9 février 2017

Communiqué de la CNT suite aux résultats de l’élection TPE 2016

Visuel de la CNT Nord Pas-de-Calais Picardie : salarié-e-s des TPE, ne restons pas isolé-e-s !La CNT Nord Pas-de-Calais Picardie remercie les 478 employé.es à domicile et salarié.es des TPE/TPA* qui ont voté pour elle dans la région. Elle invite celles & ceux qui ne sont pas encore syndiqué.es à la rejoindre pour ne pas rester isolé.es face à leurs employeurs et pour s’entraider de manière collective, solidaire, autogérée.

Communiqué de la CNT sur le plan national :

Les résultats des élections TPE/TPA sont tombés, sans surprise quant au faible taux de participation (un peu plus de 7%). En effet, suite au recours honteux déposé par la CGT pour empêcher la présentation à cette élection de deux organisations syndicales s’inscrivant dans la lutte des classes, et que nous avons déjà soutenues, le LAB (pays Basque) et le STC (Corse), le ministère du travail a saisi cette occasion pour déplacer le scrutin unilatéralement et sans concertation pendant la période de congés. Nous dénonçons aussi le fait que de nombreu.euses salarié.es n’ont pas reçu le matériel concernant les élections, n’ont pas été informé.es du scrutin.

Nous voyons bien, avec la loi El Khomri, avec les ratés de cette élection, que l’objectif du gouvernement est de museler l’expression syndicale, c’est à dire l’expression des travailleur.euses eux et elles-mêmes.

Néanmoins, nous nous réjouissons malgré ces circonstances, que 2,31% des votant.es aient choisi la CNT, c’est-à-dire un syndicalisme de lutte de classe, révolutionnaire.

Ce droit à la parole, à la revendication, ne doit pas se cantonner uniquement à ces élections. Il est nécessaire, si nous souhaitons créer un réel rapport de force, de s’engager syndicalement, dans une organisation permettant de défendre les intérêts moraux et économique des travailleur-euses à travers un syndicalisme révolutionnaire et autogestionnaire, où l’on s’organise à la base, dans les usines et les entreprises. C’est un combat quotidien, qui demande une implication de chacun et chacune, à son échelle.

Si nous, la CNT, ne nous faisons pas d’illusion sur le paritarisme – véritable poison du syndicalisme révolutionnaire – nous pouvons en revanche, face à l’isolement et la force du patronat, en particulier dans les TPE, permettre aux travailleur.euses de reprendre en main leurs destins de façon collective et solidaire.

À la CNT, il n’y a pas de permanent.es syndicaux.ales. Les camarades sont des travailleur.euses qui militent sur leur temps de travail quand ils et elles sont élu.es, ou en dehors après leur journée de travail. À la CNT, personne ne prendra de décision à votre place. C’est collectivement, souvent à plusieurs dont vous, que se construira la possibilité d’améliorer votre quotidien au bureau, à l’atelier ou au magasin. Venir au syndicat CNT, c’est se défendre et défendre la cause des salarié.es. Contre l’oppression patronale, contre les lois anti-sociales des gouvernements successifs, organisons-nous !

La CNT, le 9 février 2017

* TPE/TPA = entreprises et associations de moins de 11 salarié.es
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7 février 2017

Mémoire ouvrière et locale : la coopérative « L’Union de Lille »

L’Union de Lille est une coopérative créée en 1892 par un groupe d’ouvriers et d’ouvrières. Au début, il s’agit uniquement d’acheter du pain en gros afin de le revendre aux sociétaires à un prix plus bas que celui pratiqué au détail dans les boulangeries lilloises. Le succès est fulgurant et, en 1897, la coopérative compte 4053 adhérent.es. L’union de Lille décide alors d’élargir son champ d’activités…

En 1902, elle produit son propre pain et fait construire dans le quartier populaire de Lille-Moulins un bâtiment de 3000 m2 dont le style monumental symbolise la fierté de la classe ouvrière et rivalise avec les productions architecturales du patronat de l’époque (usines-châteaux, hôtels particuliers, etc.). Situé rue d’Arras (en face de la place Vanhoenacker et à 450 mètres du local actuel de la CNT), cet édifice abrite non seulement une boulangerie mais aussi une épicerie, une mercerie, un magasin de confection, une bibliothèque, une école de musique, une salle de gymnastique, une imprimerie militante, un café de 200 places et une magnifique salle de spectacle de 2000 places. L’Union de Lille accueille aussi des sociétés de secours mutuels destinées à venir en aide aux ouvriers et ouvrières en cas de chômage, de maladie ou de décès (bien avant la création de la Sécu). Enfin, elle sert de siège social aux organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier lillois. C’est dans les locaux de L’Union de Lille que se préparent les grèves et les manifestations. C’est là qu’ont lieu les causeries populaires et les grands meetings. C’est là aussi que sont organisées les fêtes de soutien (comme en 1937 et 1938 pour les antifascistes espagnols). Bref, un bel exemple d’auto-organisation des travailleurs.euses !

