0

Répression policière ou éducation populaire ?

À l’occasion des récents affrontements, à Toulouse ou à Amiens le gouvernement ne s’est exprimé que par clichés et la seule réponse donnée, a été une démonstration de force.

Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils prennent la mesure des problèmes, pas qu’ils déploient des mesures policières ; qu’ils s’attachent à la question de fond et ne se contentent pas de réponses au coup par coup, ni d’effets d’annonce politiques, comme la création des zones de sécurité prioritaires.

Si, comme le dit Manuel Valls, “… rien ne peut excuser qu’on tire sur des policiers, qu’on tire sur des forces de l’ordre et qu’on brûle des équipements publics” (encore que !), beaucoup de choses, en revanche, peuvent l’expliquer. Du côté du gouvernement, en appeler “à la responsabilité des parents” (comme le dit Manuel Valls), est un peu facile. Invoquer la chaleur et le désœuvrement … un peu commode. Faut-il que les parents soient stupides, n’est-ce pas, pour priver leurs enfants de vacances, quand il est si facile de les envoyer bronzer sur la côte ?! Si le gouvernement ne doit pas faire l’économie de la question sociale, il ne doit pas, non plus, escamoter celle des violences policières. Depuis des décennies, la police discrimine, la police tabasse, blesse et parfois tue. Les violences policières ne sont jamais combattues efficacement, ce qui entretient un sentiment d’impunité de la violence d’État qui ne fait qu’exacerber les tensions. Qui participe à la destruction “de l’ordre républicain” ?

Éluder les questions du chômage, de la ghettoïsation, ignorer les conditions de vie, les difficultés économiques et familiales, nier la paupérisation et les inégalités d’accès au savoir et à la culture, ressort de la pire tartuferie. User de langue de bois, pour parler de ces “cités” et nier la citoyenneté de leurs habitants ; parler de jeunes “issus de la diversité” et leur refuser la connaissance et l’expression de leur culture, relève du plus pur cynisme. Réduire les jeunes des banlieues à une bande de petits voyous sans envergure, criminaliser le moindre de leur acte, jeter l’opprobre sur leurs parents, c’est nier ce que la mise à l’écart de la société, la pauvreté, le manque de projection en l’avenir ont d’indigne et d’inhumain.

Si l’émotion est générale face à la destruction d’une école maternelle, nous devons aussi nous rappeler que les plus grands incendiaires de notre système éducatif sont les gouvernements successifs qui ont depuis des années diminué les budgets, supprimé postes et classes entières. Les annonces de création pour cette rentrée ne sont absolument pas à la hauteur des besoins, et les premières victimes de la politique d’austérité dans l’éducation et les services publics en général, sont bien les habitants des quartiers pauvres.

L’éducation nationale, l’éducation populaire, doivent retrouver toute leur place auprès de la jeunesse. Les moyens doivent être donnés, les postes créés, les infrastructures ouvertes, qui permettront à chacun de se former tout au long de sa vie et de prendre une place active dans notre société. Aucune solution ne sera efficace sans une transformation radicale de la société. Cela suppose d’y associer les individus concernés, dans le respect de leurs aspirations profondes, et d’établir un dialogue constructif en y mettant les moyens financiers et humains, pour : la rénovation du quartier avec les habitants ; la création d’emplois dans les services publics intégrant les jeunes ; le développement d’un programme ambitieux d’éducation populaire…

Fédération CNT des Travailleurs-euses de l’Education

ssec-59-62

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.