Le 17 mars, mobilisation des personnels du Conseil départemental du Nord

CD59-tract-a-destination-des-usagers-17mars2016Depuis son arrivée à la tête du Conseil départemental du Nord en mars 2015, Jean-René Lecerf se livre à différentes attaques à l’encontre du service public et des agents départementaux (ouvriers de la voirie, médecins, travailleurs sociaux, agents techniques des collèges, psychologues, administratifs, agents de la culture et des musées, infirmières et puéricultrices de la protection maternelle et infantile, salariés de la maison départementale pour les personnes handicapées, gardes départementaux des espaces naturels sensibles…). Le 1er mars 2016, la mobilisation a montré la détermination du personnel. Le 17 mars, les agents départementaux se mobilisent à nouveau…

Documents publiés par l’intersyndicale du Conseil départemental :

Article de la CNT paru sur le portail syndical du Conseil départemental :

1- Sauver le Département !

Leur argument ? Sauver le Département de la tutelle de L’État ! Leur alibi ? C’est la faute aux autres (gouvernement, majorité précédente, agents surnuméraires, allocataires du RSA, à la dette publique, etc.). En résumé, même présents dans les affaires nationales et locales : ils étaient absents !

2 – Un coffre à malices

Dès le printemps 2015, les syndicats ont commencé à décrypter les diverses déclarations publiques de la nouvelle majorité qui semblait se réveiller brutalement d’un long sommeil hypnotique et découvrait avec stupéfaction une réalité budgétaire dont elle ne pouvait rien ignorer. Tellement convenues et prévisibles qu’elles suscitent plus de lassitude que de colère, les solutions annoncées, puisées dans un coffre à malices commun aux libéraux de gauche (loi-travail) et de droite, consistent essentiellement, côté fonctionnement, côté travailleurs, à vandaliser nos conditions de travail et de vie.

3 – Une riposte syndicale unitaire rapide et décisive

L’intervention rapide d’une intersyndicale solidaire et l’organisation d’une mobilisation importante ont fait reculer l’autorité territoriale sur un certain nombre de projets. Plus question pour l’employeur, de porter, en une seule fois, les mauvais coups. « Élargie » par l’argent économisé sur nos avancements d’échelon au minimum, l’assiette de notre allocation sociale sera rapidement rééquilibrée au profit de la part variable au mérite. Valeur indéfinie qui selon les informations émanant de réunions de service, pourrait consister par exemple, à atteindre, à l’Aide sociale à l’enfance, 10 % de main-levées de placements, au détriment de l’intérêt des enfants et au risque « personnel » des agents. Quelles formes revêtira le mérite sur les autres missions, dans les autres services ? Démériter à l’avenir consistera sans doute à refuser certaines injonctions en conflit ouvert avec nos consciences professionnelles.

4 – Un râteau au SDIS… la curée sur les agents départementaux

Malgré l’unité d’action et la volonté de dialogue de l’intersyndicale, l’autorité départementale entend passer en force des mesures largement critiquées dans les services. Malgré les campagnes de communication patronale et de désinformation, l’intersyndicale mobilise, sur plus de six mois, près de 15 % du personnel départemental. Face à la foule de près de 700 agents départementaux présents dans l’Hôtel du Département le 1er mars dernier qui exigeaient l’ouverture de véritables négociations, le cabinet de communication de la présidence a choisi de criminaliser l’action et de présenter les manifestants et les syndicalistes comme des voyous et des délinquants. La méthode est éculée et demeure méprisable mais aussi dangereuse avec un Front national à plus de 30 %.

5 – Petits débordements, grands méfaits

Quand la piétaille foule les moquettes présidentielles et profane les lieux de pouvoir par sa simple présence, quand des manifestants égarés par une *passion d’égalité* se désaltèrent au champagne « Ruinart », deux malheureuses bouteilles, très probablement offertes ou réservées aux « VIP-quivalent- ontologiquement-plus-que-toi », l’autorité territoriale escamote 61750 jours de congés – sans contrepartie salariale – et nous oblige de surcroît à travailler *gratuitement* 9500 jours de plus pour la journée dite de Solidarité, exerçant une véritable contrainte par corps. Où est le scandale ? Poursuivant la destruction de notre collectif de travail, par la restructuration des services et par la calomnie contre ses opposants, le Président n’hésite pas à salir les agents et à accuser le mouvement du 1er mars de « séquestration » espérant décourager, par la peur, la mobilisation qui s’amplifie. C’est un juriste de formation, il ne peut pas ignorer que cette accusation infondée pèsera très lourd.

6 – Ça la fiche mal !

Optimisation, rationalisation, efficience, voici la nouvelle trinité de la « gouvernance » qui nous échoie et qui, malgré les « contraintes budgétaires » n’hésite pas, afin de mener à terme « un projet d’administration ambitieux » (suppressions de postes, allongement du temps de travail, non renouvellement des départs naturels, externalisation des missions, etc…), à externaliser la fonction RH de recrutement et à la confier à un cabinet parisien chargé de sélectionner notre futur.e Directeur/trice des Ressources Humaines. La prestation aurait coûté 8000 euros à la collectivité. On se demande pour quelles raisons, nos administrateurs en charge de la DGS et de la RH ainsi que la Présidence n’ont pas procédé eux-mêmes à ce recrutement d’un agent public, d’autant qu’à lire la fiche de poste, il s’agit d’un.e nouveau/elle « tueur/tueuse de coûts ». Cela fait mauvais effet, ça commence très mal !

7 – Si on se laisse pas faire (…), eh bien, on gagnera * !

Nous n’en sommes donc qu’au commencement de nos déboires et de nos malheurs. À moins que (considérant que vos collègues manifestants n’ont décidément pas le profil de pétroleurs.ses, que les militants syndicalistes n’ont pas d’intérêts personnels à dénigrer l’employeur à moins de souffrir de lourdes perversions, qu’ils n’ont rien à gagner mais beaucoup à perdre, tout comme vous) vous mettiez un coup d’arrêt à cette politique salariale que rien ne justifie. D’autres choix, eux réellement modernes et progressistes, sont possibles. Rejoignez le mouvement dès le 17 mars prochain !

Section CNT Louise Michel du CD 59 (affilée au syndicat CNT des travailleurs territoriaux)

* D’après le texte de Woodie Guthrie adapté par François Béranger : Le blues parlé du syndicat
Print Friendly

Une réponse

  1. L’après-midi, nous rejoindrons la manif des étudiants et des lycéens contre la loi Macron 2 (loi-travail).

Laisser un commentaire