Ne banalisons pas le travail le dimanche !

travail-dimancheUn salarié ne peut pas travailler plus de 6 jours par semaine. Sauf dérogation (permanente ou temporaire), le Code du travail fixe le repos hebdomadaire au dimanche.

Certains salariés sont favorables au travail le dimanche, non pas parce qu’ils y trouvent du plaisir (à ce sujet, la plupart d’entre eux sont conscients des inconvénients que cela représente sur leur vie de famille ou leurs loisirs) mais parce qu’ils y voient l’occasion d’arrondir leurs fins de mois (cf. les fameuses compensations salariales).

Malheureusement, coincés dans une logique individualiste favorisée par le système capitaliste, ces salariés n’ont pas de vision à long terme. Or, si les dérogations se multiplient, le dimanche deviendra un jour comme les autres et il sera payé comme n’importe quel jour de la semaine (comme c’est le cas en Grande-Bretagne depuis 20 ans dans une grande partie du secteur commercial) !

D’autre part, ces salariés – toujours coincés dans la logique individualiste évoquée ci-dessus – n’ont pas de perception globale de la problématique posée par le travail le dimanche. Celui-ci représente pourtant un véritable choix de société ! Il peut se concevoir pour les services d’urgence (par exemple). Mais, pour beaucoup d’autres secteurs, il est inadmissible que le confort des uns (ceux qui ne travaillent pas le dimanche) se fasse au détriment des autres (ceux qui acceptent de travailler le dimanche pour des raisons financières ou parce qu’ils y sont contraints par le chantage à l’emploi qu’exercent sur eux leurs patrons).

Mise à jour du 14/11/2014 :

Début 2015, le gouvernement va présenter un projet de loi facilitant les dérogations au repos dominical et au travail de nuit. Pour mieux faire avaler la pilule, seules les « zones touristiques de dimension internationale à fort potentiel économique » seraient concernées par une ouverture la nuit et tous les dimanches. Dans les autres communes, il ne s’agirait seulement que de 12 dimanches maximum. Mais, si ce projet de loi est adopté, ce ne sera qu’une étape vers la généralisation du travail dominical et de nuit. D’ores et déjà, d’autres secteurs professionnels sont dans le collimateur (musées, crèches…). Certes, Emmanuel Macron, le ministre de l’économie, avance des « contreparties » : volontariat, salaires majorés, etc. Mais, comme nous l’indiquions ci-dessus, il faut savoir que si un jour tout le monde travaille le dimanche et la nuit, cela sera considéré comme normal. Alors, les contreparties évoquées par Macron deviendront caduques ! Soyons vigilants ! Ne nous laissons pas berner !

Mise à jour du 16/01/2015 :

À partir du 26 janvier 2015, le projet de loi pour la croissance et l’activité (dite “loi Macron”), dont l’une des dispositions concerne le travail du dimanche et de nuit, sera débattu à l’Assemblée nationale. Pour en savoir plus : www.cnt-f.org/59-62/?p=14604

Mise à jour du 17/03/2015 :

PS : Le 9 avril 2015, la CNT appelle à la grève contre l’extension du travail du dimanche & de nuit, et plus généralement contre la loi Macron. Pour en savoir plus, lire ici.

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