Dans les années 1950, la coopérative de consommation disparait à cause de la désindustrialisation du quartier et, sur le plan militant, le lieu perd peu à peu de son importance. Un cinéma est créé dans la salle des fêtes mais, à la fin des années 1960, il disparait lui aussi. À partir des années 1970, les locaux sont désaffectés, à l’exception de l’imprimerie qui fonctionne encore mais qui est devenue une entreprise privée liée au PS. Au début des années 1980, un cabinet d’architectes chargé par la mairie de Lille d’une étude pour l’aménagement et le développement du quartier de Moulins préconise de « conserver et protéger un ensemble architectural dont les qualités de composition et de construction ne pourraient plus être égalées ». Au milieu des années 1980, Pierre Mauroy (maire PS de Lille) déclare son intention de créer à cet endroit une « fondation du mouvement ouvrier ». Mais rien n’est fait et le bâtiment continue à se détériorer. Une association est alors créée par les habitant.es du quartier pour défendre ce qu’ils/elles considèrent comme un « lieu de culture et d’expression ».

Finalement, en 1994, la mairie décide de faire démolir le bâtiment pour le remplacer par des appartements et un supermarché. Ne subsiste aujourd’hui que l’imposante façade, classée à l’inventaire des monuments historiques et sur laquelle sont gravés ces mots : « COOPÉRATIVE L’UNION DE LILLE ». Mais ne cherchez pas un panneau expliquant à quoi correspond historiquement cette façade car, comme pour l’emplacement de l’estaminet lillois où fut composée la musique de « L’Internationale » (en savoir plus à ce sujet), la mairie de Lille n’a pas jugé utile pour l’instant d’en installer un !

> Plan d’accès et vue actuelle de la façade de l’ex-coopérative

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6 février 2017

Atelier de formation sur l’auto-défense numérique

petition-en-ligneSamedi 25 février 2017 à 15h, l’union locale CNT de Lille organise une formation sur l’auto-défense numérique. Services de renseignement des États, multinationales du web (GAFAM), employeurs – voire proches – indiscrets… à l’heure de l’omniprésence du web dans nos vies, nous sommes tou.tes fiché.es et surveillé.es. Cependant, il existe des méthodes (plus ou moins efficaces) qui permettent de limiter les dégâts. Au cours d’un atelier pratique destiné aux débutant.es, nous découvrirons les principes généraux des techniques de fichage et de surveillance puis manipulerons quelques outils permettant de s’en protéger sur ordinateur et téléphone mobile. Nous parlerons chiffrement et anonymat puis découvrirons – entre autres – Tor, Tails et Signal. Rendez-vous à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille (entrée gratuite) avec votre ordi et/ou téléphone mobile. Un apéro avec DJ clôturera l’après-midi.

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5 février 2017

Éducation : exigeons le retrait du « livret scolaire unique » !

Le bulletin Classes En Lutte (cf. lien de téléchargement ci-dessous) consacre son numéro de février 2017 au LSU (livret scolaire unique). La fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation y expose brièvement les raisons majeures pour lesquelles elle exige le retrait de ce nouveau livret qui lui apparaît comme un outil de fichage généralisé des élèves du CP à la 3e. Pour permettre aux parents et enseignant.es de s’y opposer collectivement, un modèle de motion pour les Conseils d’école ou CA de collège est proposé en page 2.

Sur le même sujet et parallèlement à ce numéro de Classes En Lutte, la CNT éducation a réalisé un argumentaire plus détaillé (cf. liens de téléchargement ci-dessous).

Liens de téléchargement de Classes En Lutte et de l’argumentaire :

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3 février 2017

Le test du chat noir…

1. Quand des travailleuses et des travailleurs demandent 300 euros d’augmentation, vous pensez que :

A) Et puis quoi encore ? Ils voudraient peut-être que je leur donne les clefs de ma Rolls ?

B) Étant donnée la conjoncture actuelle, ce n’est pas possible. Mais on n’est pas vache… on vous file 57 centimes d’euro de prime de chaussures !

