La complainte des ouvriers

Mise en images (réalisée en 2013 à Lille par le secteur vidéo CNT) d’une chanson écrite & interprétée en 1995 par Molodoï et aujourd’hui toujours d’actualité :

 

ouvriers-contre-fermeture-usineFace à l’offensive anti-ouvrière du patronat et des gouvernements à son service, on entend souvent des collègues, écœuré-e-s, dire qu’« il n’y a rien à faire ». Il est vrai que le développement des emplois précaires, les menaces de délocalisation, les licenciements massifs et le chômage sont utilisés comme une véritable arme terroriste pour museler les salarié-e-s et imposer une remise en cause de nos acquis sociaux.

Mais nous qui, dans les ateliers, les bureaux ou les chantiers (dans le privé comme dans le public), produisons toutes les richesses, nous avons les moyens de tout arrêter afin d’imposer nos volontés. Plutôt que d’abandonner notre sort dans les mains des bureaucrates ou des politiques, c’est à nous-mêmes – collectivement – qu’il revient de construire la solidarité, de résister et de rendre les coups. C’est possible et nécessaire. Pour reprendre les mots d’une ouvrière de Cellatex : « En l’an 2000, on ne peut pas tolérer qu’on laisse des gens crever parce qu’on leur a volé leur travail et leurs revenus ». Effectivement, il est intolérable que des milliers de salarié-e-s soient jeté-e-s à la rue ! Inacceptable que, dans un pays aussi riche que la France, plus d’un million de familles populaires en soient réduites à survivre avec le RSA ! Comme le disait une ouvrière de Moulinex : « Rien ne peut aller comme ça […]. Un jour ça pétera. Et alors mai 68 ressemblera à une promenade ». Contre la casse de l’emploi, seule la lutte paie !

REVENDICATIONS D’URGENCE DE LA CNT

  • Augmentation des minima sociaux payée par l’augmentation des cotisations patronales (c’est le patronat qui est responsable du chômage, c’est à lui d’en payer le prix). Nous trouvons scandaleux que des travailleurs/euses sans emploi en soient réduit-e-s à survivre de la charité publique (RSA) et notre revendication principale reste le plein emploi par la réduction du temps de travail. Cependant, nous ne pouvons perdre de vue que plus d’un million de familles, réduites aux minima sociaux, n’ont pas les moyens de vivre décemment aujourd’hui.
  • Dans le même ordre d’esprit, lutter pour qu’en cas de licenciement les patrons paient le prix fort. Nous sommes contre les licenciements mais, en l’absence de lutte interprofessionnelle massive, la lutte entreprise par entreprise consiste le plus souvent à construire un rapport de force pour que le plan social soit « le moins mauvais possible ». Aussi, tant que le rapport de force ne permettra pas de s’opposer aux licenciements… que les patrons paient le plus cher possible !
  • Augmentation du SMIC et des salaires sans oublier les temps partiels imposés (surtout aux femmes). Car, aujourd’hui, un couple qui vit avec un SMIC à plein temps est en-dessous du seuil de pauvreté.

REVENDICATIONS PLUS GLOBALES

  • Transformation des emplois précaires en emplois stables : CDI dans le secteur privé, titularisation sans condition de concours et de nationalité dans la fonction publique.
  • Aucune exonération des cotisations patronales : les cotisations sociales (Sécu, UNEDIC) font partie de notre salaire, salaire socialisé pour permettre à tous les salarié-e-s d’être protégé-e-s contre le chômage, la maladie et la vieillesse. Aussi, toute baisse ou exonération des cotisations patronales non seulement vide nos caisses de protection sociale mais, en plus, participe à la baisse de nos salaires.
  • Réduction massive du temps de travail : travailler tou-te-s, moins et autrement ! Le chômage est une aberration de la société capitaliste. Alors que les progrès techniques pourraient nous permettre de vivre tou-te-s mieux, on en arrive à ce paradoxe : d’un côté des chômeurs-euses qui crèvent de ne pas pouvoir travailler, de l’autre des salarié-e-s qui crèvent de bosser trop. Réduire le temps de travail, c’est permettre aux salarié-e-s de profiter de la vie et aux chômeurs-euses d’avoir un emploi. Il est clair que cette baisse du temps de travail doit se faire sans baisse de salaire et sans flexibilité.
  • Interdiction des licenciements collectifs. Nous ne sommes pas des machines que l’on exploite pendant des années et que l’on jette après. Il est clair que cette revendication remet en cause une des bases de la société capitaliste : le droit du patron de disposer comme il l’entend de l’entreprise et des salarié-e-s. Aussi, si cette revendication est reprise massivement, nous pensons que se posera une question de fond : à qui appartiennent les entreprises ? à ceux et celles qui les font tourner (les salarié-e-s) ou à ceux et celles qui s’enrichissent grâce au travail des autres (la bourgeoisie) ?

FINALITÉS RÉVOLUTIONNAIRES

Licenciements, chômage, misère et exploitation ne pourront être abolis que par l’abolition du capitalisme. C’est pourquoi nous réaffirmons que la finalité de notre syndicalisme est la révolution sociale : expropriation des capitalistes, gestion des entreprises et de la société par les travailleurs/euses eux-mêmes, socialisation des moyens de production, partage égalitaire des richesses selon le principe « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », etc. Bref, construire une autre société, communiste libertaire, où les travailleurs/euses ne seront plus les esclaves salarié-e-s du Capital mais enfin les maîtres de leur destinée, gérant la production et les services non plus pour augmenter les profits d’une minorité mais pour répondre aux besoins de l’humanité.

Print Friendly

Laisser un commentaire