Extraits du BR n° 16


LA CULTURE N'EST PAS UNE MARCHANDISE !
NON A LA CASSE DU STATUT DES MI-SE !
AIDE-EDUCATEURS : CEUX QUI SE BATTENT PEUVENT PERDRE… CEUX QUI NE SE BATTENT PAS ONT DEJA TOUT PERDU !
APPEL ADOPTE LORS DE L'INTERSYNDICALE ETUDIANTE DU 28 SEPTEMBRE 200 A PARIS VIII
PROMOUVOIR L'EGALITE DES CHANCES ENTRE FILLES ET GARCONS DANS LE SYSTEME EDUCATIF
11 SEPTEMBRE
LE SOMMET DE JOHANNESBURG : "TO BE OR NOT TO BE", SUIVI DE "QUE FAIRE" ?
QUESTIONS ET REPONSES EXTRAITES DE NOTRE LISTE INTERNET REGIONALE...
CNT-BETHUNE : INTERVENTION A LA MAIRIE DE MAZINGARBE
CA SE PASSE COMME CA CHEZ MAC DONALD'S
LA REDOUTE
CONTRE LA REPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL
DISPARITION D'UN CAMARADE
INDY MEDIA CENTER



LA CULTURE N'EST PAS UNE MARCHANDISE !


Stop ! Ne laissons pas le fric nous asservir et standardiser la culture ! Défendons la libre expression, la libre création !

Nous refusons la logique mercantile de ce système qui veut réduire la culture à une culture basée sur le profit et qui la transforme progressivement en véritable outil de propagande. A culture unique, pensée unique…

La culture n'est pas rentable et elle coûte beaucoup d'argent à l'état et aux collectivités. Voila l'argument du Medef pour bâillonner la culture. Or cet argument résulte d'une étude réalisée par l'UNEDIC, étude faussée qui ne prend pas en compte les cotisations des professionnel(le)s du spectacle employé(e)s en permanence.

De plus, par ce discours, le Medef tente de culpabiliser les professionnel(le)s du spectacle vivant et de l'audiovisuel, alors que la majorité de ces derniers ainsi que la plupart des travailleurs sont déjà victimes d'une précarité organisée par ceux là même qui sont convaincus d'avoir reçu le droit naturel de nous exploiter.

L'état, quant à lui, en instaurant une réglementation de conformités contraignante et coûteuse condamne des salles de spectacles (théâtre, concert, cinéma) qui permettent l'émergence, la diffusion de créations originales abordables et visibles par toutes et par tous.

Si nous ne réagissons pas aujourd'hui, ce sont dans un avenir très proche les deux tiers des professionnel(le)s du spectacle ainsi que la diversité culturelle qui vont tout simplement disparaître. CDI, intermittents, précaires, chômeurs… c’est tous ensemble qu’il faut lutter !

Nous demandons :

Fédé CNT communication - culture - spectacle.

Pour vous tenir au courant de nos activités, abonnez-vous à notre lettre électronique : spectacle.rp@cnt-f.org



NON A LA CASSE DU STATUT DES MI-SE !


Les postes de MI-SE (surveillant-e-s de collège et lycée) réservés aux étudiant(e)s sont sensés participer à l'ouverture de l'université aux classes sociales les moins favorisés. La possibilité d'avoir accès aux études supérieures est en jeu. L'annulation de 5 000 créations d'emplois programmées (pas de remplacement des MI-SE qui arrêtent, moins de stagiérisation, + d'heures supplémentaires) et la suppression de 5 600 postes de MI-SE est une atteinte à l'accès à l'université et à nos conditions de travail.

Au boulot feignasses !

Sommes-nous des glandeur(se)s ? D'après l'État, il semblerait que oui. En effet, si on supprime des postes, c'est qu’il y a trop de monde et pas assez de travail, non ? Il faudrait qu'on mette au boulot à notre place ceux qui décident pour nous. Car moins de MI-SE, c'est + de boulot pour ceux-celles qui restent : t'enchaînes les portails avec les appels sur l'ensemble du bahut, puis tu entres les absences dans l'ordi sans oublier de surveiller les couloirs pendant les interclasses. Pendant ce temps, l'autre MI-SE se tape 4 heures de permanence d'affilée. Et pas moyen de faire une pause de récup' : y’a la demi-pension !

Quant à l'argument qui justifierait ces suppressions de postes, à savoir la baisse des effectifs d'élèves dans le secondaire, il ne tient pas vu que 50 000 élèves en moins, ça en fait un ou deux par établissement... La baisse des effectifs de MI-SE, en plus d'augmenter notre charge de travail, va nous obliger à être plus flexibles, à accepter les heures sup' (pour remplacer un camarade malade ou en exam'), car un seul absent et, en effectif réduit, c'est le bordel. Flexibilité aussi dans l'emploi du temps : des MI-SE en demi-poste sont parfois obligés de prendre 3 demi-journées disjointes de travail (alors que, rappelons le, les MI-SE décident collectivement de leur emploi du temps ; il ne doit être imposé ni par un CPE, ni par qui que ce soit !).

Nous ne sommes pas des flics

Avec la disparition des aide-éducateurs (AE) et la réduction du nombre de MI-SE, les surveillant(e)s ne vont faire plus que du flicage et de la répression. Déjà, dans les conditions actuelles, combien d'entre-nous ont le temps de faire autre chose ? Combien de surveillant(e)s ont le temps de monter des clubs, de faire de l'aide individualisée aux devoirs ? De plus cette réduction d'effectifs, en influençant nos conditions de travail, ne peut que détériorer nos rapports avec les élèves. Nous ne sommes pas des machines. En étant fatigués, sans cesse sollicités, sous pression constante, nous nous énervons plus facilement et sommes moins à l'écoute des élèves.

Étudiants pauvres, un cadeau pour les patrons…

Ne soyons pas naïfs, combien d'étudiant(e)s pris dans un travail ont finalement mis leurs études de côté ? Les étudiant(e)s pauvres doivent passer une partie de leur temps à travailler au lieu d'étudier, ce qui accroît l'inégalité entre les étudiants-travailleurs et les autres. Et pourtant, dans un tel contexte, le “ pionicat ” permet aux étudiant(e)s de s'en sortir. Le projet du gouvernement vise à détruire le statut de droit public des surveillants qui leur confère des avantages de la fonction publique. Le passage à un statut de droit privé pour des personnels cogérés par l'État et les collectivités territoriales ne nous garantit plus la sécurité de l'emploi indispensable quand on s'engage dans un cycle d'étude. La fin du statut du MI-SE donnerait aux étudiant(e)s à la recherche d'un revenu une seule alternative : devenir de la chair à patrons, docile et flexible (Mc Do, entre autres, a des contrats spéciaux pour nous bouffer tout cru).