C) C’est bien le minimum… et des millions de salarié.es auraient tout intérêt à faire de même !

2. Quand vous apprenez qu’un capitaliste gagne plusieurs centaines de millions d’euros par mois, vous pensez :

A) Mais c’est normal ! La hiérarchie, c’est naturel… D’ailleurs, regardez mon fils, Charles-Henri. À 5 ans, il sait lire et écrire.

B) C’est choquant, grands dieux, c’est choquant ! Heureusement, nous avons porté le taux de l’impôt sur les grandes fortunes à 0,3 %.

C) Ce type là est un enfoiré comme tous ceux de son espèce.

3. Quand vous apprenez qu’un patron de choc a mis à la porte 76 grévistes, vous pensez :

A) Quelle classe, quel courage !

B) C’est bien triste. Mais enfin, nous, on n’y peut rien. C’est vrai quoi à la fin…

C) Si on occupe son usine et son siège social pour la ré-intégration de tous et de toutes, il y réfléchira à deux fois la prochaine fois.

4. Le syndicalisme incarné par la CNT, ça évoque pour vous :

A) Des ouvriers crasseux et sanguinaires manipulés par les gauchistes.

B) Un dysfonctionnement intempestif du tissu social. Non, ne prononcez pas le mot « grève » ! On est au 21ème siècle tout de même…

C) Ça nous change du réformisme bêlant, de la bureaucratie syndicale et des magouilles politiciennes.

5. Pour vous, la lutte des classes, c’est quoi ?

A) Ernest, faites quelque chose ! Charles-Henri vient de dire un gros mot !

B) Mais c’est fini tout ça, c’était bon en 1936 ou en 68 ! Aujourd’hui, la classe ouvrière n’existe plus. La preuve ? Je n’en fais pas partie…

C) Une réalité de chaque jour. Et en plus, on fait tout pour la gagner !

Résultats du test

Vous avez une majorité de réponses A

Vous êtes un membre du patronat ou un des ses laquais. Vous avez la carte de LR ou celle de l’UDI. Vous êtes de ceux qui dénoncent les grévistes et les harcèlent sans relâche.
Vous êtes du parti des exploiteurs, des crapules qui se nourrissent de la sueur des autres.
Franchement, faudra pas pleurer quand ça vous retombera sur la gueule…

Vous avez une majorité de réponses B

Vous êtes du genre timoré. Vous votez à gauche mais vous ne faites pas de politique.
Vous êtes partisan du dialogue social même quand on vous botte le cul.
Vous nous gonflez ; la classe ouvrière se fout de vos sermons !

Vous avez une majorité de réponses C

Vous en avez assez des patrons et des politicards qui nous exploitent et nous bernent. Vous avez envie de vous battre contre cette vermine, solidairement avec les autres salarié.es et en organisant démocratiquement votre lutte. Vous voulez d’un syndicat fait pour ses adhérent.es et par ses adhérent.es, pas d’une bureaucratie. Vous voulez vous battre pour tou.te.s et pas seulement pour la corporation des allumeurs de becs de gaz. Enfin, vous en avez assez de ce monde où une minorité de privilégiés vit sur le dos du plus grand nombre. Vous voulez une société gérée par tous et toutes, une société où chacun et chacune vit également du travail de tous et de toutes. Dans ce cas, nous avons beaucoup de choses à nous dire
et à faire ensemble. N’hésitez pas à nous contacter !

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2 février 2017

À Lille, jeudi 9 février : rassemblement contre le viol de Théo par la police

Suite au viol commis par la police le 2 février 2017 sur la personne de Théo (un habitant d’Aulnay-sous-Bois), l’union locale des syndicats CNT de Lille relaie le communiqué de l’Action Antifasciste NP2C appelant à participer à un rassemblement de soutien jeudi 9 février à Lille (lire ci-dessous).

Justice pour Théo, Adama et toutes les victimes de la police !

