8 juillet 2016

Loi Travail : le combat continue !

Le 5 juillet 2016, le projet de loi Travail a été présenté en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Le lendemain, n’ayant pas de majorité pour faire voter ce projet par les député.e.s, le gouvernement est passé en force en utilisant l’arme anti-démocratique du 49-3. À ce jour, la loi Travail est donc officiellement adoptée.

Mais rien n’est perdu car une loi officiellement adoptée peut toujours être abrogée. Pour ce faire, il convient de poursuivre la mobilisation durant les congés d’été. C’est ainsi qu’en juillet-août, différentes actions en direction des salarié.e.s seront organisées. Premier rendez-vous dans la région : mardi 12 juillet pour un barrage filtrant à la barrière de péage de Fresnes-lès-Montauban sur l’autoroute A1.

Bien sûr, ces actions ne suffiront pas. Mais elles sont importantes pour préparer la rentrée de septembre. À l’ordre du jour de cette rentrée : grève générale illimitée et blocage de l’économie, seuls moyens capables de faire plier le gouvernement.

Prochaine grande journée nationale de mobilisation : jeudi 15 septembre.

On lâche rien ! Abrogation de la loi Travail !

 

Vidéos de décryptage de la loi Travail

Par des avocat.e.s du SAF
Par un inspecteur du travail
Par la CNT

Textes de décryptage

Tract CNT d’une page
Tract CNT de 2 pages
Tract CNT de 4 pages

Affiches

Loi El Khomri, la machine à remonter le temps
Grève générale jusqu’au retrait de la loi Travail
C’est pas un jour de grève qui nous fera gagner […]

Droit de grève

Cadre juridique du droit de grève et conseils pratiques

Article extrait du site confédéral de la CNT

[…] La répression féroce n’a pas entamé notre détermination. Que ce soient les attaques directes contre les locaux syndicaux (du saccage par la police de celui de la CNT Lille au nassage de la Bourse du Travail de Paris le 28 juin dernier), les fouilles humiliantes des manifestant.e.s, les gardes à vue « préventives » (nouveauté juridique alarmante), les interdictions de manifester, les violences policières, les faux défilés « en cage », rien n’y fait : nous ne lâcherons pas !

Certes, beaucoup de travailleurs/euses vont partir en vacances, se délectant à juste titre des congés payés obtenus de haute lutte lors de grèves et occupations d’usine en 1936 (et non pas du fait de la bonne grâce d’un quelconque gouvernement…). Qu’importe, préparons dès maintenant le retour en force pour une rentrée sociale la plus large possible. Renflouons les caisses de grève, continuons de distribuer des tracts, de coller des affiches, d’organiser des rencontres, de soutenir nos camarades en procès, etc.

La loi Travail est une attaque sans précédent de nos conquêtes sociales. Les mesurettes cosmétiques ne remettent pas en cause les fondements mêmes du texte : imposer le libéralisme le plus sauvage du chacun pour soi. Si l’article 2 cristallise la confrontation en brisant le principe de faveur (l’accord d’entreprise ne peut être que meilleur que la convention collective, qui ne peut elle-même être que meilleure que le code du travail), d’autres mesures sont tout aussi dangereuses : généralisation des comptes personnels (CPA) – transformant l’individu en entreprise – ou garantie jeunes – sorte d’aumône étatique – contre la logique de salaire socialisé de la Sécurité sociale ; contrôle accru des chômeurs/euses (article 52) ; destruction de la médecine du travail ; réduction des délais de prévenance pour les changements d’horaires des temps partiels, etc. Et ce qui arrive aujourd’hui au secteur privé sera sans aucun doute par la suite imposé au secteur public, déjà bien entamé par la RGPP et les restrictions budgétaires. Nous sommes tous concerné.e.s, salarié.e.s, précaires ou chômeurs/euses, aujourd’hui pour certain.e.s, demain pour d’autres, et toutes les générations qui arriveront sur le marché du travail dans quelques années.

