Belgique : mobilisation syndicale contre le nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement belge qui a prêté serment le 11 octobre 2014 est né d’une coalition de droite entre le MR (parti wallon de centre droite), le CD§V (parti démocrate-chrétien flamand), l’Open VLD (parti libéral flamand) et la N-VA (parti nationaliste flamand).

Signe de l’extrême droitisation du pays, le N-VA a obtenu :
– le ministère de l’intérieur,
– le ministère des finances,
– le ministère de la défense et de la fonction publique,
– le secrétariat d’État à l’asile et la migration,
– le secrétariat d’État à la lutte contre la fraude et la pauvreté.

Autres signes tout aussi inquiétants : le 13 octobre, Jan Jambon – ministre de l’intérieur – a déclaré que les belges ayant collaboré avec l’Allemagne nazie « avaient leurs raisons » (il faut savoir qu’historiquement les nationalistes flamands sont liées à la collaboration nazie) et le 14 octobre, la presse a diffusé l’information selon laquelle Theo Francken – secrétaire d’État à l’asile et à la migration – avait participé le weekend précédent à l’anniversaire des 90 ans d’un membre des VMO (milice d’extrême-droite créée après la seconde guerre mondiale).

Parmi les premiers objectifs annoncés par le nouveau gouvernement, citons notamment :
– la mise en place d’un plan d’austérité,
– une marche arrière concernant le nucléaire (avec possibilité de construire une nouvelle centrale alors que l’ancien gouvernement était pour l’abandon de cette énergie),
– le recul de l’âge de départ à la retraite (67 ans à partir de 2030),
– l’allongement des carrières (avec possibilité de décourager les départs anticipés à la retraite),
– la possibilité d’obliger les demandeurs d’emploi à accepter des travaux d’intérêt général en contre-partie du versement de leurs indemnités chômage…

Face à cette situation, l’intersyndicale – traditionnellement molle et très accommodante avec l’ancien gouvernement (mises à part quelques branches de la FGTB) – a décidé de se mobiliser. Une première manifestation a eu lieu le 6 novembre à Brussel / Bruxelles (ce rassemblement a réuni plus 100.000 participants et des affrontements entre la police et plusieurs centaines de personnes – dont un grand nombre de dockers d’Antwerpen / Anvers – ont éclaté en fin de parcours). Et le 28 novembre ainsi que les 1er et 8 décembre prochains, des grèves tournantes seront organisées afin de préparer la grande grève générale prévue le lundi 15 décembre.

D’après les infos transmises par Sébastien, un camarade belge
domicilié à Tournai et militant de la CNT 59/62

 
PS : Le Réseau européen des syndicats alternatifs et de base a publié un communiqué de soutien à la grève du 15 décembre en Belgique. Pour le lire au format PDF, cliquer ici.

Premier bilan de la mobilisation :

Pour savoir où en est la mobilisation à la date du 8 décembre, voir ici.

Cet article a 2 commentaires

  1. Compagnonnes, Compagnons…

    Un sacré foutredieu de grand merci pour votre soutien !!!

    Mais quoi, après ? des grèves d’un seul jour, celà ne suffit pas… contre le gouvernoche le plus à droite qu’on ait jamais vu depuis des décennies, c’est la grève générale illimitée qu’il faut asséner à ces connards de sinistres !

    Ni dieu, ni maître !

    Salutations fraternelles,
    Alain LALOYAUX, alias…Bolet satan

  2. Salut Alain !

    Bon courage à toi et à tou-te-s les compagnon-ne-s du “plat pays”. Certes, comme tu le dis, une grève de 24 heures ne sera pas suffisante. En France aussi, on est confronté à ces actions qui, bien souvent, s’avèrent sans lendemain. Par conséquent, à nous de populariser l’idée d’une grève générale reconductible… et surtout de préparer celle-ci au sein des entreprises, en commençant par celles dans lesquelles nous travaillons et celles dans lesquelles nous sommes implantés (syndicalement ou par le bais d’un collectif de lutte) ! Ce n’est pas facile mais, en s’appuyant sur des dates comme celle du 15 décembre, c’est possible.

    Fraternellement,
    Eric

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