont droit à une
prime de licenciement. Cette prime est minimale et
déterminée par la convention collective. Si la convention
ne prévoit pas le montant de la prime, c'est le minimum
prévu par le code du travail (pour les salariés ayant au
moins 2 ans d'ancienneté, c'est un dixième de mois de
salaire de référence par année de présence
jusqu'à 10 ans ; au-delà de 10 ans, c'est pareil + 1
quinzième de mois de salaire par année de présence
au-delà de 10 ans). Si l'entreprise n'a pas assez d'argent pour
payer la prime, c'est un organisme spécial auquel il a
cotisé qui la prend en charge. D'autre part, si l'entreprise a
plus de 50 salariés, il y a obligation de "plan social" (la
prime ne sera pas forcément plus importante, mais des stages de
formation pourront être proposés).
CNT-Lille.
CNT-BETHUNE : INTERVENTION A LA MAIRIE DE MAZINGARBE
Quatre militants de l'union locale CNT de Béthune ont
été auditionnés au commissariat de police de
Liévin mardi 17 septembre suite à une intervention en
mairie de Mazingarbe (Pas-de-Calais). La délégation
s'était rendue à l'hôtel de ville pour exiger de
Bernard Urbaniak, le maire "sans étiquette", qu'il cesse ses
pressions à l'encontre de l'une de ses administrées
âgées de 78 ans (le premier magistrat cherche à la
faire quitter sa demeure pour la raser afin de construire un parking et
il a engagé à cet effet une démarche de mise en
péril imminent du domicile). Pour toute réponse, le
secrétaire de mairie, en l'absence présumée du
maire, leur a demandé de prendre rendez-vous. Devant notre
assistance et notre refus de quitter son bureau, le fonctionnaire
territorial s'est réfugié dans un mutisme total, refusant
de contacter son supérieur. Moins d'une heure plus tard, un
bataillon d'une vingtaine de policiers débarquait. Après
explications, quatre militants de la CNT ont été conduits
- libres - au commissariat de Liévin d'où ils sont
ressortis une heure plus tard. Le secrétaire de mairie, lui
aussi interrogé, a décidé de porter plainte pour
séquestration et insultes. Quant au maire, il était
apparemment en mairie lorsque les syndicalistes ont été
appréhendés.
Mardi 24 septembre, soit une semaine après les faits,
le maire est enfin sorti de son silence... Il adopte manifestement un
profil bas même si certaines de ses allégations concernant
l’état de la demeure (“
Les pièces de cette maison sont truffées d'étaies
! les plafonds s'effondrent des suites de fuites de la toiture ! etc...
”, affirme-t-il notamment dans un courrier diffusé via
internet) ou encore l’inertie de la famille restent purement
mensongères…
Signalons par ailleurs que l’UL-CNT a décidé de ne
pas se rendre au rendez-vous fixé par la mairie quelques jours
auparavant dans la mesure où le fonctionnaire territorial
n’avait toujours pas retiré sa plainte pour
séquestration et insultes contre les quatre membres de la CNT
béthunoise (nous en faisions un préalable à toute
reprise du dialogue) même si nous pensons que le Parquet
“ne suivra pas”... par crainte de faire monter la tension
d’un cran.
La "mini-occupation" nous a permis d’instituer un rapport de
force favorable qui a finalement contraint le premier magistrat
à revenir sur sa volonté initiale (il est vrai jamais
publiquement avoué) de faire partir de son domicile une dame
âgée de 78 ans. Il devrait dorénavant la laisser
tranquille !
Autre bonne nouvelle, depuis, cette dame a rejoint les rangs de la CNT ! Comme quoi, seule la lutte paye...
UL-CNT de Béthune.
CA SE PASSE COMME CA CHEZ MAC DONALD'S
Le 16 octobre, la CNT est intervenue dans plusieurs restaurants Mac
Donald’s de la région à la demande du syndicat CNT
de l’hôtellerie et de la restauration. La CNT
réclame l’homogénéisation des conditions de
travail et des salaires, sans différenciation entre McDo-France
et les franchisés (restaurants gérés par un
particulier). La CNT réclame par ailleurs de nouvelles
négociations sur les 35 heures ainsi qu’une réelle
application du droit syndical (McDo est en effet le champion de
l’anti-syndicalisme). Cette action s’inscrivait dans le
cadre d’une journée nationale d’action
organisée à l’échelle mondiale.
LA REDOUTE
Un “ plan social ” déguisé…
Alors que l’accord RTT signé en juin 99
prévoyait environ 300 embauches, on assiste actuellement
à La Redoute à une curieuse série de licenciements
“ pour faute ”. C’est ainsi que 80 salariés de
toute la France (la plupart âgés de plus de 50 ans) se
sont dernièrement retrouvés “ pris en faute
”. Un véritable “ plan social ”
déguisé qui s’explique sûrement par la
prochaine ré-organisation globale de l’entreprise et de
ses filiales (Conforama, Daxon, Cyrillus et SOGEP), cette
ré-organisation prévoyant le transfert sur le
siège des services sécurité, compta et maintenance
des filiales. La CNT appelle les travailleurs de La Redoute à
être vigilants et à être prêts à
réagir…
et des licenciements plus ciblés !