Sans compter la négociation Unédic ou le compte pénibilité, quoi que l’on en pense, sabordés par le Medef, sous le regard béat du gouvernement. Car les vrais « casseurs », ce sont bien l’État et le patronat. Ils ne respectent aucune loi, aucune règle, les contournant et refusant de les appliquer pour sauvegarder leurs intérêts financiers et leur pouvoir. Les voilà la chienlit, la canaille, les sauvageons, ces grands délinquants sans limite. Tels les Lafarge faisant des affaires juteuses avec l’État islamique, Dassault vendant ses Rafale à l’Arabie saoudite, Macron ou Le Pen sous-déclarant leur patrimoine pour échapper à l’ISF, Sarko et ses casseroles sans fin, les DRH d’Air France, Goodyear ou Continental licenciant des milliers de salarié.e.s, etc. Les voilà ceux qui devraient comparaître immédiatement en procès et être condamnés à des travaux d’intérêts généraux pour reconstruire les vies qu’ils détruisent depuis des décennies, jusqu’à faire de la mort une source de profit…

Alors, en septembre, changeons de braquet ! Dopons nos luttes pour construire un tour de France des grèves et des blocages. Aucune montagne ne saurait nous résister : notre EPO, c’est l’entraide et la solidarité ; notre pénalty, c’est la grève générale ; notre surface de réparation, les lieux de travail ; notre meilleure défense, c’est l’attaque !

Et pour celles et ceux qui voudraient encore y croire, ne nous laissons pas berner par les appels électoraux qui ne manqueront pas de surgir dès la rentrée. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et les dernières années nous ont bien démontré ce que ça valait. N’oublions pas non plus que le Front national a réclamé plusieurs fois l’interdiction des manifestations et l’intervention de l’Armée ou de la Police contre les grévistes et les piquets de grève. N’oublions pas qu’ils n’ont eu de cesse d’attaquer les syndicats « terroristes ». N’oublions pas qu’ils réclament plus de « libertés » pour les « petits patrons », soi-disant accablés par les « charges » et un droit du travail trop rigide… N’oublions pas que cette famille de milliardaires et ses sbires néo-nazis ne cherchent qu’à diviser notre classe sociale entre « Français » et « étrangers » pour mieux nous exploiter et nous dominer tous. N’oublions pas qu’ils prévoient des abattements de cotisations sociales sous prétexte d’augmenter les salaires quand cela ne ferait en réalité que les baisser et détruire la Sécurité sociale. N’oublions pas qu’ils rêvent d’un État encore plus répressif et liberticide. L’extrême droite a toujours été et restera toujours l’ennemi des travailleurs/euses : aucune colère ne justifie que l’on « essaie pour voir ».

De droite, d’extrême droite ou de gauche, tous n’ont qu’un rêve : nous gouverner, maintenir leurs intérêts, leur pouvoir et celui du Capital, petit, moyen ou gros.

Nos rêves ne tiennent pas dans leurs urnes. Notre syndicalisme, nos luttes, n’ont que faire de la couleur politique des classes dirigeantes. Notre autonomie, notre indépendance sont la garantie de nos victoires.

Alors, fini de manifester comme des bêtes de foire à qui la Police et l’Armée lancent des grenades et des flash-balls à défaut de cacahuètes ! Fini de négocier la longueur de la laisse dans les salons de l’Élysée ou de Matignon ! Notre arme, nous ne cessons de le répéter depuis des mois, c’est la grève, le blocage de l’économie et des services publics.

Ne commettons pas une nouvelle fois l’erreur de partir dispersés, lycéens et étudiants, puis raffineries, puis dockers, puis cheminots, etc. Ne jouons plus la carte des journées de mobilisation en pointillés. Dès maintenant, contre la loi Travail et son monde, mettons en place les moyens de construire en automne une grève générale reconductible, forte et unitaire.

> Télécharger ce texte sous la forme d’un tract CNT de 2 pages

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6 juillet 2016

Vendredi 8 juillet : soirée de soutien aux militant-e-s de la région victimes de la répression

Vendredi 8 juillet à Lille, la CGT, la CNT, Solidaires, Nuit Debout, l’Action Antifasciste NP2C, l’AG de lutte contre la loi Travail et le collectif des étudiant-e-s lillois-es contre la loi Travail organisent une soirée unitaire de lutte et de solidarité avec les militant-e-s de la région victimes de la répression judiciaire.

À Lille, Boulogne, Amiens… des camarades syndiqué‑e‑s et non syndiqué‑e‑s sont poursuivi‑e‑s pour leur participation à la lutte contre la loi Travail. Cela représente d’importants frais d’avocat‑e‑s. La solidarité financière est indispensable. Tou-te-s ensemble, on se retrouve dans la joie et avec uni-e-s-et-solidaires-contre-repressiondétermination contre la loi Travail et pour soutenir nos camarades victimes de la répression. Pour les frais de justice, il y aura une caisse de lutte à alimenter.

Auberge espagnole / barbecue : ramenez ce que vous pouvez pour partager.

Rendez-vous entre 18h30 et minuit à la Bourse du Travail, boulevard de l’usine, Lille-Fives.