La précarité devient la norme

Actuellement, tous les contrats de droit privé dans l'Éducation Nationale sont des emplois précaires (CEC, CES, AE, contractuels) et la logique capitaliste tend à s'attaquer aux plus faibles c’est à dire aux plus précaires de manière illégale en exigeant toujours plus d'eux (remplacer d'autres personnels, travail hors des attributions du salarié). D'ailleurs combien de “ Vie Scolaire ” tourne avec le renfort des AE et de CES qui font exactement le même boulot alors qu'ils ne devraient pas (les AE ne doivent pas se substituer à un emploi déjà existant) et bien moins payés (un AE gagne dans les 900 € par mois pour 35 heures). Le recours aux précaires est généralisé dans l'Éducation, un(e) prof contractuel(le) fait le même boulot q'un(e) prof titulaire et pour un salaire moindre. Dans ce sens, rien ne garantira aux étudiant(e)s salarié(e)s de l'EN les conditions minimales pour poursuivre leurs études (aménagement des emplois du temps, salaire décent). Aujourd'hui, un CEC secrétaire de vie scolaire fait 30 heures par semaine pour un salaire de 830 €, un(e) surveillant(e) d’externat pour le même travail fait 28 heures et gagne 980 €. On peut parier que le gouvernement et les collectivités territoriales s'aligneront sur les plus bas salaires pour les nouveaux contrats des MI-SE.

L'élargissement de ces types de contrat aux surveillant(e)s et aides-éduc’ montre encore une fois la nécessité de l'unité de tous les personnels (agents de services, enseignants, surveillants, titulaires, précaires) dans les luttes. Défendre ensemble les plus précaires, c'est défendre tous les personnels des attaques présentes et futures de l'État.

CNT éducation



AIDE-EDUCATEURS : CEUX QUI SE BATTENT PEUVENT PERDRE…
CEUX QUI NE SE BATTENT PAS ONT DEJA TOUT PERDU !


Quoi de neuf ?

Cela va faire 5 ans que nous avons été embauchés. D’entrée, le gouvernement nous avait mis au courant : “ Vous ne serez pas titularisés ”. Bon nombre d’entre nous ont cru que cela ne serait pas vrai, croyant à la bienveillance d’un gouvernement de gauche et/ou aux revendications des grosses centrales syndicales. Bilan : nibe, que dalle !

Le nouveau gouvernement de droite conclut ce qu’avait commencé son prédécesseur : prolongation des contrats jusqu’en juin 2003 pour éviter le bordel dans les écoles et les bahuts… et puis à la rue (18 000 AE au chômage en juin) ! Bref aucun changement de statut. L'objectif principal est de nous foutre dehors avant la fin du contrat (d'où quelques efforts, insuffisants, sur le plan de la formation). Le gouvernement qui s'indigne du traitement des licenciés de Michelin et autres Marks & Spencer n'hésite pas à créer et à abuser d'un contrat de travail qui réalise les rêves les plus fous du MEDEF : flexibilité (heures annualisées), précarité (CDD) et contrat de travail flou.

L’élection des conseils académiques d’aides-éduc’ devait porter nos revendications. Qu’en est-il ? Rien de neuf. N'oublions pas que la "qualité" essentielle de ces conseils est d'être consultatifs. Ce qui veut dire qu'ils n'ont aucun pouvoir. Ils ne servent qu’à nous museler, ils sont un prétexte pour dire “ regardez on vous écoute ”. Le Rectorat répondra aux revendications de ce Conseil s'il le veut bien. Nous n'avons que faire de son indulgence et devons imposer nos revendications par un rapport de force.

La lutte !

Il est temps (dans moins d’un an, nous sommes à la rue) que les AE s'occupent de leurs affaires. Ne plus attendre la bienveillance du gouvernement ou que les grosses centrales syndicales portent nos revendications. Cela fait un moment que la colère couve chez les AE. Chaque fois, cela s'est terminée par une pseudo assemblée générale (non décisionnelle mais d’information…) où des représentants syndicaux notent nos doléances et vont les apporter gentiment à l'inspection académique. Notre lutte ne sera efficace que si nous la prenons en main, c'est à dire en nous organisant à la base, en décidant nous même lors d'assemblées générales de la façon de mener notre lutte. Ce n'est pas avec des manifestations sans lendemain que nous mettrons la pression mais en s'organisant de façon plus radicale : grève reconductible, occupations, etc. Par la grève, nous prouverons à nos chefs d'établissement que nous sommes utiles à la bonne marche des collèges, lycées et écoles, et au Pouvoir que nous sommes capables de dépasser nos problèmes individuels pour porter des revendications collectives, que nous sommes prêts à prendre nos affaires et notre avenir en main.

La CNT exige la titularisation des aide-éducateurs en emplois de droit public au profil bien précis (animateur / trice de foyer, de BCD ou de salle informatique, responsable de stages, aide-documentaliste, etc.). Une fois titularisé(e)s, une formation doit nous permettre d'assurer notre travail dans les meilleures conditions. Nous voulons des vrais métiers, à part entière : la polyvalence est trop souvent l'alibi pour nous faire effectuer des tâches d'autres personnels (surveillance, remplacement de profs, travail administratif, etc.). Nous n'avons pas vocation à remplacer les personnels absents, ni à assumer le manque de recrutement de l'Éducation nationale. Que le ministère recrute !

CNT éducation



APPEL ADOPTE LORS DE L'INTERSYNDICALE ETUDIANTE DU 28 SEPTEMBRE 200 A PARIS VIII A LAQUELLE ETAIENT PRESENTS : CNT (PARIS I), CRU (NANTES) ET FSE (BESANCON DHJON, PARIS(VIII)*:


“ Depuis son arrivée au ministère, Luc Ferry a clairement indiqué qu´il appliquerait les décrets signés par le précédent gouvernement mettant en place le système ECTS (European Credit Transfer System). Ce système revient à instaurer un “ diplôme à points ”.

Concrètement, un diplôme universitaire ne s´obtiendra plus par année avec des examens par matière validant l´assimilation de connaissances, mais par le biais d´une accumulation de points. Selon le ministère de l´Éducation, cette réforme vise à une harmonisation européenne des diplômes. En fait, via le renforcement de l´autonomie des universités et des modalités d´attribution des points qui ne sont garanties par aucun cadre ni national ni européen, elle aboutit à :

La casse du cadre national des diplômes qui assure une cohérence des enseignements et l´égalité entre étudiants ;
La mise en concurrence des universités ;
La privatisation rampante à travers la présence de plus en plus importante d´intérêts privés au sein des universités.


Cette réforme se met en place au niveau européen et rencontre une résistance dans les universités de plusieurs pays, comme en Espagne ou en Allemagne. Nous nous inscrivons dans la logique de ces différents mouvements en Europe et exigeons une éducation publique, laïque, gratuite et ouverte à tous.

Nous exigeons donc le retrait inconditionnel, ni amendable ni négociable, des décrets d’application qui mettent en place les ECTS ”.


* Solidarité étudiante, SUD-étudiants et l'UGEM avaient accepté le principe de l'intersyndicale, mais n'ont pas pu venir pour des raisons techniques. L'UNEF-RS a refusé l'idée d'une intersyndicale nationale (pour cause de différend avec la FSE), tout en appelant à des intersyndicales locales. Les autres organisations invitées n'ont pas donné de réponse. Les organisations présentes ont d'ores et déjà convenu de se revoir à Paris le 26 octobre afin de faire le point sur la situation dans les différentes facs et prévoient de travailler régulièrement ensemble de cette manière. D'ici le 26 octobre, un second texte d'appel sera proposé (rédigé par des militants CNT), plus étoffé et reprenant les revendications du mouvement de 1995.