Jeudi dernier, vers 17 heures, une patrouille de police a une nouvelle fois agressé des habitants dans le quartier populaire de la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Six mois après l’assassinat d’Adama Traoré à Persan, les flics ont matraqué violemment un jeune de 22 ans, Théo, avant de lui insérer sur plus de 10cm de profondeur une matraque télescopique dans les fesses. Le jeune homme a du subir une intervention chirurgicale d’urgence et s’est vu signifier 60 jours d’ITT (interruption de temps de travail). Ce viol inadmissible est une nouvelle preuve de l’inhumanité et de la violence des flics sur tout ce qu’ils ne supportent pas : les personnes de couleurs, les habitants des quartiers populaires, les jeunes, les militants de gauche, les réfugiés ou les syndicalistes. Depuis, des habitants du quartier sont descendus dans la rue pour faire savoir leur colère. Ils ont eu droit à un déferlement inouï de nouvelles violences policières. Hier à Aulnay, la police a tiré à balles réelles ! (comme l’a confirmé la Préfecture de Paris elle-même, parlant quant à elle de tirs de sommation). Face à ces violences scandaleuses, ne nous laissons plus faire. Face aux insultes, aux coups, aux attaques quotidiennes, rendons coups pour coups. Pour Théo, pour Adama Traoré, pour Rémi Fraisse, pour Zyed, Bouna, Malik, Lamine ou encore Lahoucine, pour tous les mutilés du flashball, pour toutes les personnes violentées gratuitement par les forces répressives de l’État, organisons-nous et mettons fin à l’impunité policière. Tant que nous n’aurons pas la justice, vous n’aurez jamais la paix ! Rassemblement jeudi soir, 18h30, place de la République à Lille (nous ferons une cotisation pour envoyer les fonds à la cagnotte de soutien en ligne organisée pour Théo Luhaka).

Note du webmaster : la prochaine manifestation organisée à Lille en soutien à Théo
aura lieu mercredi 15 février à l’initiative du CSP 59 ; rendez-vous à 18h place de la République.
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31 janvier 2017

« Chez nous » : un film de fiction inspiré par l’accession au pouvoir du FN à Hénin-Beaumont

Le 22 février 2017 sortira Chez nous, un film de fiction inspiré par l’accession au pouvoir du FN à Hénin-Beaumont. Ce drame, réalisé par le cinéaste belge Lucas Belvaux et tourné dans le département du Pas-de-Calais, est adapté d’un roman noir de Jérôme Leroy intitulé Le Bloc.

Parmi les actrices et acteurs principaux, citons Émilie Dequenne, André Dussollier, Guillaume Gouix, Anne Marivin et Catherine Jacob. Cette dernière joue le rôle de la présidente d’un parti d’extrême droite cherchant à se dédiaboliser, une présidente dont le portrait, le comportement et les propos font penser à Marine Le Pen.

Le film raconte comment une jeune mère célibataire (rôle incarné par Émilie Dequenne) est approchée par le Bloc patriotique (un parti xénophobe et nationaliste faisant penser au FN) pour se présenter aux élections municipales dans une ville “imaginaire” dénommée Hénard.

Après avoir vu la bande-annonce, Steeve Briois (l’actuel maire FN d’Hénin-Beaumont) a traité le film de « navet » et s’en est pris au physique de l’actrice Catherine Jacob. Quant à Florian Philippot, le vice-président du FN, il a trouvé que la sortie du film était « absolument inadmissible » en raison de sa proximité avec l’élection présidentielle du 23 avril 2017.

Bande-annonce du film :

Extrait de la note d’intention de L. Belvaux publiée dans le dossier de presse du film :

CHEZ NOUS est un film engagé […]. Il n’est pas militant pour autant, il n’expose pas vraiment de thèse. J’ai essayé de décrire une situation, un parti, une nébuleuse, de décortiquer son discours, de comprendre son impact, son efficacité, son pouvoir de séduction. De montrer la désagrégation progressive du surmoi qu’il provoque, libérant une parole jusqu’ici indicible. D’exposer la confusion qu’il entretient, les peurs qu’il suscite, celles qu’il instrumentalise. Le film ne s’adresse pas en priorité, et ne doit pas s’adresser, qu’à des gens mobilisés, très au fait de ce qu’est vraiment l’extrême-droite. Ce qu’il dit, montre, raconte, tout le monde peut le savoir, mais les gens s’informent plus à travers une presse qui favorise le spectaculaire ou l’émotion, que par des média d’analyses et de réflexions. J’ai essayé d’éviter « l’entre-soi », de parler à tous et à chacun, « d’homme à homme » en quelque sorte. De montrer plutôt que de démontrer. De tendre un miroir, non déformant, car, si les miroirs réfléchissent, ils font parfois réfléchir ceux qui s’y voient. Les miroirs nous montrent aussi ce qu’il y a derrière nous, ils nous inscrivent dans un décor, dans le monde, objectivement. Ils nous mettent en perspective et face à nous même. Dans le même temps. Ce film s’adresse d’abord, à ceux qui un jour, demain peut-être, seraient tentés de répondre au chant de ces sirènes. Je ne sais pas si c’est utile. Je suis sûr, en tout cas, que ça vaut la peine d’essayer. […] Lire la note d’intention dans son intégralité