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4 juillet 2016

« La Chanson de Craonne » censurée lors du centenaire de la bataille de la Somme

pas-de-guerre-entre-les-peuple-pas-de-paix-entre-les-classesLe 1er juillet 2016 a eu lieu au cimetière militaire allemand de Fricourt (80) une cérémonie à l’occasion du centenaire de la bataille de la Somme, un épisode de la guerre 14-18 qui fit 443 070 morts en seulement 4 mois ½ de combats. La chorale de Poulainville (80) devait y interpréter La Chanson de Craonne, une œuvre interdite pendant la 1ère guerre mondiale à cause de ses paroles antimilitaristes et subversives incitant à la mutinerie. Plusieurs semaines auparavant, l’accord des autorités allemandes et françaises avait été donné à François Grandsir, le directeur de la chorale qui – afin de ménager certaines susceptibilités – avait décidé de n’interpréter que le premier couplet et le refrain de la chanson. Mais, la veille de la cérémonie, François Grandsir a reçu un courrier électronique lui annonçant sans aucune explication que l’État français ne voulait plus de cette chanson. Depuis, la Préfecture de la Somme essaye de faire croire que ce refus était lié à l’emploi du temps de Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’État aux anciens combattants. Un argument très étrange quand on sait que l’interprétation n’aurait duré que 2 minutes à peine !

PS : Cette censure par le gouvernement dit « socialiste » n’est pas nouvelle. C’est ainsi que le 11 novembre 2014 près d’Arras (62), lors de l’inauguration par François Hollande de « L’Anneau de la Mémoire » (un monument portant les noms des 579 606 soldats tués dans le Nord Pas-de-Calais pendant la 1ère guerre mondiale), le discours officiel d’une lycéenne lilloise avait été expurgé de son passage sur les « fusillés pour l’exemple ».

 

« La Chanson de Craonne » interprétée par Valérie Gonzalez :

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29 juin 2016

Mardi 5 juillet : grève et manifestations unitaires pour le retrait de la loi Travail

carton_rouge_a_loi_travailUne nouvelle journée de mobilisation pour le retrait de la loi Travail aura lieu mardi 5 juillet, jour de réouverture des débats à l’Assemblée nationale. Dans la région, des manifestations auront lieu à Valenciennes (10h, place d’Armes), Lille (14h30, porte de Paris) et Amiens (14h30, Maison de la Culture).

Après le 5 juillet : actions de soutien aux entreprises et secteurs en grève, actions à l’occasion de l’Euro de foot, du tour de France cycliste, de l’université d’été du PS, etc.

Ci-dessous une vidéo de l’action menée le 28 juin devant le commissariat central de Lille :

Les militants interpellés le 28 juin au matin dans le cadre d’une action de blocage contre la loi Travail et ceux interpellés le soir suite au rassemblement de soutien organisé devant le commissariat central sont passés au tribunal après 48 heures de garde à vue. Deux cents personnes étaient présentes pour les soutenir. Comme la loi le leur permet et ceci afin d’avoir le temps de préparer leur défense, les camarades ont refusé d’être jugés en comparution immédiate. Le procès a donc été reporté au mardi 30 août. Dans l’attente, le Parquet a réclamé trois placements en détention provisoire et sept placements sous contrôle judiciaire. Finalement, tous les camarades sont ressortis libres du tribunal et seuls deux contrôles judiciaires ont été prononcés.
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24 juin 2016

Mardi 28 juin : grève et manifestations unitaires pour le retrait du projet de loi Travail

retrait-loi-travailHollande et Valls n’arrêtent pas de déclarer à longueur de médias que les opposant.e.s au projet de loi Travail sont minoritaires. À l’exception des idolâtres et des pigeons, personne n’est dupe : le camp du « non » est majoritaire ! Majoritaire au parlement : d’où l’utilisation du 49-3 pour passer en force ! Majoritaire parmi la population : de 70 à 80% de français.e.s déclarent être opposé.e.s au projet de loi et 60% d’entre eux/elles soutiennent la contestation (cf. sondage IFOP / Ouest France du 19 juin 2016) et ce malgré les blocages et la déferlante médiatique pro-loi ! Majoritaire chez les syndicats : le camp du « non » rassemble CGT, FO, SUD, FSU, SUD, FIDL, UNEF, CNT, CNT-SO et dernièrement CFE-CGC (soit un bloc totalisant 60,44% des voix aux élections professionnelles de mars 2013) alors que le camp du « pour » ne regroupe que trois syndicats (CFDT, CFTC et UNSA) !

Aujourd’hui, après quatre mois de mobilisation, le gouvernement « socialiste » est aux abois et, pour faire valoir les intérêts du patronat, il reçoit le soutien des classes possédantes, de la droite et de l’extrême droite. Tous n’ont qu’un mot à la bouche : museler le peuple et instaurer un pouvoir autoritaire !