PROMOUVOIR L'EGALITE DES CHANCES ENTRE FILLES ET GARCONS DANS LE SYSTEME EDUCATIF


Dans le temps comme dans l’espace, l’asymétrie sociale hommes / femmes est patente pour peu qu’on accepte de se pencher sur tous les aspects attestant des différences de traitement des individus du seul fait de leur appartenance à l’un des deux sexes (pour les cas les plus clairs). Dans nos cultures libérales, les pratiques les plus ahurissantes sont identifiées chez “ les autres ”, dans des communautés où les femmes ne peuvent évoluer dans leur environnement social que voilées, masquées ou stigmamatisées de diverses manières (l’imagination humaine est féconde en la matière), où des petites filles sont assassinées car socialement inutiles, ou excisées sous couvert de lois traditionnelles.

Des discriminations insidieuses

Or, pour ce qui concerne nos sociétés, ces discriminations demeurent, mais prennent un tour plus insidieux. En effet, après la période des grands mouvements sociaux des années 60-70 au cours desquels notamment des féministes ont, outre l’obtention de revendications concrètes, fait passer dans les représentations socialement partagées des germes de conscience concernant l’illégitimité de certains usages, discours et attitudes dépréciatifs à l’encontre des femmes. Ainsi, chacun de concevoir aujourd’hui les femmes comme “ libérées ”, traitées dans le respect de l’égalité chère à nos cœurs de démocrates. Cependant, il nous reste à admettre que les situations réellement vécues ne reflètent toujours pas ces perceptions idylliques. Il suffit de comparer l’inégale répartition de la pauvreté, de la précarité, des niveaux de salaires, des postes de pouvoir effectivement occupés, des réelles opportunités de travail à temps plein, de la discrimination à l’embauche sur la base de questions, spécifiquement réservées aux femmes, concernant le désir ou l’effectivité d’une maternité ; questions par ailleurs interdites dans la réglementation du travail. Cette liste n’a pas même la prétention de se vouloir exhaustive…

Un peu d’histoire

Le contexte social que nous connaissons aujourd’hui est issu d’acquis obtenus, dans de fermes batailles contre les résistances consensuelles, par des personnes qui se sont engagé(e)s pour que les femmes puissent voir leur situation évoluer. Des réglementations s’ensuivirent, adoptées par les gouvernements successifs, qui ont autorisé des pratiques appartenant maintenant à nos mœurs. De 1836 où une ordonnance réglementait l’enseignement primaire pour les filles, passant par 1850 et la loi Falloux rendant obligation aux communes de plus de 800 habitants d’avoir une école primaire de filles, il a fallu attendre 1861 et l’opiniâtreté de Julie Daubié pour qu’une femme puisse accéder au Baccalauréat, qu’elle obtint en l’ayant préparé seule. L’officialisation de l’accès généralisé aux femmes pour ce diplôme n’a été concrétisée qu’à compter de 1919 (il gardait un programme d’enseignement spécifique… ainsi, certains individus passaient leur bac “ femme ” !). Ce n’est qu’en 1900 que le barreau s’ouvrit à une femme, en 1924 que les programmes de l’enseignement secondaire furent communs pour les publics féminins et masculins, en 1930 que la première femme pût entrer à l’école Centrale, en 1938 que les femmes purent s’inscrire à l’université sans l’autorisation de leur mari (ce texte abrogeant du même coup la notion “ d’incapacité civile ”), en 1972 que l’École Polytechnique devint mixte. Ce rapide panorama historique, largement tronqué, illustre combien fut lente et laborieuse l’évolution des possibilités d’accès au savoir pour les femmes.

A compter de 1984, le secrétariat d’État chargé des droits des femmes (et non “ ministère du tricot ” du Général de Gaulle qui devait probablement faire pouffer nombre de femmes et d’hommes à l’époque !) ainsi que le secrétariat d’État chargé de l’enseignement technique signent une convention qui fait de l’orientation des jeunes filles vers la formation industrielle un objectif prioritaire. Je me permets ici d’émettre un avis réservé quant à la perception d’un progrès sous-jacent aux perspectives que cette convention autorise …

Par contre, la loi d’orientation de 1989 réaffirme la mission d’égalité de l’enseignement, qui implique pour leurs personnels une nécessaire contribution à la restriction des traitements inégaux engendrés par la perception d’une appartenance sexuée (qui ne peut se faire que dans la mesure des moyens qui leur sont accordés !). J’en viens à la présente convention qui complète cet historique. Mis à part ce que je propose de qualifier comme éléments de “ rappels à la loi ” de type. “ Améliorer l’orientation scolaire et professionnelle des filles et des garçons ” : des prémices à cet objectif peuvent être situés en 1998 quand fut instauré un secrétariat d’État aux droits des femmes complété par la notion de formation professionnelle, de plus associé au Ministère de l’emploi et de la solidarité.

En outre, la loi du 11 juillet 1975 relative à l’éducation, qui rappelle le droit à une formation scolaire et à une éducation permettant l’épanouissement optimal de tout enfant et se devant de constituer les fondations de son éducation permanente, n’est pas censée exclure de fait les filles, ni même les personnes issues de groupes dits “ défavorisés ” de toute espèce qu’elles soient…

Par ailleurs des modulations dues au contexte social sont perceptibles dans la réitération en plusieurs endroits de la loi d’orientation de 1989 de la notion de droits à l’éducation et à la formation continue pour les filles et pour les garçons (ou pour les hommes et pour les femmes). Du reste, tout y apparaît déjà pour travailler à “ promouvoir l’égalité des chances entre les filles et les garçons dans le système éducatif ”. En effet, ce texte contient en lui-même toutes les dispositions nécessaires à la mise en place de cet objectif, énoncé parmi d’autres. On y identifie également les personnels participant de la “ communauté éducative ” reconnus comme nécessitant des aménagements dans leur formation initiale ou (compris dans son acception inclusive) continue.

Cette loi contient également les dispositions permettant d’évaluer la réalisation de ses objectifs. Notamment la constitution du conseil supérieur de l’Education, organisme consultatif réunissant conjointement des représentants de différents corps de professionnels, de parents d’élèves, ou d’organisations associatives et permettant d’élaborer ou poursuivre les réflexions concernant les missions de l’État dans l’éducation.

Quels moyens ?

En ce qui concerne les moyens à se donner (éventuellement à rappeler, la répétition est un des fondements de la pédagogie, dit-on dans certains milieux autorisés !), de nombreux processus mis à jour en psychologie sociale concernant les relations intergroupes et leurs corollaires inévitables. Ainsi, comparaisons sociales inter-groupes et inter-individuelles, attributions de valeurs transmises individuellement (formations de normes et d’impressions) ou véhiculées dans et entre des groupes “ précatégorisés ” ; les effets de valorisation plus ou moins heureuses des groupes ; des généralisations abusives attribuées aux membres qui les composent.

Tous ces processus ayant un impact sur les attitudes ou conduites inter-individuelles. Leurs effets détectés dans nombre d’études, tant sur un plan cognitif que perceptif ; sur les représentations de soi et d’autrui, incitant notamment des stéréotypisations (Schadron, Yzerbyt, Leyens entre autres)- s’appliquent aussi à l’appartenance sexuée. On connaît aussi quelques mécanismes liés aux jugements des personnes, aux attentes illustrées dans “ l’effet Pygmalion ”.

