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Éducation : bilan de la grève du 19 mai et perspectives

Avec 50% de grévistes dans les collèges du Nord Pas-de-Calais (même pourcentage que la moyenne nationale), la journée organisée le 19 mai 2015 dans le second degré a été une réussite. Mais c’était sans compter sur le mépris du gouvernement vis à vis des personnels et sur sa volonté de passer en force ! En effet, dès le lendemain de la grève, le décret et l’arrêté portant sur la réforme du Collège ont été publiés au Journal Officiel ! Il s’agit donc maintenant d’amplifier la mobilisation…

L’intersyndicale nationale du second degré :

  • dénonce les manœuvres de récupération politiciennes menées par les partis de droite,
  • demande l’abrogation des textes parus le 20 mai au Journal Officiel,
  • appelle à poursuivre les mobilisations en cours (assemblées générales, délégations, rassemblements…),
  • appelle à faire du jeudi 4 juin une journée nationale d’information, de rencontres et de débats avec les personnels et les parents,
  • appelle à une nouvelle journée nationale de grève le jeudi 11 juin.

Concernant la grève du 11 juin, l’appel de l’intersyndicale Nord Pas-de-Calais est disponible ici.
 
19-mai-2015-Lille-banderole-intersyndicale-education
 
Nouvelle ministre, nouvelle réforme. Tout va changer ?

Non, surtout pas ! Les programmes vont peut-être changer à la marge. Mais les méthodes resteront peu ou prou les mêmes, au gré des modes imposées par les inspecteurs-trices. L’objectif principal du collège restera de faire le tri social. Quant aux évaluations, elles resteront au service de ce tri, qu’elles soient chiffrées ou par compétences. Elles continueront à être anxiogènes pour les élèves et sources de casse-tête pédagogiques pour les enseignant-es. Sans parler de la division en classes (classes d’âge, classes de niveau ou classes sociales) dont on ne parlera même pas. Quelques idées paraissent bonnes, comme les Enseignements pratiques interdisciplinaires prévus dans l’emploi du temps. Ça permettra à la ministre de mettre de son côté les mouvements pédagogiques peu regardants sur les modalités d’application. Ils tiendront compagnie aux syndicats collabos qui signent des deux mains et les yeux fermés. Pourtant, il suffit d’avoir déjà travaillé dans l’Éducation nationale depuis quelques années et deux ou trois réformes pour voir qu’une bonne idée comme celle-ci ne sera pas mise en œuvre comme il le faudrait : aucune heure de concertation dans l’équipe, choix limité des disciplines croisées pour des questions d’emploi du temps impossible, pressions des conservatismes pour maintenir le nombre d’heures et les lourdeurs dans les programmes, etc. Par ailleurs, tout porte à croire que les décisions ne seront pas concertées, collégiales et portées par les enfants et les travailleurs-euses. Procès d’intention ? Non, expérience. Tout sera imposé par des petits chefs et leurs chien-chiens, dans un esprit démocratique digne d’un pouvoir militaire. Nous parlerons bien sûr encore moins des conditions de travail des adultes et des élèves : précarité, flexibilité, concurrence entre établissements, entre disciplines, travail à la maison trop important (et source d’aggravation des inégalités), classes surchargées, journées trop longues, enfermement, infantilisation, etc. Et les inégalités sociales ? Et le manque de moyens humains ? Et les créations de postes qu’on attend toujours ? Et les conditions d’accueil des élèves en situation de handicap ? Et celles des élèves isolés, qui se retrouvent de plus en plus souvent déscolarisés et à la rue ? Tout est prévu pour continuer à se détériorer, austérité oblige. Alors ça une réforme ? Non, c’est comme d’habitude l’expression carriériste d’un-e ministre pour faire avancer sa promotion vers plus de pouvoir, en laissant son nom sur une action politique qui ne sera même pas critiquée ; pas le temps, avant la prochaine réforme d’un autre ministre, qui n’aura surtout rien changé… Au passage, ça aura sûrement aidé à faire quelques économies. En fait, c’est clair, ce n’est pas d’une n-ième réforme dont on a besoin, mais d’une révolution !

(extrait du bulletin de la Fédération CNT des travailleurs et travailleuses de l’Éducation)

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Un commentaire

  1. Ca existe aussi en belgitude ces méthodes fachos… mais je ne vous apprends sans doute rien !

    Toujours est-il que la plupart de vos conseils sont foutrement aussi valables chez nous ! alors merci !

    Frat,

    Alain.

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