Face à cette situation, nous ne nous laisserons pas intimider. Nous continuerons à exiger l’abandon du projet de loi Travail. Tout en étant présent.e.s dans la rue, nous continuerons aussi à affirmer ce que nous disons depuis le début du mouvement : manifester n’est pas suffisant ! Notre force en tant que travailleurs/euses n’est pas seulement de défiler entre des rangées de policiers surarmés. Notre véritable arme, c’est la grève ! Et quand nos dirigeants politiques ou économiques engagent un bras de fer, nous devons l’assumer en construisant une grève générale reconductible, massive, coordonnée et durable, seul moyen de frapper les capitalistes là où ça leur fait vraiment mal : les profits !

Le 28 juin, tou.te.s en grève et dans la rue !

greve-generaleRendez-vous :

Boulogne-sur-Mer : 9h30, Bourse du Travail
Calais : 10h, sous-préfecture
Dunkerque : 10h, place Jean Bart
Lille : 14h30, porte de Paris
Amiens : 15h, rue de la République

Post-scriptum : plusieurs délégations de syndicats belges en lutte contre la loi Peeters (l’équivalent en Belgique de la loi El Khomri) seront présentes à la manif organisée à Lille.

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15 juin 2016

Loi Travail : on lâche rien !

alb-01En plein mouvement social, l’Euro de foot tente de faire oublier ce qui mobilise le pays depuis des semaines : la loi Travail ! Aucun ballon rond, aucun fanion tricolore ou autres bunkers publicitaires nommés « fan-zones » ne feront renoncer tou-te-s celles et ceux qui jusqu’ici se sont battus pour le retrait du projet de loi. Au contraire, ce spectacle nous rappelle le peuple brésilien descendant dans la rue peu de temps avant la Coupe du monde ! Aujourd’hui comme hier, toujours plus déterminés !

Prochaines journées de mobilisation :

  • Jeudi 23 juin : grèves et actions diverses + manifestation à Lille (14h30, porte de Paris)
  • Mardi 28 juin : plus d’infos ici
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14 juin 2016

Quelques nouvelles des camarades de la région parti-e-s manifester ce 14 juin à Paris…

Ce matin à Lille, le bus de la CNT a été bloqué par les CRS pendant plus d’une heure et entièrement fouillé. Les chiens de garde de l’ordre dominant n’ont vraiment rien d’autre à faire ! Les camarades sont tout de même arrivé-e-s à l’heure à Paris pour le départ de la manifestation contre la loi Travail (cf. photo ci-dessous).

banderole-cnt-npdcp-manif-loi-travail-paris-14juin2016
 
Post-scriptum du 15 juin 2016 :

Communiqué de la CNT région parisienne suite à la manifestation du 14/06
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13 juin 2016

Action sociale : public-privé, refusons le plan Lecerf !

banderole-intersyndicale-cd-nord-13juin2016Extrait d’un tract de l’intersyndicale CGT-CNT-FO-FSU-Solidaires du Conseil départemental du Nord :

Le Département du Nord, sous la houlette de Lecerf, impose une cure d’austérité faite de mesures antisociales qui ont d’ores et déjà des conséquences dramatiques sur la population, les salariés du secteur social, l’ensemble des agents du Département et tous les services qui dépendent de ces financements. L’objectif affiché est de réaliser 100 millions d’euros d’économie dès 2016 sur les dépenses de fonctionnent du Conseil départemental pour les agents du Département (8% de suppression de la masse salariale, soit 350 postes en moins/an), pour les salariés du secteur associatif (15 % de perte de financement sur trois ans pour le secteur de la protection de l’enfance, -12% pour le secteur du handicap, -9% pour le secteur de l’autonomie ; ce qui représente plus de 500 emplois menacés par les probables mises en œuvre de plans sociaux, dès cette année.

Le plan d’austérité « Lecerf » se déploie tout azimut :

  • vers les associations du secteur social et médico-social, contraintes de négocier des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens par lesquelles elles s’engageraient à supprimer plusieurs centaines d’emplois et mettre en œuvre des plans sociaux d’envergure. Les fermetures de places générées par ce plan d’austérité signifient aussi la baisse drastique des moyens alloués à la protection (de l’enfance, des personnes handicapées et/ou dépendantes). C’est l’augmentation de la précarité de situations devenues insolubles et de la charge de travail des services sociaux et médico-sociaux du Département. Les « MECS », les foyers d’hébergement sont particulièrement visés car jugés trop coûteux. L’exécutif ne voit pas le placement comme un outil au service de l’accompagnement mais juste comme un coût ;
  • vers des établissements publics (EPDSAE, EHPAD public) qui se débarrassent massivement de leurs contractuels ;
  • vers tous les services du Département du Nord : objectif de l’exécutif départemental de supprimer 350 postes par an en ne remplaçant pas les postes vacants dans toutes les Directions (des UTPAS aux CER en passant par les collèges et les médiathèques), destruction d’emplois publics par, notamment, la privatisation de l’entretien des 202 collèges.