En outre, les conceptions développées autour de la jugeabilité sociale révèlent des potentialités individuelles non négligeables. Il semble que nous construisons puis nous référerons à des “ scripts de jugements ” qui doivent probablement se vouloir équitables. Toutes ces données aujourd’hui bien démêlées me paraissent être de véritables outils de formation qui devraient être divulgués le plus largement possible par les professionnels maîtrisant ces problématiques à la majeure partie de ce qui constitue la “ communauté éducative ”.

Je pense par ailleurs que chaque enfant sera réellement “ au centre du système éducatif ” quand les effectifs de l’ensemble des classes sera réduit à un maximum de 15 à 20 élèves, que les personnels seront responsabilisés, notamment par le biais de formations qui resteront à mon sens constamment à améliorer, quand les parents seront respectés et dans les faits associés au mieux aux projets éducatifs élaborés pour l’accès à de réelles perspectives d’insertion sociale et d’épanouisse- ment optimal de leurs enfants, quand de fait les différents personnels IATOS recevront une formation leur donnant une sorte de “ label d’expertise d’appartenance à la communauté éducative ” et une réelle insertion dans l’élaboration des projets des équipes pédagogiques, tout en conservant leurs compétences reconnues dans chaque spécialisation professionnelle.

Le texte de la convention du 25 février 2000 présente nombre d’aspects intéressants allant dans ces directions. Il me semble qu’on peut compléter les réflexions et propositions présentées par un complément dans les programmes d’histoires de celle impliquant des femmes, qui peuvent adopter pour tous les enfants des attributs de “ modèles ” au même titre que nombre d’évènements attribués à l’action de quelques figures masculines marquantes. Quant aux présentations des métiers, plus ou moins prestigieux, associés un peu trop spécifiquement à l’un ou l’autre groupe de sexe ; ainsi qu’aux aménagements à apporter à l’image différenciée voire encore emprunte de stéréotypes (que chaque enfant, parent et professionnel pourrait apprendre à identifier comme tels) des hommes et des femmes dans les manuels scolaires quotidiennement manipulés dans les communautés éducatives, des éléments restent à travailler (cf. “ Papa lit, maman coud ; les manuels scolaires en bleu et rose ”. Annie Decroux-Masson. Denoël/Gonthier). Cette analyse proposée en 1979 peut encore s’avérer pertinente aujourd’hui. Pour ce qui concerne par exemple l’éducation civique, n’omettons pas que Marianne n’a encore dernièrement été sélectionnée dans notre “ Star System ” que sur la base de critères prioritairement esthé- tiques !

Pour élargir le propos, la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres (circulaire du 11 mars 1986, réaffirmée le 6 mars 1998) reste un travail qui peut être proposé à l’école au cours des séquences concernant la grammaire, et justement les apprentissages liés aux “ genres ” attribués aux mots de notre langue. Aujourd’hui, les doctoresses (en médecine par ex.) sont plus nombreuses que les docteurs. Or, le vocabulaire traditionnellement employé n’a pas pour autant été adapté à cette nouvelle donne sociale.

Il me semble enfin que le CSA pourrait également être invité, dans les orientations gouvernementales adoptées par nos représentants, à organiser ne serait-ce qu’une chasse mini- male aux stéréotypes discréditant la catégorie “ femme ” (n’excluant pas d’autant les autres groupes dépréciés) largement véhiculés dans les médias.

Enfin, les objectifs seront atteints quand les femmes seront insérées dans chaque groupe social dans un rapport identique (de l’ordre de 50 %) à celui qui constitue la population générale.

Isabelle (CNT-Lille).


PS : Je me dois ici de remercier Ghislaine, institutrice d’école maternelle, chargée de direction, militante syndicale, membre du Collectif Régional pour les Droits des Femmes, de m’avoir dans un cadre informel apporté, par ses explications et sa documentation particulièrement pratiques pour traiter de ce sujet, de quoi nourrir abondamment ma propre réflexion.

De plus, j’y inclus l’humour de Mathieu pour ses caricatures judicieuses et pertinentes caractérisant l’établissement de rapports inégalitaires pouvant s’insérer jusqu’au sein des foyers !

Les cours de psychologie sociale dispensés à Lille 3 y ont contribué également pour une large part.



11 SEPTEMBRE


Le 11 septembre est une date historique que l’on se doit de commémorer dans le respect et l’affliction. Pour ceux qui n’étaient pas nés à l’époque, il faut aussi assurer un devoir de mémoire et de transmission. Dont acte !

Je commence par les faits qui sont par eux-mêmes assez parlants comme le journal télévisuel.

Il était une fois un chef maffieux ou sectaire de la middle-class internationale…

Il était une fois un chef maffieux ou sectaire (les avis des historiens divergent, mais à la CNT on sait que ça n’a pas grande importance : un chef c’est un chef !) de la middle-class internationale qui avait sous ses ordres des cadres techniciens et schizophrènes qui étudiaient l’aéronautique loin de chez leurs parents. Et sous ses ordres encore, plein de pauvres gens dont les parents étaient certainement morts, vu que l’espérance de vie du coin (quel coin ? les avis des géographes divergent…) posait pas de question de fonds de retraite.

Ce chef a envoyé ses aéronautes attaquer des tours à coup de cutter dans une trousse d’école (rentrée scolaire oblige) et les tours sont tombées très bien, très joli, comme dans tout film catastrophe qui se respecte.

Ensuite, y’avait un autre chef atrabilaire et immature que n’importe quelle institutrice du far-west aurait viré vite fait du saloon par la peau du cou, tant il est mal élevé et encombrant, qui voulait, pour se venger d’avoir perdu au Monopoly, balancer tout plein de bombes n’importe où (parce que lui, il divergeait pas, il savait même pas que le mot géographie existe).

Ce chef, lui, c’était un chef démocrate ou républicain (on sait plus) qu’avait été élu parce que les urnes de Californie étaient trop binaires ou pas assez binaires (on sait plus).

Heureusement, ce chef était bien encadré par de fins états-majors qui ont dit : “ Pas tout partout n’importe où, mais là ”. Là, on sait pas pourquoi, mais on suppose que c’est par ce qu’ y avait du charbon et de la houille comme en Rhénanie ou dans l’ex bassin minier.

Aussitôt dit, aussitôt fait : là ! La technique de guerre, c’était un mixte de Viêt-Nam et de plan Marshall bien résumé (pour la télé faut résumer vite : ça date de l’Irak - vous savez 1991 - mais on s’en fout, c’est pas une date historique) : d’abord on balance des bombes et ensuite des sacs de riz.

Voilà les faits. “ Bin… , vous disent ceux qu’étaient pas nés de ce temps là, je comprends pas : l’année dernière mon voisin de palier, qui buvait comme un trou depuis son licenciement, s’est tué contre un platane vachement vindicatif en insécurité. Et on en a pas fait une date historique, même au niveau du quartier ”.