Extrait de l’entretien avec L. Belvaux publié dans le dossier de presse du film :

Votre film se distingue de ce qu’on appelait des « fictions de gauche », qui étaient des dossiers résolument à charge. Vous êtes davantage dans une démarche pour comprendre, notamment ce qui peut susciter l’adhésion à un mouvement d’extrême droite. Mais, avec le cinéma, n’y a-t-il pas un danger d’empathie avec « l’ennemi » ?

Lucas Belvaux : Oui. Mais on a besoin de cette empathie. Il est inhérent à la démarche puisque j’essaie de comprendre comment on en arrive là. Mais empathie ne veut pas dire identification. Je n’ai pas forcément envie que le spectateur s’identifie au personnage. L’idée, c’est d’être avec lui, à côté, d’essayer de se mettre à sa place, de partager son point de vue, pour essayer de comprendre son cheminement. Comprendre une démarche, ce n’est pas la partager. Ce n’est pas l’excuser. C’est une chose à laquelle j’accorde beaucoup d’attention en tant que cinéaste. Je veux que le spectateur soit libre de penser ce qu’il veut. Je pense qu’il y a un cinéma totalitaire, qui impose ses points de vue en instrumentalisant ses personnages, les “bons” comme les “méchants”. Et qu’il y a un cinéma qui raconte les histoires “démocratiquement”, où le cinéaste ne cache pas son point de vue, mais laisse assez de liberté au spectateur pour qu’il puisse développer le sien. […] Lire l’entretien dans son intégralité

Informations et lutte contre l’extrême droite :

Voir le dossier de la CNT Nord PdC Picardie

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29 janvier 2017

Projection de « Grandpuits & petites victoires » le 4 fév. à Lille

Samedi 4 février 2017, l’union locale des syndicats CNT de Lille organise la projection du film d’Olivier Azam « Grandpuits & petites victoires », un documentaire de 80 mn consacré à la lutte contre la réforme des retraites menée en 2010 par les travailleurs de la raffinerie Total de Grandpuits (77). Cette projection sera suivie d’une discussion sur la casse du système de retraites mise en place depuis une vingtaine d’années par les gouvernements successifs… et sur les moyens de s’y opposer (grève reconductible, blocage de l’économie…) ! Rendez-vous au cinéma L’Univers, 16 rue Georges Danton à Lille. Ouverture des portes : 19h. Début de la séance : 20h. Tarif : prix libre

> Tract / affichette pour annoncer la projection

Présentation du film :

Octobre 2010. Le gouvernement veut faire passer en force sa réforme des retraites, mesure d’austérité phare du quinquennat Sarkozy. La rue se réveille. Les grévistes de la raffinerie Total de Grandpuits vont devenir, malgré eux, le fer de lance d’une lutte qui a mobilisé des millions de Français. Tout en nous faisant vivre une grève de l’intérieur, aux côtés de jeunes grévistes attachants, le film renoue avec l’histoire populaire française, décrypte la stratégie gouvernementale, patronale et le rôle prépondérant des médias. Traversé par le questionnement des ouvriers sur la lutte collective, le récit nous embarque dans une véritable aventure humaine.

Bande annonce diffusée en 2011 lors de la première sortie du film :

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21 janvier 2017

Éducation : la CNT face au projet de réforme des PPCR

Après la « refondation » de l’École, la réforme des rythmes et celle du Collège, le ministère de l’Éducation s’attaque aux PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations) des enseignant-e-s. Cette nouvelle réforme devrait se concrétiser au 1er septembre 2017, le temps que les technocrates de le rue de Grenelle et certains syndicalistes s’accordent sur les modalités précises des nouvelles inspections et du déroulé de nos vies dans l’Administration.

Inspection : la note, c’est fini !