Lecerf et les syndicats patronaux du secteur social et médico-social partagent les mêmes objectifs : la casse de nos garanties collectives. Ils entendent introduire le salaire au mérite, des parts variables en fonction de critères de performances, de résultats … une véritable mise en concurrence des salariés entre eux ! Ils veulent réduire les salaires et leur progression sur l’ensemble de la carrière, notamment pour les agents du Département par la suppression de l’avancement d’échelon à la durée minimum. Ils veulent augmenter le temps de travail et réduire les jours de repos (conquis social et reconnaissance de la pénibilité). Ils veulent déqualifier nos métiers (polyvalence à outrance, transformation de nos métiers en successions de tâches, flexibilité et gestion par activité, pression sur les travailleurs sociaux et médico-sociaux er remise en cause de leurs évaluations pour les contraindre à la logique gestionnaire au mépris du travail social, etc.).

Pourtant nos conditions de travail sont déjà déplorables et la santé mentale et physique d’un nombre conséquent de nos collègues est déjà bien altérée ! Il suffit d’analyser, même sommairement, les indicateurs de santé pour constater que les réorganisations successives des services du Département, le manque de moyens, la baisse des dépenses et des financements, la restructuration de type industriel du secteur social et médico-social ont déjà eu des conséquences significatives sur la santé des agents du département, ainsi que sur les salariés du secteur social et médico-social associatif. Leur projet de rationalisation de l’exécutif départemental tend encore d’avantage les conditions de travail. Il risque de faire exploser les collectifs de travail et de rendre impossible l’exercice normal de nos missions.

Les mesures d’économie ne justifient pas la transformation de nos missions Parce que nous sommes attachés à nos mission de service public, nous refusons que le Département, les établissements publics et les associations du secteur social et médico-social prennent prétexte de cette cure d’austérité pour externaliser et privatiser des fonctions supports, livrer une partie de leurs activités à des fonds d’investissement ou à des entreprises privées. Nos missions ne sont pas à vendre ! Elles n’ont pas valeur marchande et surtout elles ne peuvent être dévoyées sur l’autel de l’économie sous peine de mettre en danger les populations les plus fragilisées.

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8 juin 2016

Mardi 14 juin : tou-te-s à Paris pour le retrait de la loi Travail !

Manifestation nationale à Paris : départ à 13h de la place d’Italie en direction des Invalides. Rendez-vous du cortège CNT sur le boulevard Arago.

Déplacement en autocar à partir de Lille avec la CNT :

  • Pour toute réservation : nous contacter le plus vite possible !
  • Pour les camarades Picards : un ramassage sera fait à la sortie « Roye ».
  • Post-scriptum du 10/06 : la liste de réservation est close ; plus de places !

 

Images (tournées le 26/05 à Paris) et montage : Ortille
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8 juin 2016

Appel de la CNT éducation pour la grève générale du 14 juin contre la loi Travail

Aujourd’hui, c’est le privé qui est attaqué. Demain, ce sera le public ! Tou.te.s contre la loi Travail !

La loi Travail, c’est quoi ?

greve-generale-educationAujourd’hui, le Code du travail garantit les droits de base des salarié.e.s sur le temps et les conditions de travail, le paiement des heures supplémentaires, etc. Un accord local ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que l’accord de branche. Un accord de branche ne peut être signé que s’il est plus favorable aux salarié.e.s que les dispositions des conventions collectives nationales. L’article 2 de la loi Travail met fin à cette situation : c’est l’inversion de la hiérarchie des normes. Un accord moins favorable aux salarié.e.s que les accords de branche ou nationaux pourra être signé !

La loi Travail permet aussi aux employeurs :

  • de faciliter les licenciements économiques en augmentant leurs critères ;
  • d’imposer aux salarié.e.s l’allongement et la flexibilité de la durée du travail, notamment en augmentant la durée de la journée et en fractionnant les temps de repos obligatoires ;
  • de contourner des accords syndicaux (surtout quand ils sont favorables aux salarié.e.s !) par la mise en place d’un référendum au sein de l’entreprise ;
  • de faciliter la réduction des salaires en élargissant les critères de calcul de baisse de l’activité de l’entreprise ;
  • de restreindre les possibilités d’intervention de la médecine du travail…

Il s’agit quasi exclusivement de mesures susceptibles de dégrader les conditions de travail des salarié.e.s.

