Calais, 23 janvier : vidéo, bilan et suites de la manifestation de soutien aux réfugiés

Vidéo de la manif officielle puis de l’action menée après par un groupe de migrants

Cadrage et montage : Arthur Levivier

 
Communiqué du collectif unitaire d’organisation de la manifestation

Ce samedi 23 janvier, 3000 migrants, réfugiés de la jungle, réfugiés et sans-papiers de Paris, de Marseille, de Lille et d’ailleurs, membres de mouvements de solidarité de Calais et sa région et d’autres villes, militantEs,venus d’Angleterre, de Belgique et d’Allemagne ont manifesté à Calais. C’est la plus grosse mobilisation sur ce sujet ayant eu lieu à Calais. Au même moment des manifestations du même type ont eu lieu à Evros à la frontière entre la Grèce et la Turquie et à Lampedusa. Malgré quelques provocations, très peu nombreuses, de l’extrême-droite, la manifestation a eu le visage de la détermination et de la solidarité. La confiance transmise par cette magnifique manifestation a amené des centaines de migrants à décider d’obtenir ce qu’ils revendiquent légitimement, leur liberté de circulation. Après la fin de la manifestation, débordant les forces de police, ils ont manifesté jusqu’au port pour tenter d’embarquer sur un bateau. Plusieurs dizaines ont même réussi à entrer sur un ferry à quai. Suite à cette action, la police a arrêté au moins 11 personnes solidaires et 24 migrants. La manifestation a été la démonstration que la solidarité est un projet de société qui a bien plus d’avenir que les politiques menées actuellement, qui font de Calais une ville sinistrée et barbelée. Nous exigeons donc la libération immédiate de touTEs les manifestantEs arrêtéEs, quels que soient leur statut ou leur nationalité, et le retrait de toutes les charges.

Premiers signataires : ATMF, CNT-RP, CISPM, CSP 75, Droits Devant !!!, NPA

Dernières infos concernant la répression

Lundi 25/01 à 13h30, un rassemblement de soutien est organisé devant le TGI de Boulogne-sur-Mer pour soutenir six habitants du bidonville et deux militants associatifs poursuivis suite à l’occupation d’un ferry dans le port de Calais après la manifestation du 23/01. D’autre part, trois militantes italiennes présentes samedi à Calais ont été placées au CRA (centre de rétention administrative) de Lesquin avec une OQTF (obligation de quitter le territoire français).

Deux réactions suite à un article de la Voix du Nord

Dans un article publié le 24 janvier 2016 sur son site internet et le lendemain dans son édition papier, la Voix du Nord écrit que la statue de Ch. de Gaulle, située place d’Armes à Calais, a été taguée « par ce qui semble être des militants de la Confédération nationale des travailleurs » (sic). Quel que soit le mal qu’elle pense du chef d’État que fut Charles de Gaulle, la CNT a immédiatement démenti cette rumeur et, preuves à l’appui, décliné toute responsabilité dans cette dérisoire histoire de graffiti. C’est ainsi que dans l’après-midi du 25 janvier, la référence à la CNT a été supprimée dans l’édition web de l’article. Quant à l’édition papier, un rectificatif sera publié dans le numéro du 26 janvier *.

* Post-scriptum : un rectificatif a bien été publié le 26 janvier dans l’édition papier et calaisienne de la Voix du Nord. Par contre, en ce qui concerne l’édition papier régionale, on attend toujours ! À propos de cette histoire, lire également le billet d’humeur et d’humour que nous a envoyé dernièrement un camarade…

 
Dans le même article, la Voix du Nord évoque la personne qui, samedi après-midi, a menacé les manifestants avec un fusil. Les journalistes parlent « d’une famille de Calaisiens pris à partie par des manifestants » et d’une vidéo dont les « images ne montrent pas qui est à l’origine de cet affrontement ». Plusieurs témoignages sont pourtant très clairs. Exemple : « Cette famille se trouvait dans une rue perpendiculaire à la manifestation. Elle est sortie de chez elle en insultant et en agressant à tout va les manifestants et migrants. Quand ceux-ci sont allés leur demander de ne pas réagir comme cela et de rentrer chez eux, c’est à ce moment que l’arme a été sortie». Autre témoignage : « Lorsque le cortège arrive au coin d’une petite rue pavillonnaire, deux hommes sortent de leur jardin pour invectiver et provoquer les réfugiés. Un groupe s’approche alors de la maison. Les deux hommes continuent les insultes et les doigts d’honneur. Va alors commencer une partie de ping-pong d’insultes. Almamy Kanouté, militant associatif de la banlieue parisienne, va très vite intervenir pour tenter de calmer le père de famille en lui demandant de rentrer chez lui pour éviter que ça ne dégénère d’avantage. L’homme refuse, reste dehors. Sa femme le supplie de rentrer mais il préfère rester, et est visiblement prêt à en découdre. C’est à ce moment que le jeune, qui semble être son fils, rentre dans la maison et ressort quelques secondes plus tard armé d’un fusil et le dirige vers la foule puis en l’air ». Et puis, cette famille n’est pas une famille lambda. Elle milite activement dans l’extrême-droite radicale calaisienne. Cela, la Voix du Nord ne le dit pas *.

* Post-scriptum : depuis la publication sur le site antifasciste La Horde de documents prouvant les sympathies néo-nazies de cette famille, la Voix du Nord a été obligée de revoir sa copie.
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2 réponses

  1. Miette dit :

    Je m’interroge sur l’événement (taggage) et sur la publicité qui lui est faite par la Voix du Nord. Je ne peux pas m’empêcher de le relier à la publication, le 24 janvier, par la Voix du Nord, d’une photographie d’une affichette qui constitue un appel au meurtre “Touchez encore ce symbol et vous rejoindrez les deux racails gauchistes Clément Méric et Rémy Fraisse” (sic) – pancarte qui aurait pu passer inaperçue et qu’il fallait ramasser du bout des doigts et jeter à la poubelle rapidement. Mais la Voix du Nord a choisi de bien la mettre en évidence et la commente avec sa modération coutumière “Un autre calaisien avait apposé par terre, discrètement, une autre pancarte plus revendicative (photo ci-dessus). Une nouvelle fois, cette inscription a été retirée.”
    … et puisqu’il s’agit de menaces de mort, on reste sans voix…sous prétexte d’information, la Voix du Nord fait monter la sauce.
    On sait maintenant qu’il suffit d’aller graffer la statue de Victor Hugo en costume-cravate trois pièces pour faire accuser LR et le Medef.

  2. CNT 42 dit :

    L’obligation de quitter le territoire pour les trois Italiennes arrêtées à Calais a été levée

    http://www.nordlittoral.fr/accueil/l-obligation-de-quitter-le-territoire-pour-les-trois-ia0b0n279117

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