L’inspection ancien régime vit sa dernière année. Elle sera remplacée par 4 rendez-vous de carrière au moment des passages aux 7e et 9e échelons de la classe normale, et au moment de l’accès à la hors classe et à la classe exceptionnelle. Terminées les avancées d’échelons au grand choix ou à l’ancienneté, une cadence unique pour les avancements sera mise en place. La hors classe est donc maintenue mais plus accessible : elle sera automatique après un certain nombre d’années passées dans le 11e échelon de la classe normale. Quant à l’élite (10%), elle bénéficiera d’une nouvelle grille : la classe exceptionnelle. On n’est quand même pas à Nuit Debout ! Les critères pour accéder aux classes supérieures vont reposer sur « une grille de 11 items s’appuyant sur un référentiel de compétences professionnelles qui comporte 70 entrées » (sic !). Conclusion : ce sont les pourcentages limités d’accès et les items validés par le chef qui primeront. Le changement dans la continuité.

Gagner plus ? Ça dépend du point de vue !

Nous sommes au 16e rang, derrière l’Allemagne, l’Irlande, la Hollande… en comparaison des salaires des enseignant.es du primaire après 15 ans d’exercice. Pour faire bonne figure, les premières mesures du PPCR vont s’appliquer au 1er janvier 20117. Cela va se concrétiser par de nouvelles grilles indiciaires où quelques échelons se verront ajoutés de 6 à 11 points. Une fortune ! Soit un gain de 53 à 64 € par mois. Le premier échelon des profs sera le seul à bénéficier d’une relève de 122 € par mois. Quand on sait que la cotisation retraite a augmenté au 1er janvier, la revalorisation salariale ressemble à s’y méprendre à une opération nulle.

La CNT contre toutes les hiérarchies de salaires, de statuts et de carrières !

La CNT a toujours dénoncé les inspections et continuera à s’opposer à ces entretiens d’évaluations mâtinés de formations (lesquelles ?). Pour rappel, elle est partie prenante du Collectif Anti-Hiérarchie (CAH).

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20 janvier 2017

Amiens : communiqué du collectif « La Brèche »

La Brèche est un collectif d’étudiant.es, de chômeurs/chômeuses, de SDF et autres précaires réuni.es autour de l’ouverture d’un lieu autogéré : la Maison Cozette. Aujourd’hui, ce bâtiment occupé est menacé d’expulsion par la Mairie d’Amiens. Face à cette situation, le collectif a publié un communiqué présentant les origines du lieu et les activités qui sont menées.

C’est de la rencontre, pendant la mobilisation contre la loi travail, de personnes d’horizons différents (étudiants, précaires, militants, salariés) qu’est née l’envie ou plutôt l’expression d’un besoin de pouvoir se retrouver, s’auto-organiser mais aussi s’ouvrir aux autres au sein d’un lieu qui ne limiterait pas nos possibilités. Ce lieu aurait donc l’ambition de poursuivre les débats et d’élargir la « critique » à plus de sujets après la fin du mouvement social.

La Maison Cozette, située place Vogel, léguée à la ville d’Amiens par M. Cozette afin de contribuer à « l’extinction de la mendicité », mais laissée à l’abandon depuis 2004, jusqu’à sa vente prochaine à un grand promoteur lillois, semblait le lieu idéal, de par son positionnement et sa superficie. La réappropriation de ces locaux placés en centre-ville d’Amiens avait d’autant plus de sens, alors que la gentrification tend toujours plus à exclure les pauvres du cœur de la ville. Ce vaste lieu allait donc répondre à de nombreuses attentes : tout d’abord en terme de logement, mais aussi en terme d’espace disponible riche en possibilités (réalisation d’ateliers, concerts, réunions, projections, débats, etc…) que nous souhaitions proposer à tous.

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18 janvier 2017

Campagne syndicale internationale des coursiers à vélo de Deliveroo, Foodora & co

Vidéo (sous-titrée en français) réalisée par les IWW du Pays de Galles, d’Irlande, d’Écosse et d’Angleterre dans le cadre d’une campagne syndicale internationale pour l’amélioration des conditions de travail des coursiers et coursières à vélo de Deliveroo, Foodora & co :

For Wales, Ireland, Scotland and England (except London) : IWW (email) – For London : IWGB – Für den Deutschen Sprachraum : IWW + FAU (email) – Εάν εργάζεστε στην Ελλάδα : ΕΣΕ + Rocinante  – Dla Polski : IP – Per Italia : USI + Deliverance Project + Deliverance Milano – Para España : CNT (email) – Pour la France : CNT (email) + Spartacus le Kangourou – Pour la Belgique : collectif des coursier-e-s – För Sverige : SAC + Anarkosyndikalisternas Flygande Cirkus

À Lille, si des coursiers et coursières de Deliveroo veulent se syndiquer, ils/elles peuvent contacter le syndicat CNT de l’industrie, du commerce et des services qui se fera un plaisir de les accueillir : stis59 [arobase] cnt-f.org
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10 janvier 2017

Plan de licenciement à « La Voix du Nord » : 178 salarié.es victimes de la loi Travail !