L’Éducation directement touchée

De nombreux personnels de l’Éducation ont des contrats précaires (de type CUI, CDD). Certains sont même des vacataires (agents techniques, AVS, personnels administratifs, personnels d’animation… ). Parmi ces contrats, certains sont de droit privé. Des personnels seront donc sous la coupe de cette loi !

Les fonctionnaires dans la ligne de mire du gouvernement

La logique de la loi Travail est déjà présente dans le rapport Laurent sur la fonction publique, rapport que Manuel Valls a tenté d’escamoter au vu de l’ampleur de la contestation actuelle. Selon ce rapport, les fonctionnaires travailleraient en moyenne quinze jours de moins que les salarié.e.s du privé. Sa conclusion est simple : il faut allonger le temps de travail des fonctionnaires ! Une ATSEM, selon le rapport, travaillerait 1553h par an. Il faudrait donc lui supprimer au moins une semaine de congés…

Les mesures préconisées ont leurs équivalents dans la loi Travail :

  • réduction des congés (suppression du rattrapage de RTT en cas de congés maladie, suppression des congés supplémentaires pour les jours fractionnés) ;
  • allongement du temps de travail (les temps de pause et de repas ne seraient plus comptés dans le temps de travail) ;
  • réduction des autorisations spéciales d’absence pour le décès d’un proche, un enfant malade, etc. ;
  • réduction des rémunérations (actuellement un temps partiel de 80% est rémunéré 85,7% du traitement plein et un temps partiel de 90% est rémunéré 91,4% ; le rapport préconise de revenir à une stricte proportionnalité ; comme ce sont les femmes qui majoritairement ont recours aux temps partiels, ce seront elles les premières touchées !).

Tou.te.s en grève et dans la rue mardi 14 juin !

Nous devons collectivement nous organiser et nous battre contre ces régressions de nos conditions de travail qui affecteront en premier lieu les précaires et les personnels de catégorie C dans l’Éducation. Ce gouvernement veut faire passer ces mesures régressives à coups de 49.3, de matraques et de condamnations. Ne nous laissons pas faire !

> Vidéo d’appel pour le 14 juin et départ en autocar à partir de Lille

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6 juin 2016

La Brique (journal local d’enquêtes et de critique sociale)

La Brique n°47 (été 2016) est sortie. Nouveauté : elle fait 28 pages et tout est en couleurs ! Le prix, lui, reste inchangé (2 euros). Vous trouverez un des 5000 exemplaires en kiosques, dans les points de vente amis (dont la Maison des syndicats CNT de Lille), durant les criées sur les marchés ou, si vous êtes abonné-e, dans votre boîte à lettres. Lire l’édito : la lutte est une fête

Une_brique_47Présentation de quelques articles :

Douchy-les-mines, le barrage du peuple
26 mai 2016 : la France commence à être paralysée par le blocage des raffineries et des sites pétroliers. La Brique a livré ses derniers litres d’essence pour aller saisir l’ambiance et soutenir un siège en cours depuis cinq jours. Déter’, on est même rentrés à bon port !

« Tout corps plongé dans la lutte déplace les consciences »
Depuis le 3 mars, une bonne centaine d’étudiant.es de l’université de Lille 1 a décidé de refuser le triptyque inéluctable études-chômage-travail précaire. Au moment où nous les rencontrons, les étudiant.es préparent leur ultime résistance face à une évacuation imminente. Mais l’amphi Archimède, point central de la lutte, se projette déjà bien au-delà. Retour sur deux mois intenses d’une mobilisation multiforme et formatrice. Lire l’article

Les intermittent.es ne lâchent pas la scène
En plein combat contre la loi El Khomri, la réforme du statut des intermittent.es a réveillé leur lutte. Retour sur deux mois de mobilisations où les interluttant.es ont bousculé la scène militante.

Medef, paie tes impôts !
28 avril 2016. Pour la première fois depuis mars, les rayons du soleil soutiennent les manifestant.es réuni.es. Entre action spectaculaire parfaitement coordonnée, solidarité spontanée et mise à l’amende de la pression policière, cette journée restera dans les mémoires de ce printemps lillois.

Des apprentis pâtissiers réclament « leur part du gâteau »
À Boulogne-sur-Mer aussi, le mouvement se met en place. Les jeunes lycéen.es et étudiant.es du Boulonnais, avec l’aide militante de La Mouette enragée (média communiste libertaire), occupent l’espace public, prêt.es à en découdre avec le gouvernement Valls et sa loi travail. Cette mobilisation donne à voir les différentes formes de répression policière, durant ou en dehors des manifestations.

