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Un bilan parmi d’autres de la manifestation du 28 avril à Lille contre la loi Travail

amphi-archimede-occupeCommuniqué du Collectif de mobilisation de l’université de Lille 1 :

Jeudi 28 avril, la mobilisation contre la loi travail a rassemblé une importante foule dans les rues de Lille et de nombreuses villes de France, rassemblant près de 500 000 manifestants selon les organisations syndicales, dont 25 000 dans les villes du Nord.

Force est de constater que les principaux organes de presse papier et télévisuelle, ainsi que les porte paroles gouvernementaux, ont fait le choix de se focaliser exclusivement sur les débordements des dits « casseurs ». Nous souhaitons rappeler avec force et détermination que les mobilisations contre la loi travail ne se limitent absolument pas à ces actions et concernent un nombre important d’organisations et de stratégies de lutte. Il est en cela malhonnête d’évacuer purement et simplement la grande majorité des personnes présentes qui ont défilé pacifiquement durant toute la durée de la manifestation. Les contraintes économiques du champ médiatique, qui lui impose une course effrénée au sensationnalisme, ne doivent en aucun cas primer sur la déontologie journalistique.

Cependant, et conformément à la décision de la Coordination Nationale Étudiante de non-distinction des stratégies de lutte, nous refusons fermement de condamner d’hypothétiques « casseurs » dans la mesure où ceux-ci ne ciblent que les symboles ostentatoires du libéralisme économique, de l’arbitraire du pouvoir et du monopole de la violence physique légitime. La manifestation de Lille du 28 avril a ainsi fait preuve d’actes de dégradations extrêmement ciblées : Apple Store, Printemps et banques. Nous maintenons ici que la véritable violence n’est pas celle des manifestant-e-s et qu’il est aussi inutile que dérisoire de s’en prendre au symptôme plutôt que d’attaquer les causes.

La manifestation de Lille du 28 avril a été faiblement réprimée, et nous nous félicitons de la décision prise par la police de quitter la place Charles de Gaulle sous la pression des manifestants. Toutefois, tous nos camarades n’ont pas eu cette chance : à Lille, des manifestant-e-s ont été gazé-e-s, d’autre interpellé-e-s. Le bilan de cette journée d’action nationale est entachée par un nombre d’arrestations et de garde à vue proprement scandaleux. Un étudiant de Rennes à perdu l’usage d’un œil suite à un tir de flashball. Nos camarades et ami.e.s d’Amiens ont été victimes de violences policières disproportionnées, la police a attaqué des manifestant.e.s pacifiques [Note du webmaster : voir la vidéo ici]. La Nuit Debout de Paris a violemment été évacuée par une police visiblement peu préoccupée par sa tâche de protéger et de servir. Ces très nombreux actes de violence policière, peu relayée par une certaine presse servile et complaisante vis-à-vis de la Préfecture, ne peuvent être qualifiés de débordements. Ils font l’objet d’une stratégie délibérée d’un gouvernement qui se prétend socialiste et a fait le choix de réprimer des mouvements sociaux qui se battent, précisément, pour le maintien des promesses qui leur avait été faites.

Ni chair à patron, ni chair à matraque.

Collectif de mobilisation de Lille 1 contre la loi travail

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