Le 10 janvier 2017, la direction de La Voix du Nord a annoncé la mise en place d’un plan prévoyant la suppression de 178 postes (72 dans la rédaction et 106 en dehors). En 2016, le résultat net d’exploitation du journal s’était pourtant élevé à 5 millions d’euros (soit une hausse de 24 % par rapport à l’année précédente) et seul le chiffre d’affaires avait connu une légère baisse (- 2,8 %). Ironie de l’histoire (quand on se souvient de la façon dont le mouvement contre la loi Travail a été traité par certains journalistes de La Voix du Nord), c’est grâce à la publication récente d’un décret d’application de la loi Travail que les dirigeants du quotidien vont pouvoir supprimer 25 % de leurs effectifs. En effet, avant la publication de ce décret, la baisse du chiffre d’affaires d’une entreprise ne suffisait pas à autoriser un plan de licenciement économique…

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9 janvier 2017

Hénin-Beaumont : la lutte paye chez « Boulanger » !

Le 9 janvier 2017 à Hénin-Beaumont, une cinquantaine de salarié.es de l’entrepôt logistique national des magasins « Boulanger » (groupe Mulliez) était en grève à l’appel de la CGT et de la CNT. En cause : le faible montant de la prime « de progrès » versée fin 2016 aux salarié.es (86 euros et des poussières au lieu des 470 obtenus fin 2015). Révoltant quand on sait que l’enseigne « Boulanger » a annoncé pour 2016 un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros ! Et d’autant plus révoltant quand on apprend que la prime versée fin 2016 aux cadres travaillant au siège social de l’entreprise est 6 fois supérieure à celle des autres salarié.es ! Bloquant l’accès et la sortie de l’immense entrepôt de 80000 m2 qui assure la réception, le stockage et la distribution pour toute la France, cette journée d’action n’a pas eu besoin d’être reconduite car, le soir même, la direction de l’entreprise s’est engagée à payer les heures de grève et à organiser une réunion avec les syndicats pour faire des propositions en matière d’augmentation substantielle de la prime de fin d’année 2016. Comme quoi, on ne le répètera jamais assez, la lutte paye !

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9 janvier 2017

Touche pas à ma ZEP !

En 2015, le statut des Zones d’Éducation Prioritaire (ZEP) a été supprimé au profit des « politiques de la ville ». Cette suppression a entraîné une importante instabilité des équipes par une hausse des départs, une diminution des titulaires, des postes non pourvus. C’est pour ces raisons que depuis septembre 2016 des établissements anciennement ZEP se mobilisent afin que les moyens encore existants restent en place, qu’une carte complète des zones prioritaires soit fixée et qu’un statut unique soit établi pour les établissements. Dans la région, des établissements comme le lycée Romain Rolland à Amiens, le lycée Kestler à Denain et le LP Curie à Oignies ont rejoint le mouvement. Un appel national à la grève a été posé pour le jeudi 19 janvier 2017 avec une manifestation centrale à Paris (rdv à 13h, place de la Sorbonne). Pour la suite, la date du vendredi 27 janvier 2017 est avancée. Afin de suivre les actions, un collectif intitulé Touche pas à ma ZEP ! a été créé. Il regroupe les personnels, parents et élèves en lutte. En savoir plus : www.tpamz.levillage.org

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9 janvier 2017

À Douai, le 2 février : justice et relaxe pour Antoine & François !

Solidaire de toutes les victimes de la répression gouvernementale, policière et judiciaire exercée à l’encontre des opposant.es à la loi Travail, la CNT relaie l’appel ci-dessous et vous invite à rejoindre le rassemblement de soutien à Antoine & François organisé jeudi 2 février 2017 à 13h devant la cour d’appel de Douai.

