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Tract confédéral de la CNT contre la casse de l’assurance chômage (UNEDIC)

chomeur-radieAprès l’ANI et la réforme des retraites, c’est au tour de l’assurance chômage d’être dans le collimateur du gouvernement et du patronat. En effet, la convention de l’assurance chômage arrivant à son terme le 31 décembre prochain, gouvernement, syndicats patronaux et syndicats de salariés reprendront leur place à la table des négociations début janvier 2014.

Cette négociation sera l’occasion pour les « partenaires sociaux » et le gouvernement d’intégrer dans la convention « les droits d’indemnisations rechargeables pour les chômeurs » inclus dans l’ANI qui a été transposé en mai dernier en loi sur « la sécurisation de l’emploi ». Un-e chômeur-euse qui retrouverait un emploi et qui n’aurait pas « utilisé » la totalité de ses droits pourra les conserver en cas d’une perte d’emploi ultérieure. Il s’agit là d’une vaste fumisterie car, en contrepartie, cette loi offre la possibilité aux employeurs de baisser les salaires sur une période de deux ans lorsque les entreprises sont en baisse d’activité mais permet aussi de faciliter les licenciements économiques.

Les négociations à venir seront l’occasion aussi de rogner encore un peu plus le droit des travailleurs-euses privé-e-s d’emploi : durée d’indemnisation, montant des indemnités, accès à l’ouverture des droits etc. Alors que le chômage en France a atteint la barre des cinq millions (près de 10% de la population) et que nous sommes de plus en plus poussé-e-s vers une précarisation croissante des conditions de vie. Pour le moment, le MEDEF, au prétexte de déficit « cumulé » dans les caisses de 18,5 milliards d’euros fin 2013 et 24,1 milliards fin 2014 (il y a là la même stratégie que pour la réforme des retraites), revendique le retour à la dégressivité et la baisse des indemnisations chômage.

Même si le gouvernement Ayrault et les directions syndicales s’y opposent timidement à ce jour, ne nous faisons pas d’illusion quant à ces négociations, ce seront les travailleurs qui subiront une fois de plus les conséquences de cette politique de casse sociale qui place les intérêts financiers de quelques un-e-s au-dessus de l’intérêt de ceux et celles qui produisent : près de 40 000 chômeurs-euses sont radié-e-s chaque mois, la moitié des chômeurs-euses ne perçoivent pas d’indemnités, radiations à gogo sont le quotidien de milliers de personnes. La chasse aux précaires est ouverte ! Face à cela, il est temps d’inverser le discours ! De placer les travailleurs et les travailleuses au centre des décisions, en exigeant l’ouverture des droits à tous et toutes sans conditions grâce à la cotisation sociale et au salaire socialisé.

Le salaire socialisé : un principe anticapitaliste
Sur une fiche de paie, une partie du salaire est payée individuellement aux salarié-e-s, c’est le salaire net (ou salaire direct). L’autre partie, formée de cotisations sociales, est versée dans les différentes caisses (sécurité sociale, etc.) : le salaire indirect ou le salaire socialisé. La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, sous prétexte de soulager les « charges » de l’entreprise, c’est réduire le salaire ! Elle n’est pas un prélèvement ou une charge, ni un impôt, ni une taxe, ni une épargne, ni une assurance… mais du salaire ! Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleurs-euses et de prendre en compte les aléas de la vie. Qu’ils-elles soient actif-ives, précaires, chômeurs-euses, retraité-e-s, les salarié-e-s sont reconnu-e-s en tant que travailleurs-euses, le/la chômeur-euse indemnisé-e comme un-e salarié-e demandeur-euse d’emploi et le /la retraité-e comme un-e salarié-e pensionné-e.  Cet aspect est important car il pose comme principe la solidarité entre les travailleurs-euses et il confisque aux représentants de l’État la gestion d’une partie des revenus des travailleurs-euses : le salaire socialisé. Ces vingt dernières années, les taux de cotisations patronales ont augmenté de 1,8 %, celles des salarié-e-s de 8,2 %. Il est temps de rattraper ce retard, seule vraie cause de déséquilibre du système. En effet, les richesses produites dans les entreprises sont le fruit de l’activité des travailleurs-euses eux/elles-mêmes ; elles doivent donc leur revenir !

La CNT revendique :
people07 plus long– un accès aux indemnités de chômage sans condition et sans durée limite avec un taux de remplacement à 100 % du meilleur salaire ;
– une augmentation significative des salaires ;
– un rétablissement du droit à l’allocation chômage en cas de démission ;
– l’arrêt des exonérations de cotisations sociales patronales ;
– l’arrêt des radiations et du flicage des privé-e-s d’emplois ;
– l’autogestion des caisses par les salarié-e-s eux/elles-mêmes, selon le modèle existant avant les ordonnances de 1967 (qui ont introduit le paritarisme syndicats/patronat).

> Télécharger ce tract au format PDF

Comme chaque année, début décembre, les organisations de chômeurs-euses appellent à une manifestation nationale à Paris contre la précarité et le chômage. La CNT région parisienne sera présente. Pour en savoir plus (date, heure et lieu de rendez-vous), cliquer ici.

UR NPDCP

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