Ceux qu’étaient pas nés comprennent vraiment rien à rien : l’émotion, voyons, l’émotion ! Pour faire une date historique, il faut de l’émotion. Ça a commencé tout de suite, l’émotion : par trois minutes de silence dans les écoles : je vous dis pas : “ une ” minute, pas “ deux ” minutes, mais trois ! Si c’est pas une preuve d’émotion ça, une preuve à la fois religieuse et rationnelle. Trois quand même, c’est plus que un. La preuve !

Ensuite l’émotion : le chef sectaire ou maffieux, vous pouvez pas imaginer la gueule qu’il avait. Moi je l’ai vu qu’une fois à la télé, mais magnifique il était. Tout de suite, je l’aurais encadré en calendrier PTT entre ma poupée provençale et mon coucher de soleil en pastel.

Devant une grotte, le patriarche, pour faire contraste avec les tours, tellement statique, posé et calme devant les caméras qu’il se faisait carte postale d’avance. Sûr que le cow-boy frénétique tenait pas la route à côté, lui qui ne bénéficie pas des apports d’une religion non figurative. La CIA a de sacré progrès à faire en iconique et les publicités Nike aussi.

Film catastrophe basique, bien construit et kitsch de prophètes de religion révélée, d’où la date historique et le devoir de mémoire : qu’est-ce qu’ils sont bons les services secrets chinois !

J’espère que maintenant c’est clair, pour chacun et chacune pas nés à l’époque, pourquoi le 11 septembre est une date historique.

Ce soir (9 septembre 2002), soucieuse de me mettre à jour en pédagogie de dates historiques, je suis de nouveau allée consulter la télé pour raconter la suite des évènements à ceux qu’étaient pas nés à l’époque…

La sainte-trinité

Donc, on m’a montré le pays d’ousque l’état-major avait dit “ pas tout partout n’importe où, mais là ”. Un vrai conte de fées. Ce pays est maintenant dirigé par la sainte-trinité : le père, c’est un vieux roi de droit divin comme l’empereur du Japon après Hiroshima. Le fils, c’est un chef maffieux ou sectaire, très élégant et distingué, diplomate et plein de paroles historiques en matière de dates historiques. Le journaliste de TF1 lui demandait si par hasard y’en avait pas de par chez lui qui un brin en voulait un peu au cow-boy de s’être pris plein de bombes sur la tête, il a dit que non en anglais. Et traduit en français, ça a donné “ péripéties malheureuses ”. Très beau… “ péripéties malheureuses ” ! Du pur Racine… Quant au saint-esprit, c’est un petit prince avec une grosse casquette ridicule sur la tête.

Moi, au début, je croyais que la casquette était ridicule, mais on m’a expliqué que c’était celle de son Papa, qu’était un grand héros, sauveur du peuple, affiché sur les murs selon la méthode soviétique (Je suppose comme ça que c’est le même imprimeur depuis des lustres, qu’a les commandes d’État en matière de quadrichromie de propagande, la-bas, dans ce pays de conte de fées. Depuis Nietzsche, ce terroriste qu’a réussi son coup, en tout pays on change plus facilement d’opinion publique que de machines offset). Parenthèse close. Donc le petit-prince saint-esprit de 14 ans à grosse casquette a harangué le peuple et j’ai compris une chose des informations de la télé, c’est que pour la prochaine guerre… c’est pas du riz, mais des crayons de couleurs qu’il faut que je mette de côté en date historique par philanthropie.

En revanche, ce que j’ai pas compris, c’est pourquoi, à chaque fois qu’on me montrait une femme dans ce pays de conte de fées, avant de me dire son nom, son métier ou son activité, on m’expliquait qu’elle portait ceci, cela, un voile, pas ceci, pas cela, dans la rue, pas dans la rue, de trois quart ou à moitié. J’ai pas compris mais je respecte, et donc j’informe médiatiquement le lecteur que je porte un pantalon noir et un pull rouge à rayures blanches pour écrire ces lignes. Une tenue automnale parce qu’après les informations, à la météo on m’a dit que c’était l’automne. Dont acte !

Agnès (CNT-Lille).




LE SOMMET DE JOHANNESBURG : "TO BE OR NOT TO BE", SUIVI DE "QUE FAIRE" ?


Récemment, s’est tenu le Sommet de Johannes- burg. Chacun a eu l’occasion d’en entendre parler en ouvrant son petit écran à conditionnement (sécuritaire et conservateur). Surnommé modestement “ sommet de la Terre ” ou “ conférence sur la Terre ”, 2ème du nom après celle de Rio il y a exactement 10 ans, il est organisé par les Nations Unis. Cent pays ont participé. Grande messe internationaliste, il célèbre cette grande expression consensuelle, fourre-tout et vague qui depuis le Sommet de Rio a fait fortune, à savoir le développement durable (est durable un développe- ment “ qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ”). Bien entendu, chacun le comprend comme bon l’arrange.

Pourtant, cette réunion de tant de chefs d’État ou de leurs représentants venus de tous les coins de la planète est profondément intéressante, car - quoi qu’on puisse penser de ce sommet et de son utilité - il a le mérite de mettre l’accent, l’espace de quelques semaines, sur des constats que même le Capital et ses États ne peuvent taire, nier et ignorer ainsi que de les renvoyer à ses propres contradictions.

Le Sommet de la Terre est la bonne conscience et la con- science lucide du capitalisme comme l’OMC est sa vérité première. Il est un peu la recherche de la mise en place d’un équivalent à la sociale-démocratie déchue du siècle dernier : un capitalisme qui veut se sauver lui-même, car plus personne n’ignore les conséquences du développement sans limite du Capital.

Après deux siècles de développement industriel, développement qui s’est accéléré au 20éme siècle, les désastres sur notre planète sont énormes et les risques de nous asphyxier par les rejets toxiques et l’amoncellement de déchets grandissants. Comme en témoignent les quelques exemples qui suivent :
- réchauffement climatique qui entraîne des inondations dans les pays dits du Nord (certains esprits voient d’ailleurs, à tort ou à raison, dans les inondations qui se sont abattues en pleine été en Europe Centrale, les premières conséquences de ce réchauffement), sécheresse à l’inverse dans les pays tropicaux, montée du niveau des mers et disparition de terres (parmi les plus peuplées sous les eaux) ;
- trou dans la couche d’ozone (dans ces conditions, la multiplication des campagnes pour se protéger du soleil pourrait ne pas être innocente, puisque s’il y a moins de couche d’ozone nous sommes moins protégés contre le soleil ;
- la déforestation galopante dans les pays équatoriaux et tropicaux qui est loin de ne concerner que l’Amazonie. La conséquence en est, là aussi, la sécheresse devenue une calamité dans la plupart des pays tropicaux même si elle n’atteint pas partout l’ampleur du Sahel. Ainsi, depuis 7 ou 8 ans, l’Amérique Centrale est-elle touchée par des sécheresses attribuées communément à la déforestation ;
- baisse des réserves animales et végétales ;
- baisse des ressources énergétiques ;
- pollution de l’eau, de l’air ;
- montagnes de déchets ;
Je ne compte pas les accidents chimiques divers, voire nucléaires, ni les conséquences de l’industrialisation alimentaire ou du bâtiment (amiante) aux conséquences dommageables pour la santé humaine.