Appel du comité de soutien :

Antoine, militant de la CGT et libertaire de Valenciennes, est un-e des nombreux-ses opposant-es à la loi Travail à avoir fait les frais de la répression aux ordres du gouvernement et du patronat au printemps 2016. Alors qu’il se rendait à une manifestation syndicale le 17 mai 2016 à Lille et qu’il tenait le drapeau de son union locale CGT Valenciennes, il a été violemment plaqué au sol par 3 policiers et mis en état d’arrestation. Pour avoir participé à cette manifestation, il a passé 3 semaines en détention préventive et a été condamné à 10 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction de manifestation dans le département du Nord. La mobilisation locale, nationale et internationale autour de son affaire a permis d’éviter une peine plus lourde à l’instar de celles qui ont frappé des centaines d’opposant-e-s dont plusieurs sont toujours en détention dans un contexte marqué par l’état d’urgence. Plusieurs témoignages et articles de presse ont alors démontré que l’accusation était montée de toutes pièces et que le gouvernement, plus minoritaire que jamais dans l’opinion, ne pouvait s’imposer que par la répression et l’intimidation afin d’empêcher le développement de la mobilisation. Lors de l’audience, les avocats d’Antoine ont également pointé les contradictions et les incohérences de l’accusation ainsi que les irrégularités dans la procédure. Cette affaire est donc bien politique.

François, présent à la même manifestation, a aussi payé le prix de cet acharnement gouvernemental, policier et judiciaire. Il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction de manifestation dans le Nord.

Antoine ayant décidé de faire appel de sa condamnation, l’affaire sera rejugée jeudi 2 février 2017 devant la cour d’appel de Douai. Aussi il est important que d’ici là, et plus particulièrement ce jour-là, la solidarité s’exprime en faveur d’Antoine et de François afin que ce procès ne soit pas celui de deux opposants poursuivis pour leurs convictions, mais bien celui des responsables de la casse du code du Travail et de cette stratégie de la tension qu’ils ont voulu pour masquer le désaveu massif dont ils font toujours l’objet de la part de l’immense majorité des travailleuses et travailleurs. Nous appelons donc à un rassemblement de soutien à Antoine et à François jeudi 2 février à 13h00 devant la cour d’appel de Douai. Justice et relaxe pour Antoine et François !

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9 janvier 2017

Appel inter-syndical de soutien au collectif des Olieux

En novembre 2016, des mineurs isolés étrangers qui dormaient sous des tentes dans un parc à Lille Moulins ont été expulsés sans qu’aucune solution durable ne leur soit proposée.

Ces jeunes et leurs soutiens ont alors décidé d’occuper un bâtiment inutilisé depuis plusieurs années rue de Fontenoy. « La maison », lieu de confort relatif, de solidarité et d’activités (cours de français et de mathématiques, ateliers de cuisine, sport…) a été expulsée le mardi 20 décembre 2016 par une horde disproportionnée de policiers. Cela à l’initiative du CHRU, propriétaire du lieu en question, et de beaucoup d’autres lieux vides dans la métropole qui pourraient par ailleurs être réquisitionnés.

Révoltés, non seulement par l’absence totale de réponse des autorités/instances compétentes face à la situation ultra-précaire des jeunes mais également par la rapidité et la force employée pour l’expulsion du lieu, nous, organisations syndicales, soutenons le collectif des Olieux dans sa lutte pour un hébergement décent et des conditions de vie dignes pour tous et toutes. Nous condamnons fermement ces expulsions successives, laissant les jeunes de nouveau à la rue en plein hiver. Dorénavant, nous sommes prêts à utiliser tous les moyens nécessaires pour soutenir le collectif et contrer les actions répressives de plus en plus violentes et allant à l’encontre des mesures de protection dont devraient bénéficier ces jeunes mineurs. Les luttes de ces derniers mois nous ont réunies autour d’objectifs et de valeurs communes ; continuons cette convergence qui nous fera gagner.

Nous demandons à l’État, à la Préfecture, au Département, de prendre les mesures de protection qui s’imposent, en fonction des situations et des trajectoires de chacun, afin de sortir les personnes de cette situation d’indignité. Nous leur demandons d’être aussi rapides pour trouver des solutions qu’ils l’ont été pour expulser la maison.

Lille, le 6 janvier 2017

Premiers signataires (liste saisie par ordre alphabétique et mise à jour le 9 janvier) :
SOLIDAIRES 59 – SUD Éducation 59/62 – SUD Santé Sociaux 59 – SUD Solidaires Étudiant-e-s de Lille – Syndicat CGT de la Ville de Lille Hellemmes Lomme – Syndicat CNT Emploi Formation Insertion de la région NPDCP – Syndicat CNT Santé Social Éducation Culture 59/62 – Syndicat CNT des travailleurs du commerce, de l’industrie et des services du Nord – Syndicat CNT des travailleurs territoriaux du Nord – Syndicat Étudiant Lycéen CGT du Douaisis – Syndicat Étudiant Lycéen CGT du Valenciennois – Union départementale CGT du Nord

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