« La Chanson de Craonne » censurée lors du centenaire de la bataille de la Somme

pas-de-guerre-entre-les-peuple-pas-de-paix-entre-les-classesLe 1er juillet 2016 a eu lieu au cimetière militaire allemand de Fricourt (80) une cérémonie à l’occasion du centenaire de la bataille de la Somme, un épisode de la guerre 14-18 qui fit 443 070 morts en seulement 4 mois ½ de combats. La chorale de Poulainville (80) devait y interpréter La Chanson de Craonne, une œuvre interdite pendant la 1ère guerre mondiale à cause de ses paroles antimilitaristes et subversives incitant à la mutinerie. Plusieurs semaines auparavant, l’accord des autorités allemandes et françaises avait été donné à François Grandsir, le directeur de la chorale qui – afin de ménager certaines susceptibilités – avait décidé de n’interpréter que le premier couplet et le refrain de la chanson. Mais, la veille de la cérémonie, François Grandsir a reçu un courrier électronique lui annonçant sans aucune explication que l’État français ne voulait plus de cette chanson. Depuis, la Préfecture de la Somme essaye de faire croire que ce refus était lié à l’emploi du temps de Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’État aux anciens combattants. Un argument très étrange quand on sait que l’interprétation n’aurait duré que 2 minutes à peine !

PS : Cette censure par le gouvernement dit « socialiste » n’est pas nouvelle. C’est ainsi que le 11 novembre 2014 près d’Arras (62), lors de l’inauguration par François Hollande de « L’Anneau de la Mémoire » (un monument portant les noms des 579 606 soldats tués dans le Nord Pas-de-Calais pendant la 1ère guerre mondiale), le discours officiel d’une lycéenne lilloise avait été expurgé de son passage sur les « fusillés pour l’exemple ».

 

« La Chanson de Craonne » interprétée par Valérie Gonzalez :

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3 réponses

  1. Miette dit :

    Bonjour,

    Un petit texte daté du 11 novembre 2008 et extrait des archives des militant.e.s de la section Louise Michel du STT 59 (ex cgt) :

    Il a fallu 9 millions de morts – 6 000 morts par jour – et 8 millions d’invalides pour que le 11 novembre devienne un jour férié, pardon de commémoration. Et on commémore quoi au juste ? le patriotisme, le courage, l’abnégation, la lutte pour la liberté, les morts pour la patrie, la fin des atrocités, l’armistice ?

    Les manuels d’histoire, les journalistes et les gouvernants n’insistent guère sur les causes effectives de ce conflit : l’impérialisme prédateur, le nationalisme barbare, les enjeux coloniaux et territoriaux, la montée économique de la Russie. Ils font carrément l’impasse sur les intérêts économiques financiers des capitalistes et actionnaires de France et d’Allemagne. Des millions d’hommes sont morts parce que le capitalisme les a lancés les uns contre les autres pour défendre les intérêts des classes dominantes européennes. Pendant que les pioupious crevaient les tripes à l’air dans les tranchées, les industriels produisaient et vendaient à prix d’or : la mort (armements, munitions), la survie (provisions, vêtements, vinasse, éther – pour la vinasse – tabac – matériel sanitaire et médical…). Au front c’était l’enfer. Lorsque les soldats revenaient en permission, ils traversaient les villes et voyaient les restos de luxe, les opéras, les théâtres emplis des gros salauds qui festoyaient pendant qu’ils les envoyaient se faire trouer la peau. Les soldats disaient “on réglera cela après”… Ils n’ont pas pu, morts, défigurés, estropiés, gazés, épuisés, sacrifiés.

    A partir des années 20, le patronat français privilégiera l’alliance avec l’Allemagne et sabotera les liens avec l’allié Russe qui avait évité la défaite en 14. “L’élite” française : hommes politiques de droite, journalistes, militaires, hommes d’affaires (Banque de France, Comité des Forges) voulaient une réforme de l’État sur le modèle fasciste (qu’ils obtiendront avec l’État français de Pétain) et un accord avec le Reich.

    Dans la commune de Gentioux (Creuse) a été érigé un monument aux morts de 14-18 sur lequel figure l’inscription “Maudite soit la guerre”. Qu’elle le soit en effet ! Mais la guerre n’est pas le fruit de conjonctures hasardeuses ou de la fatalité mais la conséquence de choix stratégiques, politiques et économiques. Nous sommes dans une période mondiale de “va-t’en guerre”. Ne nous trompons pas d’adversaires, ils font la une des magazines économiques et people : maudits soient les fauteurs de guerre.

    Extrait de la “Chanson de Craonne” :
    “Ceux qu’ont le pognon, ceux là viendron, car c’est pour eux qu’on crève, mais c’est fini car les troufions vont tous se mettre en grève, ce sera votre tour, messieurs les gros, de monter sur le plateau car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau !”

    Section Louise Michel – STT 59
    contact [at] cnt-cg59.org

  2. Ancé Michel dit :

    Bonjour

    J’ai fait une lettre ouverte au cuistre de sous ministre

    http://piquetdegreve.blogspot.fr/2016/07/le-sous-ministre-naime-pas-craonne.html

    salutations fraternelles

    Michel ANCE

  3. polis dit :

    Et évidement la chorale a bien fermé sa gueule et obéit comme en 1914 ?

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