Interview des Pinçon-Charlot : la violence des riches
La Brique était présente le 1er mai au salon du livre de la critique sociale à Arras. L’occasion d’une causerie avec Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues de la vie des riches, auteurs du récent Tentative d’évasion (fiscale) (La découverte / Zones, 2015).

Des petits-bourgeois en action : délation et mesquinerie
Éric est travailleur itinérant, il se déplace là où le travail l’appelle. Il nous livre sa vision du monde, celle d’un ouvrier.

Les deux de la CNT au tribunal des flagrants délires (suite)
Le mercredi 25 mai les deux militants arrêtés suite à la manif du 20 avril dernier passent en procès après un mois de contrôle judiciaire. Si l’un des deux militants a été relaxé, l’audience, présidée par le juge Trévédic, n’incarne pas moins un bel exemple d’une justice arbitraire aux ordres d’un État policier. Lire le premier article : Les deux du local CNT face au tribunal des flagrants délires – Lire le second article : Les deux de la CNT, procès du 25 mai

De quelle violence parle-t-on ?
Après plus de deux mois de mobilisations contre la loi travail, le gouvernement décide de sortir l’artillerie lourde à l’Assemblée nationale… et dans la rue. À l’Assemblée, la clique hollandienne sort le 49.3, petit bijou anti-démocratique, qui fait tomber le masque d’une représentativité d’une classe qui ne représente plus rien ni personne. Dans la rue, c’est à grands coups de lacrymo, de grenades de désencerclement et de tirs de flash ball que le gouvernement a décidé d’en finir avec le mouvement social contre la loi travail. Lire l’article

Les increvables Goodyear
Invitée à la Fête de l’Humain d’Abord à Avion, La Brique a rencontré Michael Wamen. On en a profité pour discuter avec le délégué CGT des Goodyear qui depuis des années met toutes ses forces dans la bataille contre le géant américain du pneu. Le 12 janvier 2016, avec 7 de ses collègues, ils ont été condamnés à 9 mois ferme pour avoir séquestrés deux responsables de la boite pendant une nuit. Première en Europe, cette condamnation révèle l’agressivité avec laquelle le gouvernement entend mener le dialogue social. En attendant le procès en appel du 19 octobre 2016, c’est pour éviter la taule, que les « 8 de Goodyear » luttent désormais.

La Voix de la Police, votre quotidien local
Le jour et la nuit. Le traitement par La Voix du Nord du mouvement social contre la loi travail est étonnamment favorable à son départ. Mais dès qu’une vitrine est brisée, certain.es journalistes remettent leur bonne vieille laisse.

L’université française, laboratoire de la précarité
Une trentaine de doctorant.es chauffé.es à blanc par le mouvement social s’est constituée en collectif des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR). Si l’initiative n’est pas nouvelle, il semblerait que ce mouvement-là ait plus de chances de s’instaurer durablement et de redonner des couleurs au tableau bien terne des universités lilloises. Focus sur les raisons de la colère des petites mains de l’université.

« À vos smartphones ! » (suite)
C’est le mot d’ordre qui revenait régulièrement lors des premiers rassemblements place de la République. Il était question de hashtags, de groupes Facebook ou de SMS viraux. Les Nuit debout insistaient sur cet enjeu de la com’, confondu pour l’occasion avec l’usage des outils numériques.

« Nous sommes sans ticket… et terroristes ? »
L’année dernière, La Brique a suivi le procès intenté à la Mutuelle des fraudeurs. Dans un précédent numéro, nous étions allés les rencontrer. Peu avant ce bouclage, la Mutuelle nous a fait parvenir un communiqué. Les mauvais jours finiront.

La vraie démocratie, elle est où ?
« La vraie démocratie, elle est ici », chante-t-on dans les manifs. Le mouvement social de ce printemps pose des exigences de démocratie fortes à un gouvernement représentatif qui semble au bout du rouleau. La variété des actions menées dans le cadre de ce mouvement (occupations, lectures publiques, blocage, débats, tractages, manifestations, concerts) est aussi grande que celle des profils militants : syndicalistes de la première heure, étudiant.es, néophytes, autonomes entrainé.es, citoyennistes de salon. Entre critique de la représentation, appel à une rénovation de la constitution, promotion d’une démocratie délibérative et rejet complet du jeu politique, les positions sont plurielles et les lignes de tension nombreuses.