On assiste depuis quelque temps dans l’entreprise à une
volonté de mettre à la porte les éléments
les plus turbulents. C’est ainsi dernièrement qu’une
collègue s’est vue licenciée pour une
journée d’absence injustifiée, le certificat
médical qu’elle avait présenté ayant
été jugé par son chef de service comme
étant un… “ faux ” ! Malgré la
présentation d’un second certificat médical
(l’hôpital Dron ayant reconnu entre temps qu’il avait
commis une erreur de tampon pouvant laisser croire à un faux),
la direction a maintenu sa décision de licencier notre
collègue. Celle-ci, avec l’aide et le soutien de la CNT, a
décidé de réclamer justice et d’en
référer au tribunal des prud’hommes.
CONTRE LA REPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL
Un rassemblement contre la
répression du mouvement social a été
organisé mardi 8 octobre à Lille à
l’initiative du CDDSP 59, de la CNT, du CSP 59, de la FA et de
SUD éducation. Ce rassemblement s’inscrivait dans le cadre
d’une journée nationale d’action (cf. ci-dessous
quelques extraits de l’appel).
Appel national contre la répression :
La répression politique de l'État s'abat avec force quand
ce n'est pas avec violence sur les mouvements et les individu(e)s qui
remettent en cause des aspects fondamentaux de notre
société : rapports Nord-Sud, frontières,
tolérance zéro, productivisme, Europe forteresse,
exclusion des plus pauvres, rapports marchands... Cette
répression ciblée a pour but d'en finir avec la
contestation et les mouvements qui agissent pour une
société plus juste et plus égalitaire.
La répression et la criminalisation ont de nombreux effets
négatifs pour nous et bénéfiques pour les
tenant(e)s du système politique, économique et social.
Elles nous stigmatisent comme des gens dangereux, elles permettent
d'exagérer les faits militants pour mieux les mettre en prison
(intervention du GIPN pour l'expulsion du squat du Pamplemousse
à Dijon ou à Strasbourg lors d'une simple occupation le
23 août), elles ruinent financièrement les mouvements et
les individu(e)s par les frais de justice et les amendes, elles
"cassent" les individu(e)s par les gardes à vues, les violences,
la prison, elles limitent le champ d'action des militant(e)s en faisant
planer l'épée de Damoclès de la prison et des
amendes, elles dé- tournent les mouvements de leurs raisons
d'être qui est l'action politique ou syndicale en focalisant ces
mouvements sur la répression. D'autre part, la répression
s'abat au quotidien sur les jeunes, les personnes issues de
l’immigration, les classes les plus pauvres, selon le concept
scandaleux de "classes populaires / classes dangereuses".
Nous exigeons :
- la relaxe d'Ahmed de “ No Border ”, des "17" et
des "3" de Strasbourg, des "5" de St Etienne et de tous les militants
poursuivis par la "Justice" ;
- la dissolution de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) qui est le
pire des services de police. Cette brigade est
régulièrement responsable de violences sur les militants
et quotidiennement sur les habitants des banlieues. La technique du
tabassage paraît être devenue un moyen d'action normal pour
les membres de la BAC. Elle doit disparaître ;
- l'abrogation de la LSQ (Loi sur la Sécurité
Quotidienne) qui criminalise les plus pauvres et les jeunes (fraude
dans les transports, rassemblements dans les halls d'immeuble,
rave-parties), viole la vie privée de chacun-e (informatique,
fouilles, perquisitions), etc. Cette loi fourre-tout votée par
la gauche plurielle à la faveur de l'émotion du 11
septembre est une atteinte intolérable à la
liberté des individus. Cette loi liberticide doit être
supprimée ;
- l'abrogation de la double peine. Cette loi rajoute une
deuxième peine aux personnes de nationalité
étrangère qui sont condamnées (l'expulsion du
territoire français). Nous refusons cette loi xénophobe.
DISPARITION D'UN CAMARADE
Nous avons le regret de vous annoncer le décès
d'André Décaudain (CNT - Douai) survenu le 5 septembre
dans sa 70ème année. Syndiqué pendant de longues
années à l'union locale CGT de Douai (où il
était responsable du service juridique), André avait
décidé il y a deux ans de rejoindre la CNT. La cause du
peuple perd avec André un militant généreux,
honnête et courageux. Salut camarade !
INDY MEDIA CENTER
Un collectif IMC cherche à se
créer sur Lille (en lien avec Bruges et Courtrai). “
Independant Media Center ” (surnommé “
Indymédia ” ou IMC) est un réseau d'information
international créé sur internet à l'occasion de la
mobilisation de Seattle en novembre 1999 aux USA. IMC-France a
été lancé le 30 juin 2000 à Millau.
Indymédia est un projet ambitieux qui souhaite promouvoir la
création de média libres, non seulement pour le peuple, mais par
le peuple. Ceci, sans interventions hiérarchiques d'aucune sorte
: de manière ouverte et transparente. L’objectif est de
créer un média de masse, interactif, et d'agir pour un
débat de qualité et une lecture critique de
l'information. A la vue de diverses difficultés de
fonctionnement, le site actuel d’IMC-France (http://france.indymedia.org
) est gelé. Tous ceux et celles qui souhaiteraient participer
à la création d’un collectif local pour
témoigner de la résistance et de l'opposition aux
injustices sont chaleureusement invités à écrire
à l’adresse suivante : imc.lille@no-log.org
Accueil
- Agenda - Actualité
et analyses - Bulletin régional
interpro
- Education - Vidéos - Liens
La CNT
dans la région - Internationalisme
- Orientations générales - Service
"librairie"
Textes
et documents
Syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais
E-mail : ur59-62@cnt-f.org