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Action sociale : public-privé, refusons le plan Lecerf !

banderole-intersyndicale-cd-nord-13juin2016Extrait d’un tract de l’intersyndicale CGT-CNT-FO-FSU-Solidaires du Conseil départemental du Nord :

Le Département du Nord, sous la houlette de Lecerf, impose une cure d’austérité faite de mesures antisociales qui ont d’ores et déjà des conséquences dramatiques sur la population, les salariés du secteur social, l’ensemble des agents du Département et tous les services qui dépendent de ces financements. L’objectif affiché est de réaliser 100 millions d’euros d’économie dès 2016 sur les dépenses de fonctionnent du Conseil départemental pour les agents du Département (8% de suppression de la masse salariale, soit 350 postes en moins/an), pour les salariés du secteur associatif (15 % de perte de financement sur trois ans pour le secteur de la protection de l’enfance, -12% pour le secteur du handicap, -9% pour le secteur de l’autonomie ; ce qui représente plus de 500 emplois menacés par les probables mises en œuvre de plans sociaux, dès cette année.

Le plan d’austérité « Lecerf » se déploie tout azimut :

  • vers les associations du secteur social et médico-social, contraintes de négocier des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens par lesquelles elles s’engageraient à supprimer plusieurs centaines d’emplois et mettre en œuvre des plans sociaux d’envergure. Les fermetures de places générées par ce plan d’austérité signifient aussi la baisse drastique des moyens alloués à la protection (de l’enfance, des personnes handicapées et/ou dépendantes). C’est l’augmentation de la précarité de situations devenues insolubles et de la charge de travail des services sociaux et médico-sociaux du Département. Les « MECS », les foyers d’hébergement sont particulièrement visés car jugés trop coûteux. L’exécutif ne voit pas le placement comme un outil au service de l’accompagnement mais juste comme un coût ;
  • vers des établissements publics (EPDSAE, EHPAD public) qui se débarrassent massivement de leurs contractuels ;
  • vers tous les services du Département du Nord : objectif de l’exécutif départemental de supprimer 350 postes par an en ne remplaçant pas les postes vacants dans toutes les Directions (des UTPAS aux CER en passant par les collèges et les médiathèques), destruction d’emplois publics par, notamment, la privatisation de l’entretien des 202 collèges.

Lecerf et les syndicats patronaux du secteur social et médico-social partagent les mêmes objectifs : la casse de nos garanties collectives. Ils entendent introduire le salaire au mérite, des parts variables en fonction de critères de performances, de résultats … une véritable mise en concurrence des salariés entre eux ! Ils veulent réduire les salaires et leur progression sur l’ensemble de la carrière, notamment pour les agents du Département par la suppression de l’avancement d’échelon à la durée minimum. Ils veulent augmenter le temps de travail et réduire les jours de repos (conquis social et reconnaissance de la pénibilité). Ils veulent déqualifier nos métiers (polyvalence à outrance, transformation de nos métiers en successions de tâches, flexibilité et gestion par activité, pression sur les travailleurs sociaux et médico-sociaux er remise en cause de leurs évaluations pour les contraindre à la logique gestionnaire au mépris du travail social, etc.).

Pourtant nos conditions de travail sont déjà déplorables et la santé mentale et physique d’un nombre conséquent de nos collègues est déjà bien altérée ! Il suffit d’analyser, même sommairement, les indicateurs de santé pour constater que les réorganisations successives des services du Département, le manque de moyens, la baisse des dépenses et des financements, la restructuration de type industriel du secteur social et médico-social ont déjà eu des conséquences significatives sur la santé des agents du département, ainsi que sur les salariés du secteur social et médico-social associatif. Leur projet de rationalisation de l’exécutif départemental tend encore d’avantage les conditions de travail. Il risque de faire exploser les collectifs de travail et de rendre impossible l’exercice normal de nos missions.

Les mesures d’économie ne justifient pas la transformation de nos missions Parce que nous sommes attachés à nos mission de service public, nous refusons que le Département, les établissements publics et les associations du secteur social et médico-social prennent prétexte de cette cure d’austérité pour externaliser et privatiser des fonctions supports, livrer une partie de leurs activités à des fonds d’investissement ou à des entreprises privées. Nos missions ne sont pas à vendre ! Elles n’ont pas valeur marchande et surtout elles ne peuvent être dévoyées sur l’autel de l’économie sous peine de mettre en danger les populations les plus fragilisées.

stt-59

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