En outre, comme le capitalisme par nature a besoin de se développer toujours davantage et de trouver de nouveaux marchés, il lorgne pour ce faire sur la “ biotope ”, les dernières forêts vierges qui par leurs trésors “ génétiques ” sont sources de profits futurs incommensurables pour les maîtres du Monde. Comme il a besoin de conquérir de nouveaux territoires sur la vie, le Capital en est venu à voir dans l’intimité même de la vie, dans les profondeurs des cellules, de nouvelles sources de profit. La génétique, végétale depuis quelques années déjà, mainte- nant animale et prochainement probablement humaine (la re- cherche médicale en ce domaine n’est pas nouvelle, on peut raisonnablement penser qu’elle est le cheval de Troie “ humanitaire ” qui permettra progressivement des gains énormes, bien au-delà de la seule médecine, en habituant les esprits aux “ bienfaits de la recherche en génétique humai- ne ”. Sinon comment expliquer le forcing médiatique sur le Téléthon ? Tout cela pourrait bien signifier un nouveau stade dans la catastrophe que nous vivons au plan écologique et humain. Face à lui-même, le Capital ne sait que faire : il est boulimique, mais dans le même temps il se rend bien compte que cette boulimie pourrait s’avérer le “ premier suicide mondial ” et par la même le dernier. Les Sommets de la Terre nous disent cela.

Au 20éme siècle, le Capital a conduit à une première catastrophe, la première guerre mondiale, puis à une seconde catastrophe plus dramatique encore que la première, la deuxième guerre mondiale. Il a ensuite frôlé une troisième guerre mondiale qui aurait sans doute été fatale. Ces drames s’expliquent largement par le progrès technologique, l’industrialisation croissante de la société, la quête de nouveaux marchés et les blocages économiques qui s’ensuivent lorsqu’il y a difficulté à en trouver. Le Capital a finalement été sauvé par son instinct de survie et sa capacité à rebondir.

Rien ne garantit qu’il en sera à nouveau ainsi, et qu’au lieu d’une troisième guerre mondiale nous ne vivions pas un suicide écologique et social. Car les Sommets de la Terre, c’est aussi les États (Les Nations Unies) qui se rendent compte que plusieurs siècles d’exploitation de la terre, de conquête par le Capital de la planète n’ont pas été sans conséquences sociales et humaines : les inégalités sociales, devenues fractures, se sont transformées en gouffre, un gouffre qui ne fait que s’accroître. Moins d’un cinquième de la population mondiale possède plus des 4 cinquièmes de la richesse mondiale. Si on tient compte des inégalités à l’intérieur des pays “ riches ”, on prend la mesure de ces inégalités : en 1996, 345 individus avaient une fortune cumulée de 1 000 milliards de dollars, en 2000 ils sont 128. Une fortune qui correspond au revenu de 3 milliards de personne. Les inégalités sociales se sont ainsi fortement accrus en 5 ans.

Du coté des miséreux, le constat est alarmant et à la mesure de la richesse acquise de l’autre côté : 2 milliards d’individus n’ont pas accès à l’électricité, autant souffrent d’anémie, 1 milliard de personne est analphabète, 1,3 milliards sont sans eau potable, le même nombre vit avec moins de 1 dollar par jour, 2,3 milliard avec moins de 2 dollars. Du fait de l’explosion démographique, il s’agit bien d’une masse considérable et croissante de population devenue dangereuse pour les profiteurs et qui les poussent à transformer l’Europe et les États-Unis en forteresse.

Difficile pour le Capital de ne pas être conscient des déséquilibres écologiques et sociaux où son développement et son règne ont conduit. Comment peut-il éviter une explosion sociale en sus des désastres écologiques ? Jadis, pour casser les risques d’explosion sociale dans son centre, il avait inventé ce que certains appelèrent la société de consommation (de masse) ; théorisée par l’économiste Keynes et lancée dès le début du 20éme siècle aux États-Unis par Ford ; remarquable moyen par ailleurs de relancer sa machine qui s’était quelque peu grippée. Remarquable aussi d’efficacité puisque l’effet escompté a largement été atteint. Seulement, aujourd’hui, la machine est à nouveau grippée et vouloir casser les risques d’explosion sociale au niveau mondial (et donc à un tout autre niveau que par le passé) en intégrant les pauvres à une société de consommation de masse mondialisée est certes une solution attrayante, mais impossible parce qu’elle ne ferait qu’accroître les déséquilibres écologiques. Si la population chinoise se mettait à consommer autant que les USA et à gaspiller de l’énergie comme ils le font, les ressources mondiales seraient rapidement épuisées et les rejets carboniques dans l’atmosphère rendraient invivables la planète.

Le Capital est donc pris entre un risque d’explosion sociale et les désastres écologiques. Chercher à contenir le premier ne ferait qu’accentuer le second. La solution théorique réside alors dans le concept de développe- ment durable qui n’est au fond qu’une modernisation de la social-démocratie. La réalité et la pratique sont cependant plus complexes. Comment être le Capital, assumer sa nature et réparer ce qui en est la conséquence directe ? Le con- texte qui entoure la naissance du développement durable est, en effet, très différent de celui de la social-démocratie qui est née à une époque où le mouvement ouvrier et communiste étaient puissants et représentaient une menace réelle.

Rien de tel aujourd’hui. Le Capital n’a plus le danger d’une opposition forte. Au contraire, il est grisé par son succès et sa victoire sur ceux qui prétendaient le dépasser. Le développement durable n’est donc qu’une théorie. Les circonstances ne poussent nulle- ment le Capital à l’appliquer. A la limite, il représente une théorie facile pour ceux en mal d’idéologie prétendument oppositionnelle (un peu) au Capital.

De ce fait, le sommet de Rio avait fait un peu illusion. Celui de Johannesburg l’a dissipé. Ainsi en 1992, 0,6% du PIB français était consacré à l’aide aux pays dits en développement. Le sommet de Rio avait décrété que nous devions atteindre le chiffre de 0,7% en 2002. Le résultat est que nous sommes à 0,3% ! Les pays les plus gaspilleurs s’étaient engagés à réduire leurs rejets de monoxyde de carbone. Le plus gros d’entre eux (et de loin !), les États-Unis, a depuis longtemps et officiellement renoncé à son mensonge de 1992 (pour une fois, ils sont capables de ne pas mentir) : il ne réduira pas ses émissions. Le Capital est donc une machine emballée et le développement durable qu’un rideau de fumée.

Il appartient donc à ceux qui contestent le Capital parce qu’il est par nature exploitation de l’Homme par l’Homme et exploitation de la Nature à outrance, jusqu'à compromettre notre propre survie, de se saisir du problème. Nous devons dénoncer le Capital en mettant en évidence sa nature profonde et les conséquences irréversibles où ils nous entraînent. Bien entendu, cette dénonciation doit dépasser le stade du verbal. Elle doit être un acte de résistance et être active.

David H.(CNT-Lille).




QUESTIONS ET REPONSES EXTRAITES DE NOTRE LISTE INTERNET REGIONALE...


1) Pour une copine d’origine algérienne

Schéhérazade, une copine d'origine algérienne tente en vain de renouveler sa carte d'identité : selon l'administration, avec le système de nouvelles cartes d'identité, son ancienne carte ne peut être prise en compte comme base de document. On lui réclame donc le livret de famille de ses parents. Or Schéhérazade est totalement brouillée avec sa famille : athée, vivant avec un français d'origine polonaise, sa famille l'a rejetée et même menacée de mort lorsqu'elle a eu 18 ans. On imagine mal ses parents lui rendre service et lui prêter le fameux livret ! Question : que faire ???

