Retraites : la « réforme » est une escroquerie !

Le report brutal à 62 et 67 ans des âges légaux va fortement pénaliser les salarié.e.s, notamment celles et ceux ayant commencé à travailler jeunes ainsi que celles et ceux ayant des carrières incomplètes et chaotiques (en particulier les femmes qui sont aujourd’hui 28% à travailler jusqu’à 65 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein).

La situation financière actuelle de notre système de retraite est pour l’essentiel due à la crise. Or, 85% des efforts sont demandés aux salarié.e.s. Les entreprises, les hauts revenus, les revenus du capital sont 5 fois moins mis à contribution que les salarié.e.s. D’autre part, les fonctionnaires se voient imposer une augmentation drastique de leur cotisation conduisant à une baisse de leur pouvoir d’achat. Il y a une trentaine d’années, on parlait d’échelle de salaires de 1 à 7. Aujourd’hui, c’est de 1 à 800 et 1% de la population se partage 90% de la richesse nationale. Cherchez l’erreur !

La réforme proposée ne répond ni aux questions d’emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités hommes-femmes, ni à la reconnaissance de la pénibilité… Elle renvoie aux futures générations l’incertitude de la pérennité des régimes de retraites solidaires par répartition.

En attendant que le mouvement social s’engage dans un véritable rapport de force avec le gouvernement (à l’occasion notamment de la présentation du projet de loi à l’Assemblée Nationale en septembre)… tous et toutes en grève le 24 juin !

Manifestation régionale : rendez-vous à 14h30, porte de Paris à Lille.

Tracts à télécharger :

- le tract spécial retraites de l’UL-CNT de Lille (2 pages – format pdf)
- un argumentaire confédéral de la CNT sur les retraites (4 pages – format pdf)

Cinq bonnes raisons de lutter contre cette nouvelle « réforme » des retraites :

1. Parce qu’elle parle de tout sauf de la redistribution des richesses.
Tout est envisagé pour sauver le navire, tout sauf& de prendre de largent à ceux qui en ont le plus : les patrons, les actionnaires& Laugmentation des cotisations patronales et la taxation des revenus financiers sont les grands absents des solutions pour résoudre le financement des retraites. A titre d’exemple, le bénéfice des seules entreprises françaises du CAC 40 c’est 212 milliards d’euros pour 2007-2009

2. Parce que le « déficit » annoncé est un mensonge.
Le « déficit » des caisses de retraite est estimé à 7,7 milliards d’euros alors que les cadeaux aux patrons à travers les exonérations de cotisations s’élèvent à près de 30 milliards d’euros. N’oublions pas d’ailleurs que ces cotisations ne sont pas des « charges » mais bien une partie de nos salaires mis en commun pour financer la « protection sociale ». Réduire ces cotisations pour les entreprises, c’est réduire nos salaires !

3. Parce que derrière la réforme, ce sont les fonds de pensions qui guettent.
En affaiblissant le régime général, l’État encouragera la capitalisation. Cela permettra au patronat des assurances de mettre la main sur les colossaux volumes d’argent que représentera le « marché des retraites ».

4. Parce qu’elle est aussi parfaitement idéologique.
Il s’agit, pour la classe dirigeante, de renforcer sa domination sur la population. En détruisant le régime de retraites par répartition, elles veulent aussi mettre à bas le principe de la solidarité collective. Que chacun se débrouille pour sa retraite : les riches paieront des assurances privés ; les pauvres travailleront plus vieux, ou devront se contenter de minima sociaux.

5. Parce que le capitalisme n’est plus supportable.
L’État veut faire payer aux salariés une crise capitaliste dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité. Il est temps de mettre un terme à la casse sociale et de construire un mouvement qui renverse la vapeur. Il faut en finir avec le capitalisme qui conduit la société – et la planète – à sa perte !

Si le gouvernement a un vrai plan de bataille pour briser le service public et les systèmes de solidarité, force est de constater que ce n’est pas notre cas. Les journées d’action espacées ne nous permettent pas de construire le rapport de force nécessaire à renverser la vapeur : la stratégie des grandes centrales syndicales nous mène à la défaite. Il est important que nous puissions tous nous retrouver afin de faire converger nos forces et de construire, en assemblées générales, un vrai mouvement social. Seul un mouvement de grève reconductible et déterminé nous permettra d’imposer ces revendications :

- Pour le retour pour tous à 37,5 annuités maximum de cotisation !

- Pour qu’aucun revenu (salaire, allocation, pension…) ne soit inférieur à 1600 euros net par mois ! Notre objectif final étant bien sûr l’abolition de toutes les hiérarchies salariales et la construction d’une société fondée sur la répartition égalitaire des richesses et l’autogestion.

- Pour un alignement du privé et du public sur les mesures les plus favorables aux salariés !

UL-CNT interpro de Lille,
le 16 juin 2010.

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