Ateliers Populaires d’Urbanisme : un toit c’est un droit !
Les APU se mettent en mouvement. Une manifestation a eu lieu devant le conseil de la Métropole européenne lilloise (MEL) durant la signature du plan contre l’habitat indigne. Une autre est prévue pour la mi-juin devant le Conseil départemental pendant le vote des subventions.

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5 juin 2016

Belgique : la loi Peeters… l’autre loi Travail !

En Belgique, la loi El Khomri s’appelle la loi Peeters (du nom du ministre de l’emploi). Comme en France, ce projet a pour but de flexibiliser le droit du travail. Comme en France, il rencontre une forte résistance de la part de la population.

belgique-bloquons-semaine-45-heuresLes principaux éléments du projet de loi

Au cœur du projet, il y a l’annualisation du temps de travail. Le gouvernement belge aimerait que la semaine de travail de 38 heures soit calculée sur une moyenne d’un an (contre une moyenne actuelle de trois mois, négociée par secteur). D’autre part, il aimerait que la semaine puisse comporter jusqu’à 45 heures de travail et la journée jusqu’à 9 heures. Enfin, il aimerait étendre à d’autres secteurs le modèle du secteur automobile où la moyenne de 38 heures est calculée sur 6 ans et où les semaines peuvent aller jusqu’à 50 heures (et les journées jusqu’à 11 heures).

Le projet de loi Peeters s’attaque aussi aux heures supplémentaires. C’est ainsi que le gouvernement voudrait créer un stock d’heures supplémentaires non récupérables de 100 heures annuelles (et jusqu’à 360 heures négociées par secteurs), le tout avec un maximum de 143 heures supplémentaires par trimestre. D’autre part, il voudrait que les travailleurs/euses à temps partiel n’aient plus de complément salarial en cas d’heures supplémentaires.

Concernant le travail intérimaire, le gouvernement voudrait créer un contrat à durée indéterminée. Aujourd’hui, l’intérim n’est pas considéré comme un régime normal ; il doit être justifié par un surcroît exceptionnel de travail ou pour un remplacement. En créant cette possibilité contractuelle, il créerait une véritable catégorie de travailleurs précaires permanents. Cerise sur le gâteau : il voudrait retirer le droit de grève aux salarié-e-s intérimaires.

Concernant les cadres, le gouvernement voudrait faire en sorte que l’amplitude journalière de travail de ces salarié-e-s n’ait plus aucune limite, ni en soirée ni le weekend.

Concernant le télétravail occasionnel, le gouvernement aimerait le rendre possible sans négociation collective.

Autres éléments en discussion

Pour les salarié-e-s à temps partiel, le gouvernement voudrait rendre possible les contrats zéro heure (contrats dans lesquels les heures de travail ne sont pas indiquées). En pratique, un employeur pourrait informer un-e salarié-e de ses horaires la veille de sa journée de travail.

Après avoir supprimé les jours de carences en cas de maladie, les partis de la majorité (à l’exception du CD&V) voudraient les rétablir.

Le gouvernement souhaiterait réduire drastiquement l’accès aux congés thématiques (pour se former, éduquer ses enfants, etc.). L’impact serait d’autant plus important que – dans le calcul de la pension – ces congés sont actuellement comptés comme des périodes assimilées à du travail.

Le gouvernement souhaiterait rendre possible les dons de congés entre salarié-e-s. Ainsi, plutôt que d’embaucher pour remplacer celles ou ceux qui s’occupent de leurs enfants malades, l’employeur pourrait utiliser un-e salarié-e déjà engagé-e.

Agenda et mobilisation

Le projet de loi Peeters va être déposé d’ici l’été afin de pouvoir être voté en automne.

Plusieurs manifestations ont été organisées durant le mois de mai et le front commun syndical appelle à une reprise de la mobilisation dès le début de l’automne (manifestation le 29 septembre et grève le 7 octobre).

Mais la lutte continue néanmoins durant ce mois de juin. C’est ainsi que la FGTB appelle à une grève interprofessionnelle le vendredi 24. Quant à l’Union des bloqueuses et bloqueurs des 45h (une coordination démocratique d’assemblées locales où se réunissent des précaires, des salarié-e-s, des étudiant-e-s et des syndicalistes voulant bloquer la loi Peeters et son monde par tous les moyens nécessaires – cf. vidéo et liens ci-dessous), elle poursuit son développement et ses actions. Enfin, signalons que plusieurs délégations de syndicats belges seront présentes à la manifestation organisée le 28 juin à Lille contre le projet de loi El Khomri.

Compte twitter @BloquerLes45H
Page fb « Bloquons la semaine de 45h – Blokkeer de 45-urenweek »
Site internet de l’Union des bloqueuses et bloqueurs contre les 45 heures

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