Virginie.

Réponse : Avec l'ancienne carte d'identité, elle peut se procurer un extrait d'acte de naissance à la mairie (si c'est dans la région, c'est simple). Les employé(e)s de mairie abusent en assimilant la demande de renouvellement de la carte d'identité à une demande de nationalité. Or elle possède déjà la carte (ne remettre que des photocopies et conserver l'ancienne carte) ! Pas besoin du livret de famille. Insister, demander rendez-vous avec le responsable du service si la personne au guichet rechigne pour monter le dossier.

Pour prouver la nationalité (ce n’est pas son cas) sans livret de famille et sans carte d'identité, c'est en effet kafkaïen ! Née en France après le 1er janvier 1963, la nationalité française est pourtant évidente. Si ses parents sont nés en Algérie avant 62, ils ont peut-être conservé la nationalité française, fréquent chez les nombreux "harkis" dans la région (nationalité par l'article 18 du code civil). Sinon ils sont de toute façon nés sur un territoire alors français (nationalité par l'article 19.3). Mais c'est à elle de le prouver ! En l'absence de livret de famille, il faut faire une demande au service central de l'état civil de Nantes qui a conservé les actes de naissance de ses parents (les dates et lieux de naissance des parents figurent sur son propre acte de naissance mais il faut quand même fournir les actes des parents).

Aldo (CNT-éducation 59).


2) Refus de mutation

Est-ce qu'une (très grosse) boîte a le "droit" de muter un employé d'une de ses filiales vers une autre filiale "sans son accord" et sous la menace de licenciement en cas de refus de sa part avec, pour conséquence de la mut', une baisse d'indice et donc un risque de baisse de salaire ?

Stéphane.

Réponse : Le salarié a le droit de refuser une mutation. Ce n'est assimilé ni à une "démission", ni à un "abandon de poste", ni à un "refus de travail", ni à un "licenciement pour faute grave", ni à un "licenciement pour faute réelle et sérieuse".

Néanmoins, l'employeur - en cas de refus de mutation - peut toujours envisager un "licenciement économique". Dans ce cas, le salarié licencié ne perd pas ses droits aux ASSEDIC, il a droit aux indemnités de licenciement, etc.

Ceci étant dit, l'employeur a-t-il proposé une mutation à d'autres salariés ? Si oui, et si ceux-ci acceptent, alors celui ou ceux qui auront refusé auront peut-être des chances de rester (ça dépend du nombre de salariés que l'entreprise locale veut garder).

Joao-Manuel (syndicat CNT des services et de l’industrie - Lille).


PS : En cas de mutation, le conjoint peut démissionner pour suivre le "muté" et, dans ce cas, le dit conjoint a droit aux ASSEDIC.


3) Convention collective

Comment puis-je connaître la convention collective dont dépend l’entreprise où je travaille ?

Philippe.


Réponse : Lorsqu'une ou plusieurs conventions collectives s'appliquent à une entreprise, l'employeur doit prévenir son personnel en affichant un avis à ce sujet sur les lieux de travail. Les références de cette convention figurent sur la fiche de paye et un exemplaire de la convention est mis à la disposition des employés qui peuvent la consulter sur leur temps de travail. Le CE, les DP et les DP en possèdent également un exemplaire. D’autre part, toute personne intéressée peut consulter le texte des conventions collectives dans les directions départementales du travail et de l'emploi (DDTE). Enfin, certaines conventions sont publiées au Journal Officiel. Elles peuvent être commandées par correspondance au JO, 26 rue Desaix, 75727 Paris Cedex 15.

Jean-Michel (Dunkerque).



4) Liquidation, dépôt de bilan et licenciement économique

Je viens de lire sur votre site internet l’article paru dans le BR n° 15. J'ai une question simple : en cas de liquidation, les salariés ont-ils droit à une prime de licenciement ? J'entends par prime celle perçue en cas de licenciement économique. À ce niveau, y a t'il une nuance entre liquidation et dépôt de bilan ?

Frédéric.



Réponse : Pour les salariés, il n'y a pas de différence entre liquidation et dépôt de bilan. En effet, dans les deux cas, les salariés ont droit à une prime de licenciement. Cette prime est minimale et déterminée par la convention collective. Si la convention ne prévoit pas le montant de la prime, c'est le minimum prévu par le code du travail (pour les salariés ayant au moins 2 ans d'ancienneté, c'est un dixième de mois de salaire de référence par année de présence jusqu'à 10 ans ; au-delà de 10 ans, c'est pareil + 1 quinzième de mois de salaire par année de présence au-delà de 10 ans). Si l'entreprise n'a pas assez d'argent pour payer la prime, c'est un organisme spécial auquel il a cotisé qui la prend en charge. D'autre part, si l'entreprise a plus de 50 salariés, il y a obligation de "plan social" (la prime ne sera pas forcément plus importante, mais des stages de formation pourront être proposés).

CNT-Lille.




CNT-BETHUNE : INTERVENTION A LA MAIRIE DE MAZINGARBE


Quatre militants de l'union locale CNT de Béthune ont été auditionnés au commissariat de police de Liévin mardi 17 septembre suite à une intervention en mairie de Mazingarbe (Pas-de-Calais). La délégation s'était rendue à l'hôtel de ville pour exiger de Bernard Urbaniak, le maire "sans étiquette", qu'il cesse ses pressions à l'encontre de l'une de ses administrées âgées de 78 ans (le premier magistrat cherche à la faire quitter sa demeure pour la raser afin de construire un parking et il a engagé à cet effet une démarche de mise en péril imminent du domicile). Pour toute réponse, le secrétaire de mairie, en l'absence présumée du maire, leur a demandé de prendre rendez-vous. Devant notre assistance et notre refus de quitter son bureau, le fonctionnaire territorial s'est réfugié dans un mutisme total, refusant de contacter son supérieur. Moins d'une heure plus tard, un bataillon d'une vingtaine de policiers débarquait. Après explications, quatre militants de la CNT ont été conduits - libres - au commissariat de Liévin d'où ils sont ressortis une heure plus tard. Le secrétaire de mairie, lui aussi interrogé, a décidé de porter plainte pour séquestration et insultes. Quant au maire, il était apparemment en mairie lorsque les syndicalistes ont été appréhendés.

Mardi 24 septembre, soit une semaine après les faits, le maire est enfin sorti de son silence... Il adopte manifestement un profil bas même si certaines de ses allégations concernant l’état de la demeure (“ Les pièces de cette maison sont truffées d'étaies ! les plafonds s'effondrent des suites de fuites de la toiture ! etc... ”, affirme-t-il notamment dans un courrier diffusé via internet) ou encore l’inertie de la famille restent purement mensongères…

Signalons par ailleurs que l’UL-CNT a décidé de ne pas se rendre au rendez-vous fixé par la mairie quelques jours auparavant dans la mesure où le fonctionnaire territorial n’avait toujours pas retiré sa plainte pour séquestration et insultes contre les quatre membres de la CNT béthunoise (nous en faisions un préalable à toute reprise du dialogue) même si nous pensons que le Parquet “ne suivra pas”... par crainte de faire monter la tension d’un cran.

La "mini-occupation" nous a permis d’instituer un rapport de force favorable qui a finalement contraint le premier magistrat à revenir sur sa volonté initiale (il est vrai jamais publiquement avoué) de faire partir de son domicile une dame âgée de 78 ans. Il devrait dorénavant la laisser tranquille !

Autre bonne nouvelle, depuis, cette dame a rejoint les rangs de la CNT ! Comme quoi, seule la lutte paye...

UL-CNT de Béthune.




CA SE PASSE COMME CA CHEZ MAC DONALD'S


Le 16 octobre, la CNT est intervenue dans plusieurs restaurants Mac Donald’s de la région à la demande du syndicat CNT de l’hôtellerie et de la restauration. La CNT réclame l’homogénéisation des conditions de travail et des salaires, sans différenciation entre McDo-France et les franchisés (restaurants gérés par un particulier). La CNT réclame par ailleurs de nouvelles négociations sur les 35 heures ainsi qu’une réelle application du droit syndical (McDo est en effet le champion de l’anti-syndicalisme). Cette action s’inscrivait dans le cadre d’une journée nationale d’action organisée à l’échelle mondiale.


LA REDOUTE


Un “ plan social ” déguisé…

Alors que l’accord RTT signé en juin 99 prévoyait environ 300 embauches, on assiste actuellement à La Redoute à une curieuse série de licenciements “ pour faute ”. C’est ainsi que 80 salariés de toute la France (la plupart âgés de plus de 50 ans) se sont dernièrement retrouvés “ pris en faute ”. Un véritable “ plan social ” déguisé qui s’explique sûrement par la prochaine ré-organisation globale de l’entreprise et de ses filiales (Conforama, Daxon, Cyrillus et SOGEP), cette ré-organisation prévoyant le transfert sur le siège des services sécurité, compta et maintenance des filiales. La CNT appelle les travailleurs de La Redoute à être vigilants et à être prêts à réagir…

et des licenciements plus ciblés !

On assiste depuis quelque temps dans l’entreprise à une volonté de mettre à la porte les éléments les plus turbulents. C’est ainsi dernièrement qu’une collègue s’est vue licenciée pour une journée d’absence injustifiée, le certificat médical qu’elle avait présenté ayant été jugé par son chef de service comme étant un… “ faux ” ! Malgré la présentation d’un second certificat médical (l’hôpital Dron ayant reconnu entre temps qu’il avait commis une erreur de tampon pouvant laisser croire à un faux), la direction a maintenu sa décision de licencier notre collègue. Celle-ci, avec l’aide et le soutien de la CNT, a décidé de réclamer justice et d’en référer au tribunal des prud’hommes.



CONTRE LA REPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL


Un rassemblement contre la répression du mouvement social a été organisé mardi 8 octobre à Lille à l’initiative du CDDSP 59, de la CNT, du CSP 59, de la FA et de SUD éducation. Ce rassemblement s’inscrivait dans le cadre d’une journée nationale d’action (cf. ci-dessous quelques extraits de l’appel).

Appel national contre la répression :

La répression politique de l'État s'abat avec force quand ce n'est pas avec violence sur les mouvements et les individu(e)s qui remettent en cause des aspects fondamentaux de notre société : rapports Nord-Sud, frontières, tolérance zéro, productivisme, Europe forteresse, exclusion des plus pauvres, rapports marchands... Cette répression ciblée a pour but d'en finir avec la contestation et les mouvements qui agissent pour une société plus juste et plus égalitaire.

La répression et la criminalisation ont de nombreux effets négatifs pour nous et bénéfiques pour les tenant(e)s du système politique, économique et social. Elles nous stigmatisent comme des gens dangereux, elles permettent d'exagérer les faits militants pour mieux les mettre en prison (intervention du GIPN pour l'expulsion du squat du Pamplemousse à Dijon ou à Strasbourg lors d'une simple occupation le 23 août), elles ruinent financièrement les mouvements et les individu(e)s par les frais de justice et les amendes, elles "cassent" les individu(e)s par les gardes à vues, les violences, la prison, elles limitent le champ d'action des militant(e)s en faisant planer l'épée de Damoclès de la prison et des amendes, elles dé- tournent les mouvements de leurs raisons d'être qui est l'action politique ou syndicale en focalisant ces mouvements sur la répression. D'autre part, la répression s'abat au quotidien sur les jeunes, les personnes issues de l’immigration, les classes les plus pauvres, selon le concept scandaleux de "classes populaires / classes dangereuses".

Nous exigeons :

- la relaxe d'Ahmed de “ No Border ”, des "17" et des "3" de Strasbourg, des "5" de St Etienne et de tous les militants poursuivis par la "Justice" ;
- la dissolution de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) qui est le pire des services de police. Cette brigade est régulièrement responsable de violences sur les militants et quotidiennement sur les habitants des banlieues. La technique du tabassage paraît être devenue un moyen d'action normal pour les membres de la BAC. Elle doit disparaître ;
- l'abrogation de la LSQ (Loi sur la Sécurité Quotidienne) qui criminalise les plus pauvres et les jeunes (fraude dans les transports, rassemblements dans les halls d'immeuble, rave-parties), viole la vie privée de chacun-e (informatique, fouilles, perquisitions), etc. Cette loi fourre-tout votée par la gauche plurielle à la faveur de l'émotion du 11 septembre est une atteinte intolérable à la liberté des individus. Cette loi liberticide doit être supprimée ;
- l'abrogation de la double peine. Cette loi rajoute une deuxième peine aux personnes de nationalité étrangère qui sont condamnées (l'expulsion du territoire français). Nous refusons cette loi xénophobe.

DISPARITION D'UN CAMARADE


Nous avons le regret de vous annoncer le décès d'André Décaudain (CNT - Douai) survenu le 5 septembre dans sa 70ème année. Syndiqué pendant de longues années à l'union locale CGT de Douai (où il était responsable du service juridique), André avait décidé il y a deux ans de rejoindre la CNT. La cause du peuple perd avec André un militant généreux, honnête et courageux. Salut camarade !



INDY MEDIA CENTER


Un collectif IMC cherche à se créer sur Lille (en lien avec Bruges et Courtrai). “ Independant Media Center ” (surnommé “ Indymédia ” ou IMC) est un réseau d'information international créé sur internet à l'occasion de la mobilisation de Seattle en novembre 1999 aux USA. IMC-France a été lancé le 30 juin 2000 à Millau. Indymédia est un projet ambitieux qui souhaite promouvoir la création de média libres, non seulement pour le peuple, mais par le peuple. Ceci, sans interventions hiérarchiques d'aucune sorte : de manière ouverte et transparente. L’objectif est de créer un média de masse, interactif, et d'agir pour un débat de qualité et une lecture critique de l'information. A la vue de diverses difficultés de fonctionnement, le site actuel d’IMC-France (http://france.indymedia.org ) est gelé. Tous ceux et celles qui souhaiteraient participer à la création d’un collectif local pour témoigner de la résistance et de l'opposition aux injustices sont chaleureusement invités à écrire à l’adresse suivante : imc.lille@no-log.org



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