Chronique de l’exploitation ordinaire : témoignage d’une intérimaire de Lille

travailleur-euseLe site de la CNT 59/62 inaugure une nouvelle rubrique intitulée « Chronique de l’exploitation ordinaire ». N’hésitez pas à nous envoyer des textes (même s’ils ne font qu’une phrase ou deux). Nous nous ferons un plaisir de les publier !

Aujourd’hui, le témoignage d’une intérimaire de Lille :

Je suis intérimaire au service client d’un journal très connu. Je passe les tests de formation avec brio avant d’intégrer le plateau. Nous sommes 6 à les passer ; je m’en sors bien. C’est la période de lancement d’un jeu très connu dans la région. Les collègues sont débordés par les appels et courriers à traiter. On me lance en production avant les autres sans que ma formation ne soit complète, car je suis à l’aise me dit-on. On me reproche ensuite d’avoir hésité et cafouillé lors d’une écoute des supérieurs de mes supérieurs. Je rétorque à mon chef que la critique est mal venue puisqu’il s’agissait d’un point non abordé en formation et que l’hésitation est obligatoire sur des procédures que je ne connais pas. Mon chef fait profil bas mais je suis la première à être licenciée lorsqu’il n’y a plus assez d’appels et de courriers à traiter. Je demande le motif, on m’explique sans argumenter que je ne suis « pas assez commerciale ». Par « pas assez commerciale », comprenez « pas assez soumise à ma hiérarchie » !   Être intérimaire  c’est :  « ferme ta gueule et dis amen à tout ! ». Tu ne vaux pas plus qu’un kleenex pour ton patron…

M.

Pour alimenter cette chronique (témoignages personnels, propos échangés autour de la machine à café, brèves d’atelier ou de bureau, compte-rendus de luttes locales…), écrire à : webmaster-ur5962@